Chapitre 2
L’Europe dans l’histoire moderne
- Par Göran Therborn
Pages 25 à 40
Citer ce chapitre
- THERBORN, Göran,
- Therborn, Göran.
- Therborn, G.
https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0025
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Notes
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[1]
Sur l’Afrique noire : A. Boahen, African Perspectives on Colonialism, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1987 ; Ph. Curtin (dir.), Africa & the West, Madison, University of Winsconsin Press, 1972 ; R. July, The Origins of Modern African Thought, New York, Praeger, 1967. Sur le monde arabe : A. Hourani, Arabic Thought in the liberal age 1789-1939, Cambridge, Cambridge University Press, 1983 ; B. Lewis, The Muslim Discovery of Europe, New York, Norton, 1982 ; H. Sharabi, Arab Intellectuals and the West : The Formative Years, 1875-1914, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1970. Sur l’Asie : K. M. Panikkar, Asia and Western Dominance, Londres, George Allen & Unwin, 1953 ; la Chine : Ssu-yü Teng et J. Fairbank (dir.), China´s Reponse to the West. A documentary survey 1839-1923, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1954 ; J. Spence, In Search for Modern China, New York, Norton, 1990 ; le Japon : Meiji Japan through Contemporary Sources, Tokyo, The Centre for East Asian Cultural Studies, 1970 ; J. P. Lehmann, The Roots of Modern Japan, Basingstoke, Macmillan, 1982 ; M. Miyoshi, As We Saw Them : The First Japanese Embassy to the United States (1860), Berkeley, University of California Press, 1979 ; Southeast Asia : A. Reid et D. Marr (dir.), Perceptions of the Past in Southeast Asia, Singapore, Heinemann, 1970.
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[2]
W. Benjamin, Paris, capitale du xix e siècle, Paris, Allia, 2003 [1939].
-
[3]
Cf. A. Kaspi et A. Marès, Le Paris des étrangers, Paris, Imprimerie nationale, 1989.
-
[4]
Cf. notamment D. Lach, Asia in the Making of Europe, Chicago, University of Chicago Press, 1977, vol. 2 ; E. Said, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, 2000 [1993].
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[5]
Le livre d’Edward Said, L’Orientalisme, Paris, Seuil, 1980 [1978], est la meilleure étude générale sur l’orientalisme.
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[6]
P. Bairoch, « The main trends in national economic disparities since the industrial revolution », in P. Bairoch and M. Lévy-Leboyer (dir.), Disparities in Economic Development since the Industrial Revolution, Londres, Macmillan, 1981, pp. 3-17 ; A. Maddison, Phases of Capitalist Development (1982), utilisé ici dans sa version néerlandaise : Ontwikkelingsfasen van het kapitalisme, Utrecht/Antwerpen, Het Spectrum, pp. 20-21.
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[7]
A. Maddison, The World Economy : A Millennial Perspective, Paris, OCDE, 2001, pp. 127, 215 ; F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, xv e-xviii e siècle, Paris, Armand Colin, 1979, vol. 1, pp. 27 sqq.
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[8]
Calculé à partir de W. Woodruff, Impact of Western Man, Londres, Macmillan, 1966, pp. 104, 106.
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[9]
H. Berman, Droit et révolution, Aix-en-Provence, Libraire de l’Université d’Aix-en-Provence, 2002 [1983] (utilisé ici dans l’édition allemande : Recht und Revolution. Die Bildung der westlichen Rechtstradition, Francfort, Suhrkamp, 1991).
-
[10]
Cf. G. Therborn, 1992, op. cit.
-
[11]
N. Ammerman, « North American Fundamentalism », in M. Marty et S. Appleby (dir.), Fundamentalisms Observed, Chicago, University of Chicago Press, 1991, pp. 1-65.
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[12]
Voir les travaux de Stein Rokkan sur les racines historiques et sociales des clivages politiques en Europe : « Eine Familie von Modellen für die vergleichende Geschichte Europas », Zeitschrift für Soziologie, 2, 1980, pp. 118-28, et « Nation-building, cleavage formation and the structuring of mass politics », in S. Rokkan et al. (dir.), Citizens, Elections and Parties, Oslo, Universitetsforlaget, 1970, pp. 72-144 ; Eric Hobsbawm, L’Ère des révolutions : 1789-1848 ; L’Ère du capital : 1848-1875 ; L’Ère des empires : 1875-1914, Paris, Hachette, « Pluriel », 2002 [1962 ; 1975 ; 1987].
-
[13]
L. Stein, Der Sozialismus und Communismus des heutigen Frankreichs, Leipzig, 1842.
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[14]
Quoi que l’on pense de Lénine et des bolcheviques, le caractère ouvrier de la chute du gouvernement provisoire russe et les clivages de classe lors de la guerre civile qui a suivi sont incontestables. Cf. A. Rabinovitch, The Bolsheviks Come to Power, New York, Norton, 1976 ; M. Ferro, La Révolution de 1917, Paris, Aubier, 1976, 2 volumes.
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[15]
J. Armstrong, Nations before Nationalism, Chapel Hill N.C., University of North Carolina Press, 1982.
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[16]
J. Hajnal, « European marriage patterns in perspective », in D. V. Glass et D. E. C. Eversley (dir.), Population in History, Londres, Hodder & Stoughton Educ., 1965. Cf. H. Kaelble, Auf dem Weg zu einer europäischen Gesellschaft, Munich, C. H. Beck, 1987, pp. 18 sqq.
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[17]
P. Bairoch et al., La Population active et sa structure, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, Éditions de l’Institut de sociologie, 1968.
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[18]
Cf. G. Therborn, « Why some classes are more successful than others », New Left Review 138, 1983, pp. 37-55.
