Conclusion. L’éducation émancipatrice et la réduction des inégalités ou de la démocratie contre le populisme
- Par Aziz Jellab
Pages 187 à 192
Citer ce chapitre
- JELLAB, Aziz,
- Jellab, Aziz.
- Jellab, A.
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- JELLAB, Aziz,
Notes
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[1]
Christophe Marsollier, L’attention aux vulnérabilités des élèves, Berger-Levrault, 2023.
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[2]
De nombreuses expériences sont menées par des associations affiliées à l’éducation populaire et l’essor des Universités Populaires atteste de l’engouement et de l’intérêt porté par les citoyens à des espaces de débats et d’échange dans lesquels les savoirs, en tant qu’objet culturel, permettent de questionner les rapports de pouvoir, et d’entrevoir des leviers d’action et d’émancipation. Voir par exemple Léa Laval, « Poser l’éducation populaire entre savoirs et émancipation », in Recherches & éducations, 16, 2016.
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[3]
Nicolas Brunsadelli, « Politiser sa trajectoire, démocratiser les savoirs. La fabrique des “conférenciers gesticulants” », in Agora débats/jeunesses, 2017/2, N° 76.
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[4]
Jérôme Fourquet, L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée, Seuil, 2019.
Ni alarmiste, ni angélique, le fil conducteur de notre développement est de soutenir que si les fragilités démocratiques favorisent l’essor du populisme, elles sont aussi mises à mal par l’existence de fortes inégalités sociales qui produisent du ressentiment à l’égard des élites, amplifient le sentiment de ne pas disposer de capacités d’agir et précipitent l’adhésion à des théories complotistes que confortent les réseaux sociaux, ceux-ci séduisent d’autant plus les individus qu’ils sont en quête de réponses à des inquiétudes ou à des questions complexes. La distinction capitale entre peuple et populisme permet de rappeler que les discours populistes constituent un danger pour la démocratie, même s’ils n’en remettent pas apparemment en cause l’existence, mais plutôt le mode de fonctionnement. Elle permet aussi de souligner que paradoxalement, le discours populiste qui conteste la légitimité des intellectuels en en disqualifiant les analyses, même fondées sur des vérités scientifiques – par exemple en défendant des thèses révisionnistes ou négationnistes –, passe sous-silence le fait qu’il est aussi tenu par des individus faisant partie de l’élite, qu’elle soit politique, intellectuelle ou journalistique. Cela brouille le rapport des citoyens avec le savoir et la culture savante, ce qui ne rend que plus nécessaire et urgent leur réenchantement et re-légitimation à travers l’éducation. À cette fin, l’enjeu n’est pas d’imposer de manière dogmatique les vertus de la science, des humanités, de l’esprit éclairé et critique, mais de forger chez les individus des dispositions autour du doute raisonnable et un engagement plus important dans les débats publics et citoyens…
Date de mise en ligne : 06/05/2024
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