8. Les entrepreneurs de morale
- Par Howard S. Becker,
- Traduit de l'américain par Jean-Pierre Briand
- et Jean-Michel Chapoulie
Pages 171 à 188
Citer ce chapitre
- BECKER, Howard S.,
- Traduit de l'américain par BRIAND, Jean-Pierre
- et CHAPOULIE, Jean-Michel,
- BECKER, Howard S.,
- Becker, Howard S..,
- et al.
- Becker, H.-S.,
- Traduit de l'américain par Briand, J.-P.
- et Chapoulie, J.-M.
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- Becker, H.-S.,
- Traduit de l'américain par Briand, J.-P.
- et Chapoulie, J.-M.
- Becker, Howard S..,
- et al.
- BECKER, Howard S.,
- Traduit de l'américain par BRIAND, Jean-Pierre
- et CHAPOULIE, Jean-Michel,
- BECKER, Howard S.,
Notes
-
[1]
Les mouvements en faveur de la « réforme agraire » (ou « agrarianistes ») prônaient un partage égalitaire des terres et voyaient dans une structure sociale composée de petits propriétaires ruraux la base d'une démocratie et d'une éthique en tous points opposées aux néfaits de la révolution industrielle et de la concentration urbaine. (N.d.T.)
-
[2]
« County » (comte) division administrative du territoire immédiatement inférieure à l'Etat (équivalent, si l'on veut, du département en France). Le comté de Cook est situé dans la partie nord-ouest de l'agglomération de Chicago.
-
[3]
En français dans le texte (N.d.T.).
-
[4]
Il n'y a pas d'équivalents français consacrés pour les termes de « fix » et « fixer », traduits ici respectivement par « arrangement » et « intermédiaire ». Le chapitre 4 du livre de Sutherland cité par Becker contient une description détaillée de cette activité.
-
[5]
Joseph R. Gusfield, « Social structure and moral reform : A study of Woman’s Christian Temperance Union », American Journal of Sociology, LXI (November, 1955), p. 223.
-
[6]
Ibid.
-
[7]
Voir Raymond G. McCarthy (editor), Drinking and Intoxication (New Haven and New York, Yale Center of Alcohol Studies and The Free Press of Glencoe, 1959), p. 395- 396.
-
[8]
C'est ce que suggère Oscar Lewis dans Sagebrush casinos : The Story of Legal Gambling in Nevada (New York, Doubleday and Co., 1935), pp. 233-234.
-
[9]
Edwin G. Sutherland, « The diffusion of sexual psychopaths laws », American Journal of Sociology, LVI (September, 1950), pp. 142-148.
-
[10]
Ibid., p. 142.
-
[11]
Ibid., pp. 143-145.
-
[12]
Ibid., pp. 145-146.
-
[13]
L'étude de Sheldon Messinger, « Organizational transformations : A case study of a declining movement », American Sociological Review, XX (February, 1955), p. 3-10 a montré que tel fut le cas du Townsend Movement.
[Ce mouvement militait à l'origine pour l'institution d'un système de retraites conçu de manière à favoriser la reprise économique, durant la crise de 1929. Selon Messinger, la concurrence d'autres associations analogues et l'adoption de lois instaurant des systèmes de retraite entraînèrent la chute des effectifs du mouvement, qui modifia alors ses objectifs et ses activités en se tournant vers des activités commerciales et de loisir. (N.d.T)] -
[14]
Gusfield, op. cit., pp. 227-228.
-
[15]
Ibid., p. 227, 229 et 230.
-
[16]
Voir Ray Gold, « Janitors versus tenants : A status-income dilemma », American Journal of Sociology, LVII (March, 1952), p. 486-493.
-
[17]
William Westley, « Violence and the police », American Journal of Sociology, LIX (July, 1953), p. 39
-
[18]
Ibid.
-
[19]
Voir W. Westley, « The police : A sociological study of law, custom, and morality » (Ph. D., Université de Chicago, 1951). [publié en 1970 par M.I.T. Press, Cambridge, Massachusetts]
-
[20]
Edwin H. Sutherland (ed.) The professional thief (Chicago, University of Chicago Press, 1937), p. 87-88. [Traduction française par G. Serve, Le voleur professionnel, Editions Spes, 1963.]
-
[21]
Ibid., p. 91-92.
Les normes sont le produit de l'initiative de certains individus, et nous pouvons considérer ceux qui prennent de telles initiatives comme des entrepreneurs de morale. Deux types d'entrepreneurs retiendront notre attention : ceux qui créent les normes et ceux qui les font appliquer.
Le prototype du créateur de normes (mais non la seule variété, comme nous le verrons), c'est l'individu qui entreprend une croisade pour la réforme des mœurs. Il se préoccupe du contenu des lois. Celles qui existent ne lui donnent pas satisfaction parce qu'il subsiste telle ou telle forme de mal qui le choque profondément. Il estime que le monde ne peut pas être en ordre tant que des normes n'auront pas été instaurées pour l'amender. Il s'inspire d'une éthique intransigeante : ce qu'il découvre lui paraît mauvais sans réserve ni nuances, et tous les moyens lui semblent justifiés pour l'éliminer. Un tel croisé est fervent et vertueux, souvent même imbu de sa vertu. La comparaison des réformateurs de la morale avec les croisés est pertinente, car le réformateur typique croit avoir une mission sacrée. Les prohibitionnistes en sont un excellent exemple, ainsi que tous ceux qui veulent supprimer le vice, la délinquance sexuelle ou les jeux d'argent.Ces exemples suggèrent que le croisé de la morale est une mouche du coche importune et que son seul intérêt est d'imposer sa propre morale aux autres. Mais c'est là une vision unilatérale. De nombreuses croisades morales ont une coloration humanitaire marquée…
Date de mise en ligne : 18/06/2020
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