Préface
Les placements familiaux thérapeutiques (Pierre Sans)
- Par Jean Oury
Pages 163 à 169
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- OURY, Jean,
- Oury, Jean.
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Quel qu’en soit le lieu, renfermement asilaire ou
« extériorité » familiale, le problème de la rencontre reste
entier, qu’il soit masqué par la « misère » des concepts, la
lourdeur des préjugés ou l’impénétrabilité des choses
établies. Il y a une sorte de cécité vis-à-vis des faits les plus
élémentaires : un accueil, un sourire, le respect. Et chacun,
« intervenant » ou « patient », est surchargé d’insignes,
d’emblèmes, de chiffres d’aliénation : pacotilles devenues
armoiries qui collent aux personnages. Ce qui exige
constamment un travail « d’extraction » dans un monde
obsidional. C’est dans ces paysages – chargés d’Histoire pour
certains – que les auteurs de ce livre nous conduisent avec
rigueur, nous faisant traverser des zones tranquillement
infernales où s’inscrit l’éternelle exploitation sordide des uns
par les autres, zones de relégations, rêves idéalistes qui
glissent vers l’antique et de plus en plus actuelle ségrégation. L’infirmier devient agent comptable de la marche des
petites exploitations parafamiliales. Lointain personnage, le
médecin reste énigmatique, inaccessible, et les colonies
familiales, excentrées, écoulent le trop-plein des asiles.
Pourtant, c’est vrai qu’il y a des avantages – pas simplement économiques – à utiliser les institutions familiales :
potentialités multiples, petits groupes plus vivants, plus
reconnaissables, « constellations » plus « naturelles ».
Mais le mérite des différents auteurs de ce travail est de
montrer qu’il ne faut pas compter sur la vertu naturelle du
« milieu » dans lequel va être « placé » le malade mental…
Date de mise en ligne : 28/04/2021
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