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Chapitre 16

Le socialisme à l’Est, le capitalisme à l’Est et l’union des pays de l’Ouest : trois processus de gouvernance sociale

Pages 321 à 342

Citer ce chapitre


  • Therborn, G.
(2009). Le socialisme à l’Est, le capitalisme à l’Est et l’union des pays de l’Ouest : trois processus de gouvernance sociale. Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle : La fin de la modernité européenne ? (p. 321-342). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0321.

  • Therborn, Göran.
« Le socialisme à l’Est, le capitalisme à l’Est et l’union des pays de l’Ouest : trois processus de gouvernance sociale ». Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle La fin de la modernité européenne ? Armand Colin, 2009. p.321-342. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-societes-d-europe-du-xxe-au-xxie-siecle--9782200246280-page-321?lang=fr.

  • THERBORN, Göran,
2009. Le socialisme à l’Est, le capitalisme à l’Est et l’union des pays de l’Ouest : trois processus de gouvernance sociale. In : Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle La fin de la modernité européenne ? Paris : Armand Colin. Collection U, p.321-342. DOI : 10.3917/arco.therb.2009.01.0321. URL : https://shs.cairn.info/les-societes-d-europe-du-xxe-au-xxie-siecle--9782200246280-page-321?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0321


Notes

  • [1]
    W. Jaruzelski, Mein Leben für Polen, Munich, Piper, 1992, chap. 2.
  • [2]
    T. Toranska, Oni : des staliniens polonais s’expliquent, Paris, Flammarion, 1986 [1985].
  • [3]
    A. Dubcek, Leben für die Freiheit, Munich, Bertelsmasnn, 1993, chap. 15.
  • [4]
    G. Schabowski, Das Politbüro, Reinbek bei Hamburg, 1990, p. 188.
  • [5]
    G. Horn, Freiheit die ich meine, Hambourg, Hoffmann und Campe, 1991, p. 149. Horn est l’actuel leader du parti postcommuniste hongrois et fut à une époque diplomate en mission à Sofia. Kàdàr refusa ce droit à l’ambassadeur soviétique en Hongrie et, selon Andrzej Werblan, ancien membre du Politburo polonais, une telle chose était inconcevable en Pologne, même à l’époque stalinienne, sous Boleslaw Bierut (communication orale, septembre 1993).
  • [6]
    J. Kornai, Socialisme et économie de la pénurie, Paris, Economica, 1984 [1980].
  • [7]
    Cf. H. Berman, Justice in the USSR, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1963, chap. 3 ; K. Zweigert et H. Kötz, Introduction to Comparative Law, 2e éd., Oxford, Clarendon Press, 1987, chap. 27.
  • [8]
    J. J. Hesse (dir.), Administrative Transformation in Central and Eastern Europe, Oxford, Blackwell, 1993, p. 243 ; W. Jaruzelski, Mein Leben für Polen, Munich, Piper, 1992, pp. 244-45.
  • [9]
    B. Balint, Kaderverwaltung, Stuttgart, F. Enke, 1972. Cf. aussi G. Therborn, What Does the Ruling Class Do when It Rules ?, Londres, Verso, 1978, pp. 58 sqq.
  • [10]
    Jeffrezy Sachs, économiste de Harvard, conseiller des nouveaux gouvernants de Pologne et de Russie, adopta la posture d’un Lénine pour prôner le capitalisme dans un article programmatique de 1990, « Que faut-il faire », paru dans The Economist le 13 janvier 1990.
  • [11]
    A. Chua, Le Monde en feu : violences sociales et mondialisation, Paris, Seuil, 2007 [2003].
  • [12]
    L. King et P. Hamm, « The governance grenade : mass privatization, state capacity and economic development in post-communist and reforming communist societies », à paraître.
  • [13]
    Jeffrey Sachs prétend avoir essayé d’avertir le FMI, l’OCDE et le gouvernement américain contre cette tentative, sans succès, les membres de l’administration Clinton considérant qu’il s’agissait là d’une manœuvre politique intelligente. J. Sachs, The End of Poverty, Londres, Penguin, 2005, p. 144. Pour plus de détails, se référer à l’excellent reportage journalistique de C. Freedlan, Sale of the Century, New York, Crown, 2000.
  • [14]
    Pour plus de détails, voir L. King et I. Szelenyi, « Post-communist economic systems », in N. Smelser et R. Swedberg (dir..), The Handbook of Economic Sociology, 2e éd., Princeton, Princeton University Press, 2005.
  • [15]
    Les principales sources ici sont les trois volumes de l’European Community Liaison Committee of Historians, Histoire des débuts de la construction européenne / Die Anfänge des Schuman-Plans 1950-1951 / Il rilancio dell´Europa e i Trattati di Roma, Bruxelles, Milan, Paris, Baden-Baden, Bruylant, Giuffré, LGDJ, Nomos, 1986, 1988 et 1989. Voir aussi, E. Haas, The Uniting of Europe, Stanford, Stanford University Press, 1958 ; R. Tamames, La Comunidad Europea, Madrid, Alianza, 1987 ; A. Milward, The European Rescue of the Nation-State, Londres, Routledge, 1992. Pour les années suivantes, je me suis appuyé sur le Financial Times, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, et Le Monde. J’ai également beaucoup appris en discutant avec l’un des plus célèbres « eurocrates », aujourd’hui à la retraite, Paolo Cecchini, et le correspondant à Bruxelles de Radio Suède, Rolf Gustavsson.
  • [16]
    Sur le Japon, voir K. V. Wolferen, The Enigma of Japanese Power, New York, Alfred Knopf, 1989 : « On n’attend pas du Premier ministre japonais qu’il fasse preuve d’un talent de dirigeant ; […] le corps législatif ne légifère pas réellement ; […] et le parti libéral-démocrate au pouvoir […] n’est pas vraiment un parti et il ne gouverne pas non plus » (p. 25).
  • [17]
    H. J. Küsters, « The Federal Republic of Germany and the EEC-Treaty », in Il rilancio dell´Europa, op. cit., p. 498 sqq.
  • [18]
    P. Gerbet, « Les origines du Plan Schuman : le choix de la méthode communautaire par le gouverment français », in Histoire des débuts…, op. cit., pp. 216-217.
  • [19]
    J.-B. Duroselle, « La relance européenne 1954-1957 », in Il rilancio delll´Europa, op. cit., p. 53 sqq, et H. J. Küsters, « The origins of the EEC Treaty », ibid., p. 222 sqq.
  • [20]
    Cf. P. Piscatore, « Das Zusammenwirken der Gemeinschaftsordnung mit den nationalen Rechtsordnungen », Europarecht, no 4, 1970. Piscatore était à l’époque juste à la Cour de Justice des Communautés Européennes.
  • [21]
    J. Wouters, « National consciousness and the European Union », Legal Issues of European Integration 27(1), 2000, pp. 46-7
  • [22]
    À l’inverse, la loi joue un rôle mineur dans la vie sociale au Japon, cf. V. Wolferen, op. cit., chap. 8.
  • [23]
    Cf. T. C. Hartley, The Foundations of European Community Law, op. cit., chap. 7.
  • [24]
    O. Treib, « Implementing and complying with EU governance outputs », 2006, <http://www.livingreviews.org>.
  • [25]
    Voir les mémoires d’un acteur de l’époque, H. Schmidt, Die Deutschen und ihre Nachbarn, Berlin, Siedler, 1990, p. 219 sqq.
  • [26]
    Une bonne description de la CEE au milieu des années 1960 nous est donnée par R. Willis, Italy Chooses Europe, New York, Oxford University Press, 197l, chap. 5.
  • [27]
    Cf. P. Mélandri, « Le rôle de l’unification européenne dans la politique extérieure des États-Unis 1948-1950 », in Histoire des débutsop. cit. ; H. J. Schröder, « Die amerikanische Deutschlandpolitik und das Problem der west-europäischen Kooperation 1947/48-1950 », ibid. ; E. Di Nolfo, « Gli Stati Uniti e le origini della Comunità Economica Europea », in Il rilancio dell´Europaop. cit. ; C. J. Bartlett, A history of postwar Britain, 1945-1974, Londres, Longman, 1977, p. 187 sqq.
  • [28]
    C’est l’argument de H. J. Küsters, « The origins of the EEC Treaty », in Il rilancio dell´Europaop. cit., p. 233. Il est soutenu par P. Guillen, « La France et la négociation des traités de Rome : l´Euratom », ibid., p. 519 sqq, par le témoignage de Christain Pineau, alors ministre des Affaires étrangères et signataire du Traité de Rome, ibid., p. 284.

