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6. Nouvelles représentations et nouveaux combats

Pages 285 à 352

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  • Charle, C.
(2014). 6. Nouvelles représentations et nouveaux combats. Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle : Essai d'histoire comparée (p. 285-352). Le Seuil. https://shs.cairn.info/les-intellectuels-en-europe-au-xixe-siecle-essai-d-histoire-comparee--9782020239578-page-285?lang=fr.

  • Charle, Christophe.
« 6. Nouvelles représentations et nouveaux combats ». Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle Essai d'histoire comparée, Le Seuil, 2014. p.285-352. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-intellectuels-en-europe-au-xixe-siecle-essai-d-histoire-comparee--9782020239578-page-285?lang=fr.

  • CHARLE, Christophe,
2014. 6. Nouvelles représentations et nouveaux combats. In : Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle Essai d'histoire comparée. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.285-352. URL : https://shs.cairn.info/les-intellectuels-en-europe-au-xixe-siecle-essai-d-histoire-comparee--9782020239578-page-285?lang=fr.

Notes

  • [1]
    L’Empire des tsars et les Russes [1re éd. 1881-1882, 4e éd. 1898], nlle éd., Paris, Laffont, « Bouquins », 1990, p. 828.
  • [2]
    Correspondance, tome 7, p. 209, cité par M. Cadot, « Tchekhov et l’Affaire », in G. Leroy (éd.), Les Écrivains et l’Affaire Dreyfus, Paris, PUF, 1983, p. 89.
  • [3]
    Chronologie proposée par M. Confino dans « Idéologies et mentalités. Intelligentsia et intellectuels en Russie aux xviiie-xixe siècles », article publié en 1972 dans Daedalus, repris en français dans Société et Mentalités collectives en Russie sous l’Ancien Régime, Paris, Institut d’études slaves, 1991, p. 389-422, notamment p. 401-402. L’auteur y conteste la thèse classique faisant remonter l’intelligentsia à la génération précédente ; vue confirmée par L. Luks, « Intelligencija und Revolution. Geschichte eines siegreichen Scheiterns », Historische Zeitschrift, t. 249, 1989, p. 265-294.
  • [4]
    F. Venturi, Les Intellectuels, le Peuple et la Révolution, Histoire du populisme russe au xixe siècle [1952], trad. française, Paris, Gallimard, 1972, t. 1, p. 524-525.
  • [5]
    C.A. Ruud, Fighting Words. Imperial Censorship and the Russian Press, 1804-1906, Toronto, Toronto U. P., 1982, p. 99-194.
  • [6]
    A. Besançon, Éducation et Société en Russie dans le second tiers du xixe siècle, Paris, La Haye, Mouton, 1974.
  • [7]
    Sur toute cette histoire intellectuelle et politique des premières générations de l’intelligentsia, cf. le livre classique de F. Venturi, op. cit. A compléter, pour une approche plus sociale, par D.R. Brower, Training the Nihilists. Education and Radicalism in Tsarist Russia, Ithaca, Londres, Cornell U.P., 1975.
  • [8]
    G. Haupt, « Rôle de l’exil dans la diffusion de l’image de l’intelligentsia révolutionnaire », Cahiers du monde russe et soviétique, 1978, XIX (3), p. 235-249 ; M. Confino, art. cité, p. 412.
  • [9]
    L’écrivain le plus connu, lié de plus en plus à la défense de la réaction par haine des excès de l’intelligentsia révolutionnaire et de l’Occident, est Dostoïevski. Dans sa jeunesse, il avait pourtant participé à un complot contre le régime et été envoyé en exil en Sibérie.
  • [10]
    Paris, Savine, 1886, p. 274-275 : on notera l’orthographe fautive et l’absence de traduction française du terme.
  • [11]
    O.W. Müller, Intelligencija. Untersuchungen zur Geschichte eines politischen Schlagwortes, Francfort, Athenäum, 1971, p. 327 sq.
