Chapitre I. L’économie politique avant Adam Smith
- Par Alain Samuelson
Pages 20 à 44
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- Samuelson, A.
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Notes
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[1]
L’appellation est le fait d’A. Smith. Cf. La richesse des nations. Livre IV. Chap. 1. Le système mercantile.
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[2]
Cf. A. Piettre, op. cit., p. 38 et ss., et I. Wallerstein. Capitalisme et économie-monde. 1450-1640. Flammarion. Paris. 1980. Sur la notion d’« économie-monde » forgée par F. Braudel. cf. infra, p.29 La conquête de l’Amérique a inauguré le désenclavement du monde qui devait signifier son « occidentalisation ». Cf. C. Bertrand, S. Gruzinski, Histoire du Nouveau Monde, 1492-1550, Fayard, Paris, 1991.
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[3]
L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme. (1904-1905). Traduction française, Plon, Paris, 1967. Cf. pour une mise au point : H. Trevor-Roper : De la Réforme aux Lumières. Gallimard. Paris, 1972 ; et surtout l’analyse fouillée de K. Samuelson : Economie et religion, une critique de M. Weber. Mouton, Paris, 1971.
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[4]
A.O. Hirschman. l’Economie comme science morale et politique. Le Seuil, 1984, p. 11.
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[5]
Notons aussi qu’Adam Smith est le premier à employer le terme de « mercantilisme » à propos de la politique économique menée à cette époque.
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[6]
Terme construit au XIXe pour caractériser l’économie politique considérée comme la science de la production des richesses (du grec Khrema richesse).
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[7]
Traité d’Economie politique (1615) cité d’après l’édition de 1889, p. 99. On oublie d’ailleurs souvent de citer la seconde partie de cet aphorisme : « et la richesse en le travail »… « L’homme est né pour vivre en continuel exercice et préoccupation ». Le traité de Montchrestien était dédié à Louis XIII et Marie de Médicis.
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[8]
Cité par J. Rambaud. Histoire des doctrines économiques, Paris, 1902, p.108.
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[9]
Cf. E. Heckscher : Mercantilism, 1931, analysé par H. Denis. « Histoire de la pensée », p. 97 L’oeuvre majeure de J. Bodin. Les six livres de la République vient d’être rééditée. Fayard Paris, 1987
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[10]
la Fable des Abeilles de Mandeville (1705) est considérée historiquement comme le texte fondateur de l’analyse libérale, par F. Hayek en particulier. Marx, Keynes, J. Robinson l’ont commentée. « On admet généralement que le thème central d’A. Smith, l’idée que l’égoïsme (self-love = amour de soi) travaille pour le bien commun, vient de Mandeville ». déclare L. Dumont. Homo aequalis. Gallimard, Paris, 1977 p.85 et ss. ; cf. aussi J.M. Keynes. Théorie Générale. Petite bibliothèque Payot Paris, 1982, p. 354-357
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[11]
J. Weiller, G. Desroussiles. Les cadres sociaux de la pensée économique. PUF. Paris. 1974, p. 142.
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[12]
La question de la monnaie préoccupe Montesquieu vers 1725. Il poursuivait alors une enquête sur la principale cause de la décadence de l’Espagne, s’essayant à des considérations sur la grandeur et le déclin des peuples. J. Dedieu : « Montesquieu », Alcan, Paris 1913, p. 260-264. Pour situer la contribution de cet auteur important (ainsi que celle d’Adam Smith) cf. P. Manent. Histoire intellectuelle du libéralisme. Calman-Lévy, Paris 1987, et M. Nowak. Une éthique économique. Cerf, Institut La Boétie, Paris 1987
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[13]
Il crée en 1602 un « Conseil du Commerce » comme contrôleur général du Commerce et favorise l’établissement de nombreuses industries (soie, cuirs, tapisserie) pour réduire les importations. J.M. Keynes. (op. cit. p. 353-354) cite Laffemas parmi les auteurs mercantilistes qui considéraient l’épargne comme cause du chômage, cf. note 42.
