Deuxième partie. Démocratie numérique : la parrhèsia libérée
Pages 100 à 247
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- CAZEAUX, Guillaume,
- Cazeaux, Guillaume.
- Cazeaux, G.
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Notes
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[1]
Cf. Paul Mathias, Qu’est-ce que l’Internet ?, Paris, Vrin, 2009, p. 52 : nos pratiques réticulaires « façonnent en tant que telles la topographie du Réseau, dont la partition et les frontières se reconfigurent sans cesse au gré des opérations télématiques dont nous sommes les initiateurs ».
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[2]
Cf. Pierre Lagrange, « 3 questions à… », Le journal du CNRS, n° 212, septembre 2007 : « On voudrait à toute force croire que tout sépare les gens sérieux et les naïfs […]. Nous aimerions pouvoir découper le monde en deux : d’un côté la culture rationnelle, scientifique, occidentale, de l’autre, la croyance, l’irrationnel, la pensée magique. Nous persistons à croire à ce “grand partage” contre lequel tant d’ethnologues ont lutté. Si ce partage, comme ils l’ont montré, n’est plus recevable pour penser la différence entre l’Occident et le reste du monde », il ne l’est guère davantage pour juger des multiples visions du monde qui coexistent sur le web, qui ont toutes une forme de rationalité, même si elles ne se valent pas en termes de vérité, comme l’explique le sociologue des sciences lors d’un entretien, le 11 septembre 2006, avec Natacha Quester-Séméon sur le blog Mémoire vive.
-
[3]
Régis Debray, L’emprise, op. cit., p. 116.
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[4]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., III, ix, p. 985-986 : « [C] Quand j’ay esté ailleurs qu’en France et que, pour me faire courtoisie, on m’a demandé si je vouloy estre servy à la Françoise, je m’en suis mocqué et me suis tousjours jetté aux tables les plus espesses d’estrangers. [B] J’ay honte de voir noz hommes enyvrez de cette sotte humeur de s’effaroucher des formes contraires aux leurs : il leur semble estre hors de leur element quand ils sont hors de leur vilage. […] Ils voyagent couverts et resserrez d’une prudence taciturne et incommunicable, se defendans de la contagion d’un air incogneu ».
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[5]
Cf. Ibid., III, ix, p. 973-974 : « [B] le voyager me semble un exercice profitable. L’ame y a une continuelle exercitation à remarquer les choses incogneuës et nouvelles ; et je ne sçache point meilleure escolle […] à former la vie que de luy proposer incessamment la diversité de tant d’autres vies, [C] fantasies et usances, [B] et luy faire gouster une si perpetuelle varieté de formes de nostre nature ».
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[6]
Pierre Villey, Les sources et l’évolution des Essais de Montaigne, tome 2, Paris, Librairie Hachette, 1933, p. 142.
- [7]
-
[8]
Roger Chartier, « L’ordre des livres », in Patrick Boucheron (dir.), Histoire du monde au xve siècle, Paris, Fayard, 2009, p. 765.
-
[9]
Peter Godman, op. cit., p. 77.
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[10]
Cyril Lemieux, op. cit., p. 27.
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[11]
Ibid., p. 28-29.
-
[12]
Cité par Henri Maler, « Philippe Val, épurateur chronique », Acrimed, 7 janvier 2004.
-
[13]
Patrick Sabatier, Libération, 20-21 août 2005, p. 3.
-
[14]
Cyril Lemieux, op. cit., p. 29.
-
[15]
Ibid., p. 30.
-
[16]
Michel de Montaigne, op. cit., I, xxiii, A, p. 118.
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[17]
Cité par Roger Chartier, Les origines culturelles de la Révolution française, Paris, Seuil, 1990, p. 64.
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[18]
Cyril Lemieux, op. cit., p. 31.
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[19]
Selon le président du Réseau Voltaire, les attentats du 11-Septembre sont le fruit d’un complot d’une faction du complexe militaro-industriel américain. La promotion de son ouvrage se fera principalement autour de l’idée qu’aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone.
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[20]
Cf. Pascal Froissart, La rumeur . Histoire et fantasmes, Paris, Belin, 2002, « Avant-propos », p. 13-14 : « Car enfin, il ne s’agit pas là de rumeur, du moins au sens où on l’entend classiquement (bouche à oreille, médias informels, etc.). Mais d’un livre ».
- [21]
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[22]
Platon, op. cit., livre VIII, 557b, p. 317.
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[23]
Cf. Benjamin Bayart, « Internet, démocratie et dangers », conférence à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, 7 novembre 2010.
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[24]
L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen stipule que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». L’article 15 que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».
-
[25]
Benjamin Bayart, « La neutralité du réseau », in La Bataille Hadopi, collectif d’auteurs, Éditions In Libro Veritas, 2009, p. 67.
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[26]
Agathe Lepage, « Internet au regard de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse : un mode de communication comme un autre ? », in Agathe Lepage (dir.), L’ opinion numérique – Internet, un nouvel esprit public, Paris, Dalloz, 2006, p. 140.
-
[27]
Dominique Rousseau, op. cit., p. 6.
-
[28]
Ibid., p. 7.
- [29]
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[30]
L’anonymat consiste à ne pas révéler son identité ; le pseudonymat à créer une identité alternative. L’anonymat est tout relatif, puisque l’adresse IP de chaque ordinateur, connue du fournisseur d’accès (FAI), peut permettre – dans le cadre d’une enquête policière par exemple – de remonter, au moins le plus souvent, jusqu’à l’utilisateur.
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[31]
Michel de Montaigne, op. cit., III, X, p. 1011.
- [32]
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[33]
Cf. Platon, La République, op. cit., livre II, 360b, p. 109-110.
- [34]
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[35]
Cf. “Google CEO Schmidt: No Anonymity Is The Future Of Web”, www.Networkworld.com, 9 août 2010.
-
[36]
Alain, op. cit., p. 201.
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[37]
Ibid., p. 205-206.
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[38]
Ibid., p. 207.
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[39]
Cf. Joël de Rosnay, op. cit., p. 12 : « J’appelle « pronétaires » ou « pronétariat » (du grec pro, devant, avant, mais aussi favorable à, et de l’anglais net, qui signifie réseau et est aussi l’appellation familière en français d’Internet – le « Net ») une nouvelle classe d’usagers des réseaux numériques capables de produire, diffuser, vendre des contenus numériques non propriétaires […] qui entrent de plus en plus en compétition avec les infocapitalistes traditionnels, auxquels ils ne font plus confiance ».
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[40]
Cf. Pierre Lévy, op. cit., p. 62 : « Si personne ne défend éloquemment un point de vue dans notre environnement […] et si ce point de vue n’est pas non plus clairement exposé [dans les médias], on a beau “vivre en démocratie”, on n’en est pas moins ignorant du véritable paysage d’idées […]. Or le cybercitoyen peut découvrir sur le Réseau une multitude d’idées et de propositions qu’il n’aurait jamais imaginée s’il ne s’était pas branché ».
