En revues
Page 55
Citer cet article
- RYMARSKI, Christophe,
- Rymarski, Christophe.
- Rymarski, C.
https://doi.org/10.3917/sh.165.0055
Citer cet article
- Rymarski, C.
- Rymarski, Christophe.
- RYMARSKI, Christophe,
https://doi.org/10.3917/sh.165.0055
ÉCOLOGIE ET POLITIQUE
1 Élevée au rang de star lors du premier sommet de la Terre à Rio en 1992, la biodiversité n'a depuis cessé de faire parler d'elle. Notamment parce qu'elle permet de repenser notre rapport à la nature, et, comme le souligne l'écologue Robert Barbault, le concept apparaît décisif « parce qu'il oblige à réinsérer l'homme dans cette dynamique de diversification du vivant qui n'a cessé depuis 3,8 milliards d'années ; parce qu'il conduit à considérer et à approfondir les relations entre diversité du vivant, fonctionnement des écosystèmes et performances des sociétés humaines en termes de développement ».
2Mais la biodiversité ne se contente pas d'être un concept, elle est aussi cette sorte de buzzword (mot en vogue) forgé par quelques savants inquiets de voir mise en péril la reproduction du processus vital à l'échelle de la planète. La plus grande vertu du terme est sans doute d'avoir contribué à la diffusion de ces inquiétudes au-delà des seuls cercles académiques.
3Selon le sociologue André Micoud, c'est à la philosophie médiévale qu'il faut se référer pour comprendre l'incroyable portée du mot biodiversité. Il doit être envisagé à partir des trois intelligentio (que Charles S. Peirce a plus tard repris à son compte dans sa théorie générale des signes) : l'intelligence des choses sensibles, l'intelligence des choses rationnelles et l'intelligence des choses mystiques. L'expression devient alors un objet de langage « une figure rhétorique, une manière spécifique d'utiliser les ressorts de la langue pour lui faire produire un effet figuratif, dans l'ordre de l'imaginaire, de façon à faire ressentir, à faire comme toucher du doigt, à émouvoir, à rendre imaginable, bref à atteindre son destinataire en tant qu'être sensible ».
4La biodiversité nous sert alors à repenser l'unité du vivant tout autant que celle de l'homme. Ce ne sont là que quelques pistes de réflexion d'un dossier riche et foisonnant. Et, à la question « la biodiversité est-elle encore naturelle ? », on peut légitimement répondre : l'a-t-elle jamais été ?
GRADHIVA
5Gradhiva, fondée par Michel Leiris, reparaît après une interruption liée au démembrement du musée de l'Homme. Nouvel éditeur (Le musée du Quai-Branly), nouvelle direction (Françoise Zonabend), et intitulé changé : la muséologie arrive, l'anthropologie reste. Ce numéro ouvre sur une réflexion de Marcel Détienne à propos de la comparaison en politique, et poursuit avec un dossier très fourni et original sur le rôle de l'anthropologie dans l'histoire culturelle et politique haïtienne.
DIVERSITÉ, VILLE, ÉCOLE, INTÉGRATION
6Les formes modernes du croire seraient-elles devenues plus inquiétantes que par le passé ? C'est la question discutée dans cette livraison de la revue du Centre de documentation de l'Education nationale qui en profite pour mettre en débat de manière fort stimulante l'enseignement du fait religieux dans les programmes scolaires.
COMMUNICATION & LANGAGES
7Quelle est la réalité sociologique et à terme la pérennité des groupes qui se constituent dans les organisations autour d'une innovation ? C'est à travers l'usage des nouvelles technologies de l'information que les études proposées se penchent sur la question. Que ce soit au niveau d'un collectif d'enseignants ou d'acteurs de l'altermondialisation, il semblerait que ces réseaux d'acteurs mobilisés autour d'un projet commun soient plutôt volatils...
ACTES DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
8« Mixité sociale », « ghetto », « quartiers sensibles »..., on assiste de plus en plus à une « spatialisation des problèmes sociaux ». Cette livraison des ARSS offre un regard sociologique sur quelques-unes des catégories qui opèrent ce basculement entre traitement de la pauvreté et gestion des espaces urbains. Un regard qui se veut situé au croisement de trois histoires : celle de la réforme de l'Etat, celle de la gauche française et enfin l'histoire coloniale.
CONTRETEMPS
9Ce sont aussi les politiques de la ville que la revue Contretemps a entrepris de sonder. Elle met notamment l'accent sur l'histoire des mobilisations politiques dans les quartiers populaires, des anciennes « banlieues rouges » aux difficultés qu'éprouvent aujourd'hui les habitants des « cités » à construire une action politique.
HUMANISME ET ENTREPRISE
10Résistance au changement, histoires collectives, dysfonctionnements organisationnels, Humanisme et entreprise passe en revue les actes manqués des entreprises. Les contributions et plusieurs entretiens avec des grands patrons s'interrogent sur les relations entre l'inconscient et les images (marques, publicité, design) que se donnent les firmes.
CRITIQUE
11Véritable menace pour la démocratie, la dissolution du lien politique est le point de départ de ce numéro. Le modèle français, l'analyse des conditions matérielles du vote, l'analyse du fascisme ou le projet européen, autant de perspectives abordées ici pour tenter de repenser la question du politique aujourd'hui bien mise à mal.
SOCIÉTÉS
12« Lacère ta chair et vénère Satan ! » Les « métalleux » chantent des refrains volontiers provocateurs. On dit de ces adeptes de rock « sataniste » ou « païen » qu'ils forment une subculture religieuse. Est-ce vrai ? Oui, selon les sept contributeurs de cette sociologie de la musique metal placée sous le patronage de Michel Maffesoli.