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[14]
Economie moderne, Mac Graw Hill, Paris, 1982, p. 9. Nous signalons la très remarquable « Nôte sur le Mercantilisme », où Keynes dégage ce qu’il retient de cette doctrine : « les mesures propres à améliorer la balance commerciale étaient leurs seuls moyens directs d’augmenter l’investissement extérieur ; et l’effet d’une balance commerciale favorable sur les entrées de métaux précieux était en même temps leur seul moyen indirect de réduire le taux de l’intérêt intérieur, c’est-à-dire d’accroître l’incitation à l’investissement domestique ». « Théorie générale », Payot, Paris, 1982, p. 332 et ss. C’est là un exemple de réinterprétation théorique que permet souvent l’approche keynésienne, cf. titre IV.
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[15]
La notion de « demande effective » se retrouve chez plusieurs auteurs (A. Smith, Malthus, Keynes) ; signalons à ce niveau que chez Keynes elle se confond avec le niveau d’offre, c’est l’anticipation d’offre. Cf. infra. Titre IV.
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[16]
Les Oeuvres complètes de Boisguilbert ont été rééditées récemment, cf. Boisguilbert ou la naissance de l’Economie politique. INED-PUF, Paris, 1966,2 volumes comprenant études critiques et biographie, et pour situer Boisguilbert dans l’histoire des idées : Faccarello G. Aux origines de l’économie politique libérale, Boisguilbert, Anthropos, Paris, 1986.
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[17]
le Détail de la France, la cause de la diminution de ses biens et la facilité du remède en fournissant tout l’argent dont le roi a besoin et enrichissant tout le monde, (1697).
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[18]
Cf. J. Cartelier : Surproduit et reproduction, Maspero-Pug, Paris, 1976, p. 26 et J. Wolff, « L’Elaboration du circuit monétaire au XVIIe et XVIIIe : Petty, Boisguilbert, Cantillon ». Essais en l’honneur de J. Marchal, Cujas, Paris, 1975.
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[19]
Détail de la France, p. 617-615 (édit. INED).
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[20]
Détail, p. 602.
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[21]
Détail, p. 621.
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[22]
Le factum de la France, (1707), chap. 5. p. 893
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[23]
Dissertation sur la nature des richesses de l’argent et des tributs. (1704). chap 6. p. 1001 et ss ; M. Herland fait un commentaire intéressant de Boisguilbert dans son ouvrage consacré à « Keynes », 10/18, Paris 1981, p. 106-112.
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[24]
Dissertation cf. chap. 5, et G. Faccarello. : « Quelques réflexions sur l’équilibre économique chez Boisguilbert ». Œconomia N° 1 Economies et Sociétés. 1984, p. 49 et ss.
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[25]
J. Cartelier, op. cit. p. 27.
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[26]
Il y a des exceptions notables à cela, telles que les œuvres de F. Quesnay et J.M. Keynes. Pour une étude majeure sur Cantillon, Cf. Murphy A.E. Richard Cantillon : Entrepreneur and Economist, Clarendon Press, Oxford, 1986.
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[27]
Essai, éd. I.N.E.D. 1952, p. 101. Cantillon pouvait observer les effets de la surabondance de monnaie en Espagne.
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[28]
Op. cit., p. 13. Cf. également P. Vidonne, « La formation de la pensée économique ». Economica, Paris, 1985, chap. II.
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[29]
Pléiade, T. 2, p. 730. Sauf autre mention nous citons les Oeuvres de K. Marx à partir de l’Edition de la Pléiade (M. Rubel) NRF. Gallimard, Paris. En indiquand P1 pour le torne 1 (Oeuvres. Economie, 1965) et P2 pour le tome II (1968). Quant au nom de physiocrate il provient de l’ouvrage de Pierre Samuel Dupont (de Nemours) : Physiocratie, ou Constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux du genre humain, (1767). L’œuvre essentielle de F. Quesnay a été rééditée avec une préface de M. Lutfalla : Le tableau économique des physiocrates (1758). Calmann-Levy. Paris. 1960
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[30]
Ce terme devait attirer les critiques de A. Smith. Turgot employait le terme également ambigu de « classe stipendiée ».
