Changer de peau à l’adolescence
- Par David Le Breton
Pages 489 à 498
Citer cet article
- LE BRETON, David,
- Le Breton, David.
- Le Breton, D.
https://doi.org/10.3917/ado.097.0489
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https://doi.org/10.3917/ado.097.0489
Notes
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Communication au colloque « Corps blessé, corps malade, corps menacé à l’adolescence » organisé par la revue Adolescence, la Société Française pour la Santé de l’Adolescent, Médecine et Psychanalyse, les 9 et 10 octobre 2015 à Paris.
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[1]
Lipovetsky G. (1997). La troisième femme. Permanence et révolution du féminin. Paris : Gallimard, p. 220 sq.
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[2]
Journal Libération, 19 mai 2008.
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[3]
Quart A. (2004). Nos enfants otages des grandes marques. Paris : Village Mondial, p. 144.
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[4]
Fielding H. (1996). Le journal de Bridget Jones. Paris : J’AI LU, 1998, p. 39.
1 La peau enclot le corps, les limites de soi, elle établit une frontière vivante et poreuse entre soi et l’autre, le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur. Lieu de contact, elle est aussi géographie singulière, ouverture au monde, mémoire d’événements biographiques. Enveloppe narcissique, elle distingue le Moi psychique du Moi corporel et elle est d’autant plus investie par l’adolescent qu’elle est le lieu visible et sensible de sa différence. Instance de maintenance du psychisme, c’est-à-dire d’enracinement du sentiment de soi au sein d’un corps qui individualise, elle exerce aussi une fonction de contenance, c’est-à-dire d’amortissement des tensions venant du dehors ou du dedans. Si elle ne remplit pas ce rôle, elle procure un sentiment de fragilité, d’absence de protection face à l’âpreté de l’environnement. Elle est d’autant plus vulnérable chez l’adolescent en porte-à-faux avec son environnement social et affectif, et qui justement se sent mal dans sa peau. Elle donne le ressenti des limites de sens qui autorisent ou non à se sentir porté par son existence, mais elle est offerte au regard et au pouvoir des autres, elle expose à leurs jugements et à leurs exactions (Anzieu, 1985). Elle incarne le partage entre le privé et le public. Le rapport au monde est ainsi une question de peau et de solidité ou non de la fonction contenante, se sentir bien ou mal dans sa peau.
2 Frontière heureuse si le jeune est porté par le goût de vivre, ou écorchée vive s’il peine à trouver sa place, la peau est le recours le plus immédiat pour changer son rapport au monde. En en remaniant les frontières, le jeune cherche à s’inscrire dans une autre dimension du réel. La peau est un écran où projeter une identité rêvée, comme dans le tatouage, le piercing, ou les innombrables modes de mises en scène de l’apparence qui caractérisent les jeunes générations. À l’inverse, elle peut enfermer dans une identité insupportable dont il voudrait se dépouiller et dont témoignent les blessures corporelles délibérées.
3 Les interventions sur la peau sont des tentatives de remaniement des frontières entre le dehors et le dedans, un outil de franchissement d’un passage délicat vers l’âge d’homme ou de femme. Travaillé par la puberté ou les difficultés d’entrer dans son existence, l’adolescent voit son corps lui échapper, et l’inquiétude qu’il éprouve à son propos lui donne le sentiment d’être sous le feu du regard des autres. Le miroir lui renvoie une image dépréciée ou trouble de sa personne. Son usage des marques corporelles, comme le tatouage ou le piercing, s’efforce d’apprivoiser symboliquement le changement à travers un essai de correction de l’image de soi.
5 L’impératif premier lancé à l’adolescent est devenir soi, c’est-à-dire pour la majorité d’entre eux, savoir correctement choisir dans le magasin des accessoires un produit qui le révèle à lui-même. Comme si de toute éternité la rencontre était annoncée, soumise à sa sagacité dans le labyrinthe des propositions. On n’est plus soi par la qualité de ses relations aux autres ni un cheminement personnel, mais en se nourrissant de soi et par le miracle de la trouvaille du bon produit. Ces transformations du corps qui passent par l’esthétique (ou la blessure) relèvent d’un souci d’autonomisation, une manière de couper le cordon ombilical symbolique avec la mère surtout. D’où le recours courant chez les filles au piercing au nombril ou encore à la langue (lieux de la mère nourricière) pour accéder à une parole propre et voler de ses propres ailes.
