La science peut-elle connaître ses propres limites ?
Deuxième partie. La critique kantienne
Pages 175 à 234
Citer ce chapitre
- NODÉ-LANGLOIS, Michel,
- Nodé-Langlois, Michel.
- Nodé-Langlois, M.
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Notes
-
[1]
Cf. le titre des Prolégomènes de KANT.
-
[2]
Id., Critique de la Raison pure, Préface A, § 3, Meiner p. 5.
-
[3]
Voir ARISTOTE, Les parties d’animaux, Livre I, ch.5.
-
[4]
KANT, Critique de la Raison pure, Dialectique transcendantale, Introduction, I, titre.
-
[5]
Op. cit., Préface B.
-
[6]
Voir Diogène LAËRCE, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres, Livre IX, 88.
-
[7]
KANT, Critique de la Raison pratique, Préface, § 2, Meiner p. 3.
-
[8]
Id., Critique de la Raison pure, Préface B, § 1, Meiner p. 14.
-
[9]
Op.cit., Logique transcendantale, Introduction, III, Meiner p. 101.
-
[10]
Op. cit., Préface A, Meiner p. 9.
-
[11]
Voir op. cit., Dialectique transcendantale, Livre II, 1er et 3ème chapitres.
-
[12]
Ibid., 2ème chapitre.
-
[13]
Ibid., Section 6.
-
[14]
Voir KANT, Fondation (Grundlegung) de la métaphysique des mœurs, et Métaphysique des mœurs.
-
[15]
Id., Critique de la Raison pure, Préface B, Meiner p. 31.
-
[16]
Ibid.
-
[17]
Op. cit., Préface A, Meiner p. 12.
-
[18]
HUME, Enquête sur l’entendement humain, Section XII, fin.
-
[19]
Il avouait n’avoir jamais pu comprendre la démonstration, qui remonte aux pythagoriciens, de l’infinie divisibilité de l’espace. Nous savons par Pascal que le chevalier de Méré, illustre libertin de son temps, était dans le même cas.
-
[20]
HUME, op. cit., Section IV, 1ère partie, début.
-
[21]
Voir DESCARTES, 1ère Méditation, § 8.
-
[22]
L’expression de Hume est matters of fact.
-
[23]
HUME, op. cit., ibid., GF Paris 1983 p.87.
-
[24]
Voir ARISTOTE, Métaphysique, Livre I, ch.1.
-
[25]
HUME, op. cit., Section VII, titre.
-
[26]
Op. cit., Section IV, 1ère partie, § 2, GF p. 85.
-
[27]
KANT, Prolégomènes, Introduction, Meiner p. 6.
-
[28]
Id., Prolégomènes, ibid., Meiner p. 8.
-
[29]
HUME, Enquête, ibid., GF p. 87.
-
[30]
Ibid.
-
[31]
KANT, Critique de la Raison pure, Préface B, p. 17-18.
-
[32]
131-210.
-
[33]
KANT, op. cit., L’antinomie de la raison pure, 8ème section, Meiner p. 505.
-
[34]
Op. cit., Préface B, Meiner p. 18.
-
[35]
Op. cit., Introduction, IV, Meiner p. 46*.
-
[36]
Ibid., V, Meiner p. 48*.
-
[37]
Ibid., VI, Meiner p. 51*.
-
[38]
Ibid., V, 1, Meiner p. 48*.
-
[39]
Ibid.
-
[40]
Ibid., p. 49*.
-
[41]
Ibid., p. 50*.
-
[42]
DESCARTES, Règles pour la direction de l’esprit, Règle VI.
-
[43]
Ibid., Règle II.
-
[44]
Op. cit., Esthétique transcendantale, § 1, Meiner p. 63.
-
[45]
Ibid.
-
[46]
Ibid.
-
[47]
Ibid.
-
[48]
Op. cit., De l’usage logique de l’entendement en général, Meiner p. 108.
-
[49]
ARISTOTE, De l’âme, Livre III, ch.5, 430a 12. Facteur est la traduction littérale de l’adjectif poïètikon, traditionnellement traduit par agent, transcription du latin agens.
-
[50]
Op. cit., Esthétique transcendantale, Remarques générales, IV, Meiner p. 92-93.
-
[51]
On notera que ces propositions ne pourraient apparaître comme de véritables raisons concluantes que si elles pouvaient relever d’une connaissance métaphysique, dont tout le criticisme vise à nier la possibilité.
-
[52]
Op. cit., Introduction, VII, Meiner p. 58*-59*.
-
[53]
Ibid., p. 59*.
-
[54]
Ibid., I, Meiner p. 38*. On notera que la parenthèse est un écho direct au Traité de l’homme de Descartes, repris par Malebranche et Leibniz.
-
[55]
Op. cit., Du principe suprême de tous les jugements synthétiques, Meiner p. 210.
-
[56]
Ibid., Meiner p. 212-213.
-
[57]
Op. cit., B, § 16, Meiner p. 140a.
