De l’étudiant étranger à l’étranger étudiant
Les transformations des modalités de séjour des étudiants iraniens en France et en RFA (1948-1980)
- Par Valentin Rebour
Pages 147 à 163
Citer cet article
- REBOUR, Valentin,
- Rebour, Valentin.
- Rebour, V.
https://doi.org/10.3917/vin.168.0147
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https://doi.org/10.3917/vin.168.0147
Notes
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[1]
Pierre Girard, Dominique Linhardt, Olivier Compagnon et Sabine Rousseau, « Ailleurs », in Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective (1962-1981), Paris, La Découverte, 2018, p. 466-490.
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[2]
Eckard Michels, Schahbesuch 1967. Fanal für die Studentenbewegung, Berlin, Ch. Links Verlag, 2017.
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[3]
Voir notamment Romain Bertrand, « Le Quartier Latin pour le Viêtnam ! Mai 68 et l’anticolonialisme », in Dominique Dammame, Boris Gobille et Bernard Pudal (dir.), Mai Juin 68, Paris, Éditions de l’Atelier, 2008, p. 89-101, et Françoise Blum, Pierre Guidi et Ophélie Rillon (dir.), Étudiants africains en mouvement. Contribution à une histoire des années 1968, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2017.
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[4]
Mohammad Reza Shah Pahlavi (1919-1980) accède au trône en septembre 1941, à la suite de l’abdication forcée de son père Reza Shah sous la pression conjointe des Alliés. Dès lors, il cherche à consolider l’État-nation iranien autour d’un projet réformateur autoritaire, dans un contexte de forte dépendance vis-à-vis des puissances occidentales, en particulier les États-Unis et le Royaume-Uni. La première décennie de son règne est marquée par une lutte pour l’affirmation de l’autorité royale face au Parlement et au gouvernement, qui culmine avec la crise du gouvernement de Mohammad Mossadegh (1951-1953), qui entreprend la nationalisation du pétrole iranien. Après le coup d’État de 1953, le Shah engage une centralisation croissante du pouvoir exécutif et marginalise durablement les partis politiques autonomes. À partir des années 1960, il lance un programme connu sous le nom de « révolution blanche » (1963), qui vise à restructurer la société iranienne par des réformes agraires, l’extension de l’éducation, la participation des femmes à la vie publique et le développement d’un capitalisme d’État. Ce processus de modernisation, mené de manière autoritaire, s’accompagne d’une surveillance accrue de la population à travers l’action de la police politique, la SAVAK, une forte censure et un contrôle strict de l’université et des syndicats.
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[5]
Marie-Bénédicte Vincent, « L’après-guerre allemand. De la dénazification à la séparation (1945-1961) », Une nouvelle histoire de l’Allemagne, xixe-xxie siècle, Paris, Perrin, 2020, p. 237-271.
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[6]
Serge Slama, La Fin de l’étudiant étranger, Paris, L’Harmattan, 1999.
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[7]
Ibid.
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[8]
Guillaume Tronchet, « “La qualité plutôt que la quantité”. Le tournant élitiste de l’accueil des étudiants étrangers en France dans les années 1930 », in Marianne Amar et Nancy L. Green (dir.), Migrations d’élites. Une histoire-monde, xvie-xxie siècles, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2022, p. 189-206.
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[9]
Concernant la correspondance émanant du ministère des Affaires étrangères iranien – rédigée quasi exclusivement en français –, les seules sources accessibles dans le cadre de cette recherche sont les lettres et documents conservés dans les fonds des ministères français et ouest-allemand des Affaires étrangères.
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[10]
Hartmut Kaelble, « Les mutations du comparatisme international », Les Cahiers Irice, 5, 2010, p. 9-19.
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[11]
Michael Werner et Bénédicte Zimmermann proposent l’histoire croisée comme une méthode originale et réflexive d’analyse socio-historique. Cette démarche vise à dépasser les limites des approches comparatives classiques et des études de transfert en introduisant une logique relationnelle, interactive et processuelle. L’histoire croisée repose sur l’hypothèse qu’un croisement – qu’il soit d’objets, de perspectives ou d’échelles – produit des effets transformateurs sur les éléments en interaction. Elle ne se contente pas de juxtaposer des entités nationales : elle interroge les configurations dynamiques issues des croisements et leurs répercussions sur les objets et les catégories analytiques. Michael Werner et Bénédicte Zimmermann, « Penser l’histoire croisée. Entre empirie et réflexivité », Annales. Histoire, sciences sociales, 1, 2003, p. 7-36.
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[12]
Jürgen Kocka, « Asymmetrical Historical Comparison. The Case of the German Sonderweg », History and Theory, 38 (1), 1999, p. 40-50.
