7. Triste agonie pour le principe d’intervention
- Par Bertrand Badie
Pages 183 à 186
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- BADIE, Bertrand,
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- Badie, B.
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L’autocritique nuancée à laquelle George Bush et Tony Blair ont procédé plus de trois ans après l’intervention en Irak rejoint le scepticisme grandissant que nourrissent les observateurs à propos de l’Afghanistan. Comment oublier en même temps l’enlisement français en Côte d’Ivoire, ne pas penser plus largement à l’échec américain en Somalie, au tout début de la première présidence Clinton, et surtout ne pas évoquer, en contrepoint, l’incapacité de la « communauté internationale » à intervenir au Rwanda lors de l’effroyable génocide de 1994 ? Pourtant, en 2001, prenait forme, dans les couloirs du multilatéralisme, la thèse célèbre de la « responsabilité de protéger » : nombreux étaient ceux, États ou ONG, bien-pensants ou cyniques, qui pariaient sur le bel avenir de l’intervention, conduisant la conscience universelle ou son vicaire à agir là où l’ordre, la sécurité ou tout simplement la survie de tout ou partie de l’espèce humaine était menacée.La thèse ne manquait pas d’arguments. Dans un monde d’interdépendance forte, où la sécurité de chacun détermine celle de tous, même l’égoïsme, en tout cas l’utilitarisme, vient célébrer les vertus d’une ingérence d’abord conçue comme humanitaire. À une époque où, de surcroît, tout le monde voit la misère de tout le monde, la pitié n’a plus d’alibi et la solidarité perd ses frontières. À un moment où la dictature se révèle somme toute coûteuse, mieux vaut investir dans la défense du droit des autres. Alors que la guerre classique ne menace plus le monde des nantis, la police de la paix pouvait devenir une diplomatie aussi réaliste que flatteuse…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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