-
[58]
Ibid., § 14, Meiner p. 134.
-
[59]
Op. cit., A, Des principes a priori de la possibilité de l’expérience, Meiner p. 140a.
-
[60]
Op. cit., A, Du rapport de l’entendement à des objets en général, Meiner p. 170a.
-
[61]
Voir DESCARTES, Appendice aux 2èmes Réponses, Définition 2.
-
[62]
KANT, Critique de la Raison pure B, § 17, Meiner p. 147b-148b.
-
[63]
Op. cit., Esthétique transcendantale, § 4, 3, Meiner p. 74.
-
[64]
Ibid.
-
[65]
Ibid., § 1, Meiner p. 64.
-
[66]
Ibid., § 2, 3, Meiner p. 67.
-
[67]
Ibid., § 1, Meiner p. 64.
-
[68]
Op. cit., Introduction, VI, Meiner p. 52*.
-
[69]
Ibid.
-
[70]
Ibid., II, Meiner p. 41*.
-
[71]
Op. cit., 1ère analogie de l’expérience, Meiner p. 235.
-
[72]
Op. cit., II, Meiner p. 41*.
-
[73]
Ibid., Meiner p. 40*.
-
[74]
Ibid.
-
[75]
Ibid.
-
[76]
Op. cit., B, § 22, Meiner p. 161b.
-
[77]
Op. cit., § 27, Meiner p. 186b.
-
[78]
Op. cit., § 22, Meiner p. 161b.
-
[79]
Op. cit., Du principe suprême de tous les jugements synthétiques, Meiner p. 212.
-
[80]
Ibid., Meiner p. 211.
-
[81]
Op. cit., Du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et noumènes, Meiner p. 307.
-
[82]
Op. cit., Logique transcendantale, Introduction, I, Meiner p. 95.
-
[83]
Op. cit., Préface B, Meiner p. 21.
-
[84]
Ibid, p. 19-20.
-
[85]
THOMAS D’AQUIN, Somme de théologie, 1ère partie, q.16, a.2, 2.
-
[86]
KANT, Critique de la Raison pure, Logique transcendantale, Introduction, III, Meiner p. 100.
-
[87]
Op. cit, Préface B, Meiner p. 20.
-
[88]
Ibid.
-
[89]
Op. cit., Du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et noumènes, Meiner p. 298.
-
[90]
Op. cit., Préface B, Meiner p. 22.
-
[91]
Ibid., p. 25-26.
-
[92]
Op. cit., § 26, Meiner p. 184b.
-
[93]
Id., Prolégomènes § 18.
-
[94]
Voir ARISTOTE, Premiers analytiques, Livre II, ch.16, 64b 27.
-
[95]
DESCARTES, 6ème Méditation, avant-dernier §.
-
[96]
LEIBNIZ, Nouveaux essais, Livre IV, ch.2, § 14.
-
[97]
Ibid.
-
[98]
Id., Lettre à Foucher (1676).
-
[99]
Id., Nouveaux essais, loc. cit. La « fiction » envisagée par Leibniz a fréquemment été objectée, parfois sous la figure des « singes dactylographes » (Émile Borel), à l’explication néo-darwinienne de l’évolution biologique. Cette objection a été souvent moquée, mais il ne semble pas qu’elle ait jamais reçu de réponse véritablement convaincante.
-
[100]
Ibid.
-
[101]
HUSSERL, Idées directrices pour une phénoménologie, § 32.
-
[102]
KANT, Critique de la Raison pure, Déduction transcendantale des concepts purs de l’entendement, A, 3, Meiner p. 159a.
-
[103]
Ibid., p. 151a-153a.
-
[104]
Ibid., p. 152a.
-
[105]
C’est-à-dire au sens d’une existence distincte, et non pas d’une position dans l’espace.
-
[106]
Op. cit., Critique du 4ème paralogisme de la psychologie transcendantale, Meiner p. 396a.
-
[107]
Cette expression provient d’un cours inédit de Michel Gourinat, vers la fin des années soixante du dernier siècle.
-
[108]
KANT, Critique de la Raison pure, Préface B, Meiner p. 28. On n’oubliera pas que la foi dont il est ici question est essentiellement la « foi de la raison pure », que Kant jugera indispensable pour éviter à la morale de sombrer dans le nihilisme (voir la Critique de la Raison pratique, 1ère partie, Livre II, ch.2, VIII).
-
[109]
Id., op. cit., 2ème Postulat de la pensée empirique en général, Meiner p. 266.
-
[110]
Il y a sur ce point une évidente contradiction du criticisme. Si l’existence est une catégorie, comme Kant l’affirme, elle est un prédicat intelligible a priori, et l’on ne voit comment elle pourrait être donnée par la sensation, puisque tout le système critique repose sur la présupposition que le sensible est en tant que tel amorphe, c’est-à-dire dépourvu d’intelligibilité. Et s’il faut maintenir, faute de quoi le criticisme s’écroule, que c’est bien la sensation qui atteste le rapport à l’existant, alors il faut renoncer à l’idée que la sensation n’est source d’aucune intelligibilité.
