Chapitre 9. De l’agir à la décompensation somatique. L’histoire de Guy, auteur de violences sexuelles accueilli dans un groupe de psychodrame
Pages 233 à 259
Citer ce chapitre
- SMANIOTTO, Barbara
- et RÉVEILLAUD, Marie,
- DUMET, Nathalie
- et FERNANDEZ, Lydia,
- Smaniotto, Barbara.
- et al.
- Smaniotto, B.
- et Réveillaud, M.
- N. Dumet
- et L. Fernandez
https://doi.org/10.3917/pres.dumet.2016.01.0233
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- Smaniotto, B.
- et Réveillaud, M.
- N. Dumet
- et L. Fernandez
- Smaniotto, Barbara.
- et al.
- SMANIOTTO, Barbara
- et RÉVEILLAUD, Marie,
- DUMET, Nathalie
- et FERNANDEZ, Lydia,
https://doi.org/10.3917/pres.dumet.2016.01.0233
Notes
-
[1]
Voir à ce propos « La troisième topique » avancée par Dejours (2001, pp. 83-124).
-
[2]
La névrose de comportement correspond à une économie psychique organisée autour de l’agir. Le conflit n’est pas traité par la voie mentale, il ne se traduit pas par des symptômes mais par la prédominance des comportements sensoriels et moteurs au sein desquels prévaut la décharge.
-
[3]
Soulignons ici l’étymologie latine du verbe « empêcher » qui signifie « prendre au piège, entraver ».
-
[4]
Destructivité inhérente à l’économie pulsionnelle de tout individu, au demeurant.
Nous proposons ici d’interroger le passage de l’agir à la décompensation somatique. Nous appuierons notre réflexion sur la situation de Guy, auteur de violences sexuelles sur mineurs, accueilli dans un groupe de psychodrame psychanalytique. À travers les mises en scène et le récit de son histoire, nous découvrirons que Guy, et plus particulièrement son corps, ont été utilisés comme un objet de jouissance durant son enfance. Cette position singulière, se rejouant par retournement dans l’acte, aurait contribué au déni de la souffrance infligée à ses victimes. Nous montrerons comment la thérapie a aidé Guy à reconnaître peu à peu le traumatisme subi par ses victimes. Cependant, si ses traumas sexuels infantiles ont pu être approchés, ils demeureront non élaborés. Ainsi, nous supposerons que leur potentiel destructeur, jusqu’alors expulsé dans ses agirs pervers, va se rabattre sur son propre corps. Ce retranchement, signe de la part du Moi de Guy restée clivée, aurait participé à une décompensation somatique foudroyante conduisant à son décès. Nous formulerons l’hypothèse que l’agir pervers contribuerait au maintien de l’équilibre psychosomatique et pourrait constituer en ce sens une défense contre la somatisation. Enfin, cette situation clinique nous invitera, d’un point de vue thérapeutique, à être vigilants quant à l’expression du langage du corps et au destin des pulsions mobilisées au cours d’une psychothérapie.
Guy, 30 ans, est le cadet de trois garçons. Il décrit sa famille comme particulière dans la mesure où ses parents, enseignants, soucieux de l’éducation de leurs enfants n’avaient pas la télévision…
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