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Compte rendu

Iain MACDONALD, Pierre-François NOPPEN et Gérard RAULET (dir.) Les Normes et le possible. Héritage et perspectives de l’École de Francfort, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2012, 378 pages

Pages 196d à 201d

Citer cet article


  • Lachaud, J.-M.
(2014). Iain MACDONALD, Pierre-François NOPPEN et Gérard RAULET (dir.) Les Normes et le possible. Héritage et perspectives de l’École de Francfort, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2012, 378 pages. Actuel Marx, 56(2), 196d-201d. https://doi.org/10.3917/amx.056.0196d.

  • Lachaud, Jean-Marc.
« Iain MACDONALD, Pierre-François NOPPEN et Gérard RAULET (dir.) Les Normes et le possible. Héritage et perspectives de l’École de Francfort, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2012, 378 pages ». Actuel Marx, 2014/2 n° 56, 2014. p.196d-201d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2014-2-page-196d?lang=fr.

  • LACHAUD, Jean-Marc,
2014. Iain MACDONALD, Pierre-François NOPPEN et Gérard RAULET (dir.) Les Normes et le possible. Héritage et perspectives de l’École de Francfort, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2012, 378 pages. Actuel Marx, 2014/2 n° 56, p.196d-201d. DOI : 10.3917/amx.056.0196d. URL : https://shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2014-2-page-196d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/amx.056.0196d


1 Les auteurs réunis au sein de cet ouvrage, qui ne s’inscrit pas seulement dans le champ de l’histoire des idées, mais interpelle en quel sens l’héritage de l’École de Francfort peut activement participer au nécessaire renouveau de la pensée critique aujourd’hui, affirment leur volonté de prendre quelques distances par rapport à certaines « interprétations qui ont marqué la réception des textes issus de la première génération de l’École de Francfort ». Il s’agit, par exemple, de repenser ce qui est habituellement considéré comme le pessimisme culturel et l’élitisme artistique de l’École de Francfort, supposés évidents au regard des célèbres pages consacrées à la Kulturkritik, de refuser toute approche post-moderne de la Dialectique de la Raison, alors qu’il faut « comprendre comment une critique qui s’attaque aux représentations dominantes de la rationalité ainsi qu’à ses manifestations pathologiques peut prétendre opérer à même nos pratiques et œuvrer au redressement des Lumières », de ne pas réduire le projet de l’Institut für Sozialforschung au seul « cadre de la critique de l’économie politique marxienne ». De nombreuses pistes novatrices sont dès lors ouvertes, concernant le « concept matérialiste de la culture », le matérialisme politique, le rapport à l’animalité, la perspective utopique…, et d’intéressants débats entre les penseurs de Francfort et Karl Marx, Hannah Arendt, Karl Popper… sont menés.

2 Il est impossible ici d’évoquer la richesse de toutes les contributions rassemblées. Très arbitrairement, nous insisterons sur les textes qui constituent la partie intitulée « Une philosophie qui imiterait l’art ». À partir des thèses d’Adorno sur le montage (notamment tel qu’il est pratiqué en 1909-1910 par Gustav Mahler dans sa Neuvième Symphonie), Xander Selene s’intéresse à la construction de la « constellation adornienne », qui ne peut être identifiée à l’œuvre d’art. En effet, souligne-t-elle, « l’art et la philosophie diffèrent en ce qui concerne le mode du non-étant qu’ils essaient de convoquer », tout en indiquant qu’Adorno vise l’interprétation de « ce qu’il appelle ‘la réalité nonintentionnelle’ ». De son côté, Agnès Gayraud propose une stimulante analyse du film catastrophe américain. Cette « esthétique du désastre », note-t-elle, promeut « l’avènement d’une idéologie fataliste, voire sacrificielle, où les individus contemplent le désastre comme une donnée aussi inéluctable qu’étrangement réconfortante ». En ce sens, pour elle, sont ainsi validés certains éléments du « diagnostic » de la Théorie critique. Corina Golgotiu, enfin, interroge la « tâche de la critique », en revisitant les thèses défendues, théoriquement et pratiquement, par Walter Benjamin et par Karl Kraus.

3 L’intérêt de ce volume, par ces multiples relectures des œuvres des théoriciens de Francfort, est de rappeler qu’il est toujours décisif de « trouver prise sur les modalités effectives de la rationalité », parce que « l’exercice de la rationalité » tend à permettre « aux acteurs d’œuvrer à leur émancipation propre ainsi qu’à celle de leur collectivité ».

4 Jean-Marc LACHAUD


Date de mise en ligne : 17/11/2014

https://doi.org/10.3917/amx.056.0196d