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Chapitre I. Proto-féodalité. Vassaux et fiefs avant la société féodale

Pages 17 à 109

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  • Kerneis, S.
  • et Poly, J.-P.
(1998). Chapitre I. Proto-féodalité. Vassaux et fiefs avant la société féodale. Dans
  • J. Poly
  • et E. Bournazel
Les féodalités (p. 17-109). Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.bourn.1998.01.0017.

  • Kerneis, Soazick.
  • et al.
« Chapitre I. Proto-féodalité. Vassaux et fiefs avant la société féodale ». Les féodalités, Presses Universitaires de France, 1998. p.17-109. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-feodalites--9782130493341-page-17?lang=fr.

  • KERNEIS, Soazick
  • et POLY, Jean-Pierre,
1998. Chapitre I. Proto-féodalité. Vassaux et fiefs avant la société féodale. In :
  • POLY, Jean-Pierre
  • et BOURNAZEL, Eric,
Les féodalités. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Histoire générale des systèmes politiques, p.17-109. DOI : 10.3917/puf.bourn.1998.01.0017. URL : https://shs.cairn.info/les-feodalites--9782130493341-page-17?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puf.bourn.1998.01.0017


Notes

  • [1]
    Ainsi déjà, Heinrich Brünner, Der Reiterdeienst und die Anfänge des Lehnswesens, ZSS, g. a., VIII, p. 1.
  • [2]
    F.-L. Ganshof, La féodalité ; F.-L. Ganshof et R. C. Van Caenegen, Les institutions féodo-vassaliques, Bruxelles, 1972.
  • [3]
    Encore récemment, L. Fleuriot, Dictionnaire du vieux breton, Toronto, 1985, I, p. 183. P.-Y. Lambert, La langue gauloise, Paris, 1995, p. 200.
  • [4]
    M. Bloch, La société féodale, p. 239. La question a récemment été reprise par S. Lewuillon (Histoire, société et lutte des classes en Gaule : une féodalité à la fin de la République et au début de l’Empire, Aufstieg und Niedergang der Römischen Welt, II, 4, Berlin-New York, De Gruyter, 1975, p. 536-582) qui conclut à l’existence d’une féodalité gauloise (p. 578). Pour ce faire l’auteur transpose à la Gaule, sans fondement, le système irlandais des contrats de cheptel (cf. supra) et, ayant trouvé les distinctions de Ganshof " trop subtiles ", retient comme suffisamment caractéristiques de la féodalité " 1 /la vassalité (liens de dépendance) et le bénéfice, qui existent au sein d’une classe guerrière spécialisée et dominante, 2 /le servage, condition de la classe opprimée ". De telles définitions devraient permettre de trouver beaucoup de sociétés féodales.
  • [5]
    Mercure Vassocaletus à Bitburg, CIL XIII, 4130, datée du iie siècle apr. J.-C., et peut-être, CIL XIII, 10017, n° 958 : " G(enio) V(asso) K(aleti) R(egis) f(elicis) " au Puy de-Dôme. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, I, 32, éd. R. Latouche, Paris, 1963, p. 57.
  • [6]
    Sur ce dossier, voir K. J. Hollyman, Le développement du vocabulaire féodal en France pendant le haut Moyen Age, Paris, 1957, p. 116.
  • [7]
    Turon. 43, MGH, Formulae Merowingici et Karolini Aevi, éd. K. Zeumer, 1886, p. 158. Texte traduit et commenté par F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 23-28.
  • [8]
    Andegav. 17, 18, 19, 25, 38, op. cit., p. 10 et 12 et Turon. 10, p. 140. Cap. de 758-786, art. 6 et Grégoire de Tours, Hist., VII, 45. Obnoxatio du débiteur insolvable qui se donne en gage pour rembourser sa dette : Cap. de 803, art. 3 et 8, dans Boretius, t. 1, p. 117 et 114. Voir aussi le condamné à mort qui racheté par un tiers se fait l’esclave de son sauveur, Form. Andegav. 3. Marculf II. 28.
  • [9]
    Ganshof, op. cit., p. 27. M. Rouche, L’Aquitaine, des Wisigoths aux Arabes 418-781. Naissance d’une région, Paris, 1979, p. 365 et 670, relève l’emploi conjoint de vocabulaire franc et romain et estime que mundeburdium est traduit par potestas. A propos de la différence conceptuelle de l’engagement entre Francs et Romains, voir E. Magnou-Nortier, Foi et fidélité, recherches sur l’évolution des liens personnels chez les Francs du viie au ixe siècle, Toulouse, 1976, et en dernier lieu, P. Ourliac, La féodalité et son histoire, p. 17-18.
  • [10]
    Annales royales, a. 756, p. 15. Sur l’interprétation de ce texte, M. Rouche, L’Aquitaine, p. 368 et 672 : " S’il s’agit d’une coutume propre aux Germaniques, nous tenons ici la preuve qu’il existait une autre habitude, romaine, cette fois-ci. "
  • [11]
    Mercure Vassocaletus, op. cit. Mercure Dumias, Puy-de-Dôme, CIL XIII, 1523. Les surnoms Arvernus et Arvernorix sont principalement attestés en Germanie inférieure, J.-J. Hatt, Mythes et dieux de la Gaule, Paris, 1989, p. 216-217. Sur la description du temple, Pline l’Ancien, NH, XXXIV, 18, 45, éd. H. Le Bonniec, Paris, p. 123. Sur sa destruction, Grégoire de Tours, Histoire des Francs, I, 32, p. 57. Pour la localisation au Puy-de-Dôme, E. Thevenot, Divinités et sanctuaires de la Gaule, Paris, 1968, p. 93-96 ; à Jaude, Clermont-Ferrand, les comptes rendus archéologiques de P.-F. Fournier, Gallia, t. 19, 1961, p. 362, t. 23, 1965, p. 103-150.
  • [12]
    Pour tout ce qui concerne l’iconographie, S. Deyts, Images des dieux de la Gaule, Paris, 1992, p. 97-107, 114-119 et 143-145. Voir aussi J.-J. Hatt, Mythes et dieux, p. 190-191 et 226-231.
  • [13]
    Cf. aussi l’ensemble conservé au musée de Bourges qui représente un Jupiter nu, debout, dominant un petit personnage agenouillé sur son côté droit.
  • [14]
    Sur le Jupiter à l’anguipède : S. Deyts, Images, p. 107, soutient la thèse d’un dieu cavalier à l’anguipède protecteur des cultures, des individus et des collectivités agraires en se fondant sur le fait qu’il s’agit davantage d’un " monument de campagne que de ville " ; J.-J- Hatt, Mythes et dieux, p. 109 et 190, considère que le thème mythologique de la lutte cosmique entre divinités célestes et chthoniennes apparaît déjà dans les monnaies gauloises des iiie-iie siècles av. J.-C. sous la forme du cheval androcéphale conduit par un aurige qui lance vers la Terre, symbolisée par une figure ailée couchée, la foudre de Taranis sous la forme d’un pavillon carré décoré de ses diagonales.
  • [15]
    Pour Cernunnos, distributeur de bienfaits, S. Deyts, Images, p. 40.