  • [12]
    F. Venturi, op. cit., t. 2, p. 834 sq.
  • [13]
    Cf. les articles de C. Weill, « Les étudiants russes en Allemagne 1900-1914 », Cahiers du monde russe et soviétique, XX, 2, 1979, p. 203-225 ; « “La question des étrangers” : les étudiants russes en Allemagne, 1900-1914 », Le Mouvement social, 120, 1982, p. 77-94 ; « Convivialité et sociabilité des étudiants russes en Allemagne (1900-1914) », Cahiers du monde russe et soviétique, XXXII, 3, 1991, p. 349-368 ; R.C. Williams, Culture in Exile. Russian Emigrés in Germany, 1881-1941, Ithaca, Londres, Cornell U.P., 1972.
  • [14]
    C. Weill, Marxistes russes et Social-démocratie allemande 1898-1904, Paris, Maspero, 1977, p. 41 sq.
  • [15]
    G. Haupt, art. cité, p. 245-248.
  • [16]
    G. Aucouturier et C. Menuet, Album Dostoïevski, Paris, Gallimard, 1975, p. 274-288.
  • [17]
    Zola a démarqué ici les œuvres et les propos de son ami Tourgueniev (Pères et Fils, Terres vierges), d’après la notice d’Henri Mitterand, Les Rougon-Macquart, Paris, Gallimard, Pléiade, 1970, t. 3, p. 1846-1847. Tourgueniev lui-même connaissait personnellement des exilés russes à Paris et avait suivi certains procès (H. Granjard, Ivan Tourgueniev et les Courants politiques et sociaux de son temps, Paris, Institut d’études slaves, 1966, p. 415-439).
  • [18]
    C. de Grunwald, Société et Civilisation russes au xixe siècle, Paris, Le Seuil, 1975, p. 269-271 ; Album Dostoïevski, op. cit., p. 346.
  • [19]
    Cette idée reçue chez les responsables russes et dans l’opinion publique russe ou occidentale est contredite par les enquêtes sociales récentes des historiens : cf. J. Mac Clelland, Autocrats and Academics, Chicago, The University of Chicago Press, 1979, p. 106 sq., et D.R. Brower, op. cit., p. 42 : en fait, les étudiants d’origine supérieure sont surreprésentés parmi les adhérents aux mouvements révolutionnaires, si l’on compare leur recrutement à la sociologie d’ensemble du groupe étudiant.
  • [20]
    Cf. D.R. Brower, « Social Stratification in Russian Higher Education », in K.H. Jarausch (éd.), The Transformation of Higher Learning (1860-1930), Stuttgart, Klett-Cotta, 1983, p. 254 ; S.D. Kassow, Students, Professors and the State in Tsarist Russia, Berkeley, UCLA Press, 1989.
  • [21]
    J. Mac Clelland, op. cit., p. 32 et 64-66.
  • [22]
    C.A. Ruud, op. cit., p. 212-233.
  • [23]
    G. Nivat, « Le statut de l’écrivain en Russie », in E. Etkind, G. Nivat et al. (dir.), Histoire de la littérature russe. Le xxe siècle*. L’âge d’argent, Paris, Fayard, 1987, p. 648-653.
  • [24]
    Depuis la fin des années 1880, Tolstoï inspire les intellectuels occidentaux à la recherche d’authenticité en Allemagne et en France, cf. Th.S. Lindstrom, Tolstoï en France 1886-1910, Paris, Institut d’études slaves, 1952. En 1910, ses obsèques donnent lieu en Russie à une manifestation politique étudiante de grande ampleur (J. Mac Clelland, op. cit., p. 96).
  • [25]
    Tchekhov est le premier à avoir vu cette parenté, quand il traduit directement le mot « intellectuels » lors du « manifeste des Intellectuels » de janvier 1898 par le terme russe homologue (lettre du 23 janvier à Batjuskov, citée dans M. Confino, art. cité, p. 415) ; dans une autre lettre, il écrit : « Toute l’intelligentsia européenne est du côté de Zola » (lettre à son frère citée ibid.).
