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Chapitre 15

Sociétés civiles et action collective

Pages 291 à 320

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  • Therborn, G.
(2009). Sociétés civiles et action collective. Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle : La fin de la modernité européenne ? (p. 291-320). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0291.

  • Therborn, Göran.
« Sociétés civiles et action collective ». Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle La fin de la modernité européenne ? Armand Colin, 2009. p.291-320. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-societes-d-europe-du-xxe-au-xxie-siecle--9782200246280-page-291?lang=fr.

  • THERBORN, Göran,
2009. Sociétés civiles et action collective. In : Les sociétés d'Europe du XXe au XXIe siècle La fin de la modernité européenne ? Paris : Armand Colin. Collection U, p.291-320. DOI : 10.3917/arco.therb.2009.01.0291. URL : https://shs.cairn.info/les-societes-d-europe-du-xxe-au-xxie-siecle--9782200246280-page-291?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0291


Notes

  • [1]
    A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Gallimard, 1986 [1835], vol. 2, p. 155.
  • [2]
    V. Pestoff, Voluntary Associations and Nordic Party Systems, Stockholm, Thèse de science politique de l’université de Stockholm, 1977, pp. 166 sqq.
  • [3]
    World Value Survey 1990-90 (dirigé par R. Inglehart, Institute for Social Research, Université du Michigan), variables 2 et 35
  • [4]
    Inglehart et al., op. cit.,2004, variables A66-79.
  • [5]
    Commission européenne, op. cit., 2007, p. 36 ; Inglehart et. al., op. cit., 2004, variables A66 A74.
  • [6]
    J. Visser, « Wage bargaining institutions in Europe : a happy marriage or preparing for divorce ? », working paper 05-42, Amsterdam Institute for advanced labour studies, University of Amsterdam, 2005, p. 47.
  • [7]
    Cf. G. Therborn, « Lessons from “Corporatist” Theorizations », in J. Pekkarinen (dir.), Social Corporatism, Oxford, Clarendon Press, 1992 ; Visser, op. cit., 2005, p. 47.
  • [8]
    Inglehart et. al., op. cit., 2004, variable A62.
  • [9]
    La grève générale en Suède en 1909 fut sans doute le plus important conflit social au monde avant la survenance des événements de Mai-1968 en France. Cf. G. Therborn, « The coming of swedish social democracy », in E. Collotti (dir.), L´Internazionale operaia e socialista tra le due guerre, Milan, Feltrinelli, 1985, p. 549.
  • [10]
    Cf. G. Therborn, « The prospects of labour and the transformation of advanced capitalism », New Left Review, no 145, 1984.
  • [11]
    Données tirées de W. Korpi, op. cit., 1983, p. 165.
  • [12]
    B. Silver, Forces of Labor, Cambridge, Cambridge University Press, 2003, p. 127.
  • [13]
    BIT, Yearbook of Labour Statistics 1998, tableau 9C.
  • [14]
    Cf. M. Peterson, International Interest Organizations and the Transmutation of Postwar Society, Stockholm, Almqvist & Wiksell, 1979 ; S. Berger, Les Paysans contre la politique, Paris, Seuil, 1975 ; G. Therborn, « The coming of swedish social democracy », op. cit., p. 589 sqq.
  • [15]
    Chiffres issus de Z. Brzezinski, The Soviet Bloc, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1960, p. 86 (membres du parti communiste) et P. Shoup, The East European and Soviet Data Handbook, New York, Columbia University Press, p. 277 (population).
  • [16]
    Calculs à partir de L. Cohen et J. Shapiro (dir.), Communist Systems in Perspective, Garden City NY, Anchor Books, 1974, tableaux II et IV ; Brettschneider et al., « Materialien zu Gesellschaft, Wirtschaft und Politik in den Mitgliedsstaaten der Europäischen Gemeinschaft », in O. Gabriel (dir.), Die EG-Staaten im Vergliech, Oplade, Westdeutscher Verlag, 1992, p. 578.
  • [17]
    Statistisches Jahrbuch der DDR 1989, Berlin, Staatsverlag der DDR, 1989, pp. 330, 353, 413 sqq.
  • [18]
    J. Cohen et A. Arato, Civil Society and Political Theory, Cambridge Mass., MIT Press, p. 346.
  • [19]
    Z. Rau (dir.), The Reemergence of Civil Society in Eastern Europe and the Soviet Union, Boulder Col., Westview Press, 1991, p. 5.
  • [20]
    Tschernayev, op. cit., 1991, p. 165.
  • [21]
    Le mouvement polonais avait également un chroniqueur de talent à l’Ouest en la personne de Timothy Garton Ash, cf. Garton Ash, op. cit., 1991.
  • [22]
    Quelques comptes rendus de qualité de ces événements : T. Schreiber et F. Barry (dir.), Bouleversements à l´Est 1989-1990, Paris, La Documentation française, 1990 ; R. East (dir.), Revolutions in Eastern Europe, Londres, Pinter, 1992. Je mentionnerai également M. Glenny, The Fall of Yugoslavia, Londres, Penguin, 1993 ; G. Schabowski, Das Politburo, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt, 1990 ; Tschernayev, op. cit., 1993 ; T. Garton Ash, La Chaudière : Europe centrale, 1980-1990, Paris, Gallimard, 1990.
  • [23]
