Mise en perspective
À la recherche des ouvrières de Clio
Pages 1 à 23
Citer ce chapitre
- BIENVENUE, Louise
- et DORAIS, François-Olivier,
- Bienvenue, Louise.
- et al.
- Bienvenue, L.
- et Dorais, F.-O.
- L. Bienvenue
- et F. Dorais
Citer ce chapitre
- Bienvenue, L.
- et Dorais, F.-O.
- L. Bienvenue
- et F. Dorais
- Bienvenue, Louise.
- et al.
- BIENVENUE, Louise
- et DORAIS, François-Olivier,
Notes
-
[1]
Par exemple : « Quand on l’aura appelée : organisatrice habile, animatrice dévouée, conférencière, essayiste, écrivain pour la jeunesse, femme de lettres, historien, bibliothécaire, bibliographe, professeur et fondatrice, on aura à peine résumé les activités et les succès de Marie-Claire Daveluy. » Auguste-M. Morisset, « Marie-Claire Daveluy, bibliothécaire, bibliographe, écrivain », dans Georges-A. Chartrand, dir., Livre, bibliothèque et culture québécoise. Mélanges offerts à Edmond Desrochers, s. j. (Montréal, Asted, 1977), p. 405 (nous soulignons).
-
[2]
Sylvie Bélanger, « Devenir avocate : l’entrée des femmes dans une profession juridique au Québec, 1911-1985 », mémoire de maîtrise (histoire), Université de Sherbrooke, 1991 ; Gilles Gallichan, Les Québécoises et le barreau. L’histoire d’une difficile conquête (Québec, Septentrion, 1999).
-
[3]
Suzanne Lavigne, « 1903. Irma Levasseur (1878-1964). Première femme admise au Collège des médecins », dans Ces femmes qui ont bâti Montréal (Montréal, Éditions du remue-ménage, 1992), p. 150-151 ; Margaret Gillett, « 1909. Dr Maude Abbott (1869-1940). Pionnière de l’enseignement médical à Montréal », dans Ces femmes qui ont bâti Montréal (Montréal, Éditions du remue-ménage, 1992), p. 137-138.
-
[4]
Aude Fauvel, Jean-Christophe Coffin et Thibaud Trochu, « Les carrières de femmes dans les sciences humaines et sociales (XIXe-XXe siècles) : une histoire invisible ? », Revue d’histoire des sciences humaines, no 35 (2019), http://journals.openedition.org/rhsh/3971.
-
[5]
Pensons ici notamment à Jean-François Bert et Jérôme Lamy, Voir les savoirs. Lieux, objets et gestes de la science (Paris, Anamosa, 2021) ; Christian Jacob, Des mondes lettrés aux lieux de savoir (Paris, Les Belles Lettres, 2018) ; Françoise Waquet, L’Ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent, XVIe-XXIe siècles (Paris, CNRS Éditions, 2015).
-
[6]
J.-F. Bert et J. Lamy, Voir les savoirs…, p. 11.
-
[7]
Françoise Waquet, Une histoire émotionnelle du savoir, XVIIe-XXIe siècle (Paris, CNRS Éditions, 2019), p. 22.
-
[8]
Colloque « Profession historienne ? Les femmes dans la production et la diffusion des savoirs historiques au Canada français, XIXe et XXe siècles », Auditorium de la Grande Bibliothèque, Montréal, 7-8 octobre 2021.
-
[9]
À ce propos, voir le bilan des récentes études historiographiques qui est proposé dans Daniel Poitras et François-Olivier Dorais, « Un nouveau “moment historiographique” pour le Québec ? Essai d’interprétation », Revue d’ histoire de l’Amérique française, vol. 74, nos 1-2 (été-automne 2020), p. 73-102.
-
[10]
Les études qui encouragent le croisement entre histoire des sciences et histoire des femmes et du genre se sont multipliées depuis les années 1990. Pour un état récent des lieux, voir Valérie Burgos-Blondelle, Juliette Lancel et Isabelle Lémonon-Waxin, « Introduction. Investir le genre en histoire des sciences et des savoirs. Pour une histoire plus juste », Cahiers François Viète, Une histoire genrée des savoirs est-elle possible ?, vol. 3, no 11 (novembre 2021), p. 5-19.
