Nouchi. « langue de rue », « langue de vues ». Esthésies, métaphores perceptives et lexicalisation
Pages 345 à 362
Citer ce chapitre
- MAMBO, Serge-Pacôme Alléby
- et KOFFI, Béatrice Adjoua,
- Coordonné par KOSSONOU, Kouabena Théodore,
- DODO, Jean-Claude
- et YOUANT, Yves-Marcel,
- Mambo, Serge-Pacôme Alléby.
- et al.
- Mambo, S.-P.-A.
- et Koffi, B.-A.
- Coordonné par K. Kossonou,
- J. Dodo
- et Y. Youant
https://doi.org/10.3917/oep.kosso.2019.01.0345
Citer ce chapitre
- Mambo, S.-P.-A.
- et Koffi, B.-A.
- Coordonné par K. Kossonou,
- J. Dodo
- et Y. Youant
- Mambo, Serge-Pacôme Alléby.
- et al.
- MAMBO, Serge-Pacôme Alléby
- et KOFFI, Béatrice Adjoua,
- Coordonné par KOSSONOU, Kouabena Théodore,
- DODO, Jean-Claude
- et YOUANT, Yves-Marcel,
https://doi.org/10.3917/oep.kosso.2019.01.0345
Notes
-
[1]
Entendre les « vues » ici comme monstration, comme mode verbal de représentation des expériences extéroceptives et intéroceptives du locuteur.
-
[2]
Quoique les deux expressions NOUCHI et NOUSSI soient synonymes, nous ferons dans cet article, une distinction en désignant sous le lexème « nouchi » la langue et réserverons celui de « noussi » pour désigner le locuteur.
-
[3]
C’est nous qui soulignons.
-
[4]
C’est nous qui traduisons dans les parenthèses.
-
[5]
L’expression « Journal parlé » désigne communément en français ivoirien, le journal télévisé.
-
[6]
De façon générale le nouchi se parle entre membre de cette communauté. Mais lorsque de façon isolée un Noussi s’adresse à un non-Noussi, l’objectif visé est autre que de communiquer ; le but étant soit d’intimider l’auditoire profane, soit de l’exclure sciemment du sens du discours.
-
[7]
Danané est une ville du centre-ouest de la Côte d’Ivoire
Résumé
L’étude qu’on lira dans ces pages soumet à nouveaux frais le « nouchi », parler urbain ivoirien, à l’analyse linguistique, notamment dans sa dimension phénoménologique, en tant qu’il déborde la seule fonction de langue par défaut d’une communauté marginale, pour se manifester comme système de discours totalement « incarné. » En questionnant les procédés de lexicalisation, cette étude a établi que le lexique nouchi est le lieu de conversion des esthésies du sujet-parlant, sujet sensible. Les métaphores perceptives, procédé majeur de lexicalisation dans le nouchi, déploient des schèmes phoriques et eidétiques à partir des expériences perceptives singulières du locuteur, créant ainsi une « instabilité lexicale. » Mais paradoxalement, cette instabilité est source de dynamisme et de survie de ce phénomène langagier qui remettent sur la table le principe saussurien de « l’immutabilité » de la langue.
Mots clés
- nouchi
- esthésies
- métaphores perceptives
- lexicalisation
- dynamisme
Mots-clés éditeurs : dynamisme, esthésies, lexicalisation, métaphores perceptives, nouchi
Abstract
The following study is a new linguistic analyse of « nouchi », an ivorian urban speech, specialy in its phenomenological dimension, not only as a tool of communication for a marginal community, but as a real « embodied » discurse system. The analysis of lexical process demonstrates that nouchi is a verbal way of the transportation of the aesthesis and perception of a talking sensible subject. The perceptives methaphors, a major lexicalisation process in nouchi, spread out eidetics and phoristics structures from the singular perceptives experiences of the speaker, that create lexical instability. But, paradoxically, this instability is the cause of the dynamism and the survival of this urban language phenomen, and can seriously discuss the saussurian principle of invariability of language.
Keywords
- nouchi
- aesthesis
- perception metaphors
- lexicalisation
- dynamism
Mots-clés éditeurs : aesthesis, dynamism, lexicalisation, nouchi, perception metaphors
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