« Ian Hamilton Finlay. 1789-1794 »
n° 2, mars 1990
- Par Yves Abrioux
Pages 890 à 892
Citer ce chapitre
- ABRIOUX, Yves,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
- Abrioux, Yves.
- Abrioux, Y.
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- Abrioux, Y.
- Abrioux, Yves.
- ABRIOUX, Yves,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
Via Ian Hamilton Finlay, la Kunsthalle de Hambourg accueillait cinq années de Révolution française et trente siècles, ou peu s’en faut, de néoclassicisme. La rencontre a porté ses fruits.
Finlay est un artiste dont on commence à connaître les positions. Dans notre vingtième siècle finissant, il s’inspire de la Révolution pour réaffirmer un certain nombre de valeurs éthiques et esthétiques. Instrument de ses investigations : un néoclassicisme révolutionnaire.
Situé à l’entrée de l’exposition hambourgeoise, un chapiteau monumental rappelait que (selon l’anecdote de Vitruve) un panier envahi par une pousse d’acanthe après avoir été oublié à proximité de la tombe d’une jeune fille aurait servi de modèle au motif gravé sur les chapiteaux corinthiens. Vie (l’acanthe) et mort (la jeune fille) présideraient donc conjointement à la genèse culturelle ; la perfection classique résulterait d’une tension indécidable entre la finitude de la forme et des forces qui la dépassent. Au dire d’un fragment pythagoricien gravé sur le chapiteau de Finlay, la limite et l’illimité régissent ensemble l’harmonie du monde.
C’est une telle dialectique sans fin possible qui depuis plus d’un quart de siècle inspire les travaux de l’artiste. Voilà qui explique pourquoi le pouvoir évocateur (rarement égalé dans l’art contemporain) qui émane de ses œuvres, aux formes particulièrement pures. Voilà aussi en quoi le militant néoclassique d’aujourd’hui reste fidèle à l’esprit d’une poésie concrète (genre que ce même Finlay illustra naguère si brillamment)…
Date de mise en ligne : 12/02/2026
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