-
[11]
Serge Gagnon, Le Québec et ses historiens, de 1840 à 1920. La Nouvelle-France de Garneau à Groulx (Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1978) ; Serge Gagnon, Le passé composé. De Ouellet à Rudin (Montréal, VLB éditeur, 1997) ; Jean Lamarre, Le devenir de la nation québécoise selon Maurice Séguin, Guy Frégault et Michel Brunet (1944-1969) (Québec, Le Septentrion, 1993) ; Ronald Rudin, Faire de l’ histoire au Québec (Québec, Septentrion, 1998). Voir aussi : Éric Bédard et Julien Goyette, Parole d’historiens (Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2006).
-
[12]
Une version plus ancienne du bilan historiographique qui suit est parue dans l’article suivant : Louise Bienvenue, « Marie-Claire Daveluy, historienne des femmes », Histoire sociale/Social History, vol. 51, no 104 (novembre 2018), p. 329-352.
-
[13]
Bonnie G. Smith, The Gender of History. Men, Women, and Historical Practice (Cambridge, Harvard University Press, 2000), p. 3 (notre traduction).
-
[14]
Voir Beverly Boutilier et Alison Prentice, dir., Creating Historical Memory. English-Canadian Women and the Work of History (Vancouver, UBC Press, 1998).
-
[15]
Donald Wright, « Gender and the Professionalization of History in English Canada before 1960 », Canadian Historical Review, vol. 81, no 1 (printemps 2000), p. 29-66.
-
[16]
Naomie Oreskes, « Objectivity or Heroism ? On the Invisibility of Women in Science », History of Science, vol. 11, no 1 (1996), p. 87-113.
-
[17]
Voir Hervé Coutau-Bégarie, Le phénomène « Nouvelle Histoire » : stratégie et idéologie des nouveaux historiens (Paris, Economica, 1983).
-
[18]
Sur les liens entre histoire nationale et masculinité au Québec, voir Jeffrey Vacante, National Manhood and the Creation of Modern Quebec (Vancouver, UBC Press, 2017).
-
[19]
Isabelle Ernot, « L’histoire des femmes et ses premières historiennes (XIXe-début XXe siècle) », Revue d’histoire des sciences humaines, vol. 1, no 16 (2007), p. 165-194. Voir aussi « Des femmes écrivent l’histoire des femmes au XIXe siècle : représentations et interprétations », Genre & Histoire, no 4 (2009), https://doi.org/10.4000/genrehistoire.742.
-
[20]
Ce terme appelle une remarque. Dans tout le livre, nous avons laissé le choix aux signataires d’utiliser les vocables « auteure » ou « autrice », selon leur préférence. Les deux formes sont, en effet, en circulation au moment d’écrire ces lignes.
-
[21]
Donica Belisle et Kiera Mitchell, « Mary Quayle Innis : Faculty Wives’Contributions and the Making of Academic Celebrity », Canadian Historical Review, vol. 99, no 3 (automne 2018), p. 456-486.
-
[22]
Natalie Zemon Davis, « Les femmes et le monde des Annales », Tracés. Revue de Sciences humaines, vol. 32 (2017), https://doi.org/10.4000/traces.6902.
-
[23]
Françoise Waquet, Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles (Paris, CNRS Éditions, 2022). Voir tout le chapitre 3 intitulé « La composante féminine », p. 89-142.
-
[24]
Marcel Lajeunesse, Éric Leroux et Marie D. Martel, dir., Pour une histoire des femmes bibliothécaires au Québec. Portraits et parcours de vies professionnelles (Québec, Presses de l’Université du Québec, 2020).
-
[25]
Marie-Pier Luneau et Marie-Andrée Bergeron, dir., « Dossier : Refuser d’oublier. Dans un monde d’hommes. Femmes, archives et histoire de l’imprimé », Mémoires du livre, vol. 12, no 2 (automne 2021).
