3. Proche-Orient, torpeur diplomatique et faux calcul
- Par Bertrand Badie
Pages 77 à 80
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- Badie, B.
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Une curieuse torpeur diplomatique semble s’être emparée depuis quelque temps du conflit israélo-palestinien. Entre les impasses irakiennes et les surenchères qui alourdissent la question syro-libanaise, on avait presque oublié que rien n’était résolu de la question palestinienne et que celle-ci restait en amont de tous les dossiers de la région. Les tonitruantes déclarations du président iranien Ahmadinejad, appelant à rayer Israël de la carte, nous ramènent plus de quarante ans en arrière, aux discours nasseriens et baathistes les plus durs. En fait, le très médiatique retrait israélien de la bande de Gaza n’a rien réglé des problèmes de fond. Au contraire, il accroît la pression sur la Cisjordanie dont 45 % du territoire est aujourd’hui couvert d’implantations israéliennes, la plupart présentées comme définitives. Le 10 juillet dernier, le gouvernement de Tel Aviv a validé un nouveau tracé du Mur qui isole davantage les Palestiniens résidant à Jérusalem du restant des Territoires. Les sommets sont reportés et l’Autorité palestinienne porte de plus en plus mal son nom, allant même jusqu’à souhaiter un « canal parallèle de négociation… ». Pire encore, le cycle de la violence reprend, les attentats ciblés sont à nouveau annoncés… Qui croit encore à la « feuille de route » ?
Tout en se ralliant à l’idée d’un État palestinien, George Bush n’en définit ni le calendrier, ni les modalités qui pourraient donner et sens et contenu à la souveraineté de la nouvelle entité. La stratégie qui s’esquisse repose en fait sur un triple pari : compter sur la puissance, cultiver les vertus de l’unilatéralisme, miser sur la décomposition stratégique du nationalisme…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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