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6. Une éthique de la rationalité en bordure des affects

Pages 59 à 66

Citer ce chapitre


  • Brassat, E.
(2025). 6. Une éthique de la rationalité en bordure des affects. Penser la psychanalyse à partir de la philosophie : Études sur Spinoza, Hegel et Freud (p. 59-66). érès. https://shs.cairn.info/penser-la-psychanalyse-a-partir-de-la-philosophie--9782749284262-page-59?lang=fr.

  • Brassat, Emmanuel.
« 6. Une éthique de la rationalité en bordure des affects ». Penser la psychanalyse à partir de la philosophie Études sur Spinoza, Hegel et Freud, érès, 2025. p.59-66. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/penser-la-psychanalyse-a-partir-de-la-philosophie--9782749284262-page-59?lang=fr.

  • BRASSAT, Emmanuel,
2025. 6. Une éthique de la rationalité en bordure des affects. In : Penser la psychanalyse à partir de la philosophie Études sur Spinoza, Hegel et Freud. Toulouse : érès. Entre les lignes, p.59-66. URL : https://shs.cairn.info/penser-la-psychanalyse-a-partir-de-la-philosophie--9782749284262-page-59?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le texte de cette première partie est issu d’une intervention au colloque de la Lysimaque Lacan avec Spinoza qui s’est tenu à Paris les 21 et 22 mai 2016.
  • [1]
    Éthique, Livre V, Proposition 10, Scolie, p. 362.
  • [2]
    Ibid., Proposition 7, p. 359.
  • [3]
    Éthique, Livre II, Proposition 17, Scolie, p. 140.
  • [4]
    Éthique, Livre V, Proposition 10, p. 361.
  • [5]
    Ibid., Proposition 10, Démonstration, p. 361.
  • [6]
    Éthique, Livre IV, Proposition 4, p. 274.
  • [7]
    Éthique, Livre V, Proposition 10, p. 362.
  • [8]
    Ibid., Proposition10, Scolie, p. 362.
  • [9]
    Éthique, Livre IV, Proposition 6, p. 274.
  • [10]
    Ibid., Proposition 7, p. 275.

En quelque sorte, Spinoza aura été par sa lecture critique de l’œuvre de Descartes comme l’analyste de celui-ci et de son sujet de la science ou de la connaissance, qui est aussi celui de la volonté comme pouvoir sur le(s) corps. On peut soutenir que Spinoza aura largement anticipé de la psychanalyse, non seulement dans sa conception des relations de l’esprit et du corps mais également dans sa méthode d’analyse du réel des passions, et des opérations analytiques de pensée qu’elles appellent. Des opérations qui, à nous permettre de prendre un tant soit peu connaissance desdites causes externes des passions, de leur logique impersonnelle, induisent un certain détachement de la subjectivité individuelle de la puissance de l’affect, dans ses effets d’emportement amoureux ou de tristesse dépressive, de mélancolie, voire aussi de haine du prochain. Car s’il n’y a qu’un rapport illusoire, imaginaire, entre la volonté consciente et les mouvements ou passions qui se produisent dans les corps, ou entre les corps, cela n’entraîne pas l’inexistence de la liberté, mais au contraire appelle à une conception non naïve de celle-ci, à son accomplissement éthique dans une expérience intellectuelle qui nous détache d’une dépendance aveugle avec nos penchants. Une telle orientation n’est nullement contraire à l’éthique de la psychanalyse et aux conséquences pour l’humanité de la découverte de l’inconscient par Freud. Elle en annonce plutôt ou en conforte la possibilité, voire la nécessité.
En ce sens, on pourra toujours se fier à Spinoza lorsqu’il préconise, du fait de la méconnaissance usuelle de nos sentiments, celle que confirme désormais la psychanalyse, de s’efforcer de les ordonner de telle sorte que soient écartés les passions tristes, les sentiments mauvais, cela en faisant preuve de « présence d’esprit » et de « force d’âme »…


Date de mise en ligne : 30/10/2025

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