  • [16]
    Hatt, Mythes et dieux, p. 227-228, veut y voir la naissance de Esus qui vient se placer sous la protection de Teutatès et par reconnaissance lui apporte la richesse. Cette reconstitution ne s’appuie cependant sur aucun thème mythologique connu. Voir aussi à Chalon-sur-Saône un grand Mercure debout, tenant le caducée de la main gauche, la bourse de la main droite, entouré à sa droite du bouc, à sa gauche de la tortue et du coq. Sur un cartouche en haut et à droite de Mercure, un petit personnage les bras croisés sur la poitrine, domine un serpent qui se dresse vers lui.
  • [17]
    Le gobelet de Lyon a fait l’objet d’interprétations divergentes. Récapitulatif des interprétations par S. Deyts, Images, p. 143, et J.-J. Hatt, Mythes et dieux, p. 124-125, pour la représentation photographique de ce gobelet.
  • [18]
    Le couple a parfois été identifié comme réunissant deux dieux, Mercure et Rosmerta ou Esus et Rigani. On peut se demander si l’homme, auquel il manque les bois de cerf et le torque pour être identifié à Cernunnos, n’est pas plutôt un mortel. Hatt, Mythes et dieux, p. 230. L’ensemble est conservé au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.
  • [19]
    Sur le nom de Rosmerta, P.-Y. Lambert, La langue gauloise, Paris, 1995, p. 148.
  • [20]
    Diodore de Sicile, V. 29.4-5, p. 172-174.
  • [21]
    César, Bellum Gallicum, VI, 15 (ambactos clientesque), éd. L. A. Constans, Paris, 1967, p. 187 ; I, 4, 2 (clientes obaeratosque), éd. L. A. Constans, Paris, 1990, p. 5 ; VI, 13, 2, p. 185 ; VI, 13, 1, p. 185 ; VI, 19, 4 (servi et clientes), p. 190. Etymologie, P.-Y. Lambert, La langue gauloise, p. 186-187. Sextus Pompeius Festus, éd. Muller, p. 4 : " Ambactus apud Ennium lingua gallica servus appellatur ". Authenticité douteuse selon Fustel de Coulanges, La Gaule romaine, Paris, 1891, p. 36. Les Excerpta ex glossis Aynardi (Corpus glossariorum latinorum, Amsterdam, Hakkert, 1965, V, p. 616) donnent " Ambacti serui coloni lixe seu circum est " où lixe – l’ordonnance préposée à la lessive de son maître – perpétue la fonction militaire de l’ambactus. J. Colin propose la restitution " ambac(ti) pascua " dans Apulée, Métamorphoses, II, VII (Latomus VII, 1953, p. 282-295) non suivi par les rééditeurs des Belles Lettres. Sur les rapports sociaux en Gaule, E. M. Wightman, The pattern of rural settlements in Roman Gaul, ANRW, II .4, 1975, p. 588-594 et surtout A. Daubigney, Reconnaissance des formes de la dépendance gauloise, Dialogues d’histoire ancienne, 5, 1979, p. 145-189, dont l’étude minutieuse, enrichie par un précieux catalogue des sources, insiste sur les étapes chronologiques de l’esclavage en Gaule.
  • [22]
    César, Bellum Gallicum, VI, 13, 1, p. 185. Gaius, Institutes, I, 9, 1, éd. J. Reinach, Paris, 1979, p. 2. J. Heurgon, La vie quotidienne chez les Étrusques, Paris, 1961, p. 77-78 relève que Denys d’Halicarnasse, parlant des paysans d’Étrurie, leur donne le nom des pénestes de Thessalie, des populations indigènes demeurées libres malgré les liens de dépendance qui les unissaient à leurs maîtres, p. 93, assimile les etera étrusques aux ambacti ce que critique Daubigney, Reconnaissances, p. 146.
  • [23]
    César, BG, IV, 23, p. 119-120. Diodore de Sicile, V, 29, dont l’accès est facilité par L. Lerat, La Gaule romaine, Paris, 1986, p. 112.
  • [24]
    J.-L. Brunaux et B. Lambot, Guene et armement chez les Gaulois (450-452 av. J.-C.), Paris, 1987, p. 93 : " La lancia… fut peut-être conçue pour le combattant à char. On en retrouve dans sa sépulture de nombreux exemplaires, jusqu’à huit pour une seule tombe. Le guerrier devait pouvoir frapper avec elle de son char et, quand il le désirait, la lancer. La contrainte du poids était alors inexistante puisque ces armes n’étaient pas fixées au corps du combattant mais accrochées à la caisse du char. "
  • [25]
    Sur le combat à char, ibid., p. 115-118. Restes de char dans les tombes belges de La Tène finale. La charronnerie belge était si réputée que Virgile et Lucain qualifiaient de " belgium " l’essedum, l’ " essieu ", nom du char d’origine gauloise.
  • [26]
    Pausanias, Description de la Grèce, XIX, 9, éd. Loebb, p. 477. Athénée, iv, 36, prés. Lerat, La Gaule romaine, p. 110-111.
  • [27]
    Deux exemples suffiront à illustrer l’institution : Abbon, Le siège de Paris par les Normands, v. 505, éd. H. Waquet, Paris, 1964, p. 104, montre le roi Eudes, entouré de trois jeunes gens spécialement voués à sa garde ; J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation féodale, p. 81, relèvent le cas de Patericus qui, en 895, tenant certains biens de Saint-Martin de Tours, devait présenter trois cavaliers – trois scuta – au service de l’abbé laïc.
  • [28]
    Tacite, Agricola, 12, 2, p. 10. Polybe d’ailleurs va jusqu’à qualifier l’association du chef et de ses dépendants d’hétairie, de compagnonnage, Polybe, Histoires, II. 12, Paris, 1970 ; traduction de Pedech contestée par Daubigney, Reconnaissances, p. 149, qui préfère lire : les Gaulois " mettaient leur plus grande application à faire des hétairies parce que chez eux l’homme le plus redoutable et le plus puissant est celui qui passe pour avoir le plus d’hommes qui le servent et qui l’entourent ". Comparaison avec César " ambactos clientesque " déjà faite par C. Jullian.
  • [29]
    Sur la diffusion d’ambactus, Daubigney, op. cit., p. 151 et 159. S. Scheers, Traité de numismatique celtique, II : La Gaule Belgique, Paris, 1977, p. 609-613 : bronze à la légende arc ambacti, monnaies au portrait d’Octave (à partir de 36-29 av. J.-C.) ; bronze à la légende ambactus (49-45 av. J.-C.). L. Fleuriot, Dictionnaire du vieux breton, p. 199.J. Loth, Vocabulaire vieux-breton…, Genève-Paris, 1982, p. 133, citant l’Oxoniensis prior : Auct. F. 4-32. Ovide, L’art d’aimer, v. 295-310, éd. Loeb, p. 32-35.
  • [30]
    J. Loth, Vocabulaire vieux-breton…, Genève-Paris, 1982, p. 133, citant l’Oxoniensis prior : Auct. F. 4-32. Ovide, L’art d’aimer, v. 295-310, éd. Loeb, p. 32-35.
