Conclusion
- Par Claire Lemercier
- et Claire Zalc
Pages 103 à 104
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- LEMERCIER, Claire
- et ZALC, Claire,
- Lemercier, Claire.
- et al.
- Lemercier, C.
- et Zalc, C.
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- Lemercier, C.
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- Lemercier, Claire.
- et al.
- LEMERCIER, Claire
- et ZALC, Claire,
1 Il serait prématuré de proclamer ou prédire la sortie de crise de l'histoire quantitative. Blessée par ses excès, elle s'est sans doute également perdue dans la course à la complexité, sur les chemins souvent tortueux du langage d'initiés. Fort heureusement, le temps où la valeur ajoutée d'une recherche historique se mesurait à l'aune des kilomètres de saisie ou de l'utilisation de procédures toujours plus obscures est révolu. Cela donne d'autant plus de liberté aux historiens pour aborder les méthodes quantitatives.
2 Elles ne sont pas seulement adaptées à l'histoire économique et ne sont pas nécessairement ésotériques. Nous espérons, au terme de ce guide, avoir contribué à les rendre accessibles et convaincu des possibilités qu'elles offrent dans tous les domaines de l'histoire. Chacun peut dès lors les inclure dans sa boîte à outils, ou sa batterie de cuisine : nous revendiquons, en effet, une approche du quantitatif comme moyen et non comme fin de l'histoire, qui laisse toute leur place au bricolage, à l'expérimentation, aux variations autour des « recettes » standard.
3 Le comptage, la mesure, voire la modélisation ne sont pas des gages de scientificité en eux-mêmes, même s'ils peuvent aider à approcher cet idéal. Lorsqu'une source se prête à la quantification, le traitement le plus élaboré n'est d'ailleurs pas forcément le meilleur. Souvent, de simples comptages et tris croisés, assortis des tests de significativité adéquats, suffisent à donner des réponses aux questions posées. Pour autant, il ne faut pas fuir les méthodes supposées plus complexes, en réalité presque toujours abordables si la source et le questionnement en valent la peine, et si l'on respecte quelques précautions d'emploi. Connaître les ancrages théoriques, les présupposés plus ou moins implicites et les limites de chaque méthode devrait ne pas décourager son utilisation, mais au contraire légitimer l'utilisateur débutant dans sa démarche.
4 Comme partout, les risques d'erreurs et de manipulations existent ; mais la quantification a précisément l'avantage de contraindre à expliciter choix et procédures. Elle force à définir ses propres hypothèses, à prendre conscience de leurs limites, mais également à voir les sources d'un œil neuf, à s'interroger sur leur construction quand elles se montrent rebelles à la saisie ou au codage. Elle incite à multiplier les essais – donc les erreurs – et à varier les échelles d'analyse. Loin de brider l'intuition ou l'inventivité de l'historien, elle peut au contraire les stimuler. Notre expérience comme celle de nos étudiants le prouvent : le détour par la quantification est souvent gage de travail collectif, d'interrogations ludiques, voire de véritables moments de plaisir. Nous espérons que ce guide, petite invitation au voyage, aura donné envie de s'y frotter !
Date de mise en ligne : 01/01/2011