    Cf. V. Zaslavsky, « Russian Nationalism in the Past and Today », in M. Buttino (dir.), In A Collapsing Empire, Milan, Feltrinelli, 1993, p. 120 sqq. L’état de l’opinion est reflété par une étude menée dans les villes russes début 1991, citée dans Zaslavsky, op. cit., p. 122. À la question « que signifie l’URSS pour le Russe moyen ? », 65 % répondirent la pénurie, les queues et la pauvreté, 28 % un pouvoir arbitraire et les humiliations, 25 % une garantie de paix. Un nationalisme russe anti-soviétique apparut seulement lors des deux dernières années de l’URSS.
  • [24]
    Förster et Roski, op. cit., 1990, p. 53.
  • [25]
    R. Blackburn, The Overthrow of Colonial Slavery, Londres, Verso, 1988, pp. 120-1, 136 sqq, 169 sqq.
  • [26]
    Cette conclusion est basée sur un grand nombre de sources, orales et écrites, et sur les souvenirs d’un observateur participant. Cf. par exemple J. Newfield, A Prophetic Minority, New York, Signet Books, 1967 ; S. Leibfried, Die angepasste Universität. Zur Situation der Hochschulen in der Bundesrepublik und den USA, Francfort, Suhrkamp, 1968 ; Kursbuch, no 12 et no 13, 1968 ; U. Bergmann et al., Rebellion der Studenten oder Die neue Opposition, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt, 1968 ; Mouvement du 22 mars, Ce n´est qu´un début continuons le combat, Paris, Maspero, 1968 ; Documenti della rivolta universitaria, Bari, Laterza, 1968, et Università : l´ipotesi rivoluzionaria, Vicence, Marsilio Editori, 1968.
  • [27]
    Mouvement du 22 mars, op. cit., p. 17 ; Quaderni Piacentini, no 34, mai 1968.
  • [28]
    G. O´Donnell (dir.), Transitions from Authoritarian Rule. Southern Europe, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1986.
  • [29]
    Pour une vision contemporaine, voir Kursbuch, no 13, op. cit., et Combats étudiants dans le monde, Paris, Seuil, 1968. Le Printemps de Prague inspira un mouvement étudiant dans les Pays baltes, en particulier dans la ville universitaire estonienne de Tartu (Marju Lauristin, communication orale, février 1992). Le mouvement étudiant slovène s’appuya en grande partie sur ses homologues occidentaux, comme on le voit dans le Trimestriel Etudian, publié en 1969 par le Comité international des étudiants de Ljubljana. Il y eut également des contacts entre activistes étudiants ouest-allemands et tchécoslovaques avant la chute du Rideau de Fer.
  • [30]
    Une exception à cette rapide évaporation du communisme étudiant fut le Parti communiste travailleur marxiste-léniniste, qui semblait toujours intact dans la première moitié des années 1990, ralliant environ 1 % des suffrages et publiant un quotidien, Klassekamper (« Combat de classe »).
  • [31]
    Développements basés sur S. Andresen (dir.), Frauenbewegungen in der Welt, vol. I, Berlin, Argument, 1988 ; D. Dahlerup (dir.), The New Women´s Movement, Londres, Sage, 1986 ; K. W. Brand (dir.), Neue soziale Bewegungen in Westeuropa und den USA, Francfort, Campus, 1985 ; B. Beccalli, « The modern women´s movement in Italy », New Left Review, no 204, 1994.
  • [32]
    T. Mackie et R. Rose, International Almanac of Electoral History, 3e éd., Londres, Macmillan, 1990, pp. 58-63.
  • [33]
    C. Leggevie, « Propheten ohne Macht », in K.-W. Brand, op. cit., 1985, p. 100 sqq (sur la France) ; D. Murphy, « Von Aldermaston nach Greenham Common », ibid., p. 178 sqq (sur l’Écosse et le Pays de Galles)
  • [34]
    Le Monde, 4 mars 1992, p. 10.
  • [35]
    Cf. J. Labasse, L´Europe des régions, Paris, Flammarion, 1991.
  • [36]
    D. Meadows et al., The Limits to Growth : A Report for the Club of Rome´s Project on the Predicament of Mankind, Londres, Pan, 1972 – trad. fr. Halte à la croissance ?, Paris, Fayard, 1973 ; E. Goldsmith (dir.), A Blueprint for Survival, Londres, Penguin, 1972 ; J. McCormick, Reclaiming Paradise, Bloomington, Indiana University Press, 1989. Voir aussi A. Jamison et al. The Making of the New Environmental Consciousness, Édimbourg, Edinburgh University Press, 1990, qui couvre le Danemark, les Pays-Bas et la Suède.
  • [37]
    En dehors des observations contemporaines, j’ai utilisé ici les contributions de Brand, op. cit. ; S. Parkin, Green Parties. An International Guide. Londres, Heretic Books, 1989 ; D. Murphy et al., Protest, Grüne, Bunte und Steuerrebellen, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt, 1979 ; H. Kitschelt, Politik und Energie, Francfort, Campus, 1983.
  • [38]
    Sur l’environnementalisme balte, voir B. Meissner (dir.), Die baltischen Nationen, 2e éd., Cologne, Markus, 1991, pp. 118, 154 ; sur la Bulgarie, voir J. Bell, « Bulgaria », in S. White (dir.), Developments in East European Politics, Londres, Macmillan, 1993, p. 85.
  • [39]
    A. Day, Peace Movements of the World (Harlow Essex, Longman, 1986) est très utile. Cf. Die Zeit, 5 février 1993.
  • [40]
    Cf. G. Therborn, « From Petrograd to Saigon », New Left Review, no 48, 1968.
  • [41]
    Cf R. Debray, Modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire, Paris, Maspero, 1978, en particulier le chap. 4.
  • [42]
    World Values Survey 1981-1983, tiré de Brettschneider et al. op. cit., tableau 97.
  • [43]
    C. Tilly, op. cit., 2004, p. 120.
  • [44]
    T. Mertes (dir.), A Movement of Movements, Londres, Verso, 2004.

