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Préambule

Pages 11 à 15

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  • Durand, P.
(2022). Préambule. Poésie pure et société au XIXe siècle (p. 11-15). CNRS Éditions. https://shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-11?lang=fr.

  • Durand, Pascal.
« Préambule ». Poésie pure et société au XIXe siècle, CNRS Éditions, 2022. p.11-15. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-11?lang=fr.

  • DURAND, Pascal,
2022. Préambule. In : Poésie pure et société au XIXe siècle. Paris : CNRS Éditions. Culture et société, p.11-15. URL : https://shs.cairn.info/poesie-pure-et-societe-au-xixe-siecle--9782271140388-page-11?lang=fr.

Notes

  • [1]
     Charles Baudelaire, Lettre à Édouard Manet, 11 mai 1865, Correspondance, éd. Cl. Pichois et J. Ziegler, t. II, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1973, p. 496-497.
  • [2]
     Stéphane Mallarmé, « Le Jury de peinture pour 1874 et M. Manet » (La Renaissance littéraire et artistique, 12 avril 1874), Œuvres complètes, éd. B. Marchal, t. II, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2003, p. 410-415.
  • [3]
     Sur ce mélange d’entrisme et de provocation, coup d’État répété au sein du système artistique institutionnel, voir Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique, Paris, Raisons d’agir/Le Seuil, 2013 (2e éd.).
  • [4]
     Champfleury, « Du réalisme. Lettre à Madame Sand », L’Artiste, 2 septembre 1855, p. 1-5.
  • [5]
     Victor Hugo, Préface aux Orientales (1829), éd. Fr. Laurent, Paris, Le Livre de Poche, 2000, p. 49.
  • [6]
     Ch. Baudelaire, « Notes nouvelles sur Edgar Poe » (Nouvelles Histoires extraordinaires, Michel Lévy, 1857), Œuvres complètes, éd. Cl. Pichois, t. II, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1976, p. 337.

Le Chemin de fer est le seul des trois tableaux envoyés par Manet à avoir été retenu par le jury du Salon de 1874. L’artiste n’en était pas à sa première mortification de ce côté. Baudelaire, auprès duquel Manet, en 1865, s’était plaint des moqueries qui continuaient d’entourer son travail, lui avait répondu que ces moqueries n’ont rien d’étonnant pour un créateur. Après tout, Chateaubriand, Wagner avaient dû en essuyer eux aussi et ils n’en étaient pas morts. Inutile d’en tirer orgueil, avait ajouté le poète : « Ces hommes étaient des modèles, chacun dans son genre, dans un monde très riche », alors que « vous, vous n’êtes que le premier, dans la décrépitude de votre art ». Ambiguë, la formule est caractéristique de l’ironie de combat que Baudelaire pratiquait jusque dans sa correspondance et ses écrits intimes. On a vu, il est vrai, des éloges plus réconfortants. En 1874, la sélection opérée au Salon officiel allait paraître suffisamment bête et incohérente pour qu’un Mallarmé, auparavant peu présent sur le terrain de la critique d’art, se range avec une grande résolution aux côtés de celui qu’il appelle l’« intrus redoutable ». Et de jeter sur le papier, au sujet de cette affaire, un article qui allait sceller son amitié avec le peintre en même temps que leur solidarité esthétique contre les commissions de censure de toute sorte.
« Voir tout ce qu’il y a » : tel est, pour Mallarmé, le droit absolu du public, lequel « paie en gloire et en billets », seul juge des choses qui le regardent…


Date de mise en ligne : 09/09/2024

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