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« Manager » ses émotions en classe préparatoire littéraire : processus d’individuation de l’enfance à l’âge adulte

Pages 135 à 156

Citer ce chapitre


  • Laheyne, C.
(2026). « Manager » ses émotions en classe préparatoire littéraire : processus d’individuation de l’enfance à l’âge adulte. Dans
  • G. Leroy
Penser l'enfant comme individu : un défi sociologique (p. 135-156). Presses universitaires de Vincennes. https://doi.org/10.3917/puv.leroy.2026.01.0135.

  • Laheyne, Cédric.
« “Manager” ses émotions en classe préparatoire littéraire : processus d’individuation de l’enfance à l’âge adulte ». Penser l'enfant comme individu : un défi sociologique, Presses universitaires de Vincennes, 2026. p.135-156. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/penser-l-enfant-comme-un-individu--9782379246098-page-135?lang=fr.

  • LAHEYNE, Cédric,
2026. « Manager » ses émotions en classe préparatoire littéraire : processus d’individuation de l’enfance à l’âge adulte. In :
  • LEROY, Ghislain,
Penser l'enfant comme individu : un défi sociologique. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes. Hors collection, p.135-156. DOI : 10.3917/puv.leroy.2026.01.0135. URL : https://shs.cairn.info/penser-l-enfant-comme-un-individu--9782379246098-page-135?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puv.leroy.2026.01.0135


Notes

  • [1]
    Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La Reproduction. Éléments d’une théorie du système d’enseignement, Paris, Minuit, 1970.
  • [2]
    Monique de Saint-Martin, « Les recherches sociologiques sur les grandes écoles : de la reproduction à la recherche de justice », Éducation et sociétés, n21, 2008, p. 95-103.
  • [3]
    Muriel Darmon, Classes préparatoires. La fabrique d’une jeunesse dominante, Paris, La Découverte, 2013 ; Paul Pasquali, Passer les frontières sociales. Comment les « filières d’élite » entrouvrent leurs portes, Paris, Fayard, 2014.
  • [4]
    Les CPGE se répartissent en trois filières : scientifique, économique et commerciale, et littéraire. La filière littéraire s’étale sur deux années – de l’hypokhâgne à la khâgne – et se décline en trois sections : A/L (lettres), B/L (lettres et sciences sociales) et LSH (lettres et sciences humaines).
  • [5]
    Note d’information « Les étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles. Rentrée 2011 », MESRI-SIES ; notes Flash des effectifs par filière de CPGE, 2015-2016, 2016-2017 et 2018-2019, MESRI-SIES.
  • [6]
    La B/L se distingue d’autant plus qu’il s’agit d’une filière pluridisciplinaire qui demande un travail visant à emmagasiner un grand nombre de connaissances dans toutes les matières, qu’elles soient littéraires ou scientifiques. Elle constitue une voie exigeante notamment pour les moins préparés à ses réquisits.
  • [7]
    Peggy A. Thoits, « Emotional deviance : Research Agendas », dans Theodore D. Kemper (dir.), Research Agendas in the Sociology of Emotions, Albany, State University Press, 1990, p. 180-203. Il convient de distinguer deux modalités d’apprentissage, celles qui serviront de catégories d’analyse de l’expérience émotionnelle des étudiants : le « management émotionnel comportemental » et le « management émotionnel cognitif », de telle sorte que « l’un peut cibler un élément de la situation, une sensation physiologique, un comportement expressif, et/ou la signification émotionnelle, et les changer soit de manière comportementale soit cognitivement (ou les deux) » (ibid., p. 192).
  • [8]
    Pierre Bourdieu, Méditations Pascaliennes, Paris, Seuil, 1997.
  • [9]
    Bernard Lahire, L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action, Paris, Nathan, 1998.
  • [10]
    Jean Kellerhals et Cléopâtre Montandon, Les Stratégies éducatives des familles, Genève, Delachaux et Niestlé, 1991.
  • [11]
    Peter Berger et Thomas Luckmann, La Construction sociale de la réalité, Paris, Armand Colin, 2018.
  • [12]
    Danilo Martuccelli, La Société singulariste, Paris, Armand Colin, 2010.
  • [13]
    Beatrix Le Wita, Ni vue ni connue. Approche ethnographique de la culture bourgeoise, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1988.
  • [14]
    Françoise Mayeur, L’Éducation des filles en France au XIXe siècle, Paris, Hachette, 1979.
  • [15]
    Bernard Lahire, Portraits sociologiques : dispositions et variations individuelles, Paris, Nathan, 2002.
  • [16]
    Jean-Claude Passeron et Jacques Revel, Penser par cas, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2005, p. 24-25.
  • [17]
    Carole Daverne et Yves Dutercq, Les Bons Élèves. Expériences et cadres de formation, Paris, Presses universitaires de France, 2013.
  • [18]
    Muriel Darmon, La Socialisation, Paris, Armand Colin, 2016.
  • [19]
    Hugues Draelants, « Des héritiers aux initiés ? Note sur les nouvelles modalités de la reproduction sociale par l’école », Information sur les sciences sociales, vol. 53, n3, 2014, p. 419.
  • [20]
    Muriel Darmon, La Socialisation, op. cit.
  • [21]
    Bernard Lahire, Portraits sociologiques : dispositions et variations individuelles, op. cit., p. 421.
  • [22]
    Agnès van Zanten, « Les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur : Quel rôle joue le lycée d’origine des futurs étudiants ? », Regards croisés sur l’économie, n16.1, 2015, p. 80-92.
  • [23]
    Agnès van Zanten, « La fabrication familiale et scolaire des élites et les voies de mobilité ascendante en France », L’Année sociologique, n66, 2016.1, p. 81-114.
  • [24]
    Yves Dutercq, « L’excellence est-elle en France à la portée de tous les étudiants ? Le recours à l’offre marchande d’éducation chez les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles », dans Yves Dutercq (dir.), Où va l’éducation entre public et privé ? Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, 2011, p. 87-103.
  • [25]
    Marie Duru-Bellat, « Les apprentissages des élèves dans leur contexte : les effets de la composition de l’environnement scolaire », Carrefours de l’éducation, n16, 2003, p. 182-206.
  • [26]
    Agnès van Zanten, Choisir son école, Paris, Presses universitaires de France, 2009, p. 48.
  • [27]
    Gaële Henri-Panabière, Martine Court, Julien Bertrand, Géraldine Bois et Olivier Vanhée, « La montre et le martinet : Structuration temporelle de la vie familiale et inégalités scolaires », Actes de la recherche en sciences sociales, no226-227, 2019, p. 16-30. 
  • [28]
    Muriel Darmon, « Les entreprises de la morale familiale », French Politics, Culture & Society, vol. 17.3-4, 1999, p. 1-19.
  • [29]
    Cléopâtre Montandon, « La Socialisation des émotions : un champ nouveau pour la sociologie de l’éducation », Revue française de pédagogie, n101, 1992, p. 105-122.
  • [30]
    Sandrine Garcia, Le Goût de l’effort. La construction familiale des dispositions scolaires, Paris, Presses universitaires de France, 2018.
  • [31]
    Peter Berger et Thomas Luckmann, La Construction sociale de la réalité, op. cit., p. 250.
  • [32]
    Kevin Diter, « L’enfance des sentiments. La construction et l’intériorisation des règles des sentiments affectifs et amoureux chez les enfants de 6 à 11 ans », thèse de doctorat sous la direction de Muriel Darmon et Nathalie Bajos, université Paris Saclay, 2019.
  • [33]
    Héloïse Durler, L’Autonomie obligatoire. Sociologie du gouvernement de soi à l’école, Presses universitaires de Rennes, 2015.
  • [34]
    Hugues Draelants et Magali Ballatore, « Capital culturel et reproduction scolaire. Un bilan critique », Revue française de pédagogie, no 186, 2014, p. 115-142.

