La Rue et son personnel
Pages 177 à 216
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- VAILLANCOURT, Daniel,
- Vaillancourt, Daniel.
- Vaillancourt, D.
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Notes
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[1]
1i Anne Denieul-Cormier dresse un inventaire du peuple parisien en procédant à une très longueet très amusante énumération (Paris à l’aube du grand siècle, 1971, p. 103-104).
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[2]
Robert Descimon, « Milice bourgeoise et identité citadine à Paris au temps de la Ligue », 1993, p. 890-932.
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[3]
Guy Cabourdin et Georges Viard rappellent que « tout un chacun » peut se « gratifier » d’armoiriesà partir de 1696 (op. cit., p. 238). Apparaît lointaine l’époque où Montaigne dénonçait les usurpationsd’identité : « les armoiries n’ont de seureté, non plus que les noms de familles et il y a tant de libertéen ces mutations que de mon temps, je n’ay veu personne eslevé par la fortune à quelque grandeurextraordinaire, à qui on n’ait attaché incontinent des titres généalogiques, nouveaux, et ignorez à sonpère à qui on n’ait enté en quelque illustre tige » (Michel de Montaigne, Les Essais, 2001, L. I, ch. 46, p. 451-452).
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[4]
James B. Collins conteste cette thèse de manière virulente (op. cit., p. 1-2). Cf. chapitre 3.
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[5]
En quittant Paris et en faisant Versailles, Louis XIV procède à plusieurs mouvements. Premièrement, il crée un espace saturé, condensé où il règne, là plus qu’ailleurs en maître absolu, obligeant les Grands, sa famille, à se déplacer vers lui. Création d’un centre pour la fraction d’une classe donnée de la société. Deuxièmement, il décentre la capitale par rapport à elle-même, créant de l’absence et, dans le même geste, de la transcendance. Création d’un désert, d’une zone ambivalente. Troisièmement, il laisse la capitale aux mains d’une bourgeoisie et d’une méritocratie qui saura l’en remercier. Quatrièmement, il crée une dualité qui privilégiera les articulations entre un modèle et sa copie. La Cour et la Ville deviendront des termes de référence. Versailles représente l’apprentissage du pouvoir de l’image, double image, celle du Monarque glorieux dans son pôle reterritorialisé, « olympisé », Monarque absent de sa chair mais omniprésent par ses images ; pouvoir de l’image du pouvoir par le biais des lieutenants et des tenant-lieu, ses ombres qui font effet sur les habitants.Versailles n’a pas sa place dans ce livre même si, au fond, il est inscrit comme tension muette dans le « grand dessein » prêté à Henri IV. Par rapport aux formes urbaines qui nous occupent, l’apparition de cette ville nouvelle, le Palais chiasmatique sont des excroissances venues d’une ville policée. Au fond, une fois que le petit peuple errant se fait enfermé, que la ville devient ouverte aux moyens de transport, la prochaine étape se devait d’être l’enfermement de cette autre catégorie d’errants que furent les grands aristocrates et le train royal. Mais faute de place, le traitement de l’hôpital ne pouvant convenir au prestige nobiliaire, Versailles s’énonce. Lieu malsain, espace marécageux, véritable sol mouvant, la geste et la volonté royales sont d’autant plus assurées qu’elles visent à disposer sur une assiette solide et stable une population qui n’a de cesse de se mouvoir et de s’émouvoir. Ce deuxième enfermement, qui ne correspond pas au grand enfermement mais à l’enfermement des Grands, a créé une autre urbanité parisienne, celle qui a cours au XVIIIe siècle. Elle a permis à la bourgeoisie de s’autoriser une place. Dans cet esprit, William Beik, critiquant Apostolidès et Élias, considère que la part impartie à Versailles dans le fonctionnement social sous le règne de Louis XIV est démesurément hypertrophiée, cf. William Beik, « Social interpretation of the reign of Louis XIV », L’Etat ou le Roi : les fondations de la modernité monarchique, 1996, p. 145 sq.
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[6]
Richard Bonney rappelle le danger d’utiliser ce terme : « The term “centralization” is best avoided by the historian of early modern France, however, since it was first coined in 1794 during the Terror and after Louis XVI had been guillotined. It was alien to sixteenth- and seventeenth-century political theory. Instead, contemporaries stressed the distinction between the king’s delegated and his retained justice » (Richard Bonney, « Absolutism : What’s in a name ? », 1987, p. 94). Voir aussi Fanny Cosandey et Robert Descimon, op. cit., p. 137 sq.
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[7]
Fanny Cosandey et Robert Descimon, op. cit., p. 111-112.