  • [26]
    On se reportera ici, pour le détail des analyses empiriques, à mon ouvrage, Naissance des « intellectuels » (1880-1900), Paris, Éd. de Minuit, 1990, chap. 1.
  • [27]
    A. Leroy-Beaulieu, op. cit., p. 830. Ce passage n’existe pas dans la première édition et traduit la peur sociale des années 1890. L’auteur fait référence en note à un article sur l’Autriche (« Le paupérisme dans les universités allemandes », Revue internationale de l’enseignement, 1885, t. 10, p. 264-275) et à la phrase déjà citée de Bismarck sur le prolétariat des bacheliers.
  • [28]
    A. Herzen a noté dans ses Mémoires que, dans les années 1840, le débat littéraire servait en Russie de succédané au débat politique (A. Herzen, Passé et Méditations, trad. française, Lausanne, L’Age d’homme, 1976, t. 2, p. 165).
  • [29]
    Cf. les essais politiques ou les écrits historiques de Renan (La Réforme intellectuelle et morale en 1871), ou de Taine (Les Origines de la France contemporaine [1876-1893]).
  • [30]
    Les résultats d’ensemble sont présentés dans C. Charle, Les Élites de la République (1880-1900), Paris, Fayard, 1987, Histoire sociale de la France au xixe siècle, Paris, Le Seuil, 1991, et La République des universitaires (1870-1940), Paris, Le Seuil, 1994, ainsi que par J. Estèbe, Les Ministres de la République (1871-1914), Paris, Presses de la FNSP, 1982.
  • [31]
    Ch. Péguy, Notre jeunesse [1910] : « Le prophète, en cette grande crise d’Israël et du monde, fut Bernard-Lazare » (Œuvres en prose 1909-1914, éd. de Marcel Péguy, Paris, Gallimard, Pléiade, 1968, p. 551).
  • [32]
    Pour plus de détails sur la composition comparée des deux camps, voir C. Charle, Naissance des « Intellectuels », op. cit., chap. 5.
  • [33]
    Cf., notamment, les écrits de G. Sorel (La Révolution dreyfusienne) et d’É. Berth (Les Méfaits des intellectuels) (cf. C. Prochasson, Les Intellectuels, le Socialisme et la Guerre (1900-1938), Paris, Le Seuil, 1992, p. 32-34).
  • [34]
    Cf. L. Mercier, Les Universités populaires : 1899-1914. Éducation populaire et mouvement ouvrier au début du siècle, Paris, Éditions ouvrières, 1986.
  • [35]
    On retrouve dans la « Société des amis du peuple russe et des peuples annexés » fondée après le « dimanche rouge » (9/22 janvier 1905) les ténors du dreyfusisme : cf. S. Cœuré, « De la Sainte Russie à l’URSS (1905-1920) : les réactions russes à travers le Maîtron », dans N. Racine et M. Trebitsch (éd.), Intellectuels engagés d’une guerre à l’autre, Cahier de l’IHTP, n° 26, mars 1994, p. 219-232, notamment p. 220-222 ; sur l’affaire Ferrer, V. Robert, « “La protestation universelle” lors de l’exécution de Ferrer, les manifestations d’octobre 1909 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 36, avr.-juin 1989, p. 245-265.
  • [36]
    Fanny’s First Play [1911] (The Bodley Head Bernard Shaw Collected Plays, Londres, Max Reinhardt, 1972, vol. IV, p. 359-360, cité en épigraphe de S. Collini, Public Moralists : Political Thought and Intellectual Life in Britain 1850-1930, Oxford, Clarendon Press, 1991).
  • [37]
    Cf. P. Allen, « The Meanings of “an Intellectual” : Nineteenth- and Twentieth-Century English Usage », University of Toronto Quarterly, 55, 1986, p. 342-358.