  • [31]
    Marchauc est un adjectif dérivé en ac de march qui signifie cheval.
  • [32]
    Cette œuvre ne nous est cependant connue que par des manuscrits qui ne sont pas antérieurs au xiiie siècle. Ils révèlent trois grandes familles ou recensions de la loi, connues sous les noms de Livre de Iowerth, Livre de Blegywryd et Livre de Cyfnerth, chacun d’eux prétendant être directement issu du code originel d’Howel le Bon. L’accès au texte est grandement facilité par la traduction de D. Jenkins, The Law of Hywel Dda, Llandysul, 1990. Les références données renverront à cet ouvrage. On trouvera toutes les recensions du terme guas dans l’ouvrage de T. Lewis, A Glossary of Medieval Welsh Law based upon the Black book of Chirk, Manchester, 1913, p. 168-169.
  • [33]
    Jenkins, op. cit., p. 8-41.
  • [34]
    Gwasanaeth désigne le service, même celui du chapelain, Jenkins, op. cit., p. 12.
  • [35]
    L’idée de protection qui s’attachait au guas était si forte que le terme entra dans la composition de toute une série de mots véhiculant cette même idée comme gwasgit/abri ou gwasgawd/ refuge.
  • [36]
    Jenkins, op. cit., p. 149 et 278.
  • [37]
    Jenkins, op. cit., p. 119 et 267.
  • [38]
    Jenkins, op. cit., p. 114 : ils acquièrent alors le statut de la terre qu’ils occupaient.
  • [39]
    Pour tout ce qui concerne l’Irlande voir H. d’Arbois de Jubainville, Etudes sur le droit celtique, Le Senchus Mor, Paris, 1881, p. 57-75 ; du même Cours de littérature celtique, t. VII, Osnabrück, réimpr., 1970, p. 118-130.
  • [40]
    Sur cette analyse, J.-P. Poly, La corde au cou. Les Francs, la France et la loi salique, in H. Bresc, Genèse de l’État moderne en Méditerranée, École française de Rome, Palais Farnèse, 1993, p. 287-320.
  • [41]
    Lex salica, 36.6, éd. K. A. Eckhardt, Berlin, Frankfurt, 1955, p. 106, et 10.7, p. 48.
  • [42]
    Mot à mot, " donné à un gris ".
  • [43]
    Lex salica, 10.5, p. 46.
  • [44]
    Form. Marc. MGH, op. cit., Lib. II, 27-30, p. 87.
  • [45]
    Lex Salica, 10.5, p. 46.
  • [46]
    Lex Burgundionum, 10.1.
  • [47]
    Jn., 7.32, 45, 46. 18. v. 3.12.18.22 ; Rm. 13.4, 15.8. Parmi les nombreux emprunts linguistiques du gothique, H. Wolfram, Histoire des Goths, Paris, 1990, p. 126-128, relève ses celticismes et les termes dérivés du vocabulaire militaire romain.
  • [48]
    En allemand moderne, il donne le terme " Amt ", la fonction, la charge, l’office. En Hollande, il désigne une étendue de juridiction féodale. Voir aussi l’italien ambascia, " servizio pesante " ; en français, on le retrouve dans le terme " ambassade ". Pour " ambasses " dans le sens de corvées dans une formule de précaire (Bituric. 2) composée pour des Romains, relevée par L. Stouff, Étude sur le principe de la personnalité des lois depuis les invasions barbares jusqu’au xiie siècle, Revue bourguignonne de l’enseignement supérieur, 1894, p.54.
  • [49]
    A. Daubigney, Reconnaissance, p. 151.
  • [50]
    Dans l’armée romaine au vie siècle, on relève la présence régulière d’hommes de service affectés aux cavaliers, A. Pertusi, Ordinamenti militari, guerre in Occidente e teorie di guerra dei Bizantini (secc. VI-X), Ordinamenti militari in Occidente nell’alto medioevo, Settimane…, XV, Spolète, 1968, p. 631-700 (p. 665).
  • [51]
    " Une convention privée ne peut rendre personne esclave ni libre " (Dig., XL. 12.37) car " la liberté est publique et non privée " (Dig., XL .5.53 pr.).
  • [52]
    Sur cette question, J. Ramin et P. Veyne, Droit romain et société : les hommes libres qui passent pour esclaves et l’esclavage volontaire, Historia, 30, 1981, p. 472-497, et J. Gaudemet, Institutions de l’Antiquité, Paris, 1982, p. 712-716. Pratique de la vente d’enfants si répandue que des pères n’hésitent pas à l’avouer dans des suppliques adressées à l’empereur (CJ, VII. 16.1 et 37). Fragments du Vatican, II, 33 (315). CTh. 3.3, 1, éd. Th. Mommsen, Berlin, 1954, p. 131. Sententiae Pauli, V, 1, 1, F. V. II. 34 (313) et CTh. 5.10. 1, p. 226-227. Noter le contexte particulier de F. V. II .34 (313) puisqu’il s’agit d’un rescrit pris à propos d’un enfant d’origine gentilice (ex gentilibus) ce qui interdit d’admettre la légitimité de sa revendication. Aggravation du statut des enfants recueillis après leur exposition qui peuvent être gardés comme esclaves ou comme fils (CTh. 5.9.1. (331), p. 225) ; droit confirmé par Valentinien I (CJ, 8.51.2 (374)). Droit de garde subordonné à la rédaction d’un acte (CTh., 5.9.2 (412), p. 226).
  • [53]
    Gaius, I, 123, p. 23.
  • [54]
    Telle était la situation du père de famille qui avait émancipé son fils. En l’espèce, l’émancipation était un acte complexe qui supposait trois mancipations simulées suivies d’affranchissements intermédiaires. Mais avant de procéder au dernier affranchissement qui rendra enfin l’intéressé sui juris, la personne à qui l’enfant avait été mancipé, le remancipait à son père de façon à ce que celui-ci procède à l’affranchissement. De cette façon, était établi un lien de patronat entre le père et l’enfant et l’on remédiait à l’inconvénient qu’il y eût à ce que ce fut le privilège de l’acquéreur fictif en sa qualité de manumisseur (manumissor extraneus) (Épitome de Gaius, I .6.3).
  • [55]
    Sur ces établissements barbares en général, E. Demougeot, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II, Paris, 1979. Sur les établissements bretons, S. Kerneis, Les Celtiques. Servitude et grandeur des auxiliaires bretons dans l’Empire romain, Clermont-Ferrand, 1998.
  • [56]
    S. Kerneis, L’ancienne loi des Bretons d’Armorique. Essai de contribution à l’étude du droit vulgaire, RHD, 1995, p. 175-199.
  • [57]
    Sidoine Apollinaire, Lettres, t. II, liv. 3, ép. 9, éd. A. Loyen, Paris, 1970, p. 97.
  • [58]
    Cf. supra.