-
[26]
Beverly Boutilier, « Women’s Rights and Duties : Sarah Anne Curzon and the Politics of Canadian History », dans B. Boutilier et A. Prentice, dir., Creating Historical Memory, English-Canadian Women and the Work of History (Vancouver, UBC Press, 1997), p. 51-52.
-
[27]
Patricia Smart, Les femmes du Refus global (Montréal, Boréal, 1998) ; Chantal Savoie, Les femmes de lettres canadiennes-françaises au tournant du XXe siècle (Montréal, Nota Bene, 2014).
-
[28]
Marie Lavigne et Michelle Stanton-Jean, Idola Saint-Jean, l’insoumise (Montréal, Boréal, 2017).
-
[29]
Andrée Lévesque, « Une visionnaire oubliée : Éva Circé-Côté (1871-1949) », dans Jean-Philippe Warren, dir., Mémoires d’un avenir. Dix utopies qui ont forgé le Québec (Montréal, Nota Bene, 2006).
-
[30]
Andrée Lévesque, Éva Circé-Côté. Libre-penseuse 1971-1949 (Montréal, Éditions du remue-ménage, 2010).
-
[31]
Anne-Marie Sicotte, Marie Gérin-Lajoie. Conquérante de la liberté (Montréal, Éditions du Remue-ménage, 2005).
-
[32]
Nicolle Forget, Thérèse Casgrain. La gauchiste en collier de perles (Montréal, Éditions Fides, 2013).
-
[33]
Patricia Smart, Écrire dans la maison du père. L’émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec. Essai (Montréal, Québec Amérique, 1988).
-
[34]
Michelle Perrot, dir., Une histoire des femmes est-elle possible ? (Marseille, Rivages, 1984).
-
[35]
Sur la singulière convergence entre l’histoire orale et l’histoire des femmes, voir Denyse Baillargeon, « Histoire orale et histoire des femmes : itinéraires et points de rencontre », Recherches féministes, vol. 6, no 1 (1993), p. 53-68.
-
[36]
Voir dans le chapitre 8, rédigé par Hébert et Goyette, les observations sur la définition large ou resserrée de ce titre.
-
[37]
Lisette (pseud. De Marie Aymong), « À mon couvent », Le Monde illustré, 5 septembre 1896, p. 293.
-
[38]
Marie-Paule Malouin, L’éducation des filles chez les Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, 1844-1950 (Groupe de recherches en histoire de l’éducation des filles au Québec, 1983), p. 38. Voir aussi, Micheline Dumont et Nadia Fahmy-Eid, dir., Les couventines : l’ éducation des filles au Québec dans les congrégations religieuses enseignantes 1840- 1960 (Montréal, Boréal Express, 1986).
-
[39]
Le terme est problématique pour les filles avant les années 1950 au Québec. Certaines font leur cours « lettres et sciences » qui représente une scolarité avancée pour les filles avant les réformes du Rapport Parent. D’autres parmi les femmes étudiées optent pour la filière de l’école normale et gagnent leur vie dans l’enseignement pendant quelques années. Le véritable « cours classique » féminin, longtemps le seul à se prétendre être l’équivalent du cours secondaire offert aux garçons, n’est accessible qu’à une minorité. Louise Dechêne, Andrée Désilets et Micheline Dumont y ont eu accès.
-
[40]
Voir à ce sujet le chapitre « Un combat pour la “nouvelle histoire” », dans Marcel Trudel, Mémoires d’un autre siècle (Montréal, Boréal, 1987), p. 167-206. Il y a bien eu à l’Université de Montréal un Institut d’études médiévales, fondé en 1931, mais aucune de nos autrices ne l’a fréquenté.
-
[41]
« Hommage de Germaine Bernier à Marie-Claire Daveluy », Le Devoir, 6 février 1968, p. 9 ; Juliette Lalonde-Rémillard, « Les souvenirs de Juliette Lalonde-Rémillard (2e période) 1939-1945, 1re partie », Cahiers d’histoire du Québec au XXe siècle, no 2 (été 1994), p. 186.
