La nuit est tombée sur Dakar, d'Aminata Zaaria
- Par Taïna Tervonen
Page 189
Citer cet article
- TERVONEN, Taïna,
- Tervonen, Taïna.
- Tervonen, T.
https://doi.org/10.3917/afcul.059.0189
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https://doi.org/10.3917/afcul.059.0189
Comment se faire sa place au soleil quand on est une jeune villageoise sénégalaise de 17 ans, qu’on rêve de réaliser les recettes des fiches cuisine de Marie-Claire et qu’on n’a aucune envie de se résigner à son sort de future femme mariée et mère dévouée ? Dior a la solution : trouver un amant blanc (dont on espère qu’il convolera aux noces et surtout, surtout, qu’il s’envole avec vous vers les cieux parisiens). Attelée à réaliser son plan, Dior convainc son amie de la suivre sur le chemin de Dakar, à la recherche du rêve dont on devine déjà qu’il tournera au cauchemar. La trajectoire des deux jeunes filles permettra à l’auteur de mettre la lumière sur une prostitution qui ne dit pas son nom, sur les nuits dakaroises où les jeunes demoiselles promues au titre de « ma chérie » et de « mon bébé » se promènent au bras de vieux Blancs. Elles en devinent l’issue mais ne s’attendent pas à sa brutalité. Le lecteur non plus, quelque peu surpris par cette fin qui semble arriver trop vite, trop prévisible, peut-être. On aurait espéré que le ton décapant de cette jeune auteur sénégalaise, qui se plaît à faire voler en éclats les clichés de la vie paisible au village, ait tenu plus longtemps.La nuit est tombée sur Dakar, d’Aminata Zaaria, Grasset, 2004, 232 p., 14,90 euros…