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[8]
Robert Descimon, Jean-Frédéric Schaub et Bernard Vincent montrent que le lieutenant de policeoccupe le même rôle que l’intendant pour Paris : « En France, la lieutenance de police dont Louis XIVdote Paris, épicentre capital de tous les problèmes policiers du royaume, permet une nouvelle fois ladélégation formelle de l’exercice du pouvoir domanial en dehors des formes traditionnelles de publicité.Le lieutenant de police voit sa personnalité publique construite sur le modèle de l’intendant de province :l’intendant est non pas le roi mais le conseil dans la province, c’est-à-dire une excroissance abstraitede la personne politique du souverain » (les figures de l’administrateur. Institutions, réseaux, pouvoirs en Espagne, en France et au Portugal XVIe-XIXe siècles, 1997, p. 10-11).
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[9]
Jean-Marie Apostolidès, art. cit.
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[10]
Nicolas Schapira en traçant son portrait de secrétaire du Roi montre bien, par son testament, comment il ne profite pas de l’anoblissement lié à sa fonction et comment il évalue plutôt sa performance en termes de tâches et de service. Cf. Nicolas Schapira, « Occuper l’Office. Les Secrétaires du roi comme secrétaires au XVIIe siècle », 2004, p. 38-40.
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[11]
Norbert Élias, à ce propos, écrit : « Les ordres ne se disputent pas encore les mêmes chances sociales ; les groupes de pointe de la bourgeoisie ne sont de loin pas assez puissants pour contester à la noblesse ou aux guerriers leur prééminence sociale. Il n’y a qu’un seul domaine où des éléments bourgeois réussissent, avec l’aide du roi, à supplanter peu à peu les chevaliers et le clergé : l’administration gouvernementale ou, pour employer un terme moderne, la fonction publique » (La dynamique de l’occident, 1975, p. 129).
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[12]
Régine Pernoud, op. cit., notamment en ce qui concerne l’intérêt pour le droit et l’esprit de procédure, p. 136-137, 169 et 175.
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[13]
Il faut reconnaître à la suite de Daniel Dessert qu’une fraction d’entre elle, la plus riche, adopte un comportement dominateur et une relation à l’argent qui est similaire à celle de la grande bourgeoisie capitaliste. Cette noblesse est bien loin de se sentir obligée de maintenir un « devoir de révolte » peu rentable : « [L]’oligarchie des nantis s’insère dans tout ce que le pays compte de considérable, d’illustre et de responsable, et se recrute parmi la fine fleur de l’aristocratie d’épée, de robe ou d’Église, celle qui accapare les places, le pouvoir, les principales charges de l’État, bref, ceux qui sont l’État. Ils s’avèrent donc bien les puissants, puisque par leur condition, leur rôle public et social, ils rassemblent la quintessence du royaume [.]. La prééminence des puissants n’a rien de surprenant, car ils se situent, du fait même de leur condition, au confluent de plusieurs flux métalliques. D’abord en tant que gros propriétaires terriens et bénéficiaires éminents de la rente foncière, mais aussi comme titulaires des charges les plus considérables, productrices des revenus, officiels ou occultes, les plus lucratifs, enfin en tant que parasites de l’État auquel ils soutirent pensions et donations, ils se trouvent mieux à même que quiconque d’exploiter toutes les opportunités et d’accumuler réserves monétaires. Aussi sont-ils prédisposés à investir, directement ou sous le couvert des gens d’argent, les avances qui font se mouvoir la noria des affaires. Leurs disponibilités se réinvestissent donc naturellement, dans un circuit parfaitement maîtrisé, générateur de nouvelles sources de profits » Cf. Daniel Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, 1984, p. 413-414.
-
[14]
Antoine Furetière, Le roman bourgeois, 1978, p. 30.
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[15]
Sur ces questions, cf. la somme de Jean Serroy, op. cit. Ansgar Thiele écrit avec beaucoup d’à propos dans un article qui explore la corrélation entre la notion d’individu et le genre du roman comique : « Comparés aux genres sérieux plus prestigieux, les genres comiques profitaient d’une certaine liberté du sujet et de la forme. Soit par un effet de distanciation, soit, au contraire, par une familiarisation, le comique légitimait d’aborder des sujets alors exclus de la littérature. Seul le style comique permettait, au XVIIe siècle, une représentation complexe de la société contemporaine qui incluait même la vie quotidienne des états inférieurs. De ce point de vue, c’est justement le comique qui pose les bases de la représentation littéraire de l’individu » (Ansgar Thiele, « L’émergence de l’individu dans le roman comique », 2002, p. 252).
-
[16]
Antoine Furetière, op. cit., p. 31.
-
[17]
Id.
-
[18]
Ibid., p. 32.
-
[19]
Germain Brice, op. cit., L. II, p. 454.
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[20]
Le Cardinal de Retz, relatant la nuit du 26 au 27 août 1648, décrit ainsi les bourgeois, membres de la milice : « Nous exécutâmes notre projet en ne postant que des manteaux noirs sans armes, c’est-à-dire des bourgeois considérables, dans les lieux où nous avions appris que l’on se disposait de mettre des gens de guerre […] » (Jean François Paul de Gondi de Retz, Mémoires, 1987, p. 338-339).
