Chapitre d’ouvrage

Chapitre 8. Vers un langage modal

Pages 157 à 170

Citer ce chapitre


  • Plagnol, A.
(2019). Chapitre 8. Vers un langage modal. Principes de navigation dans les mondes possibles : Tome I Fondations (p. 157-170). Éditions Terra Cotta. https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-157?lang=fr.

  • Plagnol, Arnaud.
« Chapitre 8. Vers un langage modal ». Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations, Éditions Terra Cotta, 2019. p.157-170. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-157?lang=fr.

  • PLAGNOL, Arnaud,
2019. Chapitre 8. Vers un langage modal. In : Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations. Éditions Terra Cotta. Esprit & Cognition, p.157-170. URL : https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-157?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le lecteur non initié aux bases élémentaires de la logique modale quantifiée peut sauter sans dommage ces chapitres 8 et 9 (difficilement compréhensibles sans de telles bases). La lecture de Garson (1984) pourra néanmoins largement suffire pour une introduction aux problèmes de logique modale quantifiée tels qu’ils sont pertinents pour notre ouvrage : nous n’avons pas l’ambition de tenir compte des développements exponentiels de la logique modale ces trente dernières années (e.g., Carnielli & Pizzi, 2008, pp. vii-viii), ce d’autant que ces développements, orientés sur la théorie des inférences, ne sont généralement pas pertinents pour nos objectifs.
  • [2]
    Cf. le § 7.6 et la remarque du § 6.3.
  • [3]
    Nous avons même admis que la stipulation d’une fonction individuante définissait de toute façon une forme artificielle.
  • [4]
    Cet a priori peut vaciller en cas d’incertitude épistémique sur l’existence d’une référence, c’est-à-dire ici une réplique dans un monde.
  • [5]
    Cf. § 6.2.3.2.
  • [6]
    Les énoncés faux peuvent eux-mêmes être considérés comme ne représentant rien du monde relativement auquel ils sont évalués, et sont constitués eux aussi via des règles syntaxiques simplificatrices (§ 6.2.3.2, exemple 1), mais leur non-sens est moins immédiat que celui des énoncés comportant un « nom » ne renvoyant à rien (§ 6.2.3.2, exemple 2) : dans un cas, l’opération d’abstraction échoue au niveau prédicatif (de sorte que le non-sens d’un énoncé faux n’est généralement pas a priori) ; dans l’autre, il n’y a même pas de substrat à partir duquel tenter une telle opération.
  • [7]
    On ne confondra pas cette expression par courtoisie avec l’attribution par citation d’une représentation propositionnelle syntaxique, telle « Peter a la représentation ‘London is the capital city of England’ ». Mais un énoncé de croyance en langage ordinaire est souvent ambigu et (1) pourrait aussi être interprété comme attribuant par citation une représentation à Peter.
  • [8]
    Bien entendu, des contraintes concrètes peuvent venir imposer des limites à la mise en œuvre d’une telle possibilité principielle. Par exemple, on ne peut évidemment citer parfaitement dans un langage naturel une représentation syntaxique mentale.
  • [9]
    Comme l’on peut enrichir le français en franglais si des fragments d’anglais sont intraduisibles en français. (On peut faire ici une remarque analogue à celle faite dans la note précédente : il n’est pas possible d’enrichir directement un langage naturel avec des ressources mentales.)
  • [10]
    Cf. le code-switching des grammairiens.
  • [11]
    Les expressions bien formées d’un langage formel usuel sont limitées à des énoncés sans que la représentation d’objets comme tels soit prévue — les termes singuliers ne reçoivent un sens qu’en complétant un symbole de prédicat ou de relation — mais ceci diffère de nombre de systèmes symboliques internes aux systèmes de représentation, notamment les systèmes mentaux. (Pensons aux pemiers mots d’un enfant, tel « Papa » qui peut parfaitement être employé de façon isolée pour désigner le père comme tel.) Par ailleurs, la représentation de l’abstraction n’est le plus souvent abordée dans les langages formels que par l’intermédiaire de la quantification « universelle » ou « existentielle », sans prise en compte des opérations de variabilisation ou de généralisation (pourtant plus fondamentales — voir § 6.1.5).
  • [12]
    L’introduction de termes de mondes possibles dans des langages modaux formels semble remonter aux travaux de A. N. Prior sur la logique temporelle et est aujourd’hui mise en œuvre surtout dans le cadre de la logique hybride (Blackburn, 2006). Nous suivrons dans le chapitre 9 le modèle des langages QSAP introduits dans Plagnol (1989) en raison de ses capacités d’expression pertinentes pour l’étude de la navigation mentale dans les mondes possibles.
  • [13]
    Cet ensemble d’alternatives pourra être vide ou ne comporter qu’un élément. En fait, selon notre perspective fondamentale, le monde où la formule est évaluée doit lui-même être une alternative, c’est-à-dire que la relation d’accessibilité est réflexive — même si les logiques modales usuelles peuvent envisager le cas contraire —, mais nous ne tiendrons pas compte de ces subtilités dans la construction de notre langage.
  • [14]
    En accord avec cette théorie, une accessibilité entre mondes possibles sera définie au § 13.2.1 : le monde W’ sera dit « accessible » à partir du monde W si sa clef (nom) est activable à partir de celle de W (déf. 13.8). Par ailleurs, un contenu B sera dit « accessible » à partir d’un contenu A dans un espace mental s’il existe un chemin de A à B (cf. déf. 15.12).
  • [15]
    Voir Plagnol, 2005, § XIX.3. L’opérateur existentiel dans ce cadre est compris comme une attestation de présence relativement à un contenu variabilisé. (Par exemple, le « Il existe » dans « Il existe un humain. » est la marque de la donation d’un humain donné comme particulier assorti d’un indice d’abstraction relatif à la récurrence être humain.)
  • [16]
    Certains phénomènes comme le generic overgeneralization effect (Leslie et al., 2011) mettent en évidence la précédence logico-cognitive et développementale de la variabilisation et de la généralisation sur l’universalisation : l’énoncé universel « Tous les canards pondent des œufs. » peut être validé même par un adulte sachant parfaitement que certains canards sont mâles parce que le sujet traite en fait cet énoncé comme un générique (« Les canards pondent des œufs. ») sous-tendu par une généralisation limitée par défaut à la récurrence pertinente pour la reproduction.

