Chapitre d’ouvrage

L'inquiétante étrangeté, S. Freud (1919h)

Pages 191 à 195

Citer ce chapitre


  • Quinodoz, J.-M.
(2004). L'inquiétante étrangeté, S. Freud (1919h) Lire Freud : Découverte chronologique de l'œuvre de Freud (p. 191-195). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/lire-freud--9782130534235-page-191?lang=fr.

  • Quinodoz, Jean-Michel.
« L'inquiétante étrangeté, S. Freud (1919h) ». Lire Freud Découverte chronologique de l'œuvre de Freud, Presses Universitaires de France, 2004. p.191-195. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/lire-freud--9782130534235-page-191?lang=fr.

  • QUINODOZ, Jean-Michel,
2004. L'inquiétante étrangeté, S. Freud (1919h) In : Lire Freud Découverte chronologique de l'œuvre de Freud. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Hors collection, p.191-195. URL : https://shs.cairn.info/lire-freud--9782130534235-page-191?lang=fr.

En langue allemande, le terme « das Unheimliche » a des consonances multiples qu’il ne possède pas dans beaucoup d’autres langues. En effet, l’adjectif « unheimlich », d’usage courant, éveille des sentiments paradoxaux et allie le familier – heimlich – et le non-familier – un-heimlich, c’est-à-dire l’étrange, l’étranger. Bien que la traduction en langue française ne rende qu’en partie la poésie de ce texte largement inspiré par des œuvres littéraires, le lecteur est saisi de vertige devant l’infinie variété des émotions que suscite le sentiment de unheimlich, et par la diversité des interprétations qu’en propose Freud. Par ailleurs, ce texte mentionne déjà la notion de « compulsion de répétition » qu’il est en train d’élaborer en tant qu’expression dans la clinique du conflit fondamental entre pulsion de vie et pulsion de mort, notion qui deviendra centrale à partir de « Au-delà du principe de plaisir » (1920g).
Freud se déclare intrigué depuis longtemps par les sentiments qui se cachent derrière l’expression unheimlich. À première vue, ce terme se réfère à l’effrayant, à l’angoisse ou à l’épouvante. Pour lui, cependant, unheimlich ne renvoie pas seulement à un sentiment d’angoisse, il doit contenir un « noyau » plus spécifique, sans doute caché dans l’inconscient. Ce « noyau », Freud le recherche dans deux directions, d’abord dans l’étymologie, ensuite dans les situations qui déclenchent ce type d’impression. Il commence par relever que le terme est d’usage courant dans la langue allemande et qu’il n’a pas vraiment d’équivalent dans les autres langues…


Date de mise en ligne : 01/01/2015

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