26 Mai 1862. Eugène Fromentin encensé pour Dominique
- Par Johan Faerber
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« Peut-être se diminuait-il ainsi pour expliquer sa retraite et pour ôter le moindre prétexte de retour à ses propres regrets comme aux regrets de ses amis. Était-il sincère ? Je me le suis demandé souvent, et quelquefois j’ai pu douter qu’un esprit comme le sien, épris de perfection, fût aussi complètement résigné à la défaite. »L’unique roman d’un peintre. Eugène Fromentin est en émoi en ces jours de mai 1862 car, du 15 avril au 15 mai, a paru en feuilleton dans La Revue des deux mondes son bref récit, Dominique, dédié à George Sand. Les éloges pleuvent devant le roman de ce peintre et historien de l’art qui, après différents travaux de plume gagnés par la fièvre orientaliste d’alors sur le Sahara et le Sahel, écrit là sa première œuvre de fiction. En dépit d’un succès qui, les années allant, devient grandissant, Fromentin se refusera toujours à écrire un autre roman, se considérant avant tout comme un peintre de paysage faisant le bonheur des Salons officiels d’alors.Un roman d’analyse aux résonances politiques ? Cas rare d’un roman unique, Dominique dévoile le récit aux accents autobiographiques d’un homme prénommé Dominique, ancien partisan de 1848, qui vit une histoire d’amour de jeunesse partagée mais impossible avec Madeleine. Mariés chacun de leur côté, les amants continuent à se voir jusqu’au moment où leur passion, violente, les oblige à se quitter. Considéré comme un modèle du roman d’analyse, Dominique peut également être considéré comme un roman du désenchantement politique des illusions révolutionnaires de jeunesse…
Date de mise en ligne : 09/05/2023
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