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[41]
Cf. Benjamin Bayart, conférence lors des 10e Rencontres Mondiales du Logiciel Libre à Nantes en 2009.
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[42]
Selon La Quadrature du Net, le principe de neutralité du transporteur « indique que le transporteur, à qui est confié un message, ne peut utiliser les informations qui lui sont fournies que dans un but spécifiquement technique (acheminer le message à destination, ce pour quoi il est payé), et rien d’autre. Aucune discrimination n’est appliquée en fonction de l’émetteur, du récepteur ou de la nature de l’information transmise ». URL: http://www.laquadrature.net/wiki/Portail:Neutralit%C3%A9_du_Net.
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[43]
Benjamin Bayart, op. cit., p. 63.
-
[44]
Cf. Benjamin Bayart, « Internet, démocratie, dangers », conférence à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, 7 novembre 2010.
- [45]
-
[46]
Guillaume Champeau, « Quand Nicolas Sarkozy oppose l’Internet au monde civilisé », Numerama, 23 novembre 2007.
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[47]
Michel de Montaigne, op. cit., III, vi, B, p. 910.
-
[48]
Cf. Platon, op. cit., livre VIII, 562b-564a, p. 322-324.
-
[49]
Thierry Crouzet, op. cit., p. 72.
-
[50]
Benjamin Bayart, op. cit., p. 56.
-
[51]
James Bryce, op. cit., chap. LXXVII : « Gouvernement par l’opinion publique », cité par Blondiaux, Reynié, La Balme (dir.), op. cit., p. 163. Des propos qui tranchent, presque mot à mot, avec le désenchantement exprimé plus tard par Lippmann : pour lui, le citoyen « règne en théorie », mais « dans les faits il ne gouverne pas » (Walter Lippmann, Le public fantôme: Extrait de The Phantom Public, MacMillan & Co, 1925, p. 13-39, in Blondiaux, Reynié, La Balme (dir.), op. cit., p. 68).
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[52]
Cf. Régis Bigot et Patricia Croutte, op. cit., p. 53-54 et p. 62-65.
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[53]
Cf. Vilfredo Pareto, Écrits sur la courbe de la répartition de la richesse, Genève, Librairie Droz, 1965. La loi de Pareto est une loi empirique selon laquelle 80 % des richesses sont détenues par 20 % des personnes.
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[54]
Cf. Lionel Barbe, Wikipédia et AgoraVox : de nouveaux modèles éditoriaux. Actes du colloque SocSoc 06 : Documents numérique et société, Paris, ADBS Éditions, 2006, p. 171-184.
-
[55]
Cf. François Guillot, « La participation sur YouTube », Internet et Opinion(s), 11 février 2010. URL : http://internetetopinion.wordpress.com/2010/02/11/la-participation-sur-youtube
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[56]
Cf. Charles Bwele, « La loi du 1 % des médias participatifs », AgoraVox, 17 janvier 2008.
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[57]
VinceDeg, « Riverains de Rue89, qui êtes-vous ? », Rue89, 24 juillet 2008.
-
[58]
Iannis Pledel, De l’économie de l’information à l’écologie de la communication : le rôle de la délibération dans le journalisme citoyen. Thèse : Sciences de l’information et de la communication : Aix-en-Provence : 2009, p. 311.
-
[59]
Alex Cheng, Mark Evans, Harshdeep Singh, « Inside Twitter. An In-Depth Look Inside the Twitter World », Sysomos Inc., juin 2009.
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[60]
Boris Manenti, « Twitter, un pétard mouillé ? », www.nouvelobs.com, 6 août 2009.
- [61]
-
[62]
Franck Rebillard, Le Web 2.0 en perspective. Une analyse socio-économique de l’Internet, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 52.
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[63]
Ces deux sites sont politiquement favorables au Front national ; mais tandis que le premier, sur une ligne identitaire, est hostile à l’islam, le second prône une réconciliation nationale avec les musulmans patriotes, sur une ligne « anti-impérialiste » et « antisioniste ».
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[64]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 567 : « il est à l’advanture soustenable qu’elle [notre âme] n’a aucune autre alleure et mouvement que du souffle de ses vents, et que, sans leur agitation, elle resteroit sans action, comme un navire en pleine mer, que les vents abandonnent de leur secours. […] Il est connu que la pluspart des plus belles actions de l’ame procedent et ont besoin de cette impulsion des passions ».
-
[65]
Ibid.
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[66]
Cf. I bid., III, xiii, B, p. 1089-1090 : « Nostre vie est composée, comme l’armonie du monde, de choses contraires, aussi de divers tons, douz et aspres, aigus et plats, mols et graves. […] Nostre estre ne peut [subsister] sans ce meslange, et y est l’une bande non moins necessaire que l’autre ».
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[67]
Cf. Ignacio Ramonet, L’explosion du journalisme. Des médias de masse à la masse de médias, Paris, Éditions Galilée, 2011, p. 16 : « Quand cette blogosphère a commencé à enfler, vers 2003… »
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[68]
En mai 2011, Facebook a enregistré pour la première fois, en sept années d’existence, une baisse de son nombre d’utilisateurs actifs aux États-Unis.
-
[69]
Cf. Gilles Deleuze, Différence et répétition, Paris, PUF, 1968, p. 353 : « [La pensée] ne pense pas tant que rien ne la force ».
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[70]
Cf. Dan Gillmor, We the Media. Grassroots Journalism by the People, for the People, Sebastopol, O’Reilly Media, 2004. Le postulat sur lequel repose son idée d’un « journalisme-conversation » est que les lecteurs ont de fortes chances d’en savoir plus que le journaliste, et que ce dernier a donc tout intérêt à coopérer avec eux dans l’élaboration de son propre travail. En posant son infériorité par rapport à l’ensemble de son public, Gillmor rend légitime la fondation d’un journalisme participatif, au sein duquel tous ses lecteurs ont un rôle à jouer, pour travailler l’information, la corriger ou l’enrichir.
-
[71]
Cf. Francis Pisani et Dominique Piotet, op. cit., p. 17-34.
-
[72]
Régis Bigot et Patricia Croutte, op. cit., p. 101.
-
[73]
Cf. « Infographies. La France en chiffres : Internet », FranceInfo.fr, 25 octobre 2011. Les sources utilisées sont : Comscore, Insee, Ipsos, Médiamétrie, Newzoo, Nielsen, Oto Research, Social Bakers.
