Jean-Marc LACHAUD, Pour une critique partisane. Quelques preuves à l’appui, Paris, L’Harmattan, « Ouverture philosophique »/« Série esthétique », 2010, 260 pages
- Par Olivier Neveux
Pages 185q à 212q
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- NEVEUX, Olivier,
- Neveux, Olivier.
- Neveux, O.
https://doi.org/10.3917/amx.053.0185q
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https://doi.org/10.3917/amx.053.0185q
1 Le titre de l’ouvrage de Jean-Marc Lachaud dit tout à la fois l’enjeu et la méthode qui président à ce recueil de contributions publiées ces dernières années dans des revues ou des ouvrages divers. Il s’agit, en effet, de rendre justice, par l’exemple, à une « critique d’art partisane » : qui prend parti et sur les œuvres et sur le monde qui les voit naître. Car c’est des unes et de l’autre, de leurs interactions et des contradictions, dont il est ici question. D’où l’importance des textes introductif et conclusif, presque programmatiques, qui dessinent le devenir de la critique, sa fonction, et interviennent au cœur des débats lancinants sur la crise dont elle est supposée être l’objet afin d’« élaborer les conditions d’une issue, fût-elle en décalage ». Et c’est bien « en décalage », cette façon de déplacer le regard et l’intérêt, d’être à côté du centre, des évidences et du pouvoir, que se déploient les pages qui suivent, sous forme d’essais ou de fragments. Car l’auteur éprouve cette critique partisane, « entre raison et passion », auprès de très nombreuses œuvres (la liste des références est étourdissante !) dont il réfléchit la puissance, la valeur, dont il dessine les constellations affinitaires et dont il indique aussi les limites. Ainsi, le lecteur est-il amené à croiser des pans entiers de la production artistique de ces dernières décennies (tour à tour ou simultanément plastique, chorégraphique, théâtrale, cinématographique) bien souvent en décalage par rapport aux objets consacrés (le cirque, le théâtre de rue, la « poupée » et, pierre angulaire, les aventures du corps) et confronté à une pensée précise, philosophique et sensible, de leurs effets, de la singularité des propositions, des capacités subversives des unes et des autres.
2 Car « critique » doit en effet, aussi, s’entendre en écho à la Théorie critique et, plus particulièrement, aux travaux d’Herbert Marcuse qui constitue, de toute évidence, l’une des œuvres inspiratrices de cette lecture politiquement située. D’où la pratique constante d’une historicisation des pratiques et des inspirations (ainsi d’une étude sur « Art, sexe et révolution » dans les années 1960-1970, ou sur des « extravagances chorégraphiques », ou sur la question du « geste » dans les arts) et la permanence d’un souci du « Grand refus » et de l’utopie qui sourd l’ensemble de la réflexion et tranche véritablement avec l’ordinaire et le fréquent des pensées contemporaines sur l’art.
3 Une critique partisane, donc, pour notre temps, qui s’invente et se transforme au contact de l’art tel qu’il est dans le projet de « créer les conditions pour qu’autour de ces œuvres licencieuses se noue un échange susceptible de questionner la vie vécue et, peut-être, d’imaginer un autre destin ».
4 Olivier NEVEUX