Chapitre 10. Les territoires germaniques
- Par Robert Calvet
Pages 157 à 162
Citer ce chapitre
- CALVET, Robert,
- Calvet, Robert.
- Calvet, R.
Citer ce chapitre
- Calvet, R.
- Calvet, Robert.
- CALVET, Robert,
À la fin du XVIIIe siècle, la situation des territoires de langue allemande est toujours régie par les traités de Westphalie de 1648. L’empereur, élu par neuf électeurs, a un pouvoir quasiment nul et le territoire du Saint Empire est divisé en 350 États. Le morcellement politique incite comme en Italie à une certaine liberté d’expression, le contrôle de la circulation des imprimés étant impossible dans des villes libres s’adonnant à un commerce intense comme Hambourg, alors que dans le Tyrol et le Trentin, sous autorité de la couronne d’Autriche, des clubs sont créés mais vite décapités par la police, comme à Rovereto ou Merano.
Outre le morcellement politique, un autre élément d’instabilité dans les pays germanophones est la religion. Catholicisme et protestantisme se partagent ces territoires d’une manière extrêmement complexe. Pour simplifier, on pourrait dire que le catholicisme domine surtout dans les pays autrichiens, la Rhénanie, la Westphalie, le Bade, la Bavière, la Silésie et que sa présence devient minoritaire face au protestantisme au fur et à mesure qu’on se dirige vers le Nord. Pourtant, malgré ou à cause de la règle du cujus regio, ejus religio selon les circonstances, des États peuvent avoir une population mêlée des deux confessions, ou des enclaves peuvent exister dans une région extrêmement morcelée politiquement. Les thèses de Febronius parues en 1763, qui ne s’attaquent pas au dogme mais ne voient dans le pape qu’un primus inter pares, conduisent à une crise du catholicisme allemand, même si la montée en puissance du courant épiscopaliste qui en découle ne s’exprime pleinement qu’au début du XI…
Date de mise en ligne : 25/06/2024
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
26,99 €