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[74]
Cf. Emmanuel Berretta, « Les Français se gavent de télévision », LePoint.fr, 10 janvier 2012. D’après les données recueillies en 2011 par Médiamétrie, « les foyers français ont passé 3 h 47 par jour devant leur écran. Un record en progression de 15 minutes par rapport à 2010. […] En 1993, le temps passé devant la télé atteignait 2 h 56 minutes. La progression est donc phénoménale : 51 minutes supplémentaires en 18 ans. Soit près de 3 minutes par an ».
- [75]
-
[76]
Cf. Francis Pisani et Dominique Piotet, op. cit., p. 23.
-
[77]
Alain Cotta, op. cit., p. 210.
-
[78]
Ibid., p. 211-212.
- [79]
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[80]
Cf. Observatoire Terrafemina – Orange : baromètre octobre 2011 réalisé par le CSA, p. 7.
- [81]
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[82]
Il s’agit des sites d’information non adossés à un support papier déjà existant, comme Rue89 ou Mediapart.
- [83]
- [84]
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[85]
À mettre en perspective avec ces mots de Henri David Thoreau : « La compagnie est souvent de piètre qualité. Nous nous rencontrons à des intervalles très rapprochés, sans avoir eu le temps d’acquérir la moindre valeur nouvelle pour autrui […] ; nous vivons serrés les uns contre les autres, en nous barrant sans cesse la route et en nous bousculant, et je crois que nous perdons ainsi un peu de respect les uns pour les autres. Une fréquence moindre suffirait sans nul doute pour toutes les communications importantes et cordiales » (Henry David Thoreau, Walden, Le mot et le reste, Marseille, 2012, p. 143-144).
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[86]
Cf. Ibid., p. 60 : « Nous sommes pressés de construire un télégraphe magnétique entre le Maine et le Texas ; mais peut-être que le Maine et le Texas n’ont rien d’important à se dire. […] Comme si l’objectif essentiel était de parler vite, et non de parler raisonnablement. Nous mourons d’envie de creuser un tunnel sous l’océan Atlantique pour réduire de quelques semaines la distance qui sépare l’ancien monde du nouveau ; mais la première nouvelle qui pénétrera dans la vaste oreille flasque de l’Amérique sera peut-être que la princesse Adélaïde a la coqueluche ».
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[87]
Claude Lévi-Strauss, Archives du xxe siècle, réunies par Jean José Marchand, réalisation de Pierre Beuchot les 25, 26 et 27 juillet 1972. URL : http://www.ina.fr/grands-entretiens/video/HorsSerie
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[88]
Cf. Observatoire Terrafemina - Orange : baromètre octobre 2011 réalisé par le CSA, p. 9.
-
[89]
Cf. Thomas E. Patterson, “Young People and News, A Report from the Joan Shorenstein Center on the Press, Politics and Public Policy”, John F. Kennedy School of Government, Harvard University, juillet 2007, p. 8.
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[90]
Francis Pisani et Dominique Piotet, op. cit., p. 23-24.
-
[91]
Fabien Granjon et Aurélien Le Foulgoc, op. cit., p. 239.
-
[92]
Ibid., p. 241.
-
[93]
Michel de Montaigne, op. cit., III, iii, B, p. 828.
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[94]
Ibid., II, xvii, A, p. 651.
-
[95]
Ibid., I, xxvi, A, p. 152.
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[96]
Georges Poulet, Études sur le temps humain/1, Paris, Librairie Plon, 1952, p. 60.
- [97]
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[98]
Ibid., p. 58.
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[99]
Michel de Montaigne, op. cit., I, xxvi, A, p. 151.
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[100]
Georges Bernanos, La France contre les robots, Paris, Le Club Français du livre, 1955, p. 89.
-
[101]
Ibid., p. 99.
-
[102]
L’auteur de Walden, après avoir relevé la répétitivité des informations que livrent les journaux, en tire cette réflexion : « Quand on connaît le principe d’une chose, à quoi bon en avoir une myriade d’exemples et d’applications ? Pour le philosophe, toutes les nouvelles, comme on les appelle, relèvent du bavardage, et ceux qui les choisissent et les lisent sont des vieilles femmes sirotant leur thé » (Henri David Thoreau, op. cit., p. 102).
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[103]
Nicholas Carr, Internet rend-il bête ? Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté, Paris, Robert Laffont, 2011, p. 168.
-
[104]
Ibid., p. 170.
-
[105]
Ibid., p. 171.
-
[106]
Michel de Montaigne, op. cit., II, i, p. 333 : « [A] Nostre façon ordinaire, c’est d’aller apres les inclinations de nostre apetit, à gauche, à dextre, contre-mont, contre-bas, selon que le vent des occasions nous emporte. Nous ne pensons ce que nous voulons, qu’à l’instant que nous le voulons […]. Nous n’allons pas ; on nous emporte […]. [C] Nous flottons entre divers advis : nous ne voulons rien librement, rien absoluëment, rien constamment ».
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[107]
Ibid., III, xiii, C, p. 1106-1107.
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[108]
Cf. Gary Small et al., “Your Brain on Google: Patterns of Cerebral Activation during Internet Searching”, American Journal of Geriatric Psychiatry, 17, n° 2, février 2009, p. 116-126.
-
[109]
Nicholas Carr, op. cit., p. 179.
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[110]
Ibid., p. 181.
-
[111]
Ibid., p. 200. Cité par Don Tapscott, Grown Up Digital, New York, McGraw-Hill, 2009, p. 108-109.
-
[112]
Cf. Blaise Pascal, Pensées, op. cit., p. 118 : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ».
-
[113]
Nicholas Carr, op. cit., p. 191.
-
[114]
Christopher F. Chabris, “You Have Too Much Mail”, Wall Street Journal, 15 décembre 2008, cité par Nicholas Carr, op. cit., p. 191.
-
[115]
Nicholas Carr, op. cit., p. 191.
-
[116]
Cf. Charles Baudelaire, « Le Voyage », Les Fleurs du Mal, édition de 1861, Paris, Gallimard, 1996, p. 177-182.
-
[117]
Blaise Pascal, op. cit., p. 121 : « Ainsi s’écoule toute la vie ; on cherche le repos en combattant quelques obstacles et, si on les a surmontés, le repos devient insupportable, par l’ennui qu’il engendre ; il en faut sortir et mendier le tumulte ».
- [118]
-
[119]
Nicholas Carr, op. cit., p. 186.
-
[120]
Cf. Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale, Paris, Gallimard, 1971, p. 59-60.
-
[121]
Cf. Marc G. Berman et al., “The Cognitive Benefits of Interacting with Nature”, Psychological Science, 19, n° 12, décembre 2008, p. 1207-1212, cité par Nicholas Carr, op. cit., p. 301.
-
[122]
Nicholas Carr, op. cit., p. 301.
