7. Les illusions de l’aubaine terroriste
- Par Bertrand Badie
Pages 123 à 126
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- Badie, B.
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Aux lendemains de l’attaque du 11 Septembre, le président Bush avait déclaré « la guerre au terrorisme » (war on terrorism). Nul doute que cette initiative a profondément organisé l’agenda international et a pesé sur les alliés et les partenaires des États-Unis. Aucun sommet mondial ou régional, même conçu à d’autres fins, ne se tient sans s’emparer du sujet avec emphase. Les Parlements légifèrent, le Congrès américain approuvant à la hâte le Patriot Act qui marqua la régression la plus nette de la cause des libertés publiques jamais légalisée outre-Atlantique. Plus récemment, les Assemblées britannique et française se sont distinguées par leur zèle aux dépens des droits de l’homme autrefois chèrement acquis. Le président Poutine se saisit à son tour de l’aubaine, tentant de s’appuyer sur le danger terroriste pour se donner les moyens légaux de contenir les ONG, sans lesquelles le conflit en Tchétchénie serait probablement tombé dans l’oubli. Chacun y va de son propre avantage : le gouvernement israélien pour faire condamner le Hamas et le Hezbollah, la Chine pour classer les fronts séparatistes ouïgours dans la catégorie des infâmes ou les dictateurs d’Asie centrale pour se faire réélire… Des camps clandestins sont ouverts par les États-Unis en Europe, des rotations aériennes transitant par le Vieux Continent transportent des suspects arrêtés par la CIA en toute illégalité, Guantanamo est même offert en exemple d’efficacité : tout cela au nom d’une démocratie qu’il conviendrait de protéger…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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