Dès les années 1960-1970, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont mis au jour la forte reproduction sociale qui s’opère dans le système éducatif et ont analysé les mécanismes qui entrent en jeu dans la construction sociale des inégalités scolaires. Les travaux de recherche des dernières décennies ont depuis régulièrement mis en évidence les disparités de réussite des élèves et étudiants français en fonction de leur catégorie sociale d’appartenance, sans que les politiques éducatives aient pu y remédier en profondeur. Le système spécifiquement français des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) a tout particulièrement fait l’objet de controverses, les chiffres publiés faisant régulièrement ressortir une surreprésentation d’étudiants issus de milieux sociaux supérieurs dans leurs effectifs. De tels constats statistiques ne doivent pourtant pas décourager toute réflexion sur la construction de ces parcours scolaires.
La littérature scientifique sur ce dispositif montre que la transition depuis le lycée n’est pas un passage vécu de la même façon par tous les étudiants, la plupart étant peu préparés aux exigences de cette formation d’excellence. Les classes préparatoires littéraires apparaissent particulières sur ce point. Chaque voie de la filière littéraire présente un taux de sortie prématurée sensiblement supérieur à ceux des voies des autres filières de CPGE (scientifiques et commerciales) : de 2011 à 2019, un peu moins d’un étudiant sur trois de la filière littéraire ne poursuit pas en seconde anné…


Date de mise en ligne : 21/05/2026

https://doi.org/10.3917/puv.leroy.2026.01.0135

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