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[21]
Daniel Roche, La culture […], op. cit., p. 169. Il écrit aussi : « Car soit le modèle aristocratique accélère la circulation des signes ; le code vestimentaire ancien craque alors de toute part et le caractère arbitraire des modes s’impose. Soit un autre modèle bourgeois conteste l’imitation des habitudes nobiliaires et impose un autre style de consommation comme moyen de se distinguer de la classe supérieure, au nom d’une idéologie égalitaire, laquelle peut très bien s’accommoder du mélange des apparences » (p. 61).
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[22]
Georges Huppert, Bourgeois et gentilshommes : la réussite sociale en France au XVIe siècle, 1983, p. 40 : « Pourquoi, alors, ce phénomène [la montée d’une nouvelle classe que Georges Huppert nomme la gentry] a-t-il échappé aussi longtemps au regard des historiens ? La réponse est simple ; tout, depuis le début a conspiré pour cacher cette évidence. Et par-dessus tout, la gentry a remué ciel et terre pour persuader l’opinion publique que rien n’avait réellement changé, qu’il n’y avait toujours en France que deux sortes de personnes — les nobles et les roturiers — et qu’elle faisait, elle, partie des nobles. »
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[23]
Dans un mouvement de mobilité ascendante, Alain Faudemay montre au contraire, en citant Saint-Simon, comment la progression sociale d’un secrétaire d’État s’accompagne d’une diversification de son costume (op. cit., p. 144).
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[24]
Dans sa préface à l’édition de l’ouvrage, Claude Mignot écrit sur ce point : « Par leurs distributions et leurs élévations, ces modèles reflètent fidèlement la manière de bâtir parisienne au début du XVIIe siècle. Depuis le milieu du XIXe siècle les architectes des monuments historiques ne se sont pas trompés, ce recueil est la meilleure introduction à l’étude de cette période. Cet ensemble remarquable de plans, de motifs et de détails constructifs est le miroir fidèle de l’architecture bourgeoise entre 1570 et 1640 » (Pierre Le Muet, Manière de bastir pour touttes sortes de personnes, 1981, p. XI. Cf. aussi Daniel Roche, Histoire des choses […], op. cit., p. 114).
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[25]
Patrick Dandrey, Molière ou l’esthétique du ridicule, 1992, p. 221 : « […] éthique en tant que tout effet de ridicule procède de l’observation attentive et exacte des travers humains. »
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[26]
Sur le rang et la place, cf. Alain Faudemay, op. cit., p. 45 sq.
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[27]
Sur cette position de l’aristocrate, cf. Domna Stanton, The Aristocrat as an Art. A Study of the Honnête Homme the Dandy in the Seventeenth and Nineteenth Century French Literature, 1980.
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[28]
Sur la mode vestimentaire de la bourgeoise, cf. Louise Godard de Donville, Signification de la mode sous Louis XIII, 1976, p. 66-68 ; sur la représentation des conduites des bourgeoises, cf. p. 72-78.
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[29]
Daniel Roche, La culture […], op. cit., p. 109 : « Le vêtement est le miroir de la vie des hommes et des femmes. Ces dernières ont un rôle dynamique et moteur dans tous les milieux, sauf peut-être dans le salariat, où règne l’égalité du nécessaire, et dans les très hautes fortunes de l’aristocratie, où l’homme est “poussé à l’affirmation de son prestige et de son rang par des dépenses somptuaires, symboles du statut social”, et donc investi dans sa tenue autant que sa compagne ; courtisans et familiers du Roi sont mobilisés par la logique de l’étiquette dans une surconsommation vestimentaire, partie intégrante de l’éthos aristocratique, essentiellement différent de celui des classes bourgeoises professionnelles. Pour celles-ci, les Parisiennes sont l’élément moteur du changement des sensibilités. »
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[30]
Florent Carton D’Ancourt, Les bourgeoises à la mode, Œuvres de théâtre, 1968, t. I, acte I, sc. 5, p. 198.
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[31]
Charles Sorel, Histoire comique de Francion, 1979, p. 82. J’utilise la première édition uniquement.
