XVI. « Escalader le Mur de Planck : le geste de la performance selon Pascal Quignard
Pages 235 à 248
Citer ce chapitre
- LAPEYRE-DESMAISON, Chantal,
- CALLE-GRUBER, Mireille
- et QUIGNARD, Pascal,
- Lapeyre-Desmaison, Chantal.
- Lapeyre-Desmaison, C.
- M. Calle-Gruber
- et P. Quignard
https://doi.org/10.3917/herm.calle.2023.01.0235
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- Lapeyre-Desmaison, C.
- M. Calle-Gruber
- et P. Quignard
- Lapeyre-Desmaison, Chantal.
- LAPEYRE-DESMAISON, Chantal,
- CALLE-GRUBER, Mireille
- et QUIGNARD, Pascal,
https://doi.org/10.3917/herm.calle.2023.01.0235
Notes
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[1]
L’expression est d’Étienne Klein.
-
[2]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, Paris, Galilée, 1017, p. 167.
-
[3]
Pascal Quignard, L’Enfant d’Ingolstadt, Paris, Grasset, 1018, p. 195.
-
[4]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 43.
-
[5]
Roselee Goldberg, La Performance – du futurisme à nos jours, Paris, Éditions Thames & Hudson, 2001, p. 9.
-
[6]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 33.
-
[7]
Une analyse de la place et du rôle de l’ars memoriae dans l’œuvre de Pascal Quignard a été menée dans : Chantal Lapeyre, Mémoires de l’origine, Flohic Ed., 2001, rééd. Paris, Galilée, 2006.
-
[8]
Paroles prononcées dans La Rive dans le noir. Voir le chapitre X de Performances de ténèbres, « Il y a un sens au monde où nous vivons. », op. cit., p. 63.
-
[9]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 244.
-
[10]
Ibid., p. 61.
-
[11]
Ibid., p. 85.
-
[12]
Ibid., p. 85.
-
[13]
Ibid., p. 241.
-
[14]
Pascal Quignard, La Nuit sexuelle, Paris, J’ai lu, 2009, p. 189 et suivantes.
-
[15]
Etienne Klein, Discours sur l’origine de l’univers, Paris, Flammarion, 2016, p. 43.
-
[16]
Ibid., p. 46. D’autres interactions (interaction électromagnétique, interaction nucléaire faible, interaction nucléaire forte) entrent en jeu et doivent être prises en compte, précise Etienne Klein, la seule théorie de la relativité générale n’étant pas « gréée pour décrire à elle seule l’univers primordial. » Ibid., p. 48.
-
[17]
Ibid., p. 54-55. Voir le résumé proposé p. 59.
-
[18]
Ibid., p. 12.
-
[19]
Pascal Quignard, L’Origine de la danse, Paris, Galilée, 2013, p. 97.
-
[20]
Pascal Quignard, Petits Traités II, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1997, p. 491.
-
[21]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 43.
-
[22]
Ibid., p. 45.
-
[23]
C’est également ce que suggèrent les propos de Richard Schechner, théoricien de la performance, ainsi que les recherches menées par l’artiste de performance Louise Hervé.
-
[24]
Pascal Quignard, L’Origine de la danse, op. cit., p. 90.
-
[25]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 120. Richard Schechner propose quant à lui de la définir comme un « comportement ritualisé conditionné/imprégné par le jeu. » Performance – Expérimentation et théorie du théâtre aux USA, édition établie par Anne Cuisset et Marie Pecorari, sous la direction de Christian Biet, traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Pecorari, et pour « Esthétique rasa et théâtralité », par Marc Boucher, Éditions Théâtrales, 2008, p. 60.
-
[26]
Pascal Quignard, « La Déprogrammation de la littérature », dans Écrits de l’Éphémère, Paris, Galilée, 2005, p. 236.
-
[27]
Étienne Klein, Matière à contredire – essai de philo-physique, Paris, Flammarion, 2019, p. 43.
-
[28]
Comme l’indique Richard Schechner, « La performance englobe l’événement dans son entier, et inclut le public et les interprètes (les techniciens aussi ainsi que toute personne présente). » Richard Schechner, op. cit., p. 48.
-
[29]
Étienne Klein, Discours sur l’origine de l’univers, op. cit., p. 134.
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[30]
Performances de ténèbres, op. cit., p. 140.
-
[31]
Pascal Quignard L’Enfant d’Ingolstadt, op. cit., p. 115.
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[32]
Ibid., p. 116.
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[33]
La performance est ainsi présentée comme une « expérience humaine où le corps s’exposait d’une manière anormale. Soit sur un mode provoquant, inhabituel, périlleux. Soit de façon obscène, risible, scandaleuse, merveilleuse. » (Performances de ténèbres, op. cit., p. 43.) À la suite, Pascal Quignard propose six exemples et une septième (Hijikata, Yves Klein, Tilda Swinton, Milo Moiré, Steven Cohen), auxquels il adjoint Barbara Smith, puis la scène où Œdipe se crève les yeux et les « scènes de nuit » du maître Elsheimer.
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[34]
Ibid., p. 208.
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[35]
Ibid., p. 121.
-
[36]
Ibid., p. 77.
-
[37]
Ibid., p. 168.
