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Chapitre 6. Systèmes symboliques et propriétés de base

Pages 117 à 139

Citer ce chapitre


  • Plagnol, A.
(2019). Chapitre 6. Systèmes symboliques et propriétés de base. Principes de navigation dans les mondes possibles : Tome I Fondations (p. 117-139). Éditions Terra Cotta. https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-117?lang=fr.

  • Plagnol, Arnaud.
« Chapitre 6. Systèmes symboliques et propriétés de base ». Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations, Éditions Terra Cotta, 2019. p.117-139. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-117?lang=fr.

  • PLAGNOL, Arnaud,
2019. Chapitre 6. Systèmes symboliques et propriétés de base. In : Principes de navigation dans les mondes possibles Tome I Fondations. Éditions Terra Cotta. Esprit & Cognition, p.117-139. URL : https://shs.cairn.info/principes-de-navigation-dans-les-mondes-possibles--9782954102252-page-117?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ceci n’exclut pas qu’un percept soit très largement projectif (e.g., Clark, 2013).
  • [2]
    Nous remercions le lecteur féru de philosophie analytique et prêt à sortir ses griffes de ne pas nous prêter une excessive naïveté quant aux concepts de pensée ou de proposition. Sans détailler ici outre mesure, indiquons que dans le cadre conceptuel des espaces de représentation Tom pense que Platon est anglais peut être paraphrasé en Tom se représente que Platon est anglais ou, si l’on veut, Tom a la représentation (propositionnelle) que Platon est anglais.
  • [3]
    Le terme de « récurrence » permet de souligner la stabilité/invariance généralement sous-jacente à une opération d’abstraction, mais cette invariance peut être constituée elle-même par l’abstraction à partir d’un hapax fugitif qu’elle fixe comme un papillon que l’on épingle au mur. Ce terme pointe en fait ce qui facilite l’abstraction dans un système mental : la détection d’invariances dans la perception est à l‘origine des symboles verbaux (Gogate & Hollich, 2010).
  • [4]
    La distinction lien prédicatif/lien relationnel peut être considérée comme une commodité externe au système de représentation décrit. En effet, dans la théorie de la fondation analogique, ce type de lien relève toujours de l’abstraction d’une récurrence présentifiée par un substrat S (lui-même abstrait), même lorsque S est une entité d’arité > 1 (Plagnol, 2005, chapitre X). Dans la suite de cet ouvrage, nous nous permettrons d’utiliser « prédicatif » de façon générique pour « prédicatif ou relationnel ».
  • [5]
    Par exemple, les éléphants n’ont sans doute pas de pensée prédicative.
  • [6]
    Il est tentant de rapporter cette capacité humaine spécifique aux structures cérébrales propres aux humains qui permettent des analyses visuelles d’ordre supérieur (Vaesen, 2012, p. 204), impliquées en particulier dans la représentation du champ visuel central et l’extraction de formes (en jeu, par exemple, dans l‘exploitation des affordances et la précision dans l’usage des outils qui demande une coordination yeux-mains renforcée).
  • [7]
    Dans les sciences cognitives, une métareprésentation est ordinairement envisagée comme la représentation d’une représentation symbolique langagière (e.g., par des marques de citation indiquant l’auto-référence : « Cicéron » serait une métareprésentation représentant le nom français de Cicéron). Mais la représentation langagière dans un tel cas est en fait toujours envisagée syntaxiquement, c’est-à-dire en tant que forme déployée analogiquement (e.g., ce qui est à l’intérieur des marques de citation appartient à la base analogique du système auto-référentiel — système dont ces marques indiquent l’utilisation dans l’espace qu’elles délimitent).
  • [8]
    Ce pourrait être le cas notamment pour les jeux de pretense : une modalisation flexible pourait précéder la métareprésentation proprement dite (voir par exemple les expériences de Friedman et al. [2010] et leur discussion). Par ailleurs, la temporalisation peut être considérée comme une première forme de modalisation. Carruthers (2009) soutient que la métacognition dépend du mindreadingmindreading is prior ») et non l’inverse : sans doute, mais de notre point de vue nous ajouterions : « temporalization/modalization is prior to mindreading » (voir infra § 13.2).
  • [9]
    Voir Plagnol (in press) et la troisième partie de Plagnol (2005).
  • [10]
    Un rat apprend aussi extrêmement vite à généraliser un danger, mais cela ne correspond pas à un raisonnement fondé sur des représentations générales explicites (i.e., disponibles dans le système symbolique).
  • [11]
    Voir Plagnol (in press) et Plagnol (2005, [§ XV.3, § XVI.1 et § XIX.1]).
  • [12]
    A condition notamment que le système de représentation puisse projeter-déployer tout fragment de code en fenêtre de présence et assurer tous les enchaînements. Par exemple, pour un système mental, un processus de défense peut interdire un enchaînement pour lequel l’information nécessaire est pourtant codée en mémoire.
  • [13]
    Par exemple, un système perceptif a en principe été forgé (designed) par Dieu et/ou par l’Evolution en vue de la représentation du monde matériel sensible. (Cf. remarque 2 du § 0.1.)
  • [14]
    Une même entité peut éventuellement avoir deux noms tel Phosphorus et Hespérus pour la planète Vénus, à condition que des propositions d’identité et la logique afférente soient assurées par le système symbolique. (Sinon Phosphorus et Hespérus constituent deux planètes distinctes dans l’espace de représentation.)
  • [15]
    Ce qui se traduit dans le système symbolique externe constitué par la langue française par « La Tour Eiffel est américaine. ».
  • [16]
    Dans notre cadre conceptuel, un tel renforcement permet d’assurer le plissage nécessaire à la restauration de la cohérence. Voir l’exemple 1 du § 5.1.
  • [17]
    Voir Plagnol (2005, chapitre XII ; in press).
  • [18]
    On pourrait parler d’incohérence « intrinsèque locale » relativement au monde visé (le monde actuel en règle) car une telle proposition est en fait dénuée de sens malgré qu’elle ait été formée par application des règles de bonne formation syntaxique du système. Ce qui peut donner l’illusion d’un sens pour une proposition fausse relativement au monde visé est l’ignorance épistémique relativement à la valeur de vérité de la proposition. Sans une telle ignorance, cette illusion n’est pas possible : il est clair que la phrase du langage naturel « Cette neige est rouge. » n’a pas de sens si elle est prononcée par un locuteur visant un tas de neige blanche déployé devant lui — sa phrase ne peut rien désigner du monde actuel commun visé. (Par contre, cette phrase est vraie, c’est-à-dire a un sens/contenu — ou encore : est une authentique représentation — en tant que décrivant le contenu d’une hallucination relevant d’un monde délirant, même si ce locuteur ignore par définition qu’il hallucine et n’est pas dans le monde actuel commun.)
  • [19]
    Rappelons d’ailleurs que l’affirmation sensée de la négation d’une proposition élémentaire présuppose la considération d’un monde alternatif où ce qui est nié vaut, c’est-à-dire la considération d’un déploiement analogique incluant le contenu nié. (Voir Morris & Hasson, p. 286, ainsi que la remarque 1 du § 1.2.4 et la définition 4.6.)
  • [20]
    Il peut être utile de considérer un exemple non mental comme un circuit d’hyperliens sur un site web incohérent reconduisant au point de départ sans avoir explicité le contenu promis.