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[31]
Pour une présentation formalisée, cf. J. Cartelier, op. cit., p. 64-66 ; F. Poulon : Economie générale, Dunod, Paris, 1982, p. 55 ; pour une présentation comptable en partie double succinte cf. E. Schneider. Einf ihrung in die Wirtschaftstheorie, IV. Teil.J.C.B. Mohr, Tübingen, 1962, p. 19.
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[32]
Cf. G. Deleplace. Op. cit. P. 99.
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[33]
Par Droit naturel on entend la conception que l’homme se fait du droit en fonction de sa morale et de son idée de la justice. Ce serait le droit commun à tous les hommes ayant pour fondement la raison divine. L’interrogation sur les fondements du droit naturel et les limites du pouvoir royal était déjà au centre du second livre de la “République” de J. Bodin, (cf. note 37), qui avait d’ailleurs théoriquement explicité le concept de “Souveraineté”, base de l’Etat moderne.
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[34]
Tableau, p. 63. Notons aussi le titre significatif de l’ouvrage de physiocrate P. Lemercier de la Rivière : L’Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques, (1767)
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[35]
cf. J. Weiller, G. Desrousilles.op. cit. p. 195-196.
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[36]
Cf. J. Cartelier, op. cit. Chap. 3 et V. Levy-Garboua, B. Weymuller, op. cit., p. 8.
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[37]
Pour apprécier la signification historique de la pensée de Quesnay, il est intéressant de mentionner l’interprétation de Marx (qui a redécouvert les physiocrates au milieu du XIXe) : « le système des physiocrates est le premier à analyser la production capitaliste et à présenter comme d’éternelles lois naturelles de la production les conditions dans lesquelles du capital est produit et dans lesquelles le capital produit. Mais il fait par ailleurs au contraire, l’effet d’une réplique bourgeoise du système féodal, de la domination foncière… Dans cette façon de présenter les choses, le propriétaire foncier apparaît en conséquence comme le véritable capitaliste, celui qui s’approprie le surtravail. La féodalité se trouve ainsi reproduite et expliquée sous la forme de la production bourgeoise, tandis que l’agriculture apparaît comme la branche de production où la production capitaliste - c’est-à-dire la production de plus-value - se manifeste exclusivement. Tandis que la féodalité acquiert de la sorte un aspect bourgeois, la société bourgeoise prend des allures féodales ». Théories sur la plus-value, cité par J. Cartelier, op. cit., p. 78.
La préoccupation économique apparaît dès la fin du Moyen Age, en liaison chronologique étroite avec l’expansion du commerce et de l’activité économique. Cette période du XVe et du XVIe est passionnante, c’est le moment de « l’émancipation » à toute une série de niveaux. Rappelons quelques jalons essentiels.
1 - Les grandes découvertes qui élargissent l’horizon du monde (Amérique : Christophe Colomb, 1492 ; Cap de Bonne-Espérance : Vasco de Gama, 1498 ; Est sibérien, 1584) suscitées par des raisons techniques (boussole), économiques (quête de la route des épices), elles ouvrent de nouvelles routes commerciales et provoquent un bouleversement des mentalités décisif pour la pensée économique. L’afflux d’or et d’argent provenant du pillage et de l’exploitation de mines permet d’un coup le financement d’un immense mouvement d’échange et induit en même temps au plan social un appauvrissement relatif de la noblesse de terre au profit de la classe commerçante. Ces deux effets combinés sont à la base d’une « première révolution industrielle » caractérisée par des industries nouvelles (imprimerie, artillerie, textile de luxe), une première mécanisation qui va déjà susciter des grèves (Lyon), l’apparition d’une « mentalité de l’entrepreneur ».
2 - L’émancipation à l’égard de l’Eglise et des conceptions médiévales : au plan qui nous préoccupe elle se traduit par une disparition de la mauvaise conscience de la recherche du gain ; la richesse cesse d’être condamnable. Deux mouvements exercent simultanément, quoique de manière très différente, une influence décisive…
Date de mise en ligne : 17/11/2023
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