4. Les changements des conditions de la vie intellectuelle après 1860
Pages 165 à 211
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Notes
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[1]
Réponse à U. Ojetti, Alla Scoperta dei letterati [1895], nlle éd., Florence, Le Monnier, 1946, p. 286-289, cité dans A. Acciani, « Dalla rendita al lavoro », in A. Asor Rosa (dir.), Letteratura italiana, vol. 2, Produzione e consumo, Turin, Einaudi, 1983, p. 429.
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[2]
Cf. F.K. Ringer, Fields of Knowledge, Paris, Cambridge, Cambridge U.P. et Éd. de la M.S.H, 1992, p. 48-49, et Education and Society in Modern Europe, Bloomington, Indiana U.P., 1979.
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[3]
L’accès des femmes à l’enseignement supérieur est beaucoup plus tardif dans la plupart des pays d’Europe : il se produit dans les années 1890-1900.
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[4]
G. Ragone, « La letteratura e il consumo : un profilo dei generi e dei modelli nell’editoria italiana (1845-1925) », in A. Asor Rosa (dir.), Letteratura italiana, Turin, Einaudi, 1983, vol. 2, p. 725. On compte 2 400 périodiques en Allemagne en 1870 contre 4 221 en 1914 (Th. Nipperdey, Deutsche Geschichte, Munich, Beck, 1990, t. 1, p. 798). En Espagne, on passe de 1 128 périodiques en 1887 à 1 980 en 1913 (J.-F. Botrel et J.-M. Desvois, « Les conditions de la production culturelle », in C. Serrano et S. Salaün (éd.), 1900 en Espagne, essai d’histoire culturelle, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1988, p. 31).
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[5]
L’oubli de cette dissociation explique le chiffre erroné, donné par R. Wittmann, de 19 380 personnes se définissant comme auteurs, lors du recensement (publicistes et journalistes) (Geschichte des deutschen Buchhandels, Munich, Beck, 1991, p. 261).
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[6]
M. Pollak, Vienne 1900, une identité blessée, Paris, Gallimard, Julliard, « Archives », 1984 : le tirage de la Neue Freie Presse monte de 40 000 exemplaires en 1890 à 55 000 en 1900 (p. 73). En 1902, on publie 26 quotidiens à Vienne mais aucun toutefois n’atteint 100 000 exemplaires comme à Berlin (É. Walter, « Les bases financières de la presse viennoise à l’époque de Schnitzler », in J. Le Rider et R. Wentzig (éd.), « Les Journalistes » de Arthur Schnitzler, satire de la presse et des journalistes dans le théâtre allemand et autrichien contemporain, actes du colloque des 24 et 25 juin 1994, Tusson, Éd. du Lérot, 1995, p. 214-215).
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[7]
Bien que l’on ne dispose pas de série détaillée pour la Russie, l’augmentation considérable de la production imprimée (multipliée par 7, cf. tableau n° 2), du nombre de journaux et de revues (multiplié par 3 : 353 en 1871 ; 1 002 en 1900 d’après Ch. A. Ruud, Fighting Words : Imperial Censorship and the Russian Press, 1804-1906, Toronto, University of Toronto Press, 1982, p. 257) ainsi que l’expansion universitaire, déjà évoquée, peuvent fonder cette estimation indirecte.
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[8]
Cf. notamment M.J. Wiener, English Culture and the Decline of Industrial Spirit 1850-1980, Cambridge, Cambridge U.P., 1981, p. 22-24.
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[9]
H. Engelbrecht, Geschichte des österreichischen Bildungswesens, Vienne, ÖBV, 1986, t. 4, p. 237.
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[10]
C. Charle, « Paris – Zentrum der französischen Eliten. Eine kommentierte Datensammlung », in G. Brunn et J. Reulecke (éd.), Metropolis Berlin, 1870-1939, Bonn-Berlin, Bouvier Verlag, 1992, p. 312-313.