  • [59]
    M. Morabito, Les réalités de l’esclavage d’après le Digeste, Paris, 1981, p. 129-130, observe que le terme mancipium est peu utilisé dans le Digeste et y désigne l’esclave objet d’acte juridique. Sur l’avenir de la mancipatio dans les royautés barbares, voir chez les Lombards l’emploi du mot mancipare encore au xe siècle dans les aliénations en Lombardie (Stouff, op. cit., p. 47). Remarquer que l’affranchissement pratiqué chez les Lombards – in quarta manu – consiste pour le maître à placer à quatre reprises son esclave dans la main (in manu) d’un homme libre. L’esclave est alors amund (libéré du mundium) (Edictum Rotharis, art. 224, MGH, IV, p. 55-56). La pratique imite à l’évidence l’émancipation du fils de famille. On peut penser que la prise de possession par les mains a induit, par parallélisme des formes, que l’affranchissement se fasse par les mains. Sur les ingenui in obsequio, Lex. Rip. 31.1, éd. K. A. Eckhardt, Hannover, 1966, p. 40. Edict. Rotharis (c. 225, al. 228) : " Si aliquis in gasindio ducis aut privatorum hominum obsequio donum vel munuus conquisierit. "
  • [60]
    Consignation des formes requises dans les mancipations à titre gratuit dans P.-F. Girard, Manuel élémentaire de droit romain, Paris, réimpr. 1978, p. 824-829.
  • [61]
    De son côté, l’aliénateur précisera la situation juridique de la chose aliénée, une déclaration qui permettra, le cas échéant, d’engager sa garantie. Sur la mancipatio en général, voir P.-F. Girard, op. cit., p. 308-315 ; p. 309, note 5, l’auteur relève que Ulpien (Reg., 19.3-6) exige qu’on ne mancipe pas en même temps plus de meubles qu’on ne peut en saisir à la fois ; cf. les mancipations faites distinctement pour deux esclaves dans un acte de 61.
  • [62]
    La charte 30 de Cluny (éd. A. Bruel, t. l, Paris, 1876, p. 35-36), à cause de la référence au droit romain qu’elle contient, a été relevée par Stouff, op. cit., p. 36-37 et J. Gaudemet, Survivances romaines dans le droit de la monarchie franque du ve au xe siècle, Tidschrift voor Rechtsgeschiedenis, 1955, p. 178. Le même passage des Sentences de Paul (II. 18.1, p. 398) est aussi repris par les formules wisigothiques (Form. 32) via l’Épitome Guelpherbytani (Stouff, p. 9).
  • [63]
    Il restera, dans le Midi médiéval, ce qu’on appellera l’hommage servile (J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 135 et 213), mais le licol sera abandonné ; ne restera que la dation des mains, ici un reliquat de la romanité vulgaire plus qu’un effet de la féodalisation.
  • [64]
    Tacite, Germanie, 13-14.
  • [65]
    Paul Diacre, Hist. Lang., 2.9 et 4. 37.
  • [66]
    G.-L. Barni, La conquête de l’Italie par les Lombards, Paris, 1975, p. 240 et 243.
  • [67]
    La survie du terme anglais est intéressante : sous la forme shoal, il a fini par désigner une troupe de poissons, dont les écailles brillantes évoquent les cottes d’acier ; l’autre forme, school, " école ", calquée sur le latin, a été réintroduite par l’Église.
  • [68]
    C’était reconstituer les onze escadrons des deux partes imperii (Notitia Dignitatum, éd. O. Seeck, Francfort, 1983 (1876), p. 31 et 144), A. H. M.Jones, The Later Roman Empire (284-602), A Social, Economic and Administrative Survey, Oxford, 1964, p. 657. Modifications de l’armée byzantine au vie siècle et influence sur l’armée lombarde, A. Pertusi, Ordinamenti militari, p. 631 ; difficultés financières de Justinien, W. Treadgold, Byzantium and its Army, Saintanford, 1995, note p. 204 ; les scholae survécurent puisqu’elles furent reprises dans les thèmes, p. 28.
  • [69]
    CJ, 12.9.3, CJ, 4.5.1 ; la réforme, expliquée par Procope, Histoire secrète, 15-23, dut intervenir entre 527, début de la reprise en main (brevets à la seule collation de l’empereur, liste des effectifs tous les trimestres, CJ, 1.31.5), et 530, où sont attestées les onze scolae (CJ, 4.5.5), Jones, The Later…, p. 657 et p. 1272, n. 114.
  • [70]
    O. Bertolini (Ordinamenti militari e strutture sociali dei Longobardi in Italia, Settimane…, Spolète, 1968, p. 429) y voit des détachements de choc chargés de missions spécifiques d’exploration, d’avant-garde, de surveillance ; Théophylacte Simocatta donne comme équivalent diaphroura, " garde ", et les autres textes byzantins cités par Bertolini kataskopoi (éclaireurs), biglatores (vigilatores), biglai (vigiliae).
  • [71]
    Paul Diacre, Hist. Lang., 1.27.
  • [72]
    Ibid., 3.6.
  • [73]
    Moins de 20 000 hommes, à raison d’une unité d’environ 500 hommes par duc, plus la suite royale. Retour de 20 000 alliés saxons en Saxe (Paul Diacre, Hist. Lang., 2.6) ; enrôlement de 6 000 transfuges dans l’armée byzantine après le putsch de 572 ; pertes lors de l’invasion du Midi de la Gaule en 575-577, par trois ducs, dont l’un avait une suite de 500 hommes (Grégoire de Tours, Hist., 4.42 et 4.44).
  • [74]
    Paul Diacre, Hist. Lang., 4.37, 5. 19, 5.23.
  • [75]
    Bertolini note la rareté des emplois du terme fara, Ordinamenti militari…
  • [76]
    Sur ces communautés, S. Kerneis, Pieve d’Italie et plou d’Armorique, Mém. de la Soc. d’hist. et d’arch. de Bretagne, 1998 ; Paul Diacre croit que les groupes ethniques existants à son époque, " Gépides, Bulgares, Sarmates, Pannoniens, Noriques, Souabes ", sont venus avec Albouin, Hist. Lang., 2.26. Sur les Noriques-Pannoniens, cf. Vita Severini, exploitée par E. Demougeot, La formation, II, 2, p. 738. Au début du ve siècle, ces garnisons et celles de Rhétie devaient encore compter quelques milliers d’hommes, dont beaucoup de cavaliers (Not. Dign., p. 200). En 550, Narsès avait dans son armée de 22 000 hommes, outre les Lombards, 400 Gépides et 3000 Hérules (cf. Hist. Lang., 2.3), les Goths chrétiens levés en Thrace, et des recrues anatoliennes, Arméniens et Isauriens (Jones, The Later…, p. 668 ; unité d’Armenii à Vérone en 639, ibid., p. 669, peut-être les 1 000 bucellarii de Valérien, cf. infra). Prévôtés sarmates dans treize cités d’Italie du Nord (Not. Dign., p. 217), dont huit sont aux mains des Lombards en 588, soit à raison d’un numerus simple ou double par cité, entre 4 000 et 8 000 recrues possibles. Sur les Bulgares, infra.