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[38]
Voir à ce sujet L’Origine de la danse, op. cit., p. 110. « On ne peut distinguer la vague qui avance et qui recule, la plante qui s’élève et qui tombe, la danse des humains qui naissent, la déambulation obsédée des fauves, la planète qui parcourt son ellipe, qui gravite en tournoyant autour de son étoile, la somnambulie rythmée par on ne sait quel air ou obéissant à on ne sait quel mouvement de la lune […]. »
-
[39]
Yves Citton, Gestes d’humanités – Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques, « Le Temps des idées », Paris, Armand Colin, 2012, p. 15.
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[40]
La version d’Avignon offre peu de variantes – mais elles sont significatives : « Ne m’embrasse pas, ne m’embrasse pas, ne m’embrasse pas. Je pleurerais, je tremblerais, j’aurais quarante de fièvre. Simplement, Maman, au-delà de la mort, prononce, près de mon oreille, près du creux de mon oreille, près du pavillon de mon oreille, sous mes cheveux, sur ce qui reste de mes cheveux, prononce, une fois, mon prénom, sans crier et sans mordre. »
-
[41]
Pascal Quignard, L’Origine de la danse, op. cit., p. 64.
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[42]
Ce que note Pascal Quignard dans Performances de ténèbres, op. cit., p. 97. évoquant les neurones miroirs, il écrit : « C’est ainsi qu’elles vivent ce qu’elles voient – les âmes assises ! »
-
[43]
Yves Citton, Gestes d’humanités, op. cit., p. 220.
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[44]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 167.
-
[45]
Ibid., p. 45.
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[46]
Mireille Calle-Gruber (dir.), L’Herne Quignard, Paris, Cahiers de L’Herne, 2021, p. 106.
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[47]
Pascal Quignard, L’Origine de la danse, op. cit., p. 53.
-
[48]
Ibid., p. 54.
-
[49]
Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 56.
-
[50]
Ibid., p. 94, p. 96.
-
[51]
Ibid., p. 121, 123 et p. 115 : « Il ne faut montrer sur scène que ce qui vous angoisse. »
-
[52]
Ibid., p. 156-157. « Toujours plus de souplesse et de lenteur pour traverser la scène. C’est le secret de l’eau qui procède par vagues successives qu’elle roule infatigablement sous l’attraction de la lune si lointaine dans le ciel nocturne.»
-
[53]
Ibid., p. 185.
-
[54]
Ibid., p. 63.
-
[55]
Ibid., respectivement p. 38, 67, 70-71, 73.
-
[56]
Yves Citton, Gestes d’humanités, op. cit., p. 56.
-
[57]
Ibid., p. 117.
-
[58]
Pascal Quignard, L’Homme aux trois lettres, Paris, Grasset, 2020, p. 17.
-
[59]
Jean-Marie Pradier, « La performance ou la renaissance de l’action » : <https://www.cairn.info/revue-communications-2013-1-page-277.htm> [consulté le 12 août 2021].
-
[60]
« Croyez en l’origine (semble dire le théâtre) : /Il faut repasser par la première fois l’extrémité/ pour comprendre la seconde./Plonge une fois de plus, et plus profondément encore, l’extrémité/si tu veux réémerger enfin en vérité./Et ressortir de l’eau plus vivant. Plus ruisselant. Plus ému. Plus renaissant. », Pascal Quignard, Performances de ténèbres, op. cit., p. 152.
Sur cette photo datée de 1962, des élèves entrant en seconde posent devant le pavillon Lully. Ce n’est pas son visage que je reconnais, avec une impression d’évidence surprenante. C’est son geste, cette manière très singulière de disposer son corps dans l’espace, et sous le regard des autres qui furent, et que nous sommes aujourd’hui, contemplant cette photographie dans le volume de l’Herne qui vient de paraître et qui est consacré à Pascal Quignard. Son visage est légèrement tourné vers la gauche, vers le sol, la bouche est un peu pincée, mâchoire contractée dans un sourire qui peine à s’esquisser. Sa main s’agrippe au revers de la veste de couleur sombre. Cette petite torsion du corps (de la tête, du regard, de la bouche, du buste) est la signature de Pascal Quignard. Je la reconnaîtrais entre mille. « Il y a une figuration plus péremptoire que tout commandement de vélation ou d’invisibilité : c’est notre corps à l’état vivant », écrit-il dans L’Enfant d’Ingolstadt. Notre corps est figuration, aveu, dévoilement. Autant dire qu’il représente, ou littéralement re-présente, sans cesse, ce dont il est issu, ce dont il est le témoignage indéniable par son existence même. Autant dire qu’il donne à lire – à qui veut le lire – son patrimoine originaire. Mais en réalité il n’est pas simple figuration, figuration libre, écriture dont les auteurs se sont absentés. Celui qui vit dans ce corps en donne sans cesse sa lecture secrète. C’est cette lecture, trace à son tour biffée-raturée, surécrite, que je vois paraître (que j’hallucine peut-être) dans la photographie de 1962. Cette torsion de tout le corps est, comme le bras levé de l’enfant pourtant entré dans la mort, évoqué dans le volume cité plus haut, un geste d’objection, la trace d’un entêtement aux deux sens du terme, peut-être à lui-même inconnu, qui ne serait lisible que de l’extérieur…
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