Dans ce chapitre, nous étudions d’abord les types de systèmes symboliques qui peuvent être associés à un espace de représentation : la richesse de l’espace constitué par un système de représentation est déterminée par la puissance d’abstraction disponible, ce qui nous conduit à différencier toute une série de degrés d’abstraction (§ 1). Nous définissons ensuite les propriétés permettant de caractériser la capacité d’un système de représentation à assurer la restitution d’un univers spécifique (§ 2). Nous précisons enfin les principales exigences à respecter pour la représentation adéquate d’une structure modale (§ 3).
Rappelons que dans notre cadre conceptuel, un univers se donne comme espace de représentation, c’est-à-dire comme un ensemble agencé de mondes reconstituable à travers un système de représentation (déf. 0.1). Un tel système associe une base analogique, constituée par un ensemble de fragments analogiques élémentaires, et un système symbolique, assurant le codage et l’enchaînement des fragments analogiques élémentaires dans la fenêtre de présence (défs. 0.3-0.5 et 0.8).Commençons par compléter notre arsenal avec une double distinction :
Par aileurs, dans l’étude d’un système de représentation S, il faut différencier le système symbolique interne (SSI) à S d’un système symbolique externe (SSE) qui peut décrire de façon extérieure l’agencement symbolique de l’espace de représentation. En principe un SSE traduit le SSI dans un langage.Notons bien que SSI et SSE ont le même univers de base et correspondent au même espace de représentation…


Date de mise en ligne : 29/03/2024

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