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[11]
Cité dans H. Rogger, Russia in the Age of Modernization and Revolution 1881-1917, Londres, Longman, 1983, p. 126.
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[12]
Taux calculés d’après les recensements des années citées, et A.J. Lee, The Origins of Popular Press in England 1855-1914, Londres, Croom Helm, 1976, p. 278-279 et 296.
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[13]
A.J. Lee, ibid., p. 293.
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[14]
J.-F. Botrel et J.-M. Desvois, art. cité, p. 32-34.
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[15]
V. Castronovo et al., La stampa italiana nell’età liberale, Bari, Laterza, 1979, p. 67 et 140. En 1910, il y avait 6 602 étudiants à Naples, contre 3 686 à Rome, 2 300 à Turin et 2 000 à Bologne (Minerva, 1910/11).
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[16]
R. Wittmann, op. cit., p. 240.
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[17]
D’après les données fournies par F. Barbier, L’Empire du livre, Paris, Le Cerf, 1995, p. 64 et 253 : les chiffres absolus sont respectivement, pour Leipzig et Berlin, 110 et 24 titres en 1835, 5 725 et 6 787 en 1913.
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[18]
F. Barbier, ibid., p. 352-353 ; P. de Mendelssohn, Zeitungsstadt Berlin, Berlin, Im Verlag Ullstein, 1959, p. 24-91 : on passe de 10 quotidiens en 1866 à 30 en 1914.
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[19]
D. Briesen, « Berlin die überschätzte Hauptstadt », in G. Brunn et J. Reulecke, op. cit., p. 51-56. Nous reviendrons sur ce point plus en détail dans le chapitre 5. Ce qui est vrai au niveau global est en effet partiellement inexact pour les secteurs les plus innovateurs de l’avant-garde où le rôle de Berlin s’affirme plus nettement.
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[20]
J. Mikoletzky, « Wien als österreichische Hauptstadt 1870-1938 », p. 409-443, in G. Brunn et J. Reulecke, op. cit., ici p. 422 ; recensements cités.
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[21]
Cf. J. Koralka, Tschechen im Habsburgerreich und in Europa 1815-1914, Munich, Vienne, R. Oldenbourg, Verlag für Geschichte und Politik, 1991, p. 99-100.
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[22]
L. Quattrocchi, La Sécession à Prague, trad. française, Paris, Gallimard, 1992, p. 15-16, et P. Wittlich, Prague fin de siècle, trad. française, Paris, Flammarion, 1992, p. 3 sq.
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[23]
Recensements cités ; J. Lukacs, Budapest 1900, trad. française, Paris, Quai Voltaire, 1990, p. 215.
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[24]
N. Cross, The Common Writer. Life in Nineteenth-Century Grub Street, Cambridge, Cambridge U.P., 1985, p. 227 ; A. Trollope, An Autobiography [1883], Londres, Oxford U.P., 1961, p. 312-313, et trad. française, Autobiographie, Paris, Aubier, 1994, p. 288-290 ; peu d’auteurs français étalent leurs gains avec une telle complaisance ; J.-P. Vernier, H.G. Wells et son temps, Rouen, Presses universitaires de Rouen, 1971, p. 157.
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[25]
F. Villacorta Baños, Burguesía y cultura. Los intelectuales españoles en la sociedad liberal, 1808-1931, Madrid, Siglo XXI, 1980, p. 217.
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[26]
Chiffres cités dans R. Wittmann (op. cit., p. 295) d’après une brochure de W. Fred, Literatur als Ware (1911) ; pour les journalistes allemands, cf. J. Requate, Journalismus als Beruf. Entstehung und Entwicklung des Journalistenberufs im 19. Jahrhundert Deutschland im internationalen Vergleich, Goettingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1995, p. 215-219.
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[27]
É. Zola, « L’argent et la littérature » [1880], rééd. dans Le Roman expérimental [1880], Paris, Garnier-Flammarion, 1971, p. 271 et 294-295.