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[13]
M.-B. Vincent, « L’après-guerre allemand », chap. cité, p. 265.
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[14]
Politisches Archiv des Auswärtigen Amts (AAPA), Kulturabteilung (KA), Wissenschaft, Hochschulen, Jugendfragen, Sport, Medizinalangelegenheiten (WHJSP), Wissenschaft und Hochschulen (WuH), « Studenten und Auszubildende aus dem Iran in der Bundesrepublik Deutschland », Iran, Lettre de l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran à Bonn au Dr Grünig, attaché culturel de l’ambassade ouest-allemande en Iran, 20 octobre 1958.
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[15]
Ibid. Toutes les traductions sont de l’auteur.
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[16]
AAPA, KA, WHJSP, WuH, « Studenten und Auszubildende aus dem Iran in der Bundesrepublik Deutschland », Iran, Lettre de l’ambassade d’Allemagne de l’Ouest en Iran au Dr Azizi, 1er février 1959.
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[17]
AAPA, KA, WHJSP, WuH, Iran, carton 72, Lettre de l’ambassade d’Allemagne de l’Ouest en Iran au ministère des Affaires étrangères, 11 février 1959.
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[18]
Ibid.
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[19]
Archives nationales, site de Pierrefitte (AN Pierrefitte), fonds du ministère de l’Intérieur, direction de la Réglementation, Bureau des étrangers, dossiers par pays (1933-1983), série « Iran » (ci-après : MI, DR, BE/Iran), carton 6, Ressortissants iraniens en France (correspondances et notices individuelles), Compte-rendu du préfet de police de Paris au ministre de l’Intérieur, 30 janvier 1953.
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[20]
La population iranienne en France est qualifiée de colonie. Nous reprenons donc ici les termes employés par les administrateurs eux-mêmes.
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[21]
Archives diplomatiques de La Courneuve (AD Courneuve), fonds de la direction d’Asie et d’Océanie, sous-direction Levant et Iran 1944-1953 (Iran 1944-1953), Étudiants iraniens en France, Lettre de l’ambassade impériale d’Iran en France au ministère des Affaires étrangères, 28 janvier 1949.
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[22]
Ibid.
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[23]
AD Courneuve, Iran 1944-1953, Étudiants iraniens en France, Lettre de la direction des Affaires administratives et sociales du ministère des Affaires étrangères à l’ambassade d’Iran à Paris, 4 juillet 1953.
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[24]
AN Pierrefitte, MI, DR, BE/Iran, carton 6, Lettre d’Henri Roux, directeur des affaires d’Afrique-Levant au ministère des Affaires étrangères, 28 janvier 1956.
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[25]
« Si […] certains étudiants étrangers contrevenant à ces règles bien établies ou, à plus forte raison, à l’ordre intérieur public se livraient à des manifestations politiques incompatibles avec l’hospitalité qui leur est accordée, je n’élèverais aucune objection à ce que des sanctions proportionnées à l’infraction commise, telles que le déplacement dans une autre ville universitaire, mise en résidence surveillée ou, dans les cas extrêmes, expulsion pure et simple, soient prises à leur encontre. » Ibid.
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[26]
Antonin Durand et Guillaume Tronchet, « L’accueil des étudiants étrangers. Des dissensus historiques », Plein Droit, 130, 2021, p. 11-14, p. 13.
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[27]
Ibid.
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[28]
Kim Chongjin, « Les politiques d’accueil des étudiants étrangers en France et l’évolution de la mobilité étudiante coréenne », thèse en science politique sous la direction de Bernard Pudal, Université Paris-Nanterre, 2022, p. 98.
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[29]
Archives diplomatiques de Nantes (AD Nantes), consulat de Tabriz, carton 665PO1, Lettre du 12 décembre 1967 du Pr Blais à M. Djavadi, vice-doyen de la faculté d’agronomie de l’université de Tabriz : dossier « Ezatolah S. ».
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[30]
Ibid.
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[31]
Marie-Laure Viaud, Les Innovateurs silencieux. Histoire des pratiques d’enseignement à l’université depuis 1950, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2015, p. 87.
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[32]
Jean-Philippe Legois, « La Sorbonne avant Mai 68. Chronique de la crise universitaire des années 60 à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris », mémoire de maîtrise, Centre de recherches sur l’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme, 1993.
