Chapitre d’ouvrage

8. Les guerres du FLN à Paris

Pages 220 à 251

Citer ce chapitre


  • Kauffer, R.
(2016). 8. Les guerres du FLN à Paris. Paris la Rouge : Capitale mondiale des révolutionnaires et des terroristes (p. 220-251). Perrin. https://shs.cairn.info/paris-la-rouge--9782262050306-page-220?lang=fr.

  • Kauffer, Rémi.
« 8. Les guerres du FLN à Paris ». Paris la Rouge Capitale mondiale des révolutionnaires et des terroristes, Perrin, 2016. p.220-251. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/paris-la-rouge--9782262050306-page-220?lang=fr.

  • KAUFFER, Rémi,
2016. 8. Les guerres du FLN à Paris. In : Paris la Rouge Capitale mondiale des révolutionnaires et des terroristes. Paris : Perrin. Synthèses Historiques, p.220-251. URL : https://shs.cairn.info/paris-la-rouge--9782262050306-page-220?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Au 27 de la rue de la Huchette, le cabaret El Djezaïr (Algérie) a ouvert ses portes dans les années 1930. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son patron, Mohammed Louaib, dit le « Gros Mohammed », travaillait pour l’Abwehr, les services secrets militaires allemands. Pendant la guerre d’Algérie, un hôtel voisin sert de lieu de passage et de cache d’armes. Après la guerre d’Algérie enfin, El Djezaïr servira encore d’interface entre Sécurité militaire algérienne et Sécurité militaire française.
  • [2]
    Sans lésiner sur les moyens, la torture parfois, les services de police, et notamment la DST, font régulièrement des coupes claires dans l’état-major métropolitain du FLN, de sorte qu’il serait fastidieux d’en retracer les compositions successives. Le fait à retenir, c’est qu’après chaque vague d’arrestations le Front trouvera des cadres de remplacement compétents et déterminés, preuve de la vitalité de son organisation et du dévouement que sa cause suscite.
  • [3]
    Le service Action du SDECE, l’ancêtre de la DGSE, camoufle ses opérations « homo » (pour « homicide ») derrière le paravent d’une organisation d’extrême droite sans existence, la Main rouge. Ses cibles, outre certains avocats du FLN ? Les membres de l’organisation nationaliste, bien entendu, mais aussi les trafiquants d’armes qui fournissent l’ALN. Mitraillages, voitures et postes radio piégés, et même mini-sarbacanes lançant des fléchettes empoisonnées : une gamme incroyable de procédés meurtriers sera mise en œuvre par le service. À la demande du Premier ministre, Michel Debré, le SA va également manipuler une dissidence du MNA, le Front algérien d’action démocratique, où vont se retrouver des dirigeants messalistes éminents. Dénoncé par Messali lui-même, le FAAD ne parviendra pas à jouer le rôle politique de « troisième force » que Matignon espérait pour lui. Il sera purement et simplement abandonné en rase campagne, ses militants aussi par la même occasion.
  • [4]
    Le FLN s’intéresse de près au foot. En avril 1958, aidé par le BND, les services secrets d’Allemagne fédérale qui jouent… un double jeu entre amitié officielle avec la France et soutien au nationalisme, il organise le départ clandestin pour Tunis de footballeurs professionnels connus, parfois membres de l’équipe de France tels Rachid Mekloufi (AS Saint-Étienne), Mustapha Zitouni et Abdelaziz Ben Tifour (AS Monaco). Comme une sorte d’attribut de souveraineté sportif, ces hommes vont constituer une équipe FLN. Succès médiatique international garanti…

Vêtu d’un méchant imperméable beige, d’une chemise en Nylon bleu clair et d’un costume sombre un peu élimé, le chef de groupe pousse la porte du baraquement :
— Front de libération nationale, lance-t-il en arabe d’une voix de stentor. Nous venons chercher les cotisations mensuelles.
— Maudite soit ta mère ! répond un des occupants, qui dégringole du haut d’un des lits superposés. Le Front n’est qu’une bande d’imposteurs. Notre chef à tous, c’est Messali !
— Messali ! Messali ! scandent ses colocataires.
L’un d’entre eux, un grand escogriffe tout maigre, attrape le tison rougeoyant du poêle, qu’il pointe, menaçant, en direction des nouveaux venus.
— Messali a trahi, il pactise avec les Français ! reprend le chef de groupe du FLN, tandis que ses acolytes se placent en demi-cercle autour de lui.
Un pistolet de petit calibre, un 6.35, a jailli de sa poche. Il le braque en direction du grand type au tison qui, intimidé, hésite.
— Les traîtres, c’est vous, les « frontistes ! » clame l’un des occupants qui se jette sur le chef de groupe, un tranchet de boucher à la main.
Un coup de feu retentit. Tandis que l’homme au tranchet titube, comme atteint par un coup de fouet, les protagonistes se ruent les uns sur les autres en vociférant. Des coups sont échangés, et pas seulement des coups de poing : couteau, hache, tesson de bouteille brisée sur le montant d’un sommier, chacun empoigne ce qui lui tombe sous la main. Ça crie, ça hurle, ça saigne. Un type beugle : une ruade l’a envoyé bouler sur le poêle brûlant…


Date de mise en ligne : 07/08/2019

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Gestion - Ouvrages + Revues

380 € par an

10 000 ouvrages et 300 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

15,99 €

416 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

7,00 €

32 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?