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[28]
Y. Chevrel, Le Naturalisme, Paris, PUF, 1982, p. 172.
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[29]
A. Trollope, Autobiographie, op. cit., p. 94-95 (éd. française).
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[30]
Kennedy Jones associé de l’Evening News dans From Fleet Street to Downing Street, 1919, cité dans A.J. Lee, op. cit., p. 104. (« Vous avez quitté le journalisme quand il était une profession libérale, nous en avons fait une branche commerciale »).
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[31]
Éd. française, Lille, Presses universitaires de Lille, 1978, p. 4. A la même époque, Drumont écrit dans ses souvenirs de journaliste et d’écrivain manqué : « Le sans-gêne du capital-argent, vis-à-vis du capital-intelligence, dépasse tout ce qu’on peut imaginer » (La Dernière Bataille [1890], rééd., Paris, Éd. du Trident, 1985, p. 317).
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[32]
Cf. C. Charle, « Le champ de la production littéraire, 1830-1890 », in R. Chartier et H.-J. Martin (dir.), Histoire de l’édition française, nlle éd., Paris, Fayard, 1990, t. 3, p. 137-168 ; N. Cross, op. cit., p. 210 sq. ; A.-M. Thiesse, Le Roman du quotidien, Paris, Le Chemin vert, 1984. D’après R. Wittmann (op. cit., p. 279), le système des honoraires proportionnels aux ventes se met aussi en place en Allemagne à cette époque ; ils représentent entre 15 et 25 % du prix vendu.
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[33]
Bohème littéraire et Révolution, trad. française, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1984.
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[34]
Lettre du 7 mars 1889 au ministre des Cultes von Gossler, citée par H. Titze, Der Akademikerzyklus, Goettingen, Vandenhoeck et Ruprecht, 1990, p. 234-235.
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[35]
M. Barbagli, Disoccupazione intellettuale e sistemo scolastico in Italia, Bologne, Il Mulino, p. 22.
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[36]
Pour une analyse plus détaillée pour la France, cf. C. Charle, Naissance des « intellectuels », Paris, Éd. de Minuit, 1990, p. 59-63 ; pour l’Allemagne, cf. cette phrase tirée d’une leçon de l’historien réactionnaire Treitschke : « La majorité [des journalistes] est formée d’individus menant une existence à la Catilina qui ont échoué dans la vie », cité dans J. Requate, op. cit., p. 11 ; sur l’Italie, cf. l’article de Ferraris dans La Riforma sociale de 1897 et le rapport au Parlement italien de 1898 cités par M. Barbagli, op. cit., p. 42-43.
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[37]
Comme le montre la comparaison des tableaux 3 et 4, les intellectuels libres sont six fois plus nombreux que les universitaires. En majorité, ils n’ont pas fait d’études supérieures, comme on le verra au chapitre suivant.
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[38]
M. Richarz (éd.), Jüdisches Leben in Deutschland. Selbstzeugnisse zur Sozialgeschichte im Kaiserreich, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1979, p. 32-33 ; J. Requate, op. cit., p. 141, d’après K. Koszyk, « Der jüdische Beitrag zum deutschen Presse- und Verlagswesen », in W.E. Mosse et H. Pohl (éd.), Jüdische Unternehmer, Stuttgart, 1992.
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[39]
G.B. Cohen, « Die Studenten der Wiener Universität, 1860-1930 : ein soziales und geographisches Profil », in R.G. Plaschka et K. Mack (éd.), Wegenetz der europäischen Geistes. II. Universitäten und Studenten, Vienne, Verlag für Geschichte und Politk, 1987, p. 297.
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[40]
St. Beller, Vienne et les Juifs, 1867-1938 [1989], trad. française, Paris, Nathan, 1991, p. 44, 48-49.