-
[123]
Cf. Georg Simmel, « Les grandes villes et la vie de l’esprit », conférence prononcée en 1903, in Alain Gras (dir.), Sociologie – Ethnologie. Auteurs et textes fondateurs, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997, p. 130 et 133.
-
[124]
Frédéric Gros, Marcher, une philosophie, Paris, Carnets Nord, 2009, p. 12.
-
[125]
Ibid., p. 131.
-
[126]
Ibid., p. 132.
-
[127]
Michel de Montaigne, op. cit., III, xiii, B, p. 1107.
-
[128]
Cf. Ernst Jünger, Traité du rebelle ou le recours aux forêts, Paris, Seuil, « Points », 1981. Sur l’expérience de l’ermite, qui prend physiquement ses distances avec la ville, lire Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Paris, Gallimard, 2011. Contre la dispersion de soi : « En ville, chaque acte se déroule au détriment de mille autres. La forêt resserre ce que la ville disperse » (p. 43). Contre l’interruption permanente : « Le cours des heures n’est jamais interrompu […]. La technique ne l’emprisonne pas [l’ermite] dans le cercle de feu des besoins qu’elle crée » (p. 49). Contre la proximité continue qui aliène : « Le luxe de vivre seul dans ce monde où voisiner va devenir le problème majeur » (p. 58) ; ces mots, qui se réfèrent à la surpopulation sur la planète, peuvent s’appliquer avec la même justesse au voisinage obligé et envahissant sur le web. Contre le multitâche et la surcharge cognitive qui altèrent la sensibilité : « Le non-agir aiguise la perception de toute chose. L’ermite absorbe l’univers, accorde une attention extrême à sa plus petite facette. Assis en tailleur sous l’amandier il entend le choc du pétale sur la surface de l’étang. Il voit vibrer le bord de la plume de la grue en vol. Il sent monter dans l’air l’odeur de fleur heureuse dont s’enveloppe le soir » (p. 117).
-
[129]
Cf. Benjamin Bayart, « Qu’est-ce qu’Internet ? », conférence à Sciences Po, 4 mai 2010. Partie 3 : Les impacts politiques et sociétaux.
-
[130]
Azi Lev-On, Bernard Manin, « Internet : la main invisible de la délibération », Esprit, n° 5, 2006.
-
[131]
Cass Sunstein, « Délibération, nouvelles technologies et extrémisme », op. cit., p. 12.
-
[132]
Azi Lev-On, Bernard Manin, op. cit.
-
[133]
Patrice Flichy, Le sacre de l’amateur. Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique, Paris, Le Seuil et La République des Idées, 2010, p. 54.
-
[134]
Cf. Marianne, n° 208, 23 avril 2001. Un sondage réalisé auprès de 130 journalistes représentatifs par catégorie de supports et de rubriques, sur les intentions de vote de la profession aux élections présidentielles de 2002, indique une sensibilité politique très majoritairement marquée à gauche ; pour le second tour, 58 % des journalistes avaient annoncé leur intention de voter pour Lionel Jospin, contre 7 % pour Jacques Chirac. Une décennie plus tard, la tendance reste la même, voire s’est accentuée. Le 14 juin 2012, une consultation Harris Interactive, réalisée sur Twitter pour le magazine Médias, indique que, lors du second tour des élections présidentielles de 2012, 74 % déclarent avoir voté pour François Hollande contre 26 % pour Nicolas Sarkozy. Sur l’homogénéité idéologique des étudiants journalistes, lire François Ruffin, « Le Centre de formation des journalistes saisi par l’argent-roi », Le Monde diplomatique, février 2003 : « Tous “progressistes”, tous “modernes”, tous du centre gauche », « Presque tous proches de Bertrand Delanoë ».
-
[135]
Cf. Patrice Flichy, « Internet, un outil pour la démocratie ? », La Vie des idées, 14 janvier 2008.
-
[136]
Patrice Flichy, Le sacre de l’amateur, op. cit., p. 52.
-
[137]
Cf. Loïc Blondiaux, op. cit., p. 40-41 (notes) : « Faut-il prendre […] au pied de la lettre ce tableau irénique d’élites éclairées se réunissant en salons ou au café pour rechercher en commun l’intérêt général en faisant fi de toute distinction sociale […] ? Ou faut-il considérer l’espace public habermassien comme une reconstruction idéal-typique, une image simplifiée de la réalité qui ne prendrait sens que dans la comparaison avec cette dernière, dans la confrontation avec un ou plusieurs contextes socio-historiques réels ? »
-
[138]
Pierre Rosanvallon, op. cit., p. 75.
-
[139]
Alain, op. cit., p. 214.
-
[140]
Ibid., p. 225.
-
[141]
Ibid.
-
[142]
Cf. Michel Collon, « Le droit à l’information est un combat. Médiamensonges et propagande de guerre », in Médias et censure, op. cit., p. 153-163. Quatre règles de la propagande de guerre précèdent et accompagnent chaque conflit : « Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire […]. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux […]. Organiser l’amnésie. Éviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant » (p. 155).
-
[143]
Ce philosophe fut condamné pour hérésie par l’Inquisition, et mourut sur le bûcher, à Rome, le 17 février 1600. Nombre d’internautes militants usent de pseudonymes suggérant qu’ils se vivent comme des résistants à un ordre médiatique oppressif et mensonger, qu’ils qualifient d’ailleurs volontiers d’orwellien.
-
[144]
Il s’agit de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, signée le 24 novembre 1971 à Munich, et adoptée par la Fédération européenne des journalistes.
-
[145]
El País, 24 octobre 2010, cité par Ignacio Ramonet, op. cit., p. 82.
-
[146]
Felix Stalder, « Pourquoi les institutions peinent à garder leurs secrets », Le Monde diplomatique, janvier 2011.
- [147]
-
[148]
Neil Postman, op. cit., p. 167.
-
[149]
Agathe Lepage, op. cit., p. 37.
-
[150]
Cf. Maxime Lépante, « Toutes nos vidéos sur les prières musulmanes illégales dans les rues », Riposte Laïque, article nº 184, 7 février 2011.
-
[151]
Audrey Fournier, « Retrait de Jean Sarkozy, “première victoire de l’e-démocratie” ? », LeMonde.fr, 23 octobre 2009.
-
[152]
Des groupes aux noms aussi farfelus que « Pour que Jean Sarkozy bac +1 nommé à la Défense aille plutôt bosser chez McDo ! », « Je suis plus diplômé que Jean Sarkozy », ou « Pour que Louis Sarkozy représente la France à l’ONU après son passage en 6e », ont rassemblé des dizaines de milliers de membres, parfois même plus de 100 000.
-
[153]
Nicolas Vanbremeersch, « Le web, moteur de l’affaire Jean Sarkozy », Slate.fr, 24 octobre 2009.
