6. Une éthique de la rationalité en bordure des affects
- Par Emmanuel Brassat
Pages 59 à 66
Citer ce chapitre
- BRASSAT, Emmanuel,
- Brassat, Emmanuel.
- Brassat, E.
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- BRASSAT, Emmanuel,
Notes
-
[1]
Le texte de cette première partie est issu d’une intervention au colloque de la Lysimaque Lacan avec Spinoza qui s’est tenu à Paris les 21 et 22 mai 2016.
-
[1]
Éthique, Livre V, Proposition 10, Scolie, p. 362.
-
[2]
Ibid., Proposition 7, p. 359.
-
[3]
Éthique, Livre II, Proposition 17, Scolie, p. 140.
-
[4]
Éthique, Livre V, Proposition 10, p. 361.
-
[5]
Ibid., Proposition 10, Démonstration, p. 361.
-
[6]
Éthique, Livre IV, Proposition 4, p. 274.
-
[7]
Éthique, Livre V, Proposition 10, p. 362.
-
[8]
Ibid., Proposition10, Scolie, p. 362.
-
[9]
Éthique, Livre IV, Proposition 6, p. 274.
-
[10]
Ibid., Proposition 7, p. 275.
En quelque sorte, Spinoza aura été par sa lecture critique
de l’œuvre de Descartes comme l’analyste de celui-ci et de son
sujet de la science ou de la connaissance, qui est aussi celui de la
volonté comme pouvoir sur le(s) corps. On peut soutenir que
Spinoza aura largement anticipé de la psychanalyse, non seulement dans sa conception des relations de l’esprit et du corps
mais également dans sa méthode d’analyse du réel des passions,
et des opérations analytiques de pensée qu’elles appellent.
Des opérations qui, à nous permettre de prendre un tant soit
peu connaissance desdites causes externes des passions, de leur
logique impersonnelle, induisent un certain détachement de
la subjectivité individuelle de la puissance de l’affect, dans ses
effets d’emportement amoureux ou de tristesse dépressive, de
mélancolie, voire aussi de haine du prochain. Car s’il n’y a
qu’un rapport illusoire, imaginaire, entre la volonté consciente
et les mouvements ou passions qui se produisent dans les
corps, ou entre les corps, cela n’entraîne pas l’inexistence de la
liberté, mais au contraire appelle à une conception non naïve
de celle-ci, à son accomplissement éthique dans une expérience
intellectuelle qui nous détache d’une dépendance aveugle avec
nos penchants. Une telle orientation n’est nullement contraire
à l’éthique de la psychanalyse et aux conséquences pour
l’humanité de la découverte de l’inconscient par Freud. Elle en
annonce plutôt ou en conforte la possibilité, voire la nécessité.
En ce sens, on pourra toujours se fier à Spinoza lorsqu’il préconise, du fait de la méconnaissance usuelle de nos
sentiments, celle que confirme désormais la psychanalyse, de
s’efforcer de les ordonner de telle sorte que soient écartés les
passions tristes, les sentiments mauvais, cela en faisant preuve
de « présence d’esprit » et de « force d’âme »…
Date de mise en ligne : 30/10/2025
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