-
[41]
N. Kampe, Studenten und « Judenfrage » im Deutschen Kaiserreich, Goettingen, Vandenhoeck et Ruprecht, 1988, p. 23.
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[42]
W.M. Johnston, The Austrian Mind, an Intellectual and Social History, Berkeley, UCLA Press, 1972, p. 27-29, 64 et 71 ; M. Pollak, op. cit., p. 83 sq.
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[43]
Toute cette analyse et les données chiffrées sont tirées de l’article fondamental de V. Karady et I. Kemény, « Les Juifs dans la structure de classe en Hongrie : essai sur les antécédents historiques des crises d’antisémitisme du xxe siècle », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 22, juin 1978, p. 25-59, en particulier p. 56-59.
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[44]
G. Litvan, « Le renouveau intellectuel en Hongrie au tournant du siècle », in M. Molnar, A. Reszler (dir.), Vienne, Budapest, Prague. Les hauts lieux de la culture moderne de l’Europe centrale au tournant du siècle, Paris, PUF, 1988, p. 55-66 : dès 1901 est fondée la Société des sciences sociales et, chez les étudiants progressistes, le Cercle Galilée ; l’avant-garde intellectuelle se retrouve aussi dans le Cercle du dimanche animé notamment par Balázs et Lukács dont plusieurs membres participeront à la Commune révolutionnaire de 1919 (sur ce point cf. E. Karàdi, « Macht und Ohnmacht des Geistes : Mitteleuropäische Intellektuelle im Budapester “Sonntagskreise” », in G. Hübinger et W.J. Mommsen (éd.), Intellektuelle im Deutschen Kaiserreich, Francfort, Fischer Taschenbuch Verlag, 1993, p. 124-140.
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[45]
D.R. Brower, « Social Stratification in Russian Higher Education », in K.H. Jarausch, The Transformation of Higher Learning (1860-1930), Stuttgart, Klett-Cotta, 1983, p. 253-254.
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[46]
Cf. O.W. Müller, Intelligencija. Untersuchungen zur Geschichte eines politischen Schlagwortes, Francfort, Athenäum, 1971, notamment p. 319-323. On reviendra sur la question de l’intelligentsia révolutionnaire dans le dernier chapitre.
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[47]
Cf. C. Charle, « Les étudiants et l’affaire Dreyfus », Cahiers Georges-Sorel, 4, 1986, p. 26-43.
La première partie du xixe siècle avait déjà connu une croissance de la demande culturelle, du nombre des acteurs et des institutions susceptibles de la prendre en charge. Mais cet essor restait modeste, et incertain puisqu’il s’est interrompu après les révolutions de 1848 jusqu’aux années 1860. Surtout, il demeurait prisonnier, dans la plus grande partie de l’Europe, d’un cadre hérité pour l’essentiel du xviiie siècle. Après 1860, une nouvelle croissance, beaucoup plus vigoureuse, fait éclater les cadres anciens de la vie intellectuelle dans la plupart des pays d’Europe, même ceux éloignés du modèle occidental, tandis que la libéralisation politique s’affirme partout, même en Russie. Les conditions d’exercice des activités intellectuelles en sont définitivement transformées. Par la suite, on ne verra pas de retour en arrière mais au contraire une accentuation, sur la même lancée, des tendances nées à cette époque.
Le premier indice de ce changement de monde apparaît dans la possibilité pour l’historien de saisir tous ces phénomènes au moyen d’indices quantifiables fournis par des institutions publiques ou privées (administrations, groupes corporatifs, publications spécialisées) qui tentent d’établir le bilan de ces phénomènes dont l’ampleur nouvelle a frappé les contemporains. On peut notamment disposer pour cette époque de séries continues permettant de suivre les effectifs scolarisés pour la plupart des pays, le volume de la production imprimée et, de manière plus incertaine et inégale selon les cas, le nombre des acteurs de la vie culturelle grâce aux annuaires privés ou aux recensements officiels…
Date de mise en ligne : 27/09/2022
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