9. Il n’y a plus de diplomatie européenne
- Par Bertrand Badie
Pages 131 à 134
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- BADIE, Bertrand,
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- Badie, B.
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Il fut un temps où la diplomatie européenne prenait son envol. Alors que disparaissait la bipolarité, plusieurs de ses acteurs avaient compris que le Vieux Continent avait une carte à jouer dans un monde qui n’était plus partagé selon les pointillés du clivage séparant l’Est et l’Ouest. Certes, les années quatre-vingt-dix connurent des fortunes inégales : l’Europe eut bien du mal à se définir face à la crise yougoslave, à la Tchétchénie ou à la réforme de l’OTAN. Mais on se souvient de sommets européens qui furent porteurs de vrais messages diplomatiques : Venise, Berlin, Séville… On se souvient des positions communes et clairement affichées dans les grandes conférences internationales, sur les questions de droits de l’homme, de justice internationale, d’environnement ou de développement social. On se souvient des efforts consentis, à la fin des années quatrevingt-dix, pour poser les bases d’une défense européenne commune, de l’initiative franco-britannique affichée à Saint-Malo (1998) à celle du couple franco-allemand l’année suivante à Cologne, puis à Helsinki, débouchant sur la création de la Force de réaction rapide.Les atouts d’une diplomatie européenne ne sont pas minces, dans le contexte de la postbipolarité. Pour la première fois depuis très longtemps, l’Europe n’est plus le cratère du monde, le champ de manœuvre ou de bataille des puissances. Elle n’est plus menacée ni dépendante des alliances pour sa survie. Alors que se desserre l’étau de l’intérêt national immédiat, elle peut agir et témoigner de façon plus libre sur les terrains d’affrontement qui lui sont extérieurs…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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