Chapitre II
Les villages et les maisons
Pages 57 à 96
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- FOSSIER, Robert,
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- FOSSIER, Robert,
Voici vingt ans, ou moins encore, les historiens du Moyen Age répétaient, sans trop réfléchir à ce que nous montrent aujourd’hui même nos campagnes, combien était stable l’habitat villageois, immuable sa sérénité, traditionnelle sa maison. « L’Occident du IX e siècle, écrivait G. Duby en 1962, est peuplé par une paysannerie stabilisée, enracinée... On [la] sent établie dans un village. » Toute la pesanteur des traditions géographiques ou historiques des XVIIIe et XIXe siècles faisait pencher le plateau vers ce que de son côté le bon sens semblait justifier ; pourtant les remembrements officiels ou sauvages, la destruction des haies, la multiplication des « résidences secondaires », l’uniformisation des matériaux à bâtir, les flux et reflux de la population paysanne, les bouleversements du réseau de circulation, déchiraient depuis 1950 au moins le tissu rural, et il eût été sage de s’interroger sur d’anciennes et comparables mutations. C’est l’archéologie qui a tranché : les sites villageois, les dépotoirs, les nécropoles fouillées avec zèle en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas, en Angleterre, puis, avec retard et modestie, en France, en Espagne, en Italie ont écrasé sous leurs preuves inverses la vieille théorie positiviste : cette maison paysanne qu’on stéréotypait une fois pour toutes, ce village fixé là « depuis le temps dont on n’a mémoire », sont des corps en mobilité, en devenir constants ; et les choses semblent à présent si différentes de ce qu’on croyait il y a quelques lustres qu’il faut bien s’y arrêter…
Date de mise en ligne : 31/08/2016
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