-
[154]
Pierre Rosanvallon, op. cit., p. 272.
-
[155]
Jean-Paul Marat, Les chaînes de l’esclavage, in Œuvres politiques, tome 7, Bruxelles, Pôle Nord, 1995, p. 4421.
-
[156]
Pierre Rosanvallon, op. cit., p. 272.
-
[157]
Ibid.
-
[158]
Ibid., p. 273.
-
[159]
Alain, op. cit., p. 33.
-
[160]
Cf. Ibid., p. 57 : « L’élite, parce qu’elle est destinée à exercer le pouvoir, est destinée aussi à être corrompue par l’exercice du pouvoir ».
-
[161]
Patrice Rolland, « Marat ou la politique du soupçon », Le Débat, n° 57, novembre-décembre 1989, p. 135.
-
[162]
Alain, op. cit., p. 192.
-
[163]
Pierre Rosanvallon, op. cit., p. 272-273.
-
[164]
Alain, op. cit., p. 44.
-
[165]
Francis Pisani et Dominique Piotet, op. cit., p. 135.
-
[166]
Andrew Keen, Le culte de l’amateur. Comment Internet détruit notre culture, Paris, Éditions Scali, 2008, p. 97-98.
-
[167]
Pierre Lévy, op. cit., p. 66.
-
[168]
Gloria Origgi, « Sagesse en réseaux : la passion d’évaluer », La Vie des idées, 30 septembre 2008. Cf. aussi Gloria Origgi, Qu’est-ce que la confiance ?, Paris, Librairie philosophique Vrin, 2008, p. 69-75.
-
[169]
Créer de l’unanimité est l’objet des rites primitifs. Cf. René Girard, La violence et le sacré, Paris, Grasset, 1972, p. 144-146.
-
[170]
Antoine Fabre d’Olivet, Les vers dorés de Pythagore, expliqués et traduits pour la première fois en vers eumolpiques français, précédés d’un Discours sur l’essence et la forme de la poésie, chez les principaux peuples de la terre, Lausanne, L’Âge d’homme, 1991, p. 181.
- [171]
-
[172]
Neil Postman, op. cit., p. 84-85.
-
[173]
Cf. Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, Paris, Plon, 1955, p. 169-170 : « La liberté n’est ni une invention juridique ni un trésor philosophique […]. Elle résulte d’une relation objective entre l’individu et l’espace qu’il occupe […] : en devenant trop nombreuse et malgré le génie de ses penseurs, une société ne se perpétue qu’en sécrétant la servitude ».
-
[174]
Michel Onfray, Théorie du corps amoureux. Pour une érotique solaire, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle, 2000, p. 208. La « nécessaire bonne distance dans les rapports humains […], ni trop proche ni trop éloigné de l’autre », ne vaut pas que pour les rapports amoureux dont parle l’auteur, mais aussi pour définir les conditions idoines de la pensée.
-
[175]
Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, p. 559.
-
[176]
Dans le chant XII de l’Odyssée, Ulysse et ses compagnons doivent, pour continuer leur route, passer par un détroit, de part et d’autre duquel vivent deux monstres marins : Charybde et Scylla. S’ils vont vers le premier, ils prennent le risque d’être tous engloutis, mais peuvent aussi espérer tous passer ; s’ils se dirigent vers le second, certains d’entre eux seront assurément sacrifiés, mais les autres survivront. Circé conseille à Ulysse de passer au plus près de Scylla ; c’est un calcul raisonnable. Sur la Toile, face à ce qui se présente sous la forme repoussante d’une « théorie du complot », le citoyen a le choix entre fermer les yeux et passer son chemin (renonçant à examiner sous la pression d’une mauvaise réputation) ou les ouvrir et tenter d’affronter la difficulté (risquant de sombrer dans la déraison et de ne recueillir, en outre, que l’opprobre).
-
[177]
Cf. Emmanuel Kreis, entretien avec Nicolas Chevassus-au-Louis, Mediapart, 23 juillet 2012.
-
[178]
Cf. Miguel Chueca, entretien avec Nicolas Chevassus-au-Louis, Mediapart, 23 juillet 2012.
-
[179]
Cf. Pierre-André Taguieff, L’imaginaire du complot mondial – Aspects d’un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, Librairie Arthème Fayard, 2006, p. 54 ; Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, troisième partie : Le système totalitaire, Paris, Seuil, 1972, p. 215-216 ; Karl Popper, Conjectures et réfutations. La croissance du savoir scientifique, Paris, Payot, 1985, p. 497.
-
[180]
Le consensus n’est certes pas total ; par exemple, le politologue Michael Barkun envisage, parmi d’autres catégories, un « conspirationnisme d’événement », qui porte sur un événement isolé. Cf. Michael Barkun, A Culture of Conspiracy: Apocalyptic Visions in Contemporary America, University of California Press, 2003.
-
[181]
Alain, op. cit., p. 206.
-
[182]
Cf. Institute for Propaganda Analysis, “How to Detect Propaganda” (1937), in Robert Jackall (dir.), Propaganda, New York, New York University Press, 1995, p. 218. Le propagandiste attribue de « mauvais noms » aux individus et croyances « qu’il veut que nous condamnions et rejetions ». Ce procédé de l’étiquetage négatif « nous fait former un jugement sans examiner la preuve sur laquelle il devrait être fondé ».
-
[183]
En s’introduisant chaque jour au cœur du foyer, sur un mode souriant, l’autorité inspire confiance et s’avère d’autant plus persuasive. Au point que nous obéissons à la télévision davantage qu’à n’importe quel pouvoir. Cf. Christophe Nick et Michel Eltchaninoff, L’expérience extrême, Paris, Don Quichotte éditions, 2010.
-
[184]
Cf. Fernand Braudel, op. cit., p. 67 et 452. Voir aussi Michel Onfray, Traité d’athéologie. Physique de la métaphysique, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle, 2005 : notre époque, contrairement aux apparences, ne serait pas athée, mais flotterait entre deux âges, et le nihilisme serait le symptôme du passage entre « un judéo-christianisme déliquescent », mais encore très présent, et « le post-chrétien qui pointe modestement » (p. 70). Le déclin de la pratique religieuse et même le rejet des dogmes ne sauraient signifier la fin de l’imprégnation : « Le retrait des troupes judéo-chrétiennes ne modifie en rien leur pouvoir et leur empire sur les territoires conquis […]. Même absents, les conquérants demeurent présents car ils ont conquis les corps, les âmes, les chairs, les esprits du plus grand nombre ». Ils laissent derrière eux « une épistémè, un socle sur lequel s’effectue tout échange mental et symbolique » (p. 71). Si nous méconnaissons le « fonctionnement de ces logiques d’imprégnation », c’est que « ces déterminations se propagent sur le registre inconscient » (p. 79). Ce que le philosophe (médiatique) dit de la religion pourrait tout aussi bien se dire de la télévision (ce qu’il ne dit pas), avec encore plus de pertinence peut-être ; car les « troupes » médiatiques sont, elles, encore bel et bien présentes et n’ont pas fini leurs conquêtes. Leur emprise n’en est que plus difficile à discerner (et à dénoncer).
