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Le relativisme de La Mothe le Vayer et « La Sagesse » de Charron

Pages 49 à 65

Citer ce chapitre


(1998). Le relativisme de La Mothe le Vayer et « La Sagesse » de Charron. Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle (p. 49-65). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-49?lang=fr.

« Le relativisme de La Mothe le Vayer et “La Sagesse” de Charron ». Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle, Presses Universitaires de France, 1998. p.49-65. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-49?lang=fr.

1998. Le relativisme de La Mothe le Vayer et « La Sagesse » de Charron. In :
  • CHARLES-DAUBERT, Françoise,
Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Philosophies, p.49-65. URL : https://shs.cairn.info/les-libertins-erudits-en-france-au-XVIIe-siecle--9782130493457-page-49?lang=fr.

Notes

  • [1 ]
    P. Charron. La Sagesse, op. cit.. II. 5. p. 127. Dans la Théologie naturelle, éd. 1641, p. 395. Yves de Paris fait écho à la démarche de Charron reprise par les libertins : « Les libertins, écrit-il, contemplent la diversité des sectes et, sur ce qu’elles disent toutes être vraies, révélées de Dieu. autorisées de miracles, ils tiennent que sur cette égale contestation, un homme sage doit suspendre son jugement. ne rien croire, douter de tout dans le secret de son âme, quoique, pour ne point attirer sur soi les inimitiés du peuple. il donne un bel extérieur aux cérémonies. »
  • [2]
    P. Charron, La Sagesse, op. cit., p. 128.
  • [3]
    Ibid.. p. 135.
  • [4]
    Ibid.. p. 136.
  • [5]
    Ibid., p. 137.
  • [6]
    Ibid.. p. 145.
  • [7]
    De la Sagesse, op. cit., p. 152-153.
  • [8]
    Ibid., p. 153.
  • [9]
    Ibid., p. 137.
  • [10]
    Pyrrhonien : adepte de la philosophie de Pyrrhon, philosophe grec, premier maître de l’école sceptique pour qui la raison ne pouvait atteindre le vrai. Les opinions humaines étant toutes entachées d’erreur, il concluait à la nécessité de suspendre son jugement. Aux XVIIe et XVIIIe siècles où l’amalgame se fait entre scepticisme philosophique et scepticisme religieux, le mot pyrrhonien devient synonyme d’incroyant. voire d’athée.
  • [11]
    P. Charron, De la Sagesse, op. cit., II. 5. p. 119-120. La Mothe le Vayer se réfère précisément à ce passage dans son « Dialogue sur le sujet de la divinité », in Dialogues faits à l’imitation des Anciens (Cinq autres dialogues du mesme autheur), Paris. Fayard (Corpus des œuvres de philosophie en langue française). 1988, cf. p. 339 et 342.
  • [12]
    J.Acosta. Histoire naturelle et morale des Indes tant orientales qu’occidentales, Paris. Marc Orry, 1600.
  • [13]
    La Mothe le Vayer. « Dialogue sur le sujet de la divinité », op cit,. p. 316.
  • [14]
    La Mothe le Vayer. « Dialogue sur le sujet de la divinité », op cit., p. 320 ; la prescience divine.
  • [15]
    On ne peut que rappeler ici les célèbres variations de Pascal (Pensées, 294) sur un thème de Montaigne, celui-là même que reprennent Charron et La Mothe le Vayer. Et l’on notera, par parenthèse, qu’à côté des réponses que Descartes et Pascal apportent à la pensée de Montaigne, il convient de prendre en compte les analyses du libertinage érudit qui la prolongent. On verra sur ce point : Léon Brunschvicg, Descartes et Pascal lecteurs de Montaigne, Agora. « Les Classiques », 1995 (Boudry, Neufchâtel, Éditions La Baconnière. 1942-1945).
  • [16]
    Sur cet auteur on consultera la notice en fin de volume.
  • [17]
    La Mothe le Vayer, « Dialogue sur le sujet de la Divinité », op. cit., p. 339.
  • [18]
    P. Charron. De la Sagesse, op. cit., p. 149 et 150.
  • [19]
    F. La Mothe le Vayer, « Dialogue sur le sujet de la Divinités, op. cit., p. 330-331.
  • [20]
    Ce « scepticisme chrétien »est censé purger l’âme de toute connaissance la préparant ainsi pour la foi. On verra sur ce point le Dialogue sur le sujet de la Divinité. op. cit., p. 306 à 312.
  • [21]
    Yves de Paris, La théologie naturelle, où les premieres véritez de la Foy sont eclaircies par raisons sensibles et moralles, Paris. Vve Nicolas Buon, 1633-1636, t. II, chap. 2, p. 28-29, note. On a choisi ici Yves de Paris pour le style auquel semble répondre Cyrano de Bergerac, mais il est représentatif de l’attitude générale des théologiens sur ce point.
  • [22]
    F. La Mothe le Vayer. « Dialogue de la philosophie sceptique », Quatre dialogues faits il l’imitation des Anciens par Orasius Tubero. in Dialogues faits il l’imitation des Anciens, op. cit., p. 58.
  • [23]
    S. Cyrano de Bergerac, in F. Lachèvre, Les œuvres libertines de Cyrano de Bergerac, op. cit.. p. 13-14. On peut voir aussi l’édition de poche GF de l’Autre Monde, p. 37 L’inspiration du passage est proche de celle de Charron, De la Sagesse, op. cit., I, 42, p. 306. qui suit Montaigne : « Après cela, l’homme croit que le ciel. les étoiles, tout ce grand mouvement céleste et branle du monde, n’est fait que pour lui. [...] Et le pauvre misérable est bien ridicule. Il est ici-bas logé au dernier et pire étage de ce monde, plus éloigné de la voûte céleste, en la cloaque et sentine de l’univers. avec la bourbe et la lie. [...] et se fait croire qu’il est le maître commandant à tout. »
  • [24]
    F. La Mothe le Vayer. « Dialogue sur le sujet de la Divinité », op. cit., p. 310.
  • [25]
    Ibid.

Si La Mothe le Vayer est un authentique auteur libertin, la situation de Charron, on l’a vu, est différente. Il reste que le théologal de Comdon, quelles qu’aient été ses intentions, est l’une des sources que le libertinage érudit a le plus exploitées, et c’est en cela qu’il nous intéresse. La Sagesse est l’un des ouvrages les plus lus et les plus souvent réédités tout au long du XVIIe siècle. Elle est présente en filigrane presque partout dans la pensée des auteurs libertins ; nous ferons apparaître ce filigrane chaque fois que cela pourra aider à comprendre ces auteurs.
Charron traite de la vraie piété, mais aussi de la religion et de la superstition et des excès qu’elles engendrent, au livre II, chapitre 5 de La Sagesse, qui sera longuement pillé et glosé par les libertins. La fortune de ce plaidoyer célèbre contre la superstition sera grande : il inspirera Spinoza dans la préface du Traité théologico-politique et Bayle dans les Pensées sur la comète. Il s’agit d’un texte fort où la position de Charron peut sembler ambiguë ; mais ses lecteurs n’ont pas hésité sur l’interprétation qu’il fallait en donner : toutes les religions sont infiltrées de superstition. La distinction entre la vraie religion et les fausses est faible chez Charron, dans La Sagesse, malgré des protestations qui vont à l’encontre de sa démonstration, ce qui autorise l’interprétation de ses lecteurs. Dans le chapitre 5 du livre II, Charron montre l’origine historique des religions, le fait qu’elles se ressemblent toutes et sont d’origine humaine : « La nation, le pays, le lieu, donne la religion…


Date de mise en ligne : 01/12/2016

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