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[32]
La réplique de madame Jourdain formule très clairement le cadre social auquel elle appartient, le type d’ordre dans lequel elle et son mari s’insèrent et dans lequel elle veut intégrer sa fille. Il s’agit d’un univers compartimenté où chacun, gendre en premier, a sa place, son allure médiocre, ni trop haut, ni trop bas, vécu sous forme de familiarité et d’anonymat : « C’est une chose, moi, où je ne consentirai point. Les alliances avec plus grand que soi sont sujettes toujours à de fâcheux inconvénients. Je ne veux point qu’un gendre puisse à ma fille reprocher ses parents, et qu’elle ait des enfants qui aient honte de m’appeler leur grand-maman. S’il fallait qu’elle me vînt visiter en équipage de grand-dame, et qu’elle manquât par mégarde à saluer quelqu’un du quartier, on ne manquerait pas aussitôt de dire cent sottises. “Voyez-vous, dirait-on, cette Madame la Marquise qui fait tant la glorieuse ? c’est la fille de Monsieur Jourdain, qui était trop heureuse, étant petite, de jouer à la madame avec nous. Elle n’a pas toujours été si relevée que la voilà, et ses deux grands-pères vendaient du drap auprès de la porte Saint-Innocent. Ils ont amassé du bien à leurs enfants, qu’ils payent maintenant peut-être bien cher en l’autre monde, et l’on ne devient guère si riches à être honnêtes gens”. Je ne veux point tous ces caquets, et je veux un homme, en un mot, qui m’ait obligation de ma fille, et à qui je puisse dire : “Mettez-vous là, mon gendre, et dînez avec moi” » (Molière, Le bourgeois gentilhomme, Œuvres complètes, 1971, vol. 2, acte III, sc. 12, p. 755-756).
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[33]
Sur cette difficulté, cf. Daniel Roche, Le peuple […], op. cit., p. IV ; Vincent Milliot, Les cris de Paris ou le peuple travesti. Les représentations des petits métiers parisiens (XVIe-XVIIIe siècles), 1995, p. 14 et 24.
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[34]
Vincent Milliot, ibid., p. 24.
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[35]
Sur l’histoire du mot peuple entre le XVIIe et le XIXe siècle, cf. Gérard Fritz, L’idée de peuple en France du XVIIe au XIXe siècle, 1988, p. 1-6.
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[36]
La foule laisse voir aussi une figure du chaos : « Presse qui est causée par l’arrivée de plusieurs personnes en un même lieu.» (Furetière)
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[37]
« MULTITUDE, est aussi un nom collectif, qui signifie le vulgaire. Le philosophe s’est tiré hors de la multitude par la singularité de ses sentiments. »
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[38]
Il est intéressant de noter que, dans la deuxième édition du Furetière, la définition du substantif « vulgaire » s’enrichit considérablement et précise un type de stratification sociale engagée dans les définitions de populace et de multitude : « Vulgaire est quelquefois substantif, et signifie le peuple. Le vulgaire qui respecte des erreurs mystérieuses, mépriserait la verité toue nuë. St-Ev. Ce n’est pas pour toi que j’écris, stupide vulgaire. Les sages ne se repaissent point des applaudissemens du vulgaire. AMELOT. Je n’approuve pas le mauvais goût du vulgaire ; mais je ne suis pas ennemi de tous ses plaisirs. BAL. »
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[39]
Léon Bernard, op. cit., p. 133.
-
[40]
Voir le cas des frères Touchet étudié en profondeur par Arlette Lebigre, Les dangers de Paris au XVIIe siècle. L’assassinat de Jacques Tardieu, lieutenant criminel au Châtelet et de sa femme, 1991. Sur la criminalité en général, cf. Bronislaw Geremek, Truands et misérabks dans l’Europe moderne (1350-1600), 1980.
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[41]
Arlette Farge, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, 1979, p. 19-20.
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[42]
Isambert, Taillandier, Decrusy, op. cit., t. XVI, p. 424.
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[43]
Id.
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[44]
Max Vernet, Jean-Pierre Camus : théorie de la contre-littérature, 1995, p. vin : « Pas de classement sans abstraction, le réel y arrive déraciné. »
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[45]
Entre 1570 et 1667, selon divers calculs, la population parisienne serait passée de 200 000 à 500 000 habitants (Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire […], op. cit., p. 278).
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[46]
Vincent Milliot, « La surveillance des migrants et des lieux d’accueil à Paris du XVIe siècle aux années 1830 », La ville promise. Mobilité et accueil à Paris (fin XVIIe-début XIXe siècle), 2000, p. 27.
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[47]
Howard M. Solomon, Public Welfare, Science, and Propaganda in Seventeenth Century France. The Innovations of Theophraste Renaudot, 1972, p. 11 ; Kathleen Wellman, Making Science Social : The Conferences of Theophraste Renaudot (1633-1642), 2003, p. 36. Gérard Jubert remarque que la requête que Renaudot a adressée à l’Assemblée des Notables en 1626 est un document proche du premier : « Renaudot, pour la première fois, y expose en détail un plan et des mesures pratiques pour lutter contre la misère qui désolait alors la France. C’est avec justesse que certains l’ont appelé son Traité des Pauvres » (Gérard Jubert, « Introduction », Père des journalistes et médecin des pauvres : Théophraste Renaudot (1586-1653), 2005, p. XXXIII).
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[48]
« Requête en faveur des pauvres présentée au roi par Théophraste Renaudot, ainsi qu’aux membres de l’assemblée des notables convoquée à Paris » (Gérard Jubert, op. cit., p. 71).
