Chapitre 2. De l’information-spectacle à l’enseignement programmé
- Par Roger Mucchielli
Pages 37 à 62
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Notes
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[1]
Notre système actuel de « formation » des professeurs consiste d’ailleurs à en faire des spécialistes d’une matière d’enseignement sans s’occuper de leur savoir-faire pédagogique.
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[2]
C’est en fonction du même postulat que le cours pour débutants ne peut décemment pas être accepté, dans les universités françaises, par un maître de conférences. Un tel cours sera confié à un enseignant lui-même débutant (jeune assistant de préférence).
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[3]
Dans l’Encyclopédie de la psychologie (Éd. Fernand Nathan) tome « Psychologie et pédagogie », Michel Lobrot écrit : « Des instituteurs, j’ai gardé un souvenir de terreur… J’eus comme maîtres quelques curés sadiques… Leur méthode pédagogique était celle du fouet… » (p. 374).
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[4]
Tous les compléments se trouvent dans le séminaire de Daniel Chevrolet, paru dans cette collection, particulièrement son exposé 2 : l’optimatisation des méthodes expositives.
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[5]
On voit la filiation avec les méthodes audiovisuelles modernes d’apprentissage des langues vivantes.
Nous avons vu ailleurs la classification des communications (cf. l’ouvrage Communication et réseaux de communications, p. 12 et 31 note). Zajonc par exemple (in Psychologie sociale expérimentale, p. 68) distingue en gros trois genres de communication : 1) la communication « incidente » par laquelle on donne à autrui une information sans le savoir ou en ayant une intention autre que celle de lui apprendre quelque chose…; 2) la communication « consommatoire », par laquelle l’émetteur exprime directement son état émotionnel ou affectif, par besoin personnel d’expression ou de soulagement…; 3) la communication « instrumentale », qui vise intentionnellement et expressément un but, cherche à produire un effet déterminé sur le récepteur, et est capable de se modifier pour s’adapter au récepteur et atteindre par là son objectif.
Selon cette classification, la communication pédagogique est, de toute évidence, instrumentale.
Son but est de produire, de provoquer ou d’induire, un changement chez le « récepteur ». Par là, elle doit s’adapter au récepteur, elle doit tenir compte de tout un ensemble de conditions de la réception et du changement…, afin d’accomplir son but de manière optima.
De ce point de vue, les divers modes de la communication pédagogique peuvent être évalués en termes d’efficacité (par rapport au résultat qui doit être un changement chez le récepteur).
La simple définition de la communication pédagogique comme instrumentale suffit déjà à renvoyer au néant pédagogique toute forme de communication « incidente » (celle qui parle d’autre chose que ce qui doit être enseigné, celle qui apprend apprend autre chose que ce qu’elle dit), et toute forme de communication « consommatoire » (celle où l’émetteur parle pour parler, par narcissisme et plaisir à s’écouter lui-même, pour faire admirer sa science ou sa personne, ou tout simplement celle où l’émetteur est hermétique et inintelligible)…
Date de mise en ligne : 12/01/2024
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