  • [77]
    Le problème des arimanni est cardinal dans l’historiographie italienne ; on reconnaîtra ici les thèses de Bognetti, sans le caractère ethniquement lombard des arimanni ; il est clair au demeurant que l’institution a évolué au ixe siècle avant de se désagréger au xe, comme l’a montré Giovanni Tabacco ; G. Tabacco, I liberi del Re nell’Italia carolingia et post-carolingia, Spolète 1966 ; P. Toubert, Les libertés personnelles au haut Moyen Age et le problème des arimanni, ma, 1967, p. 127. O. Bertolini, Ordinamenti militari… ; J. Jarnut, Beobachtungen zu den Langobardische arimanni und exercitales, ZSS g. a., 1971, p. 1. Sur le devenir des arimani, revue complète de toutes les mentions, A. Castagnetti, Arimani e signori dall’età postcarolingia alla prima età comunale, in Strutture e trasformazioni della signoria rurale nei secoli X-XIII, G. Dilcher et C. Violante (dir.), Bologne, 1996, p. 169.
  • [78]
    Edictum Rothari, c. 21 et 386. Not. de actoribus régis, c. 5, in fine.
  • [79]
    " Arimannus id est qui scutum dominicum sequitur ", cité par O. Bertolini, Ordinamenti militari… ; cf. Ed. Roth. c. 367, sur les bannis venus dans le royaume qui " sub scuto potestatis nostrae subdederint ".
  • [80]
    Paul Diacre, Hist. Lang., 2.32, qui applique la mesure au premier établissement des Lombards.
  • [81]
    Jones, The Later…, p. 631 ; Goffart a insisté à juste titre sur les assignations de taxes et non de terres ; mais il faut aussi supposer une habitation, et des terrains d’usage commun, ici les gualdi publici ou exercitales.
  • [82]
    Jusqu’à un édit de Liutprand, Notitia de actoribus régis c. 5 ; désormais, en l’absence de frères, la fille recevait un tiers de l’héritage, les deux autres " revenant au public ".
  • [83]
    Jones, op. cit., p. 417 et 788 ; libellarius pour un bail public dans Cassiodore, Varia 5.7. Au viiie siècle, libellum et libellarius en étaient venus à désigner le bail et l’emphytéote, même lorsque la concession relevait d’un seigneur privé (Liutpr. c. 92). Sur le sort ultérieur du livello, cf. infra.
  • [84]
    Ed. Rothari, c. 6, 13, 271, 375 ; le roi distingue la rébellion " contre son duc, ou contre celui qui a été préposé par le roi pour gouverner l’exercitus ". Le chef des Bulgares venus en Bénévent en 668/671 et installés dans des terres abandonnées devint leur gastald ; ils apprirent l’italien, mais parlaient encore leur langue maternelle au viiie siècle (Paul Diacre, Hist Lang., 5. 29).
  • [85]
    Les deux catégories d’arimanni, au wergeld de 150 et de 300 sous, sont nettement distingués des gasindi regis dont " le moindre " vaut 200 sous (Ed. Liutpr., c. 62, en 724). Rivalités (Ed. Ratchis, c.14, de 746).
  • [86]
    Ed. Rothari, c. 20-24 ; renouvelé par Ed. Ratchis, c. 1-2, en 745, Ed. Ratchis, c. 1.2.4, en 746. Sur ces textes, Bertolini, op. cit.
  • [87]
    H. Wolfram, Histoire des Goths, p. 109-111, 115, 119.
  • [88]
    C. Sanchez-Albornoz, Estudios sobre las instituciones medievales espànolas, Madrid, 1976, p. 29 et 765.
  • [89]
    Olympiodore rapporte le sobriquet au début du ve siècle, L. Schmidt, Histoire des Vandales, Paris, 1953, p. 33 ; annona, solde, est passé en goth. sous la forme presque identique anno, Wolfram, Histoire des Goths, p. 127.
  • [90]
    CTh., 7.1.10.
  • [91]
    CTh., 7. 13. 16 ; Jones, op. cit., p. 647, 665-667 et 673 ; CJ, 12.33.2-4.
  • [92]
    Première " aile " (= escadron) Jovia (levée par Dioclétien) des catafractaires et Huitième (ensuite promue), avec d’autres escadrons lourds, Première des Abkazes (ensuite promue), Première des Hibères (Géorgiens) et Première des Quades (Germains danubiens ex-alliés des Sarmates) (Not. Dign., p. 65) ; promotion hors de " la liste mineure ", mais après les légions, 31.41=31.55 et 31.53 (demi-effacée dans la liste) =31.40 (felices pour seniores) et 7.25 (juniores), p. 21. Liste de fournitures, Jones, op. cit., p. 1261, n. 44.
  • [93]
    CJ, 9.12.8. Jones, The Later…, p. 666.
  • [94]
    Au siècle suivant, les généraux d’Orient entretiendront des groupes imposants de bucellarii. Bélisaire en amènera en Italie 7 000, Narsès, qui était pingre, seulement 400, Valérien, exmaître de la milice en Arménie, 1 000. Le recrutement s’est diversifié et Procope cite, outre des " boucheliers " thraces, gothiques ou gothicisés, des Arméniens, des Isauriens et même des Huns et des Persans (Jones, op. cit. p. 665).
  • [95]
    D. Perez-Sanchez, El ejercito en la sociedad visigoda, Salamanque, 1989, p. 43 et 47.
  • [96]
    R. D’Abadal, A propos du legs wisigothique en Espagne, Settimane…, Spolète, 1958, II, p. 541 ; A. Barbero et M. Vigil, La formacion del feudalesimo en la Peninsula iberica, Barcelone, 1978, p. 106 ; D. Perez-Sanchez, op. cit., p. 130 ; synthèses récentes, J. M. Minguez, Las sociedades feudales, Madrid, 1994, p. 39-51 ; A. Rucquoi, Histoire médiévale de la péninsule Ibérique, Paris, 1993, p. 60-68.
  • [97]
    D. Perez-Sanchez, op. cit., p. 58 s.
  • [98]
    Lex Wisigoth, 9.2.9, qui montre la liaison entre thiufad et dépendants ; Perez-Sanchez, op. cit., p. 72 ; D. Claude, Millenarius und Thiuphadus, ZSS, g. a., 1971, p. 181.
  • [99]
    Lex Wisigoth, 2.1.27 et 9.2.1 ; Wolfram, op. cit., p. 231, 254 ; Perez-Sanchez, op. cit., p. 161 et 164.
  • [100]
    R. A. Brown, Origins of English Feudalism, New York, 1973 ; H. Loyn, Anglo-Saxon England and the Norman Conquest (1962), Londres, 1991.
  • [101]
    114/70, éd. F. Liebermann, Die Gesetze der Angelsachsen, erster Band : Text und Übersetzung, Halle, Max Niermeyer, 1903, p. 89-123 (désormais abrégé LAS).
  • [102]
    Beowulf (éd. R. W. Chambers, rev. C. L. Wrenn, Cambridge 1959), v. 2151, 387, 729.
  • [103]
    Ibid., v. 2195-2199.
  • [104]
    Ibid., v. 2606-2608 ; cf. aussi v. 1068 et Finnsburgh fragment.