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[49]
Cf. ibid., p. 74, ce qu’il écrit sur les aumônes publiques : « Les aumosnes publiques qui ne servent qu’a entretenir la mendicité, le reliqua des hospitaux, maladeries et autres lieux pitoyables appres les pauvres malades traitez, la moitié des amandes affectées aux pauvres, particulierement de celles qui viendront de la recherche des usures et concussions des peagers qui ruinent le trafic. »
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[50]
Ibid., p. 75.
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[51]
Id. : « Les chapperons de velours et coiffures de damoiselles aux filles et femmes dont les peres et maris ne sont nobles ; le blanc d’Espaigne, vermillon et autres fardz ; le musc, civette, ambre griz et autres parfums ; les couleurs de peinture, tableaux et tailles douces. Les plumetz, aigrettes et eventaux, les perles et pierres precieuses, les nreudz, bouquetz et ouvrages de petit mestier ; l’or et argent trait, vray ou faux [fol.125] ; les fourrures exquizes, les castors et bas de soye, les dentelles et point couppez, et en cas qu’on n’en puisse interdire l’usage tout a fait, ce qu’il faudra neantmoingz essayer, les berlantz, les passementz de Milan et generalement toutes les estofes estrangeres mises en reuvres comme les matieres non manufacturées qui s’enlevent de ce royaume. »
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[52]
Gérard Jubert, op. cit., p. 77 : « Sire, ne permettez pas qu’un si grand thresor demeure plus long temps enseveli. Commandez à ces faineantz qu’ilz travaillent, à ces paralytiques qu’ilz cheminent et vous verrez les merveilles que V.M. scait faire. »
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[53]
Ibid., p. 75.
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[54]
Comme en fait foi l’Édit contre les mendiants valides, datant d’août 1661 (Isambert, Taillandier,Decrusy, op. cit., t. XVIII, p. 5-6).
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[55]
Michel Foucault, Histoire de la folie, 1960, p. 74.
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[56]
Il écrit par exemple : « […] L’internement n’a pas joué seulement un rôle négatif d’exclusion, mais aussi un rôle positif d’organisation. Ses pratiques et ses règles ont constitué un domaine d’expérience qui a eu son unité, sa cohérence et sa fonction. Il a rapproché, dans un champ unitaire, des personnages et des valeurs, entre lesquels les cultures précédentes n’avaient perçu aucune ressemblance ; il les a imperceptiblement décalés vers la folie, préparant une expérience — la nôtre — où ils se signaleront comme intégrés déjà au domaine d’appartenance de l’aliénation mentale. Pour que ces rapprochements fussent faits, il a fallu toute une réorganisation du monde éthique, de nouvelles lignes de partage entre le bien et le mal, le reconnu et le condamné, et l’établissement de nouvelles normes dans l’intégration sociale. L’internement n’est que le phénomène de ce travail en profondeur, qui fait corps avec tout l’ensemble de la culture classique. Il y a en effet certaines expériences que le XVIe siècle avait acceptées ou refusées, qu’il avait formulées, ou au contraire laissées en marge, et que, maintenant, le XVIIe siècle va reprendre, grouper, et bannir d’un seul geste, pour les envoyer dans l’exil où elles voisineront avec la folie — formant ainsi un monde uniforme de la Déraison. Ces expériences, on peut les résumer, en disant qu’elles touchent toutes, soit à la sexualité dans ses rapports avec l’organisation de la famille bourgeoise, soit à la profanation dans ses rapports avec la nouvelle conception du sacré et des rites religieux, soit au “libertinage”, c’est-à-dire aux rapports nouveaux qui sont en train de s’instaurer entre la pensée libre et le système des passions » (ibid., p. 96-97).
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[57]
Roger Chartier écrivait à ce propos : « Dans toutes les villes françaises, les motivations qui président au renfermement sont les mêmes. Elles relèvent d’abord, de la précaution sociale. La figure du pauvre mendiant se trouve, en effet, progressivement criminalisée et l’on ne doit point séparer, à Paris, la fondation de l’hôpital général en 1656 de la réforme amorcée par les délibérations du Conseil de réformation de la police entre octobre 1666 et février 1667. L’homologie qui est établie alors entre la propreté de la cité (le nettoiement des rues) et son ordre (la sûreté) atteste que sont désormais pensés ensemble le physique (la saleté) et le social (le danger), ce que traduisent en termes institutionnels les compétences de la lieutenance générale de police établie en 1667. Cette nouvelle dégradation de l’image du pauvre se trouve confirmée par la législation de la fin du siècle qui assimile les mendiants valides aux vagabonds et gens sans aveu, partant leur promet les galères plus encore que l’hôpital. À la répression préventive, l’hôpital général ajoute encore un autre dessein : la mise au travail. L’idéologie mercantiliste a ici fortement renforcé la valorisation morale du travail » (Roger Chartier, Histoire de la France […], op. cit., p. 238).