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[33]
A. Durand et G. Tronchet, « L’accueil des étudiants étrangers », art. cité, p. 14.
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[34]
Le système des Gastarbeiter, bien qu’officialisé et encadré par des traités bilatéraux, repose sur le postulat d’un séjour temporaire. Or la sédentarisation progressive de nombreux travailleurs – notamment turcs – oblige les autorités à reconsidérer les termes du contrat implicite. L’idée d’un va-et-vient contrôlé cède le pas à une présence durable, non prévue juridiquement, mais difficile à refouler sans heurts sociaux. Voir notamment Marie-Bénédicte Vincent, « Du Mur de Berlin à la réunification allemande (1961-1990) », Une nouvelle histoire de l’Allemagne, op. cit., p. 272-303.
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[35]
Sous le règne de Mohammad Reza Shah Pahlavi (1941-1979), l’Iran adopte une posture ambivalente vis-à-vis des pays dits du tiers-monde. D’un côté, le régime se réclame de la modernité occidentale, mise en œuvre à travers la « révolution blanche », la promotion de l’industrialisation et des alliances stratégiques avec les États-Unis. De l’autre, l’Iran cherche à jouer un rôle actif dans le mouvement des pays non alignés, en se présentant comme une voie de développement originale pour les nations nouvellement indépendantes. L’Iran de Mohammad Reza Shah Pahlavi a donc occupé une position liminaire dans le tiers-monde : inclus symboliquement, exclu politiquement. Si le régime se posait en modèle pour les pays du Sud, il en rejetait les principales dynamiques (démocratisation, décolonisation radicale, solidarité horizontale). La révolution islamique de 1979 a d’ailleurs été en partie une réaction à ce double langage : une critique du mimétisme occidental autant qu’une tentative de redéfinir la place de l’Iran dans le monde postcolonial.
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[36]
Valentin Rebour, « De la déclamation de poèmes à l’occupation d’ambassade. L’expérience migratoire des étudiants iraniens en exil en France (1950-1979) », Journal of International Mobility, 9 (1), 2021, p. 11-27.
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[37]
Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet, Le Campus-monde. La Cité internationale universitaire de Paris de 1945 aux années 2000, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022.
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[38]
Diplomate iranienne, Touran Houtcieff, née Aalam, prend les fonctions de directrice de la Maison de l’Iran en 1969. Elle rejoint la délégation iranienne auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture en 1972, une fois démise de ses fonctions.
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[39]
AN Pierrefitte, MI, Direction centrale des renseignements généraux, dossiers de la section étrangers et minorités (1944-1983), série « Moyen Orient », sous-série « Iran » (ci-après : DCRG, SEM, MO/Iran), Démission de la directrice de la Maison de l’Iran, 1971.
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[40]
Ibid.
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[41]
AN Pierrefitte, MI, DCRG, SEM, MO/Iran, dossier « Visites officielles », carton 99, Note des renseignements généraux à propos des menaces potentielles dans le cadre de la visite privée du Shah et son épouse à Paris, 31 mai 1967.
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[42]
Afshin Matin-Asgari, Iranian Student Opposition to the Shah, Costa Mesa, Mazda Publishers, 2002, p. 97.
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[43]
Eckard Michels insiste sur la convergence de deux dynamiques. D’un côté, la presse à scandale, qui a mis en scène la visite du Shah à travers une couverture sensationnaliste. De l’autre, un ouvrage critique devenu un best-seller parmi les étudiants au printemps 1967, Persien, Modell eines Entwicklungslandes oder Die Diktatur der Freien Welt de Bahman Nirumand, qui dresse un réquisitoire contre le régime iranien. L’ouvrage et la visite d’État du Shah se renforcent mutuellement : sans cette publication, l’opposition étudiante aurait été plus limitée ; sans cet événement diplomatique, le livre n’aurait pas eu un tel retentissement.
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[44]
Justine Faure et Mario Del Pero, « La guerre froide globale », Monde(s), 18, 2020, p. 9-30.
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[45]
S. Slama, La Fin de l’étudiant étranger, op. cit.
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[46]
Voir en particulier K. Chongjin, « Les politiques d’accueil des étudiants étrangers… », thèse citée.
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[47]
Bundesgesetzblatt, « Ausländergesetz », partie I, 19, 1965. Texte complet disponible en ligne.
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[48]
De manière paradoxale, alors que l’Ostpolitik engagée par Willy Brandt à partir de 1969 vise à normaliser les relations de la RFA avec les États socialistes d’Europe de l’Est, les universités – en particulier la FUB – adoptent dans le même temps une posture plus restrictive vis-à-vis des étudiants étrangers. Cette inflexion, amorcée dès 1967, reflète les tensions entre une diplomatie de détente tournée vers l’extérieur et une logique de sécurisation intérieure, où l’étudiant étranger est notamment perçu comme un vecteur potentiel d’instabilité politique.