  • [38]
    Cf. S. Collini, op. cit., chap. 1.
  • [39]
    Il n’existe pas en Angleterre, comme sur le continent, de véritables académies, les Royal Societies étant largement ouvertes aux amateurs. La première institution qui porte ce nom, la British Academy (équivalent de l’Académie des sciences morales et politiques française), n’est fondée qu’en 1902, sur l’initiative privée d’un certain nombre d’universitaires. Il s’agit de pouvoir participer aux réunions de l’Association internationale des académies qui prend de l’importance à cette époque pour développer la coopération intellectuelle européenne (S. Collini, ibid., p. 21-27).
  • [40]
    En particulier contre le régime foncier anglais, cf. H. Perkin, The Rise of Professional Society, England since 1880, Londres, New York, Routledge, 1989, p. 134.
  • [41]
    Cf. A.J. Mayer, La Persistance de l’Ancien Régime. L’Europe de 1848 à la Grande Guerre, Paris, Flammarion, 1983, rééd. « Champs », 1991 ; H.-U. Wehler (éd.), Europäischer Adel 1750-1950, Goettingen, Vandenhoeck et Ruprecht, 1990 ; Les Noblesses européennes aux xixe et xxe siècles, Rome, Université de Milan, École française de Rome, 1988.
  • [42]
    R.D. Anderson, « Universities and Elites in Modern Britain », History of Universities, vol. X, 1991, p. 225-250 ; S. Collini, op. cit., p. 205 sq. ; D.K. Müller, F.K. Ringer et B. Simon (éd.), The Rise of the Modern Educational System, Structural Change and Social Reproduction 1870-1920, Cambridge, Paris, Cambridge U.P., Éd. de la M.S.H., 1989.
  • [43]
    S. Collini, op. cit., p. 220-221.
  • [44]
    Cf. D. Knight, The Age of Science. The Scientific World-View in the Nineteenth-Century, Oxford, Basil Blackwell, 1986, et D.S.L. Cardwell, The Organization of Science in England. A Retrospect, Londres, Heinemann, 1957 ; S. Shapin et A. Thackray, « Prosopography as a Research Tool in History of Science : The British Scientific Community 1700-1900 », History of Science, XII, 1974, p. 1-28, en particulier p. 5 ; T.W. Heyck, The Transformation of Intellectual Life in Victorian England, Londres, Croom, Helm, 1982, p. 89 sq.
  • [45]
    Sur ce statut incertain de la sociologie en Angleterre, cf. l’étude comparative de Wolf Lepenies, Les Trois Cultures. Entre science et littérature, l’avènement de la sociologie, trad. française, Paris, Éd. de la M.S.H., 1990, notamment p. 144 sq., et L. Goldman, « A Peculiarity of the English ? The Social Science Association and the Absence of Sociology in Nineteenth-Century Britain », Past and Present, t. 114, 1987, p. 132-171.
  • [46]
    W. Wolfe, From Radicalism to Socialism : Men and Ideas in the Formation of Fabian Socialist Doctrines 1881-1889, New Haven (Connecticut), Yale U.P., 1975.
  • [47]
    E. Hobsbawm, « The Fabians Reconsidered », in Labouring Men. Studies in the History of Labour, Londres, Weidenfeld & Nicholson, 1964, p. 250-271, en particulier, p. 268, la statistique sociale qu’il donne des premiers membres de la société Fabienne. Sur un échantillon de 197 membres londoniens en 1892 dont on peut déterminer la profession, on ne dénombre que 54 travailleurs, contre 143 issus de la bourgeoisie ou des classes moyennes, 30 % étant des intellectuels (journalistes, écrivains, enseignants).
  • [48]
    Cf. L. Radice, Beatrice and Sidney Webb Fabian Socialists, Londres, Macmillan, 1984, p. 49 sq.