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[58]
Isambert, Taillandier, Decrusy, op. cit., t. XVII, p. 326-327.
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[59]
C’est ainsi qu’on désigne la Salpêtrière. Alfred Fierro le décrit comme suit : « la poudre destinée à l’armée était fabriquée à l’Arsenal, ce qui présentait un grave danger pour ce quartier peuplé. Aussi Louis XIII décida-t-il en 1635 de transférer cette fabrication dans un endroit peu habité, sur l’autre rive de la Seine. Ce Petit Arsenal fut aussi dit la Salpêtrière, car le saltpêtre entrait pour trois quarts dans la composition de la poudre. En 1656, Louis XIV décida d’installer à cet endroit un hospice pour les mendiants et les vagabonds » (Alfred Fierro, Dictionnaire du Paris […], op. cit., p. 41).
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[60]
[Anonyme], Journal d’un voyage à Paris en 1657-1658, 1862, p. 133-134. Ce texte sera désigné à partir de maintenant comme Villiers.
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[61]
Michel Foucault, Histoire de la folie, op. cit., p. 85. Le texte de l’édit sur l’établissement de l’Hôpital Général s’exprime de manière on ne peut plus claire à ce sujet : « Les rois nos predecesseurs ont fait depuis le dernier siecle plusieurs ordonnances de police, sur le fait des pauvres en notre bonne ville de Paris […] pour empêcher la mendicité et l’oisiveté comme source de tous les desordres » (Isambert, Taillandier et Decrusy, t. XVII, p. 326).
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[62]
Dans une autre entrée, les frères de Villiers reprennent l’usage hyperbolique de la merveille, dans un contexte qui rappelle les curiosités géographiques, à savoir comme une des cinq merveilles du monde. Décrivant une scène qui se déroule sur le Pont Neuf, lieu de prestige, espace de tractations et de commerce, ils en profitent pour montrer comment l’enfermement des pauvres concourt avec un ensemble de pratiques qui réinventent l’existence, celle des nobles et des possédants, dans la ville, cf. Villiers, op. cit., p. 214 et le chapitre suivant pour l’analyse de ce fragment.
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[63]
François Colletet réserve aussi une place à l’Hôpital Général dans son abrégé, mais son volume étant de plus petite proportion, la mention de l’Hôpital Général reste brève. Cependant elle concorde avec la tonalité rhétorique des deux autres : « [Louis XIV] a donné [le petit arsenal] pour en faire un Hôpital, & y renfermer tous les pauvres mendians qui mendioient leurs vies, & par les charitez de beaucoup de personnes de condition, l’on fait des bastimens si considerables, que l’on y loge iusques à huict mille pauvres, par le moyen de quoy & du Chateau de Vincestre ou Bicestre, & mesme des Hôpitaux de la Pitié & des Incurables, on ne void plus de pauvres par les rues, ni dans les Eglises de la Ville de Paris » (François Colletet, Abrégé des Antiquitez […], op. cit., p. 255).
-
[64]
Henri Sauval, t. I, p. 525.
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[65]
Id.
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[66]
Id.
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[67]
Ibid., t. I, p. 526.
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[68]
Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire […], op. cit., p. 278.
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[69]
La même expression habite le discours de Brice : « Cependant [Pomponne de Bellièvre] aidé du Cardinal Mazarin, de la Duchesse d’Aiguillon, & de quelques autres personnes opulentes, en vint heureusement à bout de très-peu de tems » (Germain Brice, op. cit., p. 270).
-
[70]
Henri Sauval, op. cit., t. I, p. 527.
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[71]
Voir les travaux nombreux d’Arlette Farge, en plus du livre précédemment cité, cf. La vie fragile :violence, pouvoirs et solidarités au XVIIIe siècle, 1986.
-
[72]
Germain Brice, op. cit., p. 270.
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[73]
Sur ces grands traits de la mentalité propres à la noblesse, cf. Arlette Jouanna, Ordre social : mythes et hiérarchies dans la France du XVIe siècle, 1977.
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[74]
Les grands nobles finiront cependant au cours du siècle, et dès le règne d’Henri IV, par se faire à la vie parisienne. Russell J. Major note que tous ceux qui ont été appointés à un poste de gouverneur en province entre 1605 et 1650, auront une résidence à Paris qui deviendra leur résidence principale (op. cit., p. 177).
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[75]
C’est le constat amer et cruel de Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il évoque dans les Confessions sa première visite à Paris : « Combien l’abord de Paris démentit l’idée que j’en avais ! La décoration extérieure que j’avais vue à Turin, la beauté des rues, la symétrie et l’alignement des maisons me faisaient chercher à Paris autre chose encore. Je m’étais figuré une ville aussi belle que grande, de l’aspect le plus imposant, où l’on ne voyait que de superbes rues, des palais de marbre et d’or. En entrant par le faubourg Saint-Marceau, je ne vis que de petites rues sales et puantes, de vilaines maisons noires, l’air de la malpropreté, de la pauvreté, des mendiants, des charretiers, des ravaudeuses, des crieuses de tisanes et de vieux chapeaux. Tout cela me frappa d’abord à tel point, que tout ce que j’ai vu depuis à Paris de magnificence réelle n’a pu détruire cette première impression, et qu’il m’en est resté toujours un secret dégoût pour l’habitation de cette capitale » (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1959, L. IV, p. 211).