6 Même si elle échappe à toute lucidité, la volonté est de ne devoir qu’à soi, de s’inventer une origine en signant son corps comme ne devant plus rien aux parents. La marque est parfois vécue comme un élément fondateur de soi. Outre son appartenance valorisée à l’air du temps, elle procure le sentiment d’avoir enfin rompu avec l’indifférenciation aux parents, et particulièrement à la mère. Elle est une recherche de dématernisation du corps. Ou parfois une rupture avec le père quand la relation est mauvaise. Le recours au tatouage est alors banal en ce sens, avec un motif qui explicite le rejet ou la prise de distance. Ou encore, pour de nombreux jeunes hommes ou femmes, une rhinoplastie qui brise la ressemblance et autorise à s’inventer à nouveau, à rompre la filiation.
8 Chez les jeunes générations, on observe souvent une dimension de passage initiatique après un tatouage, un piercing, une intervention de dermatologie ou de chirurgie esthétique, un sentiment de renaissance qui transforme en profondeur leur rapport au monde. Signature quand elle imprime une trace de subjectivité, la modification corporelle traduit une symbolique d’inclusion à soi. À l’inverse, la biffure cutanée est une tentative de se défaire de soi. Le surinvestissement de l’apparence entraîne en contrepoint la hausse considérable des attaques au corps, des scarifications notamment, chez les jeunes générations. Il s’agit de faire peau neuve, en se désengluant de la souffrance dans un geste douloureux qui est le prix à payer de la survie. Volonté cette fois de s’arracher une peau qui colle à la peau d’une identité insupportable, ou souillée à cause, par exemple, d’inceste ou d’abus sexuels, ou d’un terrible sentiment d’insignifiance personnelle éprouvé par le jeune. Mais il y a là aussi un geste politique, celui d’un refus de la tyrannie de l’apparence, particulièrement pour les femmes, mais aussi pour certains hommes, qui aboutit au refus de jouer le jeu. Ici, la chirurgie du sens s’attache à remédier à une souffrance (Le Breton, 2007, 2008).
Obsolescence du corps
9 Dans nos sociétés contemporaines, le corps se transforme en accessoire de la personne. Ce mouvement accompagne la démocratisation de la chirurgie ou de la dermatologie esthétique, l’accès aux produits de beauté et à leur diffusion à une échelle désormais mondialisée. L’obligation de beauté s’accompagne du rappel que désormais, un tel idéal est accessible à n’importe quelle femme si elle le souhaite et si elle accomplit le bon choix. Et de surcroît, « Il vaut mieux prévenir que guérir », rappelle le discours marketing en se souciant de son apparence dès l’adolescence. Dans la société du look, de l’image, du spectacle, il faut être vu et apprécié. L’intériorité se résout en un effort d’extériorité. L’intimité s’efface devant l’extimité (Tisseron, 2001). La dissolution des repères collectifs n’affranchit pas du regard des autres. Objet particulièrement investi comme tenant lieu de soi, proposition à affiner, il est à reprendre en main, à achever, à signer, à se « réapproprier », comme disent les jeunes générations, comme si auparavant il était différent de soi, propriété des autres, ou indigne d’intérêt. L’anatomie n’est plus le destin évoqué autrefois par Freud, elle est désormais une instance remaniable, toujours révocable. Anatomie furtive, modulable, simple décor, ou plutôt dé-corps, à décliner selon les ambiances sociales (Le Breton, 2013). Une exigence impitoyable de séduction et de cisèlement de soi s’impose.
10 Pour la jeunesse contemporaine, l’expérimentation prend la place des anciennes identités fondées sur la socialisation. La transmission est difficile à établir au regard de l’obsolescence des données de l’environnement et des ambivalences morales de nos sociétés. Le sentiment de soi est inlassablement travaillé par un adolescent dont le corps est la matière première de l’affirmation propre selon l’ambiance du moment. Il est désormais promu l’artisan de son existence avec une marge de manœuvre plus ou moins étendue. Sur ce fond d’éloignement des autres, de relâchement du lien social, de précarité de toute relation, le corps devient un formidable objet d’attachement, particulièrement pour le jeune. À défaut de se situer dans un monde insaisissable et toujours changeant, le corps est la seule permanence qui demeure sous la main et où l’on puisse se reconnaître. Le marché du corps abonde de propositions. S’il ne se sent pas pleinement à l’aise au sein du social, le jeune essaie au moins d’être bien dans sa peau, de se sentir « en accord » avec soi et de personnaliser son corps.
11 L’individualisation du lien social entraîne l’individualisme du sens, et au-delà, l’individualisation du corps. Le corps est un lieu de différenciation, un atout pour exister dans le regard des autres, et donc une valeur à faire fructifier à travers le souci de soi. On le personnalise et on le customise comme une formule manipulable et transitoire en quête d’un style propre. Particulièrement pour les jeunes générations, la version moderne du dualisme de la vie courante oppose la personne à son propre corps et non plus l’âme ou l’esprit au corps. S’il incarnait la personne, son identité intangible, il est aujourd’hui une proposition à affiner et à reprendre, un objet coupé de soi, mais tenant lieu de soi et particulièrement investi en ce sens, surtout lors de l’adolescence (Le Breton, 2007, 2013). Il s’agit de construire par la mise en scène de l’apparence et éventuellement de son for intérieur, des opérations de visibilité qui attestent de la « beauté » ou d’un « style », s’expurger de soi pour devenir soi, se faire d’emblée une image.