  • [49]
    J.-Cl. Amalric, Bernard Shaw. Du réformateur victorien au prophète édouardien, Paris, Didier, 1977, p. 36-48 ; J.-P. Vernier, H.G. Wells et son temps, Rouen, Presses universitaires de Rouen, 1971, p. 43-63.
  • [50]
    L. Radice, op. cit., p. 157 sq.
  • [51]
    Letters of S. et B. Webb, Cambridge, Cambridge U.P., 1978, t. I, p. 101, cité par S. Collini, op. cit., p. 50.
  • [52]
    H. Perkin, op. cit., p. 121, et S. Collini, op. cit., p. 156.
  • [53]
    Cf. A.O. Hirschman, Deux Siècles de rhétorique réactionnaire, trad. française, Paris, Fayard, 1990.
  • [54]
    S. Collini, « Intellectuals in Britain and France in the Twentieth Century : Confusions, Contrasts and Convergence ? » in J. Jennings (éd.), Intellectuals in Twentieth Century France, Mandarins and Samurais, Londres, New York, St Martin’s Press, 1993, p. 199-225.
  • [55]
    Cf., respectivement, J.A. Hall, « The Curious Case of the English Intelligentsia », British Journal of Sociology, vol. 30, n° 3, sept. 1979, p. 290-306 ; M.S. Hickox, « Has There Been a British Intelligentsia ? », ibid., vol. 37, n° 2, 1986, p. 260-268 ; S. Collini, op. cit. ; H. Perkin, op. cit. On retrouve dans ces diverses conceptions le phénomène du test projectif des définitions des intellectuels déjà évoqué dans l’introduction.
  • [56]
    S. Collini, op. cit., p. 234-235.
  • [57]
    S. Koss (éd.), The Pro-Boers : The Anatomy of an Anti-War Movement, Chicago, The University of Chicago Press, 1973.
  • [58]
    M. Cornick, « La réception de l’Affaire en Grande-Bretagne », in M. Drouin (dir.), L’Affaire Dreyfus de A à Z, Paris, Flammarion, 1994, p. 575-580.
  • [59]
    En 1890-1891, il y a 17 484 élèves dans le secteur religieux contre 11 337 dans les établissements d’État (tiré de M. Artola (dir.), Enciclopedia de historia de España, Madrid, Alianza Editorial, 1993, t. VI, p. 804).
  • [60]
    C. Serrano, « Les intellectuels en 1900 : une répétition générale », in C. Serrano et S. Salaün (éd.), 1900 en Espagne, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1988, p. 69 ; J.-L. Guereña, « L’Université en Espagne vers 1900 », in C. Charle, E. Keiner, J. Schriewer (éd.), A la recherche de l’espace universitaire européen, Francfort, Peter Lang, 1993, p. 113.
  • [61]
    Sur Clarín, introduction de la traduction française de La Régente par Y. Lissorgues, Paris, Fayard, 1987, p. 9 ; extrait de lettre cité dans Y. Turin, Miguel de Unamuno universitaire, Paris, SEVPEN, 1962, p. 19.
  • [62]
    C. Serrano, art. cité, p. 79-80.
  • [63]
    J.-L. Guereña, « L’Université espagnole à la fin du xixe siècle. Approche sociologique du corps professoral », in J.-L. Guereña, È.-M. Fell, J.-R. Aymes (éd.), L’Université en Espagne et en Amérique Latine du Moyen Age à nos jours, Tours, Publications de l’université de Tours, 1991, I, p. 233.
  • [64]
    Cette affaire connaît aussi un grand écho en France, cf. V. Robert, « “La protestation universelle” lors de l’exécution de Ferrer, les manifestations d’octobre 1909 », art. cité.
  • [65]
    Cf. D. Bering, Die Intellektuellen. Geschichte eines Schimpfwortes, Stuttgart, Klett, 1978, p. 69-70, et l’article de G. Krumeich, « Die Resonanz der Dreyfus-Affäre im Deutschen Reich », in G. Hübinger et W.J. Mommsen (éd.), Intellektuelle im Deutschen Kaiserreich, Francfort, Fischer Taschenbuch Verlag, 1993, p. 13-32 (version résumée en français du même auteur in M. Drouin, op. cit., p. 530-535).
