12. L’adieu au gaullisme
- Par Bertrand Badie
Pages 203 à 205
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- Badie, B.
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On est bel et bien sorti de l’époque gaulliste de la diplomatie française. Une conception originale de l’action extérieure de la France mêlait, en se réclamant de la souveraineté et de la « grandeur », les principes d’autonomie de la vision et de la décision, une valorisation du droit des autres à être et à se faire respecter, hors de toute loi unilatérale, un certain réalisme quant aux moyens à choisir et à leur chance de réussir. Cet axe flattait le nationalisme, mais n’en relevait pas : il s’est construit avec l’Europe et dans la mondialisation. Issu de la Résistance, il s’élaborait sinon contre la domination et les « blocs », du moins en en cultivant la méfiance, ce qui contribua à sa popularité dans le monde, au Sud en particulier : ce gaullisme diplomatique s’adaptait, à ce titre, fort bien aux credo de la gauche qui ne le démit pas durant les deux mandats de François Mitterrand.
La diplomatie d’aujourd’hui est autre. En renouant ostensiblement avec les États-Unis, Nicolas Sarkozy affiche un recentrage atlantiste, d’autant plus périlleux que le maître de la Maison Blanche incarne, jusque chez lui, la figure de l’extrémisme et risque d’entraîner dans ses propres échecs ses nouveaux compagnons de route. La France avait, sur la Palestine, l’Irak et même l’Iran une vision propre désormais abolie. Elle cultivait, sur le multilatéralisme, le développement, les Droits de l’homme, une sensibilité qui inspirait l’Europe, qui la distinguait et qui devient aujourd’hui très discrète…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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