11. Danger au Kosovo
- Par Bertrand Badie
Pages 139 à 141
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- Badie, B.
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En mars 1999, les troupes de l’OTAN entraient au Kosovo illégalement, mais pour la bonne cause : sans mandat des Nations unies paralysées par la menace du veto russe, elles assumaient logiquement la responsabilité d’éviter une épuration ethnique que Slobodan Milosevic avait probablement programmée contre la majorité albanophone et musulmane. Peu après, dans sa résolution 1244, le Conseil de Sécurité légalisait en quelque sorte l’opération, installait une administration sous son drapeau, devant conduire à une « autonomie substantielle » de la province, dans le cadre de ce qui était la « république fédérale de Yougoslavie », devenue depuis République serbe.
Aujourd’hui, le rapport de l’ancien président finlandais, Martti Ahtisaari, recommande à l’ONU l’indépendance pure et simple du Kosovo que les Occidentaux souhaiteraient voir proclamée par le Conseil de Sécurité, malgré les réticences de la Russie et de la Chine. L’évolution est compréhensible, elle n’en reste pas moins décevante et dangereuse, de bien des points de vue. D’une certaine manière, elle scelle logiquement un processus d’échec : sous administration onusienne, la province s’est « épurée » silencieusement, sous l’effet d’une lente désertion de la minorité serbe, laissant la place à une majorité albanophone de plus en plus large qui découvrait quotidiennement l’évidence prochaine d’une indépendance plébiscitée. La « communauté internationale » à l’œuvre montrait que son souci prioritaire n’était plus de garantir, encore moins de promouvoir, le multiethnisme, perdant ainsi une part essentielle de la légitimité qui lui avait donné le droit moral d’intervenir…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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