  • [66]
    Cf. la mise au point de J. Le Rider, « Kultur contre civilisation : histoire et actualité d’une opposition franco-allemande », Paragrana, 3, Berlin, Akademie Verlag, 1994, n° 1, p. 121-134. Sur le handicap de l’origine étrangère : M. Stark (éd.), Deutsche Intellektuelle 1910-1933, Heidelberg, Verlag Lambert Schneider, 1984, p. 17.
  • [67]
    Cf. les textes du recueil de M. Stark, ibid.
  • [68]
    G. Hübinger et W.J. Mommsen (éd.), op. cit. ; F.K. Ringer, « The German Academic Community 1870-1920 », Internationales Archiv für Sozialgeschichte der deutschen Literatur, 1978, 3, p. 108-129, et surtout The Decline of the German Mandarins, Cambridge (Mass.), Harvard U.P., 1969.
  • [69]
    Lafargue, gendre de Marx, est un ancien étudiant en médecine ; Guesde est un journaliste ; Jaurès a suivi la filière universitaire la plus classique (École normale supérieure, agrégation de philosophie, doctorat ès lettres) avant de devenir parlementaire.
  • [70]
    C. Prochasson, op. cit., notamment p. 24-25, et C. Charle, Naissance des « intellectuels », op. cit., p. 228, sur l’article de Kautsky, « Le socialisme et les carrières libérales » publié d’abord dans la Neue Zeit et traduit dans la revue socialiste française Le Devenir social (n° 2, mai 1895). On a vu plus haut les liens militants existant entre les sociaux-démocrates allemands exilés et l’intelligentsia révolutionnaire russe émigrée en Suisse. Kautsky a fréquenté les milieux russes en 1879 à Zurich (I. Gilcher-Holthey, Das Mandat des Intellektuellen. Karl Kautsky und die Sozialdemokratie, Berlin, Im Siedler Verlag, 1986, p. 20 sq.).
  • [71]
    Sur cet épisode, cf. H. Berding, Histoire de l’antisémitisme en Allemagne [1988], trad. française, Paris, Éd. de la M.S.H., 1991, p. 104-106, et W. Boehlich (éd.), Der Berliner Antisemitismusstreit, Francfort, Sammlung Insel, 1965.
  • [72]
    Th. Mommsen, « Auch ein Wort über unser Judentum » [1880], repris dans Reden und Aufsätze, Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1905, p. 410-426, ici, p. 414 (traduit par moi).
  • [73]
    É. Zola, « Procès-verbal », repris dans L’Affaire Dreyfus. La Vérité en marche, Paris, Garnier-Flammarion, 1969, p. 85.
  • [74]
    Sur tout ceci, cf. St. L. Wolff, « Der Fall des Physikers Leo Arons », in T. Buddensieg, K. Duwell et al. (éd.), Wissenschaft in Berlin, vol. Gedanken, Berlin, Mann, 1987, p. 77-80 ; D. Fricke, « Der Fall Leo Arons », Zeitschrift für Geschichtswissenschaft, t. 8, 1960, p. 1069-1107.
  • [75]
    J. Craig, Scholarship and Nation Building. The Universities of Strasbourg and Alsatian Society 1870-1939, Chicago, The University of Chicago Press, 1984, p. 145-158.
  • [76]
    T. Mommsen, « Universitätsunterricht und Konfession », in Münchener Neueste Nachrichten, 15 et 24 novembre 1901, repris dans Reden und Aufsätze, op. cit., p. 432-436 ; cf. aussi L. Wickert, Theodor Mommsen. Eine Biographie, Francfort, Vittorio Klostermann, 1980, t. IV, p. 195-197.