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[76]
Guy Patin, Lettres de Guy Patin, 1846, t. III, p. 46.
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[77]
La « Déclaration portant défenses aux pages et laquais de porter aucunes armes, sous peine de la vie » se lit comme suit : « LOUIS, etc. Les avis que nous avons eus des violences que commettent journellement dans Paris les laquais et autres qui se joignent à eux, qui ont passé jusqu’à telle extrémité, qu’ils ont assassiné diverses personnes de condition, nous ont obligé d’aviser au moyen que l’on pourroit tenir pour en arrêter la cause et donner sous notre autorité la sûreté que nous devons à nos sujets, particulièrement en notre bonne ville de Paris, la capitale de notre royaume où abonde grand nombre de personnes de touttes nos provinces, et comme il y a eu de temps en temps plusieurs ordonnances sur ce sujet, qui ont été suivies des arrêts de notre cour de parlement, et que l’expérience fait assez connoître que l’inexécution de tous ces réglemens a augmenté la licence d’entreprendre sur la sîreté publique, nous avons jugé à propos de renouveler les règlemens sur le fai des ports d’armes en notre ville de Paris pour les faire exécuter avec la sévérité que méritent de telles entreprises […] » (Isambert, Taillandier, Decrusy, op. cit., t. XVII, p. 315-316).
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[78]
De fait, les jésuites auront de la difficulté à s’implanter dans des villes où prédomine le commerceet où la bourgeoisie voit d’un mauvais œil les formations humanistes, anticipant un débat qui sévit denos jours où les « humanities » sont traités avec suspicion par les tenants de l’idéologie néo-libérale. Surces questions, cf. François de Dainville, « Villes de commerce et humanisme », L’éducation des jésuites (XVIe-XVIIIe siècles), 1978.
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[79]
Liant les travaux sur le signe à l’Âge classique de Louis Marin à la sociologie de NorbertÉlias, Roger Chartier fait le lien entre présence réelle, violence et émergence du signe : « Le processusd’éradication de la violence, dont le maniement est tendanciellement confisqué par l’État absolutiste,a rendu possible un exercice de la domination politique qui prend appui sur l’ostentation des formessymboliques, sur la représentation de la puissance monarchique, donnée à voir et à croire en l’absence même du roi grâce aux signes qui indiquent sa souveraineté. En prolongeant cette rencontre entre Marin et Élias, on pourrait ajouter que c’est cette même pacification (au moins relative) de l’espace social qui a transformé, entre Moyen Âge et XVIIe siècle, les affrontements sociaux ouverts et brutaux en luttes de représentations dont l’enjeu est l’ordonnancement du monde social, partant le rang reconnu à chaque état, à chaque corps, à chaque individu » (Roger Chartier, Au bord de la falaise, op. cit., p. 181).
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[80]
Benedetta Craveri écrit avec justesse : « Comme le démontrait sa politique économique, Richelieu ne désirait pas du tout priver la noblesse de son prestige, à condition que ce prestige fût le reflet du prestige du monarque. À condition, en somme, que les nobles apprennent à être des courtisans » (op. cit., p. 28).
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[81]
Arlette Jouanna, Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne, 1989 et Katia Béguin, Les princes de Condé : rebelles, courtisans et mécènes dans la France du Grand Siècle, 1999.
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[82]
Il écrit : « Je voudrais pouvoir donner les mesmes louanges au gouvernement de Louis XIV ; mais qu’en diroit la vérité, qu’en diroient des témoins encore vivants, et les enfants de ceux qui ont vescu sous ce monarque si heureusement né, si sinistrement flatté, adoré, gasté par l’interest de ses ministres, et depuis par les ministres successeurs de ces premiers et par la fatale et l’ignominieuse Maintenon ? » (Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, loc. cit., p. 390).
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[83]
Par exemple, « [d]es Princes du sang asservis sous le mesme joug, qui se disputèrent entr’eux de servitude. Une Cour abatue sous le poids de sa crainte, de son autorité, jusque du moindre de ses regards, dont les plus grands avoient perdu jusqu’au souvenir du personnage qu’avoient rempli leurs pères ; et un royaume monté tout entier au ton de l’obéissance aveugle ; en un mot, tout devenu peuple et vil peuple devant luy, et sans bouche ny action que pour s’épuiser en respects peu différents de l’adoration, en soumission sinonime à l’esclavage, en louanges les plus semblables à l’apothéose. Tout sans exception rampant devant ses bastards et ses valets principaux, ses ministres, les intendants et les financiers de la dernière espèce » (ibid., p. 24).