La gouvernance sociale est un concept qui désigne la volonté de donner une direction au processus social en fonction d’un but défini sur une période significative. Le changement social planifié ou le développement social dirigé sont souvent synonymes. Ils reposent sur la projection d’un futur défini comme un horizon vers lequel il faut tendre. Dans cette perspective d’un futur ouvert, la particularité de la gouvernance sociale réside dans le choix d’une route plutôt qu’une autre mais également dans la capacité de maintenir un cap.
L’Europe a été le théâtre des trois tentatives les plus ambitieuses de gouvernance sociale : l’édification du socialisme, puis l’avènement du capitalisme à l’Est, et l’union des États-nations de l’Ouest. Ces trois tentatives n’ont jamais été comparées entre elles, et les postures dominantes en sciences sociales n’incitent guère à tenter l’exercice.
Les programmes et les promesses politiques sont rarement réalisés et l’on en anticipe rarement les conséquences. Les sciences sociales, les analyses politiques et les études d’évaluation n’ont eu de cesse d’insister sur ce point. L’inflation et la stagnation, tout comme les crises des matières premières, ont corroboré leurs analyses. Il en résulte que la masse des ouvrages qui traitent de la gouvernance sociale se concentre sur ses échecs et ses limites les plus flagrantes.
Bien que pareilles analyses n’aient pas toujours été fausses, elles restent partielles et, d’un point de vue théorique, elles sont dans l’impasse…


Date de mise en ligne : 09/03/2016

https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0321

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