  • [77]
    G.D. Stark, « Censorship and Literary Life », Internationales Archiv für Sozialgeschichte der deutschen Literatur, t. 17, n° 2, 1992, p. 138-149.
  • [78]
    R.J.V. Lenman, « Art, Society and the Law in Wilhelmine Germany : The Lex Heinze », Oxford German Studies, vol. 8, 1973, p. 86-113, et P. Jelavitch, Munich and Theatrical Modernism, Politics, Playwriting, and Performance, 1890-1914, Cambridge (Mass.), Harvard U.P., 1985, p. 143-149.
  • [79]
    La position à part de Mommsen s’explique par le fait qu’il se rattache à une génération plus ancienne. En tant que quarante-huitard, il a subi dans sa trajectoire universitaire les effets politiques de ses prises de position (il a perdu son poste à Leipzig lors de la phase de réaction). Mommsen reste donc attaché aux libertés intellectuelles. Il dispose aussi d’une notoriété qui dépasse les frontières de sa discipline comme en témoigne le fait qu’il est le premier écrivain allemand titulaire du prix Nobel de littérature.
  • [80]
    B. vom Brocke, « Professoren als Parlamentarier », in K. Schwabe (éd.), Deutsche Hochschullehrer als Elite, Boppard-sur-le-Rhin, Harald Boldt Verlag, 1988, p. 55-92, et R. vom Bruch, « Historiker und Nationalökonomen im wilhelminischen Deutschland », ibid., p. 105-150 ; 1,7 % seulement des députés au Reichstag de 1912 sont des universitaires (R. vom Bruch, Wissenschaft, Politik und öffentliche Meinung, Husum, Matthiesen, 1980, p. 59) ; pour les journalistes, cf. J. Requate, Journalismus als Beruf. Entstehung und Entwicklung des Journalistenberufs im 19. Jahrhundert Deutschland im internationalen Vergleich, Goettingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1995, p. 291 sq. : entre 1867 et 1918, 250 députés au Reichstag sur 2 800 sont journalistes et la moitié sont des sociaux-démocrates, donc de faux journalistes. La proportion des doubles carrières est beaucoup plus élevée en France.
  • [81]
    F. Langer, « Die Abkehr der Gebildeten von der Politik. Werner Sombart und der Morgen », in G. Hübinger et W.J. Mommsen (éd.), op. cit., p. 62-77.
  • [82]
    R. vom Bruch, op. cit., p. 66.
  • [83]
    R. Pascal, From Naturalism to Expressionism. German Literature and Society 1880-1918, Londres, Weidenfeld & Nicholson, 1973, p. 177-178.
  • [84]
    Preussische Jahrbücher, 89, 1897, p. 47, cité par R. vom Bruch, Weltpolitik als Kulturmission. Auswärtige Kulturpolitik und Bildungsbürgertum in Deutschland am Vorabend des Ersten Weltkriegs, Paderborn, F. Schöningh, 1982, p. 52-53.
  • [85]
    F. Livi, « Le “Saut vital”. Le monde littéraire italien à Paris 1900-1914 », in A. Kaspi et A. Marès (dir.), Le Paris des étrangers, Paris, Imprimerie nationale, 1989, p. 312-327, et G. Bosetti, « L’axe Paris-Florence dans la culture italienne de l’entre-deux-guerres », in Paris et le phénomène des capitales littéraires, Paris, Université de Paris-IV, 1984, t. II, notamment p. 790-794.
  • [86]
    F. Roche-Pezard, L’Aventure futuriste 1909-1916, Rome, École française de Rome, 1983, p. 63.
  • [87]
    R. Romanelli, « La bourgeoisie italienne entre modernité et tradition : ses rapports avec l’État après l’unification », Mélanges de l’École française de Rome, t. 97, 1985, 1, p. 303-323, en particulier p. 312, et du même auteur, « In Search of an Italian Bourgeoisie : Trends in Social History », communication inédite à la table ronde sur la bourgeoisie du XVIIIe Congrès international des sciences historiques, Montréal, 1995.