Alexis de Tocqueville fut l’un des premiers intellectuels à souligner, il y a plus de 150 ans, la signification des conditions sociales nécessaires à l’émergence des associations dans le contexte de la modernité. Il situait la modernité dans le « Nouveau Monde » égalitaire à propos duquel il fit cette observation perspicace : « Partout où à la tête d’une entreprise nouvelle, vous voyez en France le gouvernement et en Angleterre un grand seigneur, comptez que vous apercevrez aux États-Unis une association . » À situations comparables, plus un pays est égalitaire, et pas seulement en termes de revenus, c’est-à-dire plus les moyens d’action et de communication sont largement répartis au sein de la population, plus ce pays devrait être favorable à l’essor de l’association.
En comparaison avec le Nouveau Monde, l’Europe était bien sûr davantage structurée par rangs sociaux, mais la modernité européenne avait été depuis longtemps préparée par les guildes et les corporations, les villes franches, les paroisses protestantes et d’autres formes d’organisations populaires collectives. Au sein de la paysannerie éduquée et libre du Nord, grâce à d’anciennes traditions de gouvernance ecclésiastiques et judiciaires conjointes, les associations dans leur forme moderne s’étendirent avec vigueur dans la seconde moitié du xix e siècle. Cet héritage n’a jamais été dilapidé. Des données comparatives produites aux alentours de 1970 plaçaient la Suède et les États-Unis, suivis des autres pays nordiques, en tête d’une liste recensant les organisations non économiques fondées sur le volontaria…


Date de mise en ligne : 09/03/2016

https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0291

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