-
[185]
Cf. Jack Goody, op. cit., p. 87 : « l’écriture favorisa à la fois l’esprit critique et l’art du commentaire d’une part, l’esprit d’orthodoxie et le respect du livre d’autre part ».
-
[186]
Frédéric Lordon, « Conspirationnisme : la paille et la poutre », Les blogs du Diplo, 24 août 2012. URL : http://blog.mondediplo.net/2012-08-24-Conspirationnisme-la-paille-et-la-poutre
-
[187]
Pierre-André Taguieff, op. cit., p. 198.
-
[188]
Pierre-André Taguieff, « Le retour de la théorie du complot », propos recueillis par Samuel Blumenfeld, Le Monde 2,n° 90, supplément du 5 novembre 2005.
-
[189]
Gérald Bronner, La démocratie des crédules, Paris, PUF, 2013, p. 19.
-
[190]
Ibid., p. 20.
-
[191]
Ibid.
-
[192]
Ibid., p. 90.
-
[193]
Ibid., p. 46.
-
[194]
Ibid.
-
[195]
Cf. Cass Sunstein, Adrian Vermeule, “Conspiracy Theories: Causes and Cures”, The Journal of Political Philosophy, 17 (2), juin 2009, p. 202-227.
-
[196]
Baruch Spinoza, Traité politique, Paris, LGF, 2002, VII, § 27, p. 31.
-
[197]
Jeanne Favret-Saada, Les mots, la mort, les sorts, Paris, Gallimard, 1977, p. 16.
-
[198]
Ibid., p. 68.
-
[199]
Ibid., p. 401.
-
[200]
Ibid., p. 402.
- [201]
-
[202]
Pierre-André Taguieff, op. cit., p. 198.
-
[203]
Jeanne Favret-Saada, op. cit., p. 19.
-
[204]
Ibid., p. 16.
-
[205]
Ibid., p. 17.
-
[206]
Ibid., p. 68.
-
[207]
Ibid., p. 402.
-
[208]
Ibid., p. 69.
-
[209]
Ibid.
-
[210]
Ibid., p. 376.
-
[211]
Ibid.
-
[212]
Ibid., p. 18.
-
[213]
Ibid., p. 401.
-
[214]
Gérald Bronner, op. cit., p. 33.
-
[215]
Ibid., p. 23.
-
[216]
Cf. Sextus Empiricus, Hypotyposes pyrrhoniennes, in Œuvres choisies, Paris, Aubier-Montaigne, 1948, I, xii, p. 26.
-
[217]
Afin de ne pas éveiller de dangereux et inutiles soupçons (de leur point de vue), les grands médias ont tendance à faire silence sur ces experts, et à ne relayer les avis hérétiques que lorsqu’ils émanent d’incompétents notoires.
-
[218]
Une étude, menée durant l’été 2008 par l’université du Maryland dans 17 pays, révèle que, dans neuf pays seulement, une majorité des sondés pensent qu’Al-Qaïda est à l’origine des attaques. En moyenne, 46 % citent Al-Qaïda, 15 % le gouvernement américain, 7 % mettent en cause Israël et 7 % parlent d’un autre commanditaire. 25 % des sondés disent n’avoir aucune idée de qui est derrière les attentats.
-
[219]
Google Videos est créé le 25 janvier 2005, YouTube le 14 février 2005, Dailymotion le 15 mars 2005.
-
[220]
Parmi les documentaires « complotistes », Loose Change est celui qui a connu le plus grand succès. Diffusé la première fois en avril 2005, et suivi de plusieurs autres versions jusqu’en 2009 (chaque nouvelle version corrigeant certaines erreurs des précédentes), il est le film le plus vu de l’histoire de l’Internet, avec plus de 150 millions de visionnages.
-
[221]
Le WTC 7 est un immeuble de 47 étages et 186 mètres de hauteur qui appartenait au complexe du World Trade Center. Il s’est effondré le 11 septembre 2001 à 17 h 20, soit près de sept heures après les Tours Jumelles. Le caractère rapide et propre de son effondrement a parfois nourri le soupçon quant à la cause réelle de celui-ci.
-
[222]
Gérald Bronner, op. cit., p. 99.
-
[223]
Michel de Montaigne, op. cit., III, xii, B, p. 1037 : « Quasi toutes les opinions que nous avons sont prinses par authorité et à credit ». Ce pourquoi le monde se remplit « en fadesse et en mensonge. Ce qui fait qu’on ne doute de guere de choses, c’est que les communes impressions, on ne les essaye jamais » (II, xii, A, p. 539).
-
[224]
Ibid., I, xxvi, A, p. 151. L’estamine est un tissu qui sert à filtrer.
-
[225]
Régis Debray, L’emprise, op. cit., p. 61.
- [226]
-
[227]
Le site History Commons se définit comme un outil de journalisme participatif « open source », permettant de documenter des sujets importants, aussi bien passés que présents. Une trentaine de sujets sont traités, parmi lesquels « L’Irak sous l’occupation américaine », « Les attaques à l’anthrax en 2001 », « Le néolibéralisme et la mondialisation », « Nixon, Ford et le Watergate », « Le réchauffement climatique », ou encore « La privatisation de l’eau ». Environ 20 000 événements sont répertoriés, dont 7 000 au sujet du 11-Septembre. L’un des objectifs affichés par le site est le contrôle, par les membres de la société civile, des activités de puissantes entités, comme les gouvernements, les grandes entreprises et les personnalités influentes. Le site se voudrait une sorte d’agence de renseignement au service du peuple.
-
[228]
Toutes les sources et tous les liens sur ce thème sont archivés sur le site History Commons à cette adresse : http://www.historycommons.org/entity.jsp?entity=mahmood_ahmed
- [229]
-
[230]
Michael Meacher, “Britain Now Faces its Own Blowback”, The Guardian, 10 septembre 2005.
-
[231]
Cf. Bernard-Henri Lévy, Qui a tué Daniel Pearl ?, Paris, Grasset, 2003, p. 385-387.
-
[232]
Cf. Éric Laurent, La face cachée du 11-Septembre, Paris, Plon, 2004, p. 215-216.
-
[233]
Cf. http://dlarchey.free.fr/Rendez-vous%20avec%20M.%20X%20%5BFrance%20Inter,MP3,FR,3_3%5D.mp3 Dans cet enregistrement de l’émission, à 29 min 40, Monsieur X déclare : « Je suis sûr que l’ISI a étroitement collaboré avec les terroristes ».