Ce chapitre et le suivant ont pour ambition de proposer la construction d’un langage formalisé apte à traduire dans un système symbolique externe certains aspects du système symbolique interne associé à un espace de représentation comportant des plissements (§ 4.2). Des ponts pourront ainsi être établis entre notre cadre conceptuel et les sémantiques classiques proposées en logique modale quantifiée, même si nous en marquerons ultérieurement les limites. Avant de définir un langage formel remplissant cet objectif dans le chapitre 9, nous en développons les considérants dans ce chapitre 8, en procédant en deux temps : dans le § 1, nous précisons selon quelles modalités les outils forgés dans le chapitre 7 permettent de répondre aux contraintes énoncées au § 6.3 qui pèsent sur la représentation des structures modales, et dans le § 2 nous explicitons les choix nécessaires à la transcription de ces modalités dans un langage formel.On peut regrouper en quatre groupes les difficultés soulevées par les contraintes posées au § 6.3 quant à la représentation adéquate d’une structure modale dans notre cadre conceptuel : (1) représentation des mondes possibles, (2) représentation des entités « internes » aux mondes possibles, (3) questions d’accessibilité inter-mondes, (4) problèmes liés aux changements de systèmes de représentation. Nous détaillons ci-dessous comment ces quatre groupes de difficultés peuvent être pris en compte en s’appuyant sur les éléments relatifs aux fonctions individuantes et au statut des mondes possibles proposés dans le chapitre 7…


Date de mise en ligne : 29/03/2024

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