Helon Habila : écrire sous la dictature
- Par Taïna Tervonen
Pages 187 à 189
Citer cet article
- TERVONEN, Taïna,
- Tervonen, Taïna.
- Tervonen, T.
https://doi.org/10.3917/afcul.059.0187
Citer cet article
- Tervonen, T.
- Tervonen, Taïna.
- TERVONEN, Taïna,
https://doi.org/10.3917/afcul.059.0187
Notes
-
[*]
publié sur Internet, http://www.africanwritersabroad.org.uk/
Le premier roman du Nigérian Helon Habila raconte Lagos sous le règne d’Abacha.
Une fois de plus, la collection « Afriques » des éditions Actes Sud, à qui on doit notamment les traductions de Jamal Mahjoub et de Chenjerai Hove, révèle au public francophone un auteur anglophone de talent. Le premier roman du jeune Nigérian Helon Habila atteste d’une plume remarquable.
Le premier chapitre du roman, initialement publié comme nouvelle, avait gagné le prix Caine pour la littérature africaine en 2001. Dans un entretien avec Raymond Enisuoh, Habila explique que le roman fut à l’origine pensé comme un recueil de nouvelles, publié par Epik Books à Lagos en 2000. « Je vivais dans des conditions difficiles, obligé d’aller travailler le matin et d’écrire dans la nuit. Il n’y avait pas de lumière là où je vivais, je n’ai donc écrit que des nouvelles. »
Ces contraintes matérielles ont finalement accouché d’une narration astucieuse qui, tout en maintenant une unité au sein de chaque chapitre, tisse des liens entre différents personnages. Journaliste, rédacteur en chef, étudiant, écrivain, jeune lycéen, prostituée ou restaurateur, ils se croisent au détour d’un paragraphe, se côtoient, s’apprivoisent, se quittent. Les chapitres/nouvelles se font écho, construisant une mosaïque qui révèle le quotidien des habitants de Lagos sous le régime de Sani Abacha.
Dans sa postface, l’auteur retrace l’histoire politique du Nigeria et revient sur ces années Abacha. « …Abacha maniait la bonne vieille terreur d’autrefois…