- [234]
-
[235]
Le documentaire 9/11: Press for Truth, réalisé en 2006 à partir des travaux de Paul Thompson, peut sans doute rentrer dans cette catégorie.
-
[236]
Jack Goody, op. cit., p. 191.
-
[237]
Ibid., p. 193.
-
[238]
Ibid., p. 161.
-
[239]
Ibid., p. 186.
-
[240]
Ibid., p. 161.
-
[241]
Ibid., p. 159.
-
[242]
Jacques Le Rider, « Oubli, mémoire, histoire dans la “Deuxième Considération inactuelle” », in Revue germanique internationale, n° 11 (« Nietzsche moraliste »), Paris, PUF, 1999, p. 207-225, mis en ligne le 21 septembre 2011. URL : http://rgi.revues.org/725
- [243]
-
[244]
Cf. Florence Aubenas et Christophe Boltanski, « Ces Français qui n’y croient pas », Le Nouvel Observateur, 18 septembre 2008. Les deux journalistes rapportent ces témoignages : « “On est tous passé par là : on voit un film, un deuxième, puis on surfe pendant des semaines, dit Bertrand, 47 ans, commercial à Bordeaux. On cherche des réponses. On trouve d’autres questions”. De double-clic en double-clic, “on peut partir très loin, y laisser sa peau”, continue Vincent, ingénieur. “Ça donne le vertige”. Et si Al-Qaïda n’était pas responsable ? Bertrand, à nouveau : “On se retrouve dans le triangle des Bermudes” ».
-
[245]
Emil Cioran, Sur les cimes du désespoir, Paris, Éditions de l’Herne, 1990, p. 9-10.
-
[246]
Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale, op. cit., p. 59-60 : « L’oubli n’est pas une simple vis inertiae, comme le croient les esprits superficiels, c’est bien plutôt une faculté d’inhibition active, une faculté positive dans toute la force du terme […]. L’individu chez qui cet appareil d’inhibition est endommagé et ne fonctionne plus peut être comparé à un dyspeptique (et non seulement comparé), il n’“en finit” jamais avec rien… »
-
[247]
Neil Postman, op. cit., p. 206. La télévision, en décontextualisant les informations, nous fait perdre le sens de la contradiction, nous donnant à voir « un monde de fragments où les événements sont isolés, détachés de leurs liens avec le passé, le futur ou les autres événements » (p. 166).
-
[248]
Ted Anspach, Les effroyables imposteurs, Arte France, Doc en stock, France, 2009, 50 min.
-
[249]
Neil Postman, op. cit., p. 167.
-
[250]
Gérald Bronner, op. cit., p. 95.
- [251]
-
[252]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, C, p. 514-516.
-
[253]
Hugo Friedrich, Montaigne, Paris, Gallimard, 1968, III, 5, p. 138.
-
[254]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., I, xxiii, A, p. 112-114.
-
[255]
Hugo Friedrich, op. cit., IV, 12, p. 217.
-
[256]
Frédéric Brahami, Le scepticisme de Montaigne, Paris, PUF, 1997, p. 67-68.
-
[257]
Encore cette « preuve décisive » n’est-elle probablement qu’une vue de l’esprit. Quel élément d’information pourrait, en effet, avoir le miraculeux pouvoir de faire consensus entre tous ? Qu’est-ce qui, au milieu d’esprits aimantés par des convictions antagoniques, pourrait faire office de preuve – susceptible de faire renoncer chacun à sa chère croyance ?
- [258]
-
[259]
Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 565.
-
[260]
Ibid., I, xlvii, C, p. 286.
-
[261]
Ibid., II, xii, B, p. 581.
- [262]
-
[263]
Frédéric Brahami, op. cit., p. 33.
-
[264]
Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 562.
-
[265]
Ibid., II, xii, A, p. 563.
-
[266]
Gérald Bronner, op. cit., p. 19.
-
[267]
Ibid., p. 315.
-
[268]
Éric Weil, Logique de la philosophie, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 1996, p. 273.
-
[269]
Régis Debray, L’emprise, op. cit. p. 82.
-
[270]
Roberto Quaglia, « Il mondo oggi si divide in due : i Fiduciosi e gli Sfiduciati. E chi si definisce “complottista” danneggia anche te – digli di smettere ! », www.Roberto.info, 30 décembre 2009. Traduction en français par GeantVert : « Roberto Quaglia : Le monde d’aujourd’hui se divise en deux catégories : les Confiants et les Désenchantés », www.ReOpen911.info, 22 février 2010.
-
[271]
Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 581.
-
[272]
Michel Collon, « Londres flambe, la Bourse se noie, le chômage va déferler. Solution ? Bombardons la Libye ! », AgoraVox, 12 août 2011.
-
[273]
Pour décrire leur éveil, certains internautes disent avoir avalé « la pilule rouge », en référence à la scène fameuse du film Matrix, où le héros, Néo, doit répondre à l’injonction de Morpheus : choisir entre la pilule bleue (qui le maintiendra dans le monde des apparences) et la pilule rouge (qui lui fera voir la vérité de la Matrice).
-
[274]
Cf. Bubul01, « La Colère d’Alex Jones Contre Justin Bieber », AgoraVox TV, 25 février 2011.
-
[275]
Cf. Patrick Troude-Chastenet, « Communication et société technicienne », in Les cahiers Jacques Ellul, n° 4 (« La Propagande »), 2006 : « La propagande politique […] se distingue de la propagande sociologique qui, moins visible, se rapproche de la socialisation. Socialisation que l’on peut définir comme le processus d’inculcation des normes et valeurs dominantes par lequel une société intègre ses membres. […] Cette propagande sociologique, que l’on répugne à désigner sous ce terme dans nos démocraties pluralistes, agit “en douceur”, par “imprégnation”. Elle […] est une propagande de conformisation […] ; l’unanimité étant la condition de l’efficacité ».
-
[276]
René Descartes, Méditations métaphysiques, Paris, PUF, 1996, p. 25-27.
-
[277]
Ibid., p. 26.
-
[278]
Ibid., p. 36.
-
[279]
Gilles Deleuze, Proust et les signes, Paris, PUF, 1970, p. 24-25.
-
[280]
François Zourabichvili, Deleuze. Une philosophie de l’événement, Paris, PUF, 1994, p. 22.
-
[281]
Roberto Quaglia, art. cit.
-
[282]
Michel de Montaigne, op. cit., I, xxvi, A, p. 151.
-
[283]
Roberto Quaglia, art. cit.
