Amériques oubliées
Zarifian Julien, The United States and the Armenian Genocide. History, Memory, Politics, New Brunswick, Rutgers University Press, 2024, 310 p., 42,95 $.
- Par Olivier Maheo
Pages 252 à 254
Citer cet article
- MAHEO, Olivier,
- Maheo, Olivier.
- Maheo, O.
https://doi.org/10.3917/vin.168.0252
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https://doi.org/10.3917/vin.168.0252
Notes
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[1]
Marc Nichanian, « Le droit et le fait. La campagne de 1994 », Lignes, 26, 1995, p. 74-92.
-
[2]
Paul Schor, Compter et classer. Histoire des recensements américains, Paris, Éditions de l’EHESS, 2009.
-
[3]
Olivier Richomme, « Race et citoyenneté aux États-Unis. Restrictions raciales à la naturalisation aux xixe et xxe siècle », Miranda. Revue pluridisciplinaire du monde anglophone, 7, 2012, en ligne.
-
[4]
Raymond Kévorkian, Le Génocide des Arméniens, Paris, Odile Jacob, 2006 ; Hamit Bozarslan, Vincent Duclert et Raymond Kévorkian, Comprendre le génocide des Arméniens. 1915 à nos jours, Paris, Tallandier, 2015.
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[5]
Anouche Der Sarkissian et Julien Zarifian, « Les Arméniens-Américains et la patrimonialisation du génocide arménien aux États-Unis », in Olivier Maheo (dir.), Les Minorités au musée. Réflexions franco-américaines, Paris, La Documentation française, 2024, p. 35-48 ; Diana Burgos-Vigna et Julien Zarifian, « Introduction. Mémoire(s), politique et sociétés dans les Amériques », Cahiers du MIMMOC, 30, 2023, en ligne.
En 1939, Hitler, qui envisageait alors des massacres de civils polonais, déclarait : « Qui parle aujourd’hui du massacre des Arméniens ? » Le professeur Marc Nichanian, de son côté, a écrit que « l’essence du génocide est la dénégation. Le génocide est destiné à s’annuler en tant que fait ». Julien Zarifian, professeur en civilisation américaine à l’université de Poitiers, se confronte à ce paradoxe qui, s’agissant des États-Unis, associe une sympathie ancienne pour la cause arménienne à un refus persistant de la reconnaissance du génocide commis par l’Empire ottoman en 1915. Après avoir publié deux ouvrages, l’un en géopolitique sur la place des États-Unis dans le Caucase du Sud, l’autre sur l’histoire des relations irano-étatsuniennes, l’auteur se consacre ici à démêler l’écheveau des contradictions qui associent militantisme mémoriel, politique mémorielle de la superpuissance américaine et intérêts géostratégiques bien compris, qui ont fait prévaloir pendant plus d’un siècle la dénégation du génocide, suivant une Realpolitik liée à l’alliance privilégiée avec la Turquie.
Il met ainsi en perspective la reconnaissance finalement actée en 2021 au travers d’une histoire de l’activisme mémoriel des Arméniens-Américains. Les sources très conséquentes qu’il mobilise associent documents officiels, de l’exécutif ou du Congrès, et articles, de la presse nationale et arménienne-américaine (Hairenik Weekly et Armenian Mirror-Spectator). Les chapitres sur la période la plus récente s’appuient enfin sur 25 entretiens avec des acteurs clés qui ont joué un rôle jusqu’au développement final : le vote par le Congrès en 2019…