  • [105]
    Cf. v. angl. eahtan (formes v. sax. et v. h.a. ahtian), observer, juger, surveiller, poursuivre. Ulfila donne pour le gothique aiht : ta huparcha, " les provinces ", en référence au rôle tenu par les familles comme subdivisions territoriales du peuple.
  • [106]
    Jordanes, 3.22 ; version scandinave de la légende de Gylfin chez Thiodholf des Hvinir au xe siècle cité par Gylfaginning 1 (R. Boyer, op. cit., p. 160).
  • [107]
    Tacite, Germ., 32.
  • [108]
    Dans la traduction de la parabole du majordome (Matth. 24.48), il est significatif que thrael ait glissé d’" esclave " à " vicieux ".
  • [109]
    " Tu donneras à ton esclave (theow) pour douze mois 720 miches, pour chaque repas du matin et du soir ", Salomon et Saturne, Dial. en prose, c. 59, éd.J. M. Kemble, Londres, 1948.
  • [110]
    Ambaht-mag/-maeg, minister, pedisequus, " valet de pied " ; embeht, officium, ministerium (Lc 1 .23, 10.40), embehtian, ministrare (Mt. 8. 15, Lc. 12.37), embehtsumnes oddhe hernisse, obsequium (Jn. 16.2), hera oddhe embehtmann, minister (Lc. 10.43), hera vel thegn, minister (Jn. 12.26) ; ombeht thegn (Jn. 12. 26) ; cf. toutes ces occurrences dans J. Bosworth et T. N. Toller, An Anglo-Saxon dictionary, Oxford (1898), 1983.
  • [111]
    Beowulf, v. 1481 (cf. aussi Vie de Guthlac, 14, de Godwin, 62.3 ; loi d’Edgar 9, d’Ine 74) ; recevaient-ils dès lors hand-lean, une " récompense pour les mains ", laen étant glosé généralement par " précaire " ? Ils formeraient ainsi hand-scolu, une " troupe de main " (Beowulf, v. 1963, avec la forme hand-scale, v. 1317, qui évoque les " échelles " des Francs), à rapprocher de geneat-scolu, cf. infra, p. 62,, n. 2.
  • [112]
    Susan Reynolds (op. cit., p. 338) considère que les thanes ne sont pas fort dissemblables des vassi.
  • [113]
    Lois d’Ine, 19 et 22 ; II Edg., I.1, p. 196, distingue la terre retenue du thane (inland) et celle du geneat, qui paye la rente ; geneàt-sc’olu, Vie de sainte Juliana, de 684 (éd. O. Cockayne et T. Brock, 1872) ; le terme désignera encore à Maldon, le vieux Byrhtwald, cf. infra.
  • [114]
    Lois d’Ine, 63/19 ; une glose tardive, à une époque ou geneat ne désigne plus que des fermiers, donnera villanus, colonus fiscalinus. 76/32, glosé plus tard equi waliscus/stabularius, p. 12-14 ; le horse-welsh évoque évidemment le gwas marchauc, cf. supra.
  • [115]
    Lois de Wihtraed, 5 et 20-21.
  • [116]
    Bède, Hist. eccl., 1.25, 3. 14, 3.24, 3.26 (éd. B. Colgrave, Oxford, 1979) ; Vie de Cuthbert, c. 25, 27, 29 (éd. B. Colgrave, Oxford, 1940).
  • [117]
    Chro. anglo-saxonne, 755 (757), trad. G. M. Garmonsway, Londres, 1953 ; F. P. Magoun, Cynewulf, Cyneheard and Osric, Anglia, 57, p. 361 ; H. M. Chadwick, Studies on Anglo-Saxon Institutions, Cambridge, CUP, 1905, p. 363 ; P. Hyams, Feud in Médiéval England, Haskins Society Journal, 1991, p. 1.
  • [118]
    Lois d’Ine, 89/45 et 95/51. Le texte d’origine, en 695, a été remis à jour au concile de Clovesho, en 747.
  • [119]
    Lois d’Alfred, 3.5.7 et 36/40, suppléments d’amende payés par les membres d’une attaque en troupe, hloth ; ou bagarre dans les habitations ; les termes " vulgaires " sont donnés par la version revue par le roi Cnut, après 1017.
  • [120]
    D. J. V. Fisher, A History of England. The Anglo-Saxon Age, c. 400-1042, Londres, 1976, p. 214 s. Le système fut peut-être imité en Saxe, cf. infra.
  • [121]
    La situation des thanes dans la première moitié du xie siècle est connue notamment par les Rectitudines singularum personarum, H. Loyn, The King and the structure of Society in Late Anglo-Saxon England, Society and People, Studies in the History of England and Wales, Londres, 1992, p. 65 ; P. A. Clark, The English Nobility under Edward the Confessor, Oxford, 1994.
  • [122]
    Poème de la bataille de Maldon (éd. ?. V. Gordon) ; Chro. anglo.-sax., 993 (=991). Sur la composition de l’armée d’Essex, Fisher, op. cit., p. 308.
  • [123]
    Souligné par H. Loyn, Kinship in Anglo-Saxon England, Society and People, p. 45.
  • [124]
    La controverse remonte à Sir Frank Stenton, et même avant lui ; elle a été réactivée plus tard.Jolliffe, The Feudal Kingdom of England, Londres, 1955 et J. Barlow, William I and the Norman Conquest, Londres, 1965 d’une part, J. C. Holt, The introduction of knight service, Anglo-Norman Saintudies, 1984, p. 89, de l’autre. Résumé dans C. W. Hollister, Military obligations in late Saxon and Norman England, Settimane…, Spolète, p. 169, et dans H. Loyn, Anglo-Saxon England, Society and Peoples…, p. 1.
  • [125]
    P. Wormald (Giving God and King their due : conflict and ils régulation in the early english Saintale, Settimane…, Spolète, 1997, p. 548) montre de façon très convaincante la force de la royauté anglaise au xe siècle ; mais cette force ne vient-elle pas du poids encore relativement faible des maisons nobles par rapport aux communautés d’hommes libres ? Et l’échec final sur le plan militaire ne vient-il pas finalement des divisions parmi les thanes, comme le note H. Loyn (The King and the structure of Society in late Anglo-Saxon England, Society and People…, p. 65).
  • [126]
    Ce qui expliquerait le maintien sous Guillaume Ier de ce que C. W. Hollister nomme le " select fyrd ", une levée des thanes médiocres, " d’Anglais " disent les textes, selon le système des cinq hides. Plaidant pour cet élément de continuité, Hollister n’en admet pas moins une réforme de Guillaume, installant une " armée féodale ", une levée de chevaliers à la normande selon un système variable, mais fondé sur des multiples de cinq chevaliers (Military obligations…). Continuité et mutation se conjuguaient ainsi.. D’où, aux xe et xie siècles, le dangereux recours aux mercenaires scandinaves. Quand ceux-ci faisaient défaut, aux heures décisives de la bataille contre l’envahisseur de leur chère île, les Anglais se retrouvaient entre gentlemen, ou comme le dira plus tard Henry v sous de meilleurs auspices : " We few, we happy few, we band of brothers. " Maldon anticipait sur Hastings.