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[19]
Calculs à partir de Maddison, op. cit., 1982, p. 225.
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[20]
Braudel, op. cit., p. 26 ; Woodruff, op cit., p. 103.
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[21]
Le nationaliste égyptien Mustafa Kamil, par exemple, écrivit un livre à l’occasion : Le Soleil Levant. A. Hourani, Arabic Thought in the Liberal Age. 1798-1939, Cambridge, Cambridge University Press, 1983, p. 205.
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[22]
A. Gramsci, « Americanism and Fordism », in Selections from Prison Notebooks, Londres Lawrence & Wishart, 1971.
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[23]
Cf. Ch. Maier, Recasting Bourgeois Europe, Princeton, Princeton University Press, 1975, pp. 577 et suiv.
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[24]
A. Maddison, « Economic policy and performance in europe 1913-1970 », in C. Cipolla (dir.), The Fontana Economic History of Europe vol. 5, 2, Londres, Collins/Fontana, 1976, pp. 442-508. Les économies autrichienne, polonaise et tchécoslovaque ont été les plus durement touchées, ibid. p. 458.
-
[25]
Maddison, op. cit., 1982, p. 232.
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[26]
T. Wolfe, Il court, il court, le Bauhaus. Essai sur la colonisation de l’architecture, Paris, Mazarine, 1982 [1981].
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[27]
Cf. P. Anderson, English Questions, Londres, Verso, 1992, pp. 61 sqq.
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[28]
Maddison, op. cit., 1982, pp. 232-33.
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[29]
Ce fut effectivement un problème majeur en Italie et en Belgique, mais il fut avant tout lié à la collaboration des monarchies avec le fascisme plus qu’à la forme d’État adoptée après la guerre.
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[30]
H.-P. Schwarz, Adenauer. Der Aufstieg 1876-1952, Stuttgart, Deutsche-Verlags-Anstalt, 1991 (3e éd.), pp. 559 sqq.
-
[31]
« Das Ahlener Wirtschaftsprogramm der CDU für Nordrhein-Westfalen », in E.-U. Huster et al., Determinanter der westdeutschen Restauration 1945-1949, Francfort, Suhrkamp, 1972, p. 414.
-
[32]
T. Eschenburg, Jahre der Besatzung 1945-49, Stuttgart & Wiesbaden, DVA & Brockhaus, 1983, p. 186.
-
[33]
P. Addison, The Road to 1945, Londres, Quartet Books, 1977, p. 256.
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[34]
S. Nordengren, Economic and Social Targets for Postwar France, Lund, Institute of Economic History, 1972, pp. 82 sqq.
-
[35]
« Publiekrechetlijke Bedrifjs Organisatie », H. J. G. Verhallen et al. (dir.), Corporatism in Nederland, Alphen aan den Rijn, Samsom, 1980, chap. 3 et 4.
-
[36]
Imprimé dans le Listener (Londres), 22 novembre 1945, p. 576. La citation vient de la collection d’essais de Charles Maier, In search of stability, Cambridge, Cambridge University Press, 1987, p. 153.
-
[37]
E. Ragionieri, « La storia politica e sociale », in R. Romato et C. Vivanti (dir.), Storia d’Italia, Turin, Einaudi, vol. 4, 1976, p. 2418.
-
[38]
Z. Brzezinski, The Soviet Bloc, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1960, pp. 26 et 28.
-
[39]
Cette combinaison d’indéfectible loyauté et de critique empreinte d’amertume apparaît très clairement dans les entretiens rétrospectifs menés par T. Toranska avec des leaders communistes polonais d’après-guerre, J. Berman, H. Minc et d’autres : T. Toranska, Oni, Paris, Flammarion, 1986 [1982].
-
[40]
Cf. G. Therborn, « States, populations, and productivity : towards a political theory of Welfare States », in P. Lassman (dir.), Politics and Social Theory, Londres, Routledge, 1989, pp. 74 sqq.
-
[41]
R. Bloch, L’Entreprise remise en question, Paris, LGDJ, 1964.
-
[42]
Cf. A. Shonfield, Modern Capitalism, Londres, Oxford University Press, 1965 ; P. J. Bjerve, Planning in Norway 1947-1956, 1959 ; Nordenstreng, op. cit.
Même si une image claire du monde avancé prémoderne, dans le sens du mot « moderne » employé ici, doit encore être dressée, il n’y a aucun doute que l’Europe a été la pionnière de la modernité et son centre. Ni le monde musulman, ni l’Afrique noire, ni l’Inde, ni l’Est asiatique confucéen ne semblent avoir découvert le futur en tant qu’endroit nouveau, atteignable mais jamais encore visité. Aucun d’entre eux ne semble avoir généré au milieu du second millénaire de notre ère, et au cours des siècles qui ont suivi, d’arguments majeurs selon lesquels le présent était supérieur au passé
.
L’Europe est devenue le centre incontesté de la modernité aussi bien en termes de connaissance que de pouvoir. Au cours des xvii
e et xviii
e siècles, elle dépassa les civilisations chinoise et islamique dans la production des savoirs et développa également une connaissance asymétrique des autres, de leurs langues, de leurs coutumes et de leur géographie. Le savoir légitime était très majoritairement produit en Europe, sans toutefois rejeter les matières premières venues de l’extérieur du continent (des langues orientales aux oiseaux du Galapagos observés par Darwin). À partir de la fin du xv
e siècle, les Européens devinrent les principaux conquérants du monde grâce à la navigation. Les colonies européennes se multiplièrent autour du monde pendant les quatre siècles suivants. L’investissement en capital était avant tout européen, croissant vigoureusement à partir du xviii
e siècle. La centralité européenne était reproduite culturellement par les Lumières, par le Paris d…
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