12 Les adolescents d’aujourd’hui, surtout les filles, sont astreints à une surveillance permanente de leur poids, de leur look. Chaque déclinaison de l’apparence est l’objet d’une méditation consciente et parfois d’une savante élaboration. Qu’il s’agisse de la coiffure, de la peau (maquillage, tatouages, piercings), des vêtements ou des objets du quotidien (portable, sac à dos, etc.), ils sont surinformés sur leur réception par les autres. Accoutumés aux chats et aux forums sur Internet, connectés en permanence sur les réseaux sociaux, ils savent se situer à l’intérieur d’un immense vestiaire, n’ayant aucun état d’âme face aux artifices. Ils sont plus enclins à l’idée d’une transformation de leur apparence pour esthétiser leur présence au monde. En permanence, ils se racontent ainsi une histoire, à eux-mêmes et aux autres, par la manière dont ils se mettent esthétiquement en scène.
Corps de fille
13 Le souci de soi et la volonté de travailler son corps pour l’embellir touche l’ensemble des classes d’âge en amont et en aval. Les pré-adolescentes y sont aussi sensibles que les femmes plus âgées, soucieuses d’entretenir leur apparence. La beauté est aujourd’hui l’objet d’une culture de masse, alimentée par l’individualisation du lien social, la baisse du coût des produits ou des recours, le culte de la jeunesse, etc. Le monde contemporain possède ses icones de beauté, et elles sont essentiellement femmes, reconnues, renommées, elles atteignent un niveau de star. Le mannequin est une incarnation suprême de la beauté [1], ses mensurations sont connues dans les moindres détails, ses apparitions ou ses amours longuement commentés, elle s’expose en permanence à une évaluation méticuleuse de ses formes. Paradoxalement, elle atteint moins les hommes que les femmes, en ce qu’elle montre aux autres femmes un modèle inatteignable mais qui attise leur culpabilité de ne pas lui ressembler. Intouchable dans sa perfection, le mannequin célèbre un corps voué tout entier au regard et à la séduction. Repousser des modèles si attractifs et si aisés à reproduire est une faute morale car ils incarnent un devoir être, une faute non seulement envers soi mais aussi envers les autres. Nul n’échappe désormais à sa responsabilité face à l’image qu’il donne aux autres, chacun vaut ce que vaut son image, et de manière très prégnante pour les jeunes générations.
14 Les adolescents d’aujourd’hui sont plus que jamais imprégnés des stéréotypes de genre. Si maints garçons sont hantés par la taille ou le volume de leur pénis, les filles intériorisent un impératif de beauté ou de minceur qui leur complique la vie. Nombre d’entre elles restreignent leur alimentation. Elles sont hantées par leur poids et leur conformation physique. Critiques sur différentes parties de leur corps, elles ne se trouvent pas conformes à leur désir. D’innombrables adolescentes du monde entier sont dans la même peur de ne pas être reconnues et aimées, et souffrent de leur poids même quand il est tout à fait dans les normes sociales. Elles ont peur de ne pas plaire. Certaines se perdent entre leur mal de vivre et leur dérégulation alimentaire et connaissent des troubles comme l’anorexie ou la boulimie qui témoignent d’un goût de vivre défaillant. Certes, l’anorexie est un trouble profondément enraciné dans des structures affectives familiales ou des événements traumatiques, comme les abus sexuels par exemple, mais elle puise aussi son énergie dans cette obsession de minceur de nos sociétés qui s’impose aux adolescentes (Le Breton, 2007).
16 Souvent aussi, il s’agit de demandes de rapprochement avec des modèles extérieurs valorisés. Des jeunes clientes arrivent dans le cabinet du chirurgien avec leur mère en arborant des portraits de mannequins ou d’actrices auxquelles elles souhaitent ressembler. La banalisation du recours aux techniques de transformation de soi par des personnages publics adulés par les adolescents – comédiennes, chanteuses, mannequins, présentatrices d’émissions télévisées, etc. – donne le sentiment que le corps est un agencement de pièces disparates dont il est possible de redessiner les contours, de les déplacer, de les annuler, d’en ajouter d’autres. Décliné en kit, il est une cire entre les mains des spécialistes qui le remodèlent à sa guise, des pieds à la tête. La rumeur que Britney Spears aurait recouru à des implants mammaires suscite aussitôt une forte demande de jeunes femmes, de même que tout nouveau tatouage d’Angelina Jolie alimente les boutiques de tatoueurs du monde entier dès le lendemain pour l’inscription du même motif. La perfection est à portée de main puisqu’elle est corrélée à la possession de signes flottants et accessibles sur le marché. La conformité à un modèle d’apparence devient pour certaines adolescentes la condition nécessaire pour accroître l’estime de soi et surtout la conviction d’être aimées un jour. Pas de salut hors du formatage du corps.