  • [127]
    Selon le mot de Jordanès, Getica 55.280 ; accueillis par Théodoric après leur défaite en Lorraine-Alsace par Clovis, E. Demougeot, La formation de l’Europe, II, 2, p. 812.
  • [128]
    Sur les institutions bavaroises, W. Störmer, Adelsgruppen im Früh – und Hochmittelalterrlichen Bayern, Münich, 1972 ; J. Jahn, Ducatus Baiuvariorum (Monographien zur Geschichte des Mittelalters, 35), 1991.
  • [129]
    M. Rouche, La crise de l’Europe au cours de la deuxième moitié du viie siècle, et la naissance des régionalismes, Annales ESC, 1986, p. 347.
  • [130]
    Lex Alamannorum, G. H. Pertz, MGH Leges III, p. 14 et 16-17 ; K. A. Eckhardt (Germanenrechte), i, p. 98, et MGH Leg. sect., I, V. 1, p. 8 et 10 ; on pourrait rétablir " (Lex) domno Chlothario rege constituta/instituta a(nno) XXXIII, ubi fuerunt duces et XXXIII episcopi et XLV (ou LXXII ?) comites ", soit l’année 616, une assemblée où se trouvaient les ducs (des Alamans et de Transjurane ; 33 ducs est un chiffre impossible), 33 évêques (4 de la province de Trêves, 2 de celle de Cologne, 4 de Mayence, 2 de Besançon, 4 de Lyon, 8 de Sens, 9 de Reims) et plusieurs comtes ; peut-être celle de Bonneuil (O. Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Paris, 1989, p. 211). En 613/614, Clothaire était à Marlenheim près de Strasbourg, où il faisait décapiter " beaucoup de méchants " ; en 614, à Paris, où il tenait une assemblée avec 79 évêques, en 626/627, à Clichy, avec 40 évêques (Pontal, p. 206-213). Sur la politique de Clothaire, S. Lebecq, Les origines franques, Paris, 1990, p. 124.
  • [131]
    Pertz, op. cit., p. 196 et 215.
  • [132]
    Lex Alam. noyau ancien, fragm. II 37-39 (MGH) ; Cloth. c. 14.6-11 (GR).
  • [133]
    Le terme est dans la recension de 724, au c. 80 (MGH 81 GR), mais certainement plus ancien, à en juger par le rituel déployé ; une glose montre qu’un rituel identique existait chez les Bavarois, et l’une des premières donations à l’église de Freising, en 750, porte sur les " déserts " de deux genealogiae bavaroises ; de telles étendues communes finirent par être dites elles-mêmes genealogiae (cf., au ixe siècle, une formule de Passau situe des biens in vico (le lieu habité) aut genealogia (la terre de parcours) quae dicuntur…). Pour A.C. Murray (Germanic Kinship Structure, Toronto, 1983, p. 99 et s.) la rareté des mentions impliquerait que les genealogiae ne sont pas " au cœur des bases légales et foncières des lois ", propriété et héritage y étant individuels ; il oublie que ceux-ci ne portent précisément pas sur les communaux, mais sur les alleux (Lex Baiuw., I, c. 8).
  • [134]
    Lex Alam. noyau ancien, fragm. II, c. 48 (MGH) ; 17 al. 3 (GR) ; * Si letus fuerit (aut) in ecclesia aut in heris generacionis dimissus fuerit " ; H. Brunner (Deutsche Rechtsgechichte I, p. 118) y voyait des " familles de l’armée " ; sur le sens ici de here en Angleterre, supra.
  • [135]
    Lex Baiuw., c. 3.1.
  • [136]
    Lex Alam., II, c. 81, 1-4 et 5-7, MGH, Legum Sectio I, t. v, Pars I, Leges Alamannorum, éd. Lehmann, Hanovre, 1888 ; (MGH) Lantfrid., c. 72, 73, 74, entre 61-71, et 75, 76-77 et 78 (GR). Pertz place le passage au livre II de la lex Cloth., considéré par lui comme une suite d’ajouts (donc 616/724), tandis qu’Eckhardt le place dans la lex Lantfrid. (724).
  • [137]
    Article parallèle dans la Lex Baiuw., 2. 14 (MGH, Legum Sectio I, t. V, Pars II, Leges Baiwariorum, éd. Heymann, Hanovre, 1888) qui mentionne " le vassal du roi ou du duc ", là où la Lex Alaman. Cloth. 36 (MGH) parlait du " vassal du duc ou du comte ". Pour Pertz, le passage daterait de 616. Il est de toute manière repris dans la recension de Lantfrid.
  • [138]
    Pertz, MGH, Additamenta, p. 171.
  • [139]
    H. Brunner, Zur Geschichte der Römischen und Germanischen Urkunden, Berlin, 1880, p. 254-257.
  • [140]
    Herwig Wolframm (Karl Martell, cf. note suiv.), étudiant les Brèves traditionum de l’Église de Salzbourg, il note que les beneficia donnés à cette Église, avec l’approbation du duc étaient tenus en propriété. S’il y a approbation des donations de beneficia à Salzburg par Tassilon III, cela signifie 1 /que les beneficia des laïques sont plus anciens ; 2 /qu’ils ne sont pas à la libre disposition des bénéficiaires, même s’il ne s’agit pas de precariae ; on discutera la notion de propriété, un peu vite assimilée à la libre disposition.
  • [141]
    H. Wolframm, Karl Martell und das fränkische Lehenswesen. Aufnahme eines Nichtbestandes, in J. Jarnut, U. Nonn et M. Richter éd., Karl Martell in seiner Zeit, Sigmaringen, 1994 (abrégé : Karl Martel…) p. 61-78.
  • [142]
    Pardessus, Diplomata, II, n° 544 de 735/737, p. 355 ; cf. aussi n° 558, de 736 ; cités par F.-L. Ganshof, La féodalité…, p. 32.
  • [143]
    Sur les vassi de Wissembourg, infra, p. 92 et n. 3.
  • [144]
    J.-P. Poly, La corde au cou ; Le dernier des Meroings ou le passé du " premier roi de France ", RHD, 1996, n° 3, p. 354 ; Terra salica, société féodale, continuité ou discontinuité, Les origines.
  • [145]
    K.A. Eckhardt, PLS, MGH Leg. Sect., I, IV 1, c. 41.1, 5, 8, 9, 10 et 42.4 ; en 63.1 et 2, les wergelds sont triplés à l’ost.
  • [146]
    Dans la maison d’Eudes d’Aquitaine et dans la région parisienne (M. Rouche, L’Aquitaine, p. 368 et 671 ; Marculf, II, n°36). Il est possible, comme le pense Michel Rouche, que les gasindi du Nord soient plus humbles ; mais la formule parisienne se contente de prévoir la donation " en bienfait " avec toutes ses variantes, concernant tant l’objet de l’acte – propriété ou revenus de la terre – que le bénéficiaire – " esclave (servus) ou gasindus ". Le formulaire, par ailleurs vague – " à notre fidèle ", " eu égard à ta foi et à ton service " –, n’implique pas que le compagnon soit assimilé à l’esclave.