-
[42]
Patrice Régimbald, « La disciplinarisation de l’histoire au Canada français, 1920- 1950 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 51, no 2 (automne 1997), p. 163-200.
-
[43]
Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, La vie littéraire au Québec, tome IV « Je me souviens » (Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1999), p. 387.
-
[44]
L’expression est du romancier français René Bazin dans une lettre qu’il lui écrit le 8 octobre 1887. Citée par Nicole Bourbonnais dans son édition critique de Laure Conan, Angéline de Montbrun (Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2007), p. 21-22.
-
[45]
« Jamais Félicité Angers ne s’insurge contre ces avis ; elle y adhère même pleinement. » (N. Bourbonnais [édition critique] de Laure Conan, Angéline de Montbrun…, p. 21-22.) On trouvera une corroboration indirecte de cette interprétation dans Marie-Andrée Beaudet, « Laure Conan à l’épreuve du livre de piété : hétéronomie et individuation dans la littérature québécoise du dix-neuvième siècle », Voix et Images, vol. 32, no 3, p. 59-71, https://doi.org/10.7202/016578ar.
-
[46]
Vanessa Gemis, « La biographie genrée : le genre au service du genre », COnTEXTES, no 3 (2008), http://journals.openedition.org/contextes/2573.
-
[47]
Pensons par exemple à Micheline Dumont et Nadia Fahmy-Eid, dir., Les couventines… ; Nadia Fahmy-Eid et Micheline Dumont, dir., Maîtresses de maison, maîtresses d’ école. Femmes, famille et éducation (Québec, Boréal Express, 1983) ; Micheline D’Allaire, Vingt ans de crise chez les religieuses du Québec, 1960-1980 (Montréal, Bergeron, 1983) ; Lucia Ferretti, Histoire des Dominicaines de Trois-Rivières. « C’est à moi que vous l’avez fait » (Québec, Septentrion, 2002).
-
[48]
Voir, à ce sujet, Martin Vailly, Paul-Arthur Tortosa et Simon Dumas Primbault, « Introduction. Milieux, media, écologie des savoirs », Cahiers François Viète, vol. 3, no 10 (2021), p. 5-19.
-
[49]
Pensons par exemple à Janet Carnochan, fondatrice de la Niagara Historical Society en 1895, qu’elle a présidée jusqu’en 1922.
-
[50]
C’est le cas de la Women’s Canadian Historical Society of Toronto, de la Women’s Canadian Historical Society of Ottawa ou encore de la Women’s Wentworth Historical Society (voir Donald Wright, « Gender and the Professionalization… », p. 32-35).
-
[51]
C. Savoie, Les femmes de lettres canadiennes-françaises…
-
[52]
Pensons notamment, ici, aux Fadette (Henriette Dessaulles), Françoise (Robertine Barry), Madeleine (Anne-Marie Gleason), Colombine (Éva Circé-Côté), Josette (Joséphine Marchand), Ginevra (Georgina Lefaivre) ou encore Marjolaine (Justa Leclerc).
-
[53]
Pour une lecture « non-bourdieusienne » des amitiés savantes, voir Jean-Charles Darmon et Françoise Waquet, dir., L’amitié et les sciences : de Descartes à Lévi-Strauss (Paris, Hermann, 2010).
-
[54]
À ce sujet, voir Fanie St-Laurent, « “Il y a des choses qu’une personne cultivée ne peut ignorer” – Le Bulletin de la Société d’étude et de conférences (1951-1967) : sa genèse, ses actrices et son contenu », Revue de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, no 4 (2012), p. 84-95.
-
[55]
Outre qu’il aura le soutien de Juliette Lalonde-Rémillard (voir le chapitre 9 du présent ouvrage), le chanoine Groulx et son œuvre pourront bénéficier du travail d’une petite armée d’assistantes, composée notamment de Germaine Dupuis (en assistance aux archives publiques d’Ottawa), Madeleine Dionne (qui travaillera pendant 18 ans comme adjointe de Lalonde-Rémillard), Marie Léveillée (archiviste principale du Centre de recherche Lionel-Groulx), mais aussi, plus sporadiquement, Yolande Lapointe, Giselle Huot, Berthe Lalonde, Lise McNicoll et Suzanne Rémillard.