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[49]
Ewald Harndt (1901-1996) fut un professeur de médecine dentaire allemand et recteur de la FUB de 1967 à 1969. Formé à Berlin, il fut membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands à partir de 1937 et occupa diverses fonctions universitaires sous le régime nazi. Après 1945, il poursuivit une carrière académique influente en Allemagne de l’Ouest, dirigeant notamment la clinique dentaire de la FUB. Son implication dans les structures nazies a suscité des controverses posthumes, conduisant à la réévaluation de son héritage.
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[50]
FUB, Zentrale Gremien und Organe, R (ZGO, R), Rektorat, Studentische Selbstverwaltungsangelegenheiten, Konvent, Konvent 1967 (StudSelb, K 1967), classeur IV, Lettre du recteur de l’Université libre de Berlin au Pr Stein, 17 novembre 1967.
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[51]
Ibid.
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[52]
Jean François-Poncet (1928 – 2012) est un diplomate et homme politique français, ministre des Affaires étrangères de 1978 à 1981 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Son père, André François-Poncet (1887-1978), fut notamment ambassadeur de France en Allemagne de 1931 à 1938, période durant laquelle il observa de près la montée du nazisme. Il fut ensuite haut-commissaire puis ambassadeur en RFA de 1949 à 1955, jouant un rôle clé dans la normalisation des relations franco-allemandes après la Seconde Guerre mondiale.
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[53]
AN Pierrefitte, MI, DCRG, SEM, MO/Iran, Lettre de Gérard Gaussen, ambassadeur de France en Suède, au ministre des Affaires étrangères, M. Jean François-Poncet, le 20 février 1980.
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[54]
Hassan Hosseini-Kaladjahi et Melissa Kelly « Sweden iv. Iranian Community », Encyclopædia Iranica, 2016, en ligne.
-
[55]
Ibid.
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[56]
Alireza Behtoui, « Upward Mobility, Despite a Stigmatised Identity. Immigrants of Iranian Origin in Sweden », Nordic Journal of Migration Research, 12 (1), 2022, p. 54-71.
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[57]
Ibid.
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[58]
AN Pierrefitte, MI, DCRG, SEM, MO/Iran, Rapport de la préfecture de police sur l’agitation étudiante marocaine et iranienne. 17 octobre 1980.
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[59]
Ibid.
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[60]
Ces deux clauses sont abandonnées le 15 janvier 1981.
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[61]
Cette organisation chapeaute un ensemble d’institutions et d’organisations promouvant la coopération franco-iranienne, comme le Centre français de la documentation technique de Téhéran, l’Association France-Iran, le Centre asiatique d’études économiques et financières, l’Office national du tourisme iranien, le groupe parlementaire d’amitiés France-Iran ou encore la section iranienne des Écrivains d’expression française.
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[62]
AN Pierrefitte, MI, DR, sous-direction des étrangers et de la circulation transfrontière, dossier « Étrangers en France », sous-dossier « Étudiants étrangers en France », carton 18, Réponse du ministère de l’Intérieur au délégué général de la coopération franco-iranienne, M. Affif-Benoit, juillet 1978.
Cet article analyse les modalités de séjour des étudiants iraniens en France et en République fédérale d’Allemagne entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le tournant des années 1980. S’appuyant sur des sources diplomatiques, administratives et universitaires, il explore comment les différentes perceptions institutionnelles de l’étudiant étranger évoluent, notamment sous l’influence des tensions politiques entre les pays d’accueil et le pouvoir iranien. Ce travail montre comment la catégorisation de l’étudiant étranger oscille entre ressource diplomatique, menace politique et agent de réforme sociétale, tout en mettant en lumière les enjeux diplomatiques et universitaires liés à ces circulations.
Mots clés
- étudiants iraniens
- mobilités étudiantes
- France
- RFA
- guerre froide.
Mots-clés éditeurs : étudiants iraniens, mobilités étudiantes, France, RFA, guerre froide.
From “Foreign Student” to “Student Foreigner:” Transformations in Residency Conditions for Iranian Students in France and the Federal Republic of Germany (1948 – 1980)
This article examines the conditions surrounding Iranian students’ stays in France and the Federal Republic of Germany from the end of World War II to the early 1980s. Drawing on diplomatic, administrative, and academic sources, it investigates how institutional perceptions of foreign students evolved, particularly under the influence of political tensions between host countries and the Iranian regime. The study highlights how the categorization of foreign students oscillates between them being viewed as a diplomatic asset, a political threat, or an agent of societal reform. In doing so, it sheds light on the diplomatic and academic stakes of these student migrations.
Keywords
- Iranian students
- student mobility
- France
- Federal Republic of Germany
- Cold War
Mots-clés éditeurs : Iranian students, student mobility, France, Federal Republic of Germany, Cold War