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[84]
Benedetta Craveri, op. cit., p. 56. Voir tout le chapitre II sur la chambre bleue.
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[85]
Sur le jardin comme figure de l’hospitalité, cf. Sophie Le Menaheze, « Jardin », Le livre del’hospitalité, 2004 ; comme représentation littéraire, cf. Danièle Duport, Le jardin et la nature. Ordre etvariété dans la littérature de la Renaissance, 2002.
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[86]
Tom Williamson, Polite Landscapes : Gardens and Society in Eighteenth-Century England, 1995.
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[87]
Sur les enjeux rhétoriques de la promenade, cf. Jean-Vincent Blanchard, « Description et rhétorique politique : du récit d’entrée royale à la promenade de Versailles », 2001.
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[88]
Par exemple, Arlette Jouanna écrit : « Il est fondamental de bien saisir ces modes de raisonnement [par convenance et par correspondance] pour saisir ce qu’est exactement une notion comme celle de la noblesse. Voici par exemple comment l’avocat Cardin Le Bret, esprit précis et rigoureux, démontre que les métiers artisanaux sont incompatibles avec la noblesse : “Il serait absurde de soutenir que cette profession des arts mécaniques, et la Noblesse, puissent subsister ensemble en un même sujet, comme qui dirait que la lumière et les ténèbres, la vertu et le vice, et tous les contraires du monde, puissent compatir ensemble. Car la Noblesse étant un relief, parure et ornement de la vertu, et de l’honneur, quelle correspondance et habitude pourrait-elle avoir avec des boutiques, et des forges, où il ne se reconnaît rien, que de vil, d’abject et de sordide ?” [Le Bret, Cardin, Recueil d’aucuns plaidoyers, Paris, Jamet et P. Mettayer, 1602, p. 216]. Mettre ensemble les arts mécaniques et la noblesse, c’est les placer au même niveau dans la grille hiérarchique, et par conséquent voir entre eux des correspondances : c’est une “absurdité”, une faute contre la logique. Cette logique a longtemps été une structure essentielle de la pensée humaine, qu’on n’aurait pu changer sans quelque bouleversement mental. Il y a là certainement une des raisons de cette longue répugnance pour le travail manuel dont on observe encore tant de traces aujourd’hui » (Arlette Jouanna, Ordre social […], op. cit., p. 110-111).
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[89]
La Princesse de Clèves montre un autre usage des couleur. La séduction est de mise : on porte les couleurs de sa maîtresse, ou de la femme qu’on convoite.
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[90]
Alain Faudemay écrit à ce sujet : « L’importance de l’habillement ne tient pas seulement aux différences de vêtements selon les conditions sociales, mais aux différentes façons dont on en use. L’habillement donne lieu, en effet, à toutes sortes de gestes, qui marquent les rapports sociaux, et dont les uns obéissent à une expression individuelle, les autres à une stricte codification, sans qu’il soit toujours facile d’établir la démarcation entre les deux. Expression individuelle, que celle notée par Furetière à l’article manchon, mais suffisamment conventionnelle pour que sa signification — pudeur ou coquetterie — s’impose d’emblée : “Une femme met le nez dans son manchon pour se cacher” » (op. cit., p. 145).
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[91]
Charles Sorel, Histoire comique de Francion, op. cit., p. 251.
La rue ne se présente jamais déserte. Souvent embarrassée, elle est le lieu de la multitude. La foule s’y attroupe, y travaille. Son personnel humain se constitue de vagabonds, d’artisans, de vendeurs itinérants, de promeneurs, de nobles en carrosses, de paysans en tombereaux. Des échoppes, des ateliers et des boutiques bourgeoises parent ses rives. La foule qui la fait vibrer a une personnalité floue. Elle doit se déduire des archives, des textes de loi, des représentations littéraires, ne laissant profiler que l’état d’une entité mouvante, mobile. La « masse » urbaine n’a pas nécessairement de noms propres, d’état assigné, formant une collection de disparates. Un tel peuple de la rue, humain ou mécanique, animal ou inorganique, qui, dans le poème de Boileau, se mobilise pour embarrasser la démarche du poète et alimenter son inspiration dans un jeu de charge et de décharge, a une consistance aussi momentanée que substantielle. Bigarré, ce monde présente une identité qui varie au gré des travaux et des jours.
Cependant, les quartiers ont une personnalité, même ses habitants les plus nomades, comme les sans-abri, se dotent de repères qui leur donnent une identité : personnages reconnus par l’habitude, figures sculptées par la répétition, ils ne sont jamais totalement anonymes. Le Paris du XVIIe siècle présente la même situation. Sa superficie demeure considérablement moindre, les quartiers forment des structures similaires à des villages, les paroisses comptent aussi pour beaucoup dans le quotidien du tissu social…
Date de mise en ligne : 18/10/2024
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