-
[56]
Julie Beloin, « Les religieuses et leur mémoire. Les Annales des Sœurs de la Présentation de Marie au Couvent de Coaticook, 1870-1920 », mémoire de maîtrise (histoire), Université de Sherbrooke, 2009.
-
[57]
Frédérique Pigeyre et Mareva Sabatier, « Les carrières des femmes à l’université : une synthèse de résultats de recherche dans trois disciplines », Politiques et management public, vol. 28, no 2 (2011), http://journals.openedition.org/pmp/4197 ; Stéphane Van Damme, La prose des savoirs. Pragmatique des mondes intellectuels (Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2020), p. 143-172.
-
[58]
En effet, à l’échelle du Québec, l’histoire attire moins les étudiantes que les étudiants, bien que celles-ci soient plus nombreuses à s’inscrire dans un programme de baccalauréat universitaire – à hauteur de 57,7 % – et plus nombreuses encore à choisir les sciences humaines – 65,9 %. Louise Bienvenue, « Face aux savoirs à obsolescence programmée, une nécessaire revalorisation de l’histoire », Bulletin d’histoire politique, vol. 29, no 1 (automne 2020), p. 49.
-
[59]
Catherine Larochelle, « “Publish or Perish” : des chercheuses demandent la fin de la discrimination systémique », University Affairs/Affaires universitaires, https://www.affairesuniversitaires.ca/opinion/a-mon-avis/publish-or-perish-des-chercheuses-demandent-la-fin-de-la-discrimination-systemique/.
-
[60]
Yves Frenette en a déjà tracé le portrait dans cet article : « Marie-Rose Turcot, 1887-1977 : esquisse biographique d’une écrivaine et journaliste canadienne-française », dans Josette Brun, dir., Interrelations femmes-médias dans l’Amérique française (Québec, Presses de l’Université Laval, 2009), p. 127-139.
-
[61]
À ce propos, on consultera, avec profit, Valérie Bouchard, « Regard(s) de collectionneurs : la collection Pierre et Annie Cantin, trajectoires recomposées et dynamiques affectives », thèse de doctorat (histoire), Université Laval, 2021.
Historienne. Le titre est beau, la fonction est noble qui consiste à
relater méthodiquement le passé et à s’en faire l’interprète. Sait-on
assez, cependant, ce que le terme doit à la conquête ? Encore dans les
années 1970, au Québec, on pouvait aisément présenter les ouvrières
de Clio comme des « historiens ». Non seulement avait-on du mal à se
mettre en bouche ces sonorités neuves, mais il semblait que la déclinaison
féminine ferait perdre de la grandeur au titre. C’est toute l’histoire de la
féminisation des professions – un chapitre des métamorphoses de l’ordre
sexuel au XXe siècle – qui se rejouait, ainsi, à l’échelle d’un petit champ
de savoir et de pratique longtemps peu institutionnalisé et unifié. Pour
faire bonne mesure, on rappellera que le titre d’historien lui-même n’a
jamais été réservé. Même de nos jours, aucun ordre professionnel n’en
sanctionne l’accès ni n’en régule parfaitement les contours. Œuvrant à
l’intersection de la narration et de la science, l’historien et l’historienne
naviguent toujours en des eaux plus ou moins bien délimitées, malgré
la poussée de disciplinarisation d’après-guerre et l’expansion du réseau
universitaire qui a suivi.
Aussi, pour raconter l’histoire des historiennes au Canada français,
on n’aura guère, comme pour les avocates ou pour les femmes médecins,
d’actes de naissance précis à célébrer ou de dates fondatrices à graver
inexorablement dans la pierre. C’est peut-être mieux ainsi, au fond. Car
tel que nous l’avons conçu, le présent ouvrage se veut autre chose qu’un
strict défilé de pionnières ayant su percer les murs du cénacle ou défoncer
le plafond de verre, selon la métaphore que l’on préfère…
Date de mise en ligne : 20/03/2024
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
44,00 €
Acheter ce chapitre
5,00 €