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Chapitre 1. Romantisme et littéralité. La forme contre le formalisme

Pages 71 à 90

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  • Durand, P.
(2022). Chapitre 1. Romantisme et littéralité. La forme contre le formalisme. Poésie pure et société au XIXe siècle (p. 71-90). CNRS Éditions. https://shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-71?lang=fr.

  • Durand, Pascal.
« Chapitre 1. Romantisme et littéralité. La forme contre le formalisme ». Poésie pure et société au XIXe siècle, CNRS Éditions, 2022. p.71-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-71?lang=fr.

  • DURAND, Pascal,
2022. Chapitre 1. Romantisme et littéralité. La forme contre le formalisme. In : Poésie pure et société au XIXe siècle. Paris : CNRS Éditions. Culture et société, p.71-90. URL : https://shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-71?lang=fr.

Notes

  • [1]
     Giacomo Leopardi, Tout est rien. Anthologie duZibaldone di pensieri, trad. M.-A. Rigoni, Paris, Allia, 1998, p. 48-49.
  • [2]
     En position plus qu’en situation,car cette autonomie restera relative ; et, variable par école, courant, genre ou bien encore tempérament, elle marquera d’abord les attitudes adoptées et les représentations des écrivains au sujet de leur propre attitude.
  • [3]
    Le Paradis perdu de Milton, Traduction nouvelle par M. de Chateaubriand, Paris, Furne et Charles Gosselin, 1836, p. V-VI.
  • [4]
     Marie-Joseph Blaise de Chénier, Tableau historique de l’état et des progrès de la littérature française depuis 1789 (1808), Paris, Ledentu, 1834, p. 247.
  • [5]
     Chateaubriand, Le Paradis perdu de Milton, éd. citée, p. X.
  • [6]
    Ibid., p. V-VI
  • [7]
     Mallarmé, Beautés de l’anglais (manuscrit impublié), Œuvres complètes, t. II, éd. citée, p. 1388.
  • [8]
     Louis Petit de Julleville, Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900 (1896), t. VII, Paris, Armand Colin et Cie, 1899, p. 45.
  • [9]
     Chateaubriand, Essai sur la littérature anglaise (1836), Paris, Garnier Frères, s.d., p. 562. L’expression « machine à livres » figure dans une lettre à Mme de Duras datée de 1812 (Jean-Claude Berchet, Chateaubriand, Paris, Gallimard, 2012, p. 522).
  • [10]
    Essai sur la littérature anglaise, éd. citée, p. 343.
  • [11]
    Ibid., p. 521.
  • [12]
    Ibid., p. 354.
  • [13]
    Ibid., p. 366.
  • [14]
    Ibid., p. 353.
  • [15]
    Ibid., p. 507.
  • [16]
     Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, Œuvres complètes, éd. F. Baldensperger, t. II, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1948, p. 1048.
  • [17]
    Ibid., p. 1033.
  • [18]
     Chateaubriand, Le Paradis perdu de Milton, éd. citée, p. XXXII-XXXIII.
  • [19]
    Ibid., p. XI-XII.
  • [20]
     Chateaubriand, Le Paradis perdu de Milton, éd. citée, p. X-XI.
  • [21]
     Jules Renard, Journal, 1er mars 1898, éd. L. Guichard et G. Sigaux, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1965, p. 475.
  • [22]
     Emil Cioran, Cahier G, vente Drouot, 2005.
  • [23]
     V. Hugo, Littérature et philosophie mêlées, éd. citée, p. 83.
  • [24]
     J.-M. Gleize, Poésie et figuration, Paris, Le Seuil, 1983, p. 78-79.
  • [25]
     Charles Nodier, Notions élémentaires de linguistique, Paris, Renduel, 1834, p. 3.
  • [26]
     V. Hugo, Préface aux Odes (1822), Œuvres poétiques, éd. P. Albouy, t. I, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1964, p. 265.
  • [27]
     Cet intime-dans-tout condense le premier credo du romantisme : sacre de la poésie, résistance à la réification, réenchantement du monde, ambition totalisante.
  • [28]
     Alfred de Musset, « Un mot sur l’art moderne » (1833), Œuvres complètes en prose, éd. M. Allem et Paul-Courant, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1960, p. 882.
  • [29]
     A. de Vigny, Le Journal d’un poète, éd. citée, p. 880.
  • [30]
     « Dernière nuit de travail du 29 au 30 juin 1834 », en tête de Chatterton, Œuvres complètes, t. I, éd. Fr. Germain et A. Jarry, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1986, p. 749.
  • [31]
     Maurice Merleau-Ponty, La Prose du monde, Paris, Gallimard, 1969, p. 126.
  • [32]
     V. Hugo, « But de cette publication » (1834), Littérature et philosophie mêlées, éd. citée, p. 54.
  • [33]
     Henry Miller, Sexus, trad. G. Belmont, Paris, Buchet-Chastel, 1968, p. 24.
  • [34]
     V. Hugo, « But de cette publication », éd. citée, p. 55.
  • [35]
     « Journal des idées et des opinions d’un révolutionnaire de 1830 », Littérature et philosophie mêlées, éd. citée, p. 134.
  • [36]
    Ibid., p. 51.
  • [37]
     Préface à Cromwell, Théâtre complet, t. I, éd. J.-J. Thierry et J. Mélèze, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1963, p. 451.
  • [38]
     « But de cette publication », éd. citée, p. 55.
  • [39]
     Préface aux Orientales (1829), éd. citée, p. 49.
  • [40]
     M.-J. Chénier, Tableau historique de l’état et des progrès de la littérature française depuis 1789, op. cit., p. 270.
  • [41]
     Pierre Leroux, « Du style symbolique » (Le Globe, 8 avril 1829), recueilli dans le dossier des Orientales, éd. citée, p. 409-410.
  • [42]
    Ibid., p. 408.
  • [43]
     V. Hugo, « But de cette publication », éd. citée, p. 52.
  • [44]
     P. Valéry, Variété, Œuvres, éd. J. Hytier, t. I, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1957, p. 769-770.
  • [45]
     Voir Dominique Combe, Poésie et Récit. Une rhétorique des genres, Paris, Corti, 1989.
  • [46]
     Stéphane Mallarmé, « Avant-dire [au Traité duverbe] de René Ghil » (1886), repris ensuite en conclusion de « Crise de vers » (1897), Œuvres complètes, t. II, éd. citée, p. 677 et p. 212.
  • [47]
    Œuvres complètes, t. I, éd. citée, p. 391.
  • [48]
     Jean-Pons-Guillaume Viennet, « Aux muses, sur les romantiques » (Épîtres et Satires, 1855), Anthologie des poètes français du XIXe siècle (1800-1866) (G. Pellissier éd.), Paris, Delagrave, 1922, p. 128-129.
  • [49]
     J. N. Marque, Histoire de la littérature française des origines jusqu’à nos jours, Bruxelles, Goemaere, 1872, p. 403.
  • [50]
     Marcel Proust, Le Côté de Guermantes, À la recherche du temps perdu, éd. P. Clarac et A. Ferré, t. ii, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1954, p. 492.
  • [51]
     Goethe, Maximes et réflexions, trad. G. Bianquis, Paris, Gallimard, 1943.
  • [52]
     Mallarmé, « Magie », Divagations, éd. citée, p. 251.
  • [53]
     André Breton, Point du jour, Œuvres complètes, t. II, éd. M. Bonnet, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1992, p. 276-277.