- [284]
-
[285]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., III, xi, p. 1030 : « [C] tous les abus du monde s’engendrent [B] de ce qu’on nous apprend à craindre de faire profession de nostre ignorance, [C] et que nous sommes tenus d’accepter tout ce que nous ne pouvons refuter. [B] Nous parlons de toutes choses par precepte et resolution ». À ce fléau dogmatique, Montaigne oppose le remède sceptique et le courage de l’ignorance : « [B] Qui veut guerir de l’ignorance, il faut la confesser ».
-
[286]
Ainsi, selon Axel Ganz, fondateur de l’éditeur Prisma Presse (aujourd’hui Prisma Media), « l’ère Internet est vraiment dangereuse », car elle est celle de « l’information à tout moment, à tout prix, et sans filtrage. Pire encore, l’information se propage de manière totalement anarchique, quelle qu’elle soit, et cela provoquera à long terme chez la jeunesse un scepticisme sur les valeurs de notre société : tout se vaudra et les jeunes ne croiront plus en rien » (voir le documentaire Huit journalistes en colère, déjà cité).
-
[287]
Pasteur Marc Pernot, « Protestantisme et Internet », Oratoire du Louvre.fr. Le texte publié en ligne n’est pas daté. URL : http://oratoiredulouvre.fr/articles/protestantisme-et-internet.html
-
[288]
Michel de Montaigne, op. cit., III, xiii, B, p. 1067.
-
[289]
Ibid.
-
[290]
Ibid., p. 1069.
-
[291]
Cf. Frédéric Brahami, op. cit., p. 29 : « On appelle fidéisme la position théologique qui consiste à refuser d’articuler la foi à la raison, et plus particulièrement qui rejette la validité théorique et propédeutique des préambules de la foi. Le fidéiste fonde la foi sur la foi ; il est, à la lettre, celui pour qui il n’y a pas de raison de croire ».
-
[292]
Michel de Montaigne, op. cit., I, lvi, C, p. 321.
-
[293]
Hugo Friedrich, op. cit., III, 3, p. 129-130.
-
[294]
Cf. Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 439. Notre philosophe a bien perçu que le protestantisme pouvait être un premier pas vers l’athéisme. Au sujet des « nouvelletez de Luther », il prévoyait que « ce commencement de maladie declineroit aysément en un execrable atheisme ».
-
[295]
Ibid., III, xiii, B, p. 1072.
-
[296]
Ibid., III, xiii, C, p. 1072.
-
[297]
Jean Starobinski, op. cit., p. 306.
-
[298]
Michel de Montaigne, op. cit., II, xii, A, p. 512.
-
[299]
Ibid., II, xii, A, p. 439.
-
[300]
Le processus intellectuel d’assemblage et de synthèse de données qu’il revient à l’internaute libéré du « joug » des médias de masse d’opérer est le même que celui que Sénèque, Érasme, ou Montaigne décrivent, lorsqu’ils recourent à la métaphore du butinage. Pour faire une bonne synthèse, toute sienne, il faut, au préalable, avoir mémorisé quantité de connaissances, qu’on est susceptible de mobiliser durant sa pérégrination numérique. Sans ce prérequis, l’assimilation des données et leur synthèse raisonnable est fort malaisée. Et l’internaute risque de se contenter de répéter – et de croire – ce qu’un autre aura dit, et qui lui paraîtra vrai, au lieu de produire sa propre idée, précautionneuse, et garante de sa liberté.
-
[301]
Marcel Conche, Montaigne ou la conscience heureuse, Treffort, Éditions de Mégare, 1992, p. 19.
-
[302]
Michel de Montaigne, op. cit., I, iii, C, p. 20.
-
[303]
Marcel Conche, op. cit., p. 20.
-
[304]
Ibid.
-
[305]
Pierre Lévy, op. cit., p. 65.
-
[306]
Ibid., p. 68.
-
[307]
Ibid.
-
[308]
Cf. Julia Baudin, « Frédéric Taddeï répond aux critiques de Patrick Cohen », Lefigaro.fr, 14 mars 2013.
-
[309]
Robin D’Angelo, « AgoraVox : Vie et mort d’un site de journalisme-citoyen à la française », StreetPress, 3 juillet 2012.
-
[310]
Jean Robin, « Enquête & Débat défend la liberté d’expression d’AgoraVox », Enquête & Débat, 4 juillet 2012.
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[311]
Léon Robin, Platon, Paris, PUF, 1997, p. 213.
-
[312]
Pierre Lévy, op. cit., p. 68.
-
[313]
Myret Zaki, « La propagande occidentale est la pire », AgoraVox, 2 mars 2012.
-
[314]
Daniele Ganser, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bâle en Suisse, suggère – sans trop y croire, compte tenu des réticences affichées par ses collègues – que l’université offre désormais le cadre où chacun puisse venir avec son histoire (forgée ici ou là), afin que l’on en débatte et que l’on progresse vers un consensus, scientifiquement fondé. Lors d’une conférence, le 1er septembre 2011, il a en effet évoqué un conflit de générations dans l’interprétation des attentats du 11-Septembre, entre ses étudiants (qu’il avait fait travailler sur le sujet) et leurs parents, les premiers se référant exclusivement au web et se ralliant plutôt aux « théories du complot », les seconds s’informant auprès des médias traditionnels et adhérant tous à la thèse officielle. URL : http://edvan.fadeout.ch/v2/?customerId=30&channelId=189&broadcastId=1403
Cinq siècles après la découverte du Nouveau Monde, un nouveau continent a commencé de se former et à être exploré. Non pas un continent géographique, situé dans un ailleurs spatial, mais un continent numérique, qui se peuple chaque jour davantage. Peuplé il y a encore peu de quelques pionniers, qui y virent comme une Terre promise pour réaliser leurs idéaux démocratiques ou libertaires, il est rejoint désormais par des masses humaines de plus en plus grandes, qui le structurent par leurs activités mêmes, dans un sens qui échappe d’ailleurs au rêve des premiers migrants. Ce continent, apparu sur le réseau Internet et qui régulièrement change de nom, a été il y a quelques années baptisé Web 2.0. Pour visiter ce continent, nul besoin d’une longue expédition en bateau par-delà les mers, ou de marches périlleuses à travers les déserts arides ou les forêts vierges. Une connexion ADSL suffit, et en un clic, le surf commence. Au gré de ce curieux voyage moderne, qu’il mène via son navigateur (Internet Explorer, Firefox, Chrome, Safari…), l’internaute rencontre ses semblables, cachés parfois sous des avatars, il suit leurs traces grâce à Google, découvre leurs communautés d’intérêt sur Facebook et MySpace, lit leurs opinions les plus diverses sur leurs blogs ou Twitter, il erre d’un lien hypertexte à un autre, tente de se repérer, se perd, dans cette jungle trop luxuriante, se raccroche à quelques points de repère sur la carte de cette terra incognita, les sites d’institutions ou de grands médias…
Date de mise en ligne : 16/09/2025
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