La tyrannie de l’apparence
17 Le surinvestissement de l’apparence par les jeunes générations atteste de la prégnance de l’impératif du look dans une société où il faut en mettre plein la vue pour sursignifier sa présence au monde. Ce souci de soi qui marque aujourd’hui la jeunesse induit simultanément une banalisation des soins esthétiques. En vieillissant, ils n’auront aucune prévention à user des techniques d’embellissement et de rajeunissement. Ils ont grandi dans le sentiment que le corps est un objet révocable dont l’apparence doit produire des effets spéciaux adéquats pour attirer l’attention.
18 L’estime de soi pour une adolescente passe aujourd’hui plus que jamais par un sentiment de proximité ou non aux normes ambiantes de la séduction. Le discours du marketing, vécu comme un impératif, l’empêche de s’épanouir dans ce qu’elle est, son salut est toujours à venir grâce à l’emploi de tel ou tel produit, il n’est pas dans l’instant, il se mérite grâce à une discipline de vie quotidienne à travers régime, activité physique, réflexe d’achat adéquat dans les boutiques de cosmétiques ou recours à la bonne chirurgie esthétique. Tout défaut possède son remède. À peine plus âgée, Bridget Jones est révélatrice des attitudes des adolescentes au regard de leur corps, elle dit son épuisement après avoir passé la journée entière à préparer son corps pour un rendez-vous le soir : « C’est pire que pour un paysan – semis, arrosage, arrachage, récolte… On n’en finit jamais. Jambes à épiler, aisselles à raser, sourcils à épiler, pieds à poncer, peau à gommer et hydrater, points noirs à enlever, racines à décolorer, cils à teindre, ongles à limer, cellulite à masser, abdominaux à exercer. Un programme si rigoureusement exigeant qu’il suffit de se laisser aller quelques jours pour se retrouver en jachère » [4]. Déjà à l’adolescence, le corps de la femme est une guerre permanente afin de le tenir sous contrôle et qu’il ne s’éloigne pas des impératifs de beauté. La force de cette injonction consiste à convertir l’effort en une jouissance permanente de surmonter les difficultés.
19 La libération contemporaine des femmes au plan social ou politique ne modifie guère la relation à l’esthétique, le féminin demeure largement défini par un impératif de beauté, de jeunesse, de séduction, même si aujourd’hui nombre de femmes sont dans un rapport ludique à ces injonctions et cherchent d’abord à se faire plaisir. Le corps de femmes « parfaites » s’expose partout sur les murs des villes, les spots publicitaires, les magazines, les publicités des magasins… Impossible pour l’adolescente de ne pas les voir et de ne pas se comparer dans le regret de ne pas leur ressembler davantage. Il n’est pratiquement de corps que de femmes, même si parfois une affiche tranche et montre un torse d’homme en quête d’un nouveau marché, mais encore hésitant. Et la femme exposée ainsi incarne toujours la beauté, car le féminin n’a pas d’autres vocations que d’incarner le « beau sexe ». Mais chaque affiche, chaque image est le rappel d’un manque pour l’adolescente qui ne parvient jamais tout à fait à coïncider aux miroirs qui lui sont offerts. Rares sont les garçons qui se déclarent insatisfaits de leur corps car ce dernier n’est pas le centre de gravité de leur estime de soi. À l’inverse, les filles y sont en permanence renvoyées comme à un indice de leur valeur. Dans l’ambiance sociale contemporaine, avec un puissant magnétisme, pour l’adolescente, être se confond au paraître, voire à comparaître, car elle n’échappe guère au jugement masculin, sinon au sien propre.
Bibliographie
- anzieu d. (1985). Le Moi-peau. Paris : Dunod.
- le breton d. (2007). En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie. Paris : Métailié.
- le breton d. (2008). Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles. Paris : Métailié.
- le breton d. (2013). Anthropologie du corps et modernité. Paris : PUF.
- tisseron s. (2001). L’intimité surexposée. Paris : Hachette.
Mots-clés éditeurs : Chirurgie esthétique, Corps, Peau, Piercing, Scarification, Tatouage
Date de mise en ligne : 07/11/2016
https://doi.org/10.3917/ado.097.0489