-
[111]
« Ce qui est conforme aux conditions formelles de l’expérience (quant à l’intuition et aux concepts), est possible » (ibid., 1er Postulat).
-
[112]
Ibid.
-
[113]
Op.cit., L’antinomie de la raison pure, 6ème section, Meiner p. 494.
-
[114]
Op. cit., Dialectique transcendantale, Introduction, I, Meiner p. 336.
-
[115]
On peut évidemment s’étonner de ce qu’en dépit de la lucidité des contemporains de Kant, tels Jacobi ou Hegel, voire de commentateurs ultérieurs comme Vaihinger (1852-1933), le kantisme ait conservé un tel poids philosophique, notamment dans l’Université française, au point d’y être devenu une condition de respectabilité intellectuelle. À la vérité, là même où le détail de la Critique de la Raison pure est largement oublié, il reste convenu que Kant a établi définitivement qu’il ne saurait y avoir de connaissance métaphysique théorique, et, plus particulièrement, que la divinité ne peut être objet de savoir, mais seulement de croyance. Le succès du kantisme en France s’explique sans doute plus par des circonstances historiques particulières, d’ordre politique et culturel, que par la réelle capacité du système de résister à la réfutation, ce dont toutefois on ne saurait s’apercevoir sans l’examiner sérieusement de l’intérieur, au lieu d’admettre sans examen, comme on le lit souvent dans les copies de concours, que Kant « a bien montré que… » – on disait autrefois : ipse dixit. Les Lumières modernes ont parfois puissamment fortifié l’argument d’autorité qu’elles étaient censées avoir balayé.
-
[116]
JACOBI, David Hume über den Glauben, Appendice, in Jacobi’s Werke, t.II, Leipzig 1815, p. 304.
-
[117]
ARISTOTE, Métaphysique, Livre I, ch.1, 981b 12.
-
[118]
KANT, Critique de la Raison pure A, Introduction, Meiner p. 38.
-
[119]
ARISTOTE, Seconds Analytiques, ch.30, 87b 34 et 37.
-
[120]
HUSSERL, Idées I, § 18. La parenthèse, on l’aura noté, est comme un résumé du criticisme théorique, posé dès l’introduction à l’Esthétique transcendantale.
-
[121]
On s’offusquera peut-être de l’affirmation qu’une évidence aussi grossière – si du moins l’on ne méconnaît pas l’exigence de rigueur logique – ait pu échapper à des philosophes aussi réputés que Hume et Kant. C’est pourtant un fait, que l’on ne saurait récuser dès lors que l’on prétend faire crédit tout à la fois à l’expérience et à la raison.
-
[122]
ARISTOTE, Seconds Analytiques, Livre II, ch.19, 100a 16.
-
[123]
On mesure ici toute l’inconséquence de Husserl. Il aperçoit lucidement l’impensé qui condamne l’empirisme à la contradiction. Mais au lieu d’y trouver un motif de retour à un réalisme intellectualiste, plutôt qu’empiriste, il place sa phénoménologie sous l’égide de l’idéalisme phénoméniste de Kant, en accentuant même l’agnosticisme ontologique de ce dernier par l’épochè phénoménologique, comme si la mise en cause du bien-fondé de l’empirisme ne portait pas aussi contre les propositions liminaires de la Critique de la Raison pure.
Aristote a légué à la philosophie l’idée que la science humaine trouvait sa limite dans la connaissance de la limite de l’être en amont, soit dans une science de l’être absolu.
Il relevait lui-même que ce n’était pas là une clôture de la science au sens où il n’y aurait plus rien à chercher ni à connaître une fois parvenu en ce point. Il soulignait même ce qui faisait pour lui la différence entre cette science et les autres : l’objet de la métaphysique – le divin – donne lieu à des connaissances peu nombreuses, mais supérieures en dignité, et décisives pour l’accomplissement du souverain bien humain ; les autres objets offrent au contraire la possibilité d’un enrichissement toujours plus poussé de la connaissance, que ce soit dans l’ordre de la démonstration mathématique, ou dans l’ordre de l’investigation physique. L’unification des connaissances par la connaissance du premier être dont tout dépend ne ferme donc pas, mais ouvre plutôt l’espace des autres recherches, en leur fournissant un principe de synthèse générale, qui n’est autre que l’être en tant qu’être : les autres sciences donnent à connaître, dans un détail sans cesse approfondi, comment les divers êtres dépendent causalement de leur premier moteur, par le jeu des causes dites secondes.
Kant a pourtant jugé qu’il y avait là une « illusion transcendantale », parce qu’il a vu une contradiction entre la manière dont la métaphysique énonce ses propositions, avec la prétention de les fonder, et la manière de connaître propre aux sciences dont la métaphysique était censée connaître le fondement ultime…
Date de mise en ligne : 04/03/2026
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