  • [88]
    Cf. A. Körner, « Bologna : Leitkulturen im Spannungsfeld von Bürgersinn und Wirtschaftsinteressen. Der Kampf um die regionale Presse vor dem Ersten Weltkrieg », in R. Kannonier et H. Konrad (éd.), Urbane Leitkulturen 1890-1914, Vienne, Verlag für Gesellschaftskritik, 1995, p. 123-153.
  • [89]
    R. Michels, Le Prolétariat et la Bourgeoisie dans le mouvement socialiste italien [1908], trad. française, Paris, Giard, 1921, p. 85, 92 et 97 ; T. Tomasi et L. Bellatalla, L’Università italiana nell’Età liberale 1861-1923, Naples, Liguori, 1988, notamment p. 129-149.
  • [90]
    A. Goussot, Socialistes italiens et Socialisme français (1890-1914), thèse de doctorat dactyl., Florence, Institut universitaire européen, 1986, p. 51 sq. ; G. Turi, « Intellettuali e propaganda nel movimento socialista », in S. Soldani et G. Turi (dir.), Fare gli Italiani, Bologne, Il Mulino, 1993, p. 459-501.
  • [91]
    G. Busino, Pareto, Croce, les socialismes et la sociologie, Genève, Droz, 1983 ; E. A. Albertoni (dir.), Études sur la pensée politique de Gaetano Mosca, Milan, Montréal, Giuffrè éd., 1984.
  • [92]
    G. Cianferotti, Giuristi e mondo accademico di fronte all’impresa di Tripoli, Milan, Dott. A. Giuffrè éd., 1984.
  • [93]
    A. Acciani (« Dalla Rendita al lavoro », in A. Asor Rosa (dir.), Letteratura italiana, vol. 2, Produzione e consumo, Turin, Einaudi, 1983, p. 413-448) a fait une première tentative de typologie des écrivains à partir des notices de dictionnaire, mais n’étudie pas vraiment leurs prises de position politiques.
  • [94]
    Sur ce point, cf. les travaux pionniers de P. Aron, Les Écrivains belges et le Socialisme, Bruxelles, Labor, 1983, et A. Clavien, Les Helvétistes. Intellectuels et politique en Suisse romande au début du siècle, Lausanne, Société d’histoire de la Suisse romande et Éditions d’en bas, 1993.

La modification des représentations sociales des intellectuels dans les différents pays et l’évolution de leurs formes d’intervention sociale et politique découlent en grande partie des changements morphologiques et sociologiques précédents mais aussi des décalages sensibles dans la chronologie de la libéralisation de la vie publique. Ceux-ci sont également responsables des modalités spécifiques des formes de l’engagement et de la mobilisation collective des intellectuels. Dans la mesure où il s’agit d’un domaine très lié aux particularités de l’histoire nationale, il est nécessaire d’examiner chaque cas singulier dans sa logique propre tout en gardant présente la problématique d’ensemble qui guide le questionnaire des facteurs explicatifs. Puisque cette seconde période se place plutôt sous le signe de la lutte pour l’autonomie et des formes collectives organisées de combat intellectuel, ce chapitre cherchera à déterminer comment ces deux traits se manifestent dans les différents contextes politiques et religieux.
L’intelligentsia russe est le premier cas traité parce qu’il se situe à la jonction des deux périodes et dans un cadre politico-religieux très contraignant qui maintient une vie intellectuelle proche de la première moitié du siècle. En Russie, le combat pour la liberté et celui pour l’autonomie ne peuvent donc être dissociés comme plus à l’ouest. En même temps, ces deux objectifs tendent à entrer en contradiction. La fraction des intellectuels qui s’érige en force politique autonome sous le nom d’intelligentsia se trouve très vite rejetée hors d’un cadre légal trop étroit…


Date de mise en ligne : 27/09/2022

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