10. Spinoza après Freud et la psychanalyse
- Par Emmanuel Brassat
Pages 117 à 127
Citer ce chapitre
- BRASSAT, Emmanuel,
- Brassat, Emmanuel.
- Brassat, E.
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- Brassat, Emmanuel.
- BRASSAT, Emmanuel,
Notes
-
[1]
Le texte de cette première partie est issu d’une intervention au colloque de la Lysimaque Lacan avec Spinoza qui s’est tenu à Paris les 21 et 22 mai 2016.
-
[1]
Éthique, Livre IV, Préface, p. 265.
-
[2]
S. Freud, Le malaise dans la culture, Paris, Puf, coll. « Quadrige, » 1995, p. 85.
-
[3]
Ibid., p. 86-87.
-
[4]
Ibid., p. 89.
-
[5]
Éthique, Livre IV, Appendice, chapitre 10, p. 340.
-
[6]
Éthique, Livre III, Proposition 13, Corolaire, p. 194-195.
-
[7]
Ibid., p. 195.
-
[8]
Ibid.
-
[9]
Pascal, Pensées, Édition Brunschvicg, Fragment 298, Paris, Garnier-Flammarion, 2015.
-
[10]
B. Kriegel, Spinoza. L’autre voie, Paris, Éditions du Cerf, 2018, p. 158-159.
-
[11]
Éthique, Livre III, Proposition 43, p. 222.
Si Spinoza paraît tellement proche de Freud et de la
psychanalyse, il n’en est pas non plus exactement le fondateur, même si l’on voit en lui un précurseur de celle-ci. Ce
serait un anachronisme culturel et historique de le prétendre
et, par ailleurs, la doctrine philosophique de Spinoza et les
conceptions et pratiques psychanalytiques issues de l’œuvre de
Freud ne sont nullement identiques. Bien des traits pourtant
les rapprochent. Freud aura toujours soutenu que la psychanalyse n’est pas une conception du monde, mais Spinoza dit
cela aussi de sa philosophie, et c’est bien ce que lui reprochera
Hegel. Pour Spinoza, si toute connaissance est en Dieu, l’esprit
ne peut accéder à la connaissance de la totalité de la nature
et des intérêts humains en son infinité, et toute expérience
de pensée vécue est singulière et locale. Par ailleurs, Spinoza
n’est ni moins lucide ni moins pessimiste que Freud quant
aux impossibilités de l’action humaine, quant à cette puissance
aveugle des passions et des affects que Freud viendra analyser à
son tour dans sa théorie des pulsions et de la libido humaine, et
qui provoque plus souvent malheur que bonheur parce qu’elle
n’est pas en soi ni contenue ni conçue :
L’impuissance de l’homme à se gouverner et à contenir ses sentiments, je l’appelle Servitude. En effet, l’homme soumis aux sentiments ne dépend pas de lui-même, mais de la fortune, dont le
pouvoir sur lui est tel qu’il est souvent contraint de faire le pire même
s’il voit le meilleur.
Cependant, malgré un tel jugement, peut-être qu’on
pourra dire Spinoza plus « optimiste » que Freud dans son
adhésion axiologique à un ordre naturel qu’il conçoit comme
inhérent à Dieu même, un ordre qui implique de ne pas s’en
prendre à la nécessité puisqu’elle est ainsi ordonnée et relève
du rationnel, et qu’il suffit de prendre connaissance des choses
pour accéder à un exercice actif et libérateur de la pensée
qui implique le meilleur…
Date de mise en ligne : 30/10/2025
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