Chapitre III
Le travail
Pages 97 à 136
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- FOSSIER, Robert,
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- FOSSIER, Robert,
Le rythme, en principe régulier, des « travaux des mois » scande l’histoire des campagnes médiévales comme une sorte de refrain monotone ; si monotone que de l’Antiquité tardive aux
Très riches heures de Jean de Berry c’est un thème iconographique sans cesse répété, recopié de Modène à Amiens et sans aucun souci de vraisemblance : le blé, la vigne, le bois, le feu, la chasse inlassablement recopiés. C’est faire bon marché, non seulement des inégalités régionales, ce qui est peu, mais surtout de l’évolution au travers des temps. Ici comme pour sa maison et son village le paysan ne répète pas les mêmes gestes avec les mêmes outils et dans le même décor pendant mille ans ; mille ans où, au contraire, il a mené contre la nature et pour la dominer une lutte harassante où les revers suivent les victoires ; et le tableau de ce corps-à-corps constant pourra sans peine se modeler sur des phases chronologiques bien nettes.
Au début s’étendait l’espace vierge. Lisons Duby : « De vastes solitudes qui peu à peu vers l’ouest, vers le nord et vers l’est deviennent immenses et finissent par tout envahir ; des friches, des marécages, des fleuves vagabonds, et les landes, les taillis, les pacages, toutes les formes dégradées de la forêt qui succèdent aux feux de broussailles et aux cultures itinérantes des brûleurs de bois... » De grandes plaques vides d’hommes, de minces clairières où se déplace une culture misérable ; tout autour le maquis, la garrigue, la forêt, la steppe. Pourquoi s’obstiner à nier ce fait qu’attestent la modestie du nombre des hommes, la faiblesse de leur outillage ou même une réglementation qui distingue bien la terre qu’on domine…
Date de mise en ligne : 31/08/2016
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