Romantisme et littéralité ? Le seul rapprochement de ces termes a quelque chose d’incongru et il se trouvera des lecteurs, ayant pris au court à travers le trop grand nombre de pages qui précèdent, pour y voir une coquille, littéralité au lieu de littérarité, ou bien pour remplacer spontanément un mot par l’autre sans rien avoir remarqué. C’est que le romantisme est associé, dans notre mémoire artistique et littéraire, avec le passage d’une conception technicienne de la forme, typique du classicisme, à une conception expressive voyant en celle-ci non plus un accessoire au service de la pensée, mais l’adhésive médiation d’une sensibilité en prise à la fois sur une histoire – le romantisme, en France du moins, se pense comme enfant du siècle – et sur une phénoménologie du langage, espace à déployer plutôt que surface découpée suivant le patron d’une langue commune. L’inflation de la métaphore sur fond de religion de l’analogie, caractéristique du mouvement dans son ensemble, n’a rien sous cet angle d’un luxe plus grand apporté à l’ornementation du propos. Elle est un marqueur de la position occupée par le romantisme au seuil de la modernité : d’un côté, rupture avec la stabilité discursive des Belles-Lettres et réaction à la rationalité des Lumières, dont la signification politique tombe sous le sens pour les romantiques ultras des années 1820 ; de l’autre, impulsion donnée aux processus d’épaississement des signes de la littérature et d’autonomisation du champ littéraire avec lesquels toute la marche du siècle va presque se confondre…


Date de mise en ligne : 09/09/2024

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