  • [147]
    P. Geary, Aristocracy in Provence, the Rhône Basin at the dawn of the carolingian Age, Stuttgart, 1985, p. 43 et, Die Provence zur Zeit Karl Martells, Karl Martell…, p. 381-392 ; la clause de transfert d’obsequium à l’héritier d’Abbon, l’abbaye de Novalaise, invoque explicitement la lex de ingratis et contumacis libertis. Au viie siècle, la révocation était si présente à l’esprit qu’on tendait parfois à analyser le " bienfait " comme une donation en usufruit, F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 30, citant Marculf, II, n° 5, 39, 40, et Form. andecav., n° 7.
  • [148]
    Lettres, 3.5 (éd. Loyen, Paris, 1970) ; la missive pourrait avoir été envoyée avec la suivante, adressée au préfet du prétoire des Gaules, Eutrope ; nuper, " il y a quelques temps ", c’est-à-dire un espace de temps entre 3 et 21 ans.
  • [149]
    Jones, The Later…, p. 204 et 466.
  • [150]
    Jones, op. cit., p. 396, 460 ; p. 458, 626, 636, 644 ; p. 611 ; solde encore distribuée aux garnisons gothiques d’Italie au vie siècle, p. 460.
  • [151]
    S. Kerneis, Les Celtiques. Servitude et grandeur des auxiliaires bretons dans l’Empire romain, Clermont, 1998, p. 109 s. J.-P. Poly, Le dernier des Meroings.
  • [152]
    Grégoire de Tours, Hist., 8. 39, commenté par M. Rouche, L’Aquitaine, p. 370 ; comp. Nov. Theod., 7.1 = CJ., 3.25. 1, de 439.
  • [153]
    Le mot, connu par la loi salique (le fameux titre 59 du PLS), apparaît ensuite assez régulièrement dans les Formulae.
  • [154]
    Ed. Rothari, c. 182, 199-200 ; meta c. 167, 178-179, 182-183, 190-191, 215, et morgingab. La même dotation existe chez les Anglo-Saxons, faedering, magas fioh, distinct du morgengyfe, Lois d’Aethelberht, c. 81.
  • [155]
    Tacite, Germanie, 18.
  • [156]
    En 602, dans les Lois d’Aethelberht (c. 1, p. 3, c. 28 et 30 p. 5) ou au viiie siècle, dans le Beowulf (J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation…, p. 119 s.
  • [157]
    B. Dickins, Runic and Heroïc Poems, Cambridge, 1915, p. 12. Le texte date sans doute du viie siècle avant l’augmentation de la série des runes, le manuscrit est du ixe ; nous traduisons " gif he wile fordrithnedomes (sous-entendu : hl’yt) hleotan ", le génitif de d’om rendant difficile la lecture for Drihtne dômes, " (obtenir) la gloire auprès du Seigneur ".
  • [158]
    Bede, Hist. eccl., 5.10.
  • [159]
    Tacite, Germanie, 14.
  • [160]
    La mère de Wilfrid étant morte, " ainsi (avec l’héritage), il arriva à habiller, armer et monter tant lui-même que ses serviteurs de sorte qu’il n’eut pas à être honteux en présence du roi ", Vita Wilfridi, 1 (éd. B. Colgrave).
  • [161]
    Métaphore identique en pays barbare, J.-P. Poly, Le grain des Welches, Droit et cultures, 1986, p. 19.
  • [162]
    Tradition de Saint-Martin de Vertou, au ixe, siècle, confirmée par le Pseudo-Frédégaire, c. 60, textes cités par M. Rouche, L’Aquitaine, p. 371.
  • [163]
    Sur les rapports avec l’Église, cf. les communications de H. W. Goetz, Karl Martell und die Heiligen. Kirchenpolitik und Maiordomat im Spiegel der spätmerowingischen Hagiographie, et de A. Dierkens, Carolus monasteriorum multorum eversor et ecclesiasticarum pecuniarum in usus proprios commutator ? Notes sur la politique monastique du maire du palais Charles Martel, Karl Martell…, p. 101-118 et 277-294.
  • [164]
    Michel Rouche (L’Aquitaine, p. 361) pense que la " mise à cheval " de l’armée ne date que de cette époque ; mais le retard pourrait être dû à la force de la coutume. Il songe, comme double modèle, aux Lombards et aux Basques.
  • [165]
    Réserves de H. Wolframm, Karl Martell…, et de T. Reuter, " Kirchenreform " und " Kirchenpolitik " im Zeitalter Karl Martells : Begriffe und Wirklichkeit, Karl Martell…, p. 61-78 et 35-59.
  • [166]
    Cap. Compiègne de 757, c. 6 et c. 9, MGH, Cap. reg. franc., I, p. 37-39.
  • [167]
    A Saint-Wandrille, en 787, un inventaire des manses, distinguant ceux réservés à l’entretien des moines et ceux donnés en bénéfice contre divers avantages, omet dans le total 300 manses qui pourraient être les bénéfices qui ne rapportent rien, ceux des vassi de l’abbaye ; à trois manses par cavalier, cela ferait une centaine ; I. Wood (Teutsind, Witlaic and the History of Merovingian precaria, in W. Davies and P. Fouracre, Property and Power in the Early Middle Ages, Cambridge, 1995, p. 30) montre le caractère rémunérateur de la plupart des anciens bénéfices, soit en terre, soit en cens.
  • [168]
    J.-P. Devroey, Le polyptyque… de Saint-Remi de Reims, Reims, 1984, p. 57.
  • [169]
    Cf. le vieil anglais raede-here, " troupe préparée, équipée ", " troupe montée ".
  • [170]
    J. Boussard, Services féodaux, milices et mercenaires dans les armées, en France, aux xe et xie siècles, Settimane…, Spolète, 1968, p. 131 ; Patericus pourrait être un guerrier breton, Patrick, plutôt qu’un germanique Badericus/Baudry ; (autres groupes de trois combattants, supra, p. 26 et, à Maldon, p. 66 et s.). Patericus avait aussi arrondi sa dotation avec d’autres bénéfices ; nous sommes à la fin du ixe siècle où le niveau social des vassi s’était beaucoup rehaussé.
  • [171]
    F. Lot, Hariulf, chronique de l’abbaye de Saint-Riquier, Paris, 1894, chap. 3, p. 86 ; annexe VII, p. 306 ; p. 294 ; le trésor de l’abbaye disposait de 7 pommeaux de gonfanons, à mettre en tête des hampes des étendards de guerre, p. 93.
  • [172]
    Statuta Adalardi, éd. L. Levillain, Moyen Age, XIII, p. 350 ; l’abbé prévoit, entre les résidents et les visiteurs, " au minimum 300 personnes, en général pas plus de 350" ; il y a là-dessus cinq catégories – 150 rationnaires réguliers – les moines, les vassaux, les hôtes, les écoliers, des isolés.
  • [173]
    L. Levillain, Loup de Ferrières, correspondance, I et II, Paris, 1964, ép. 15-16-17, 111-112, 121 ; 18, les hommes de Prüm, 106 ceux de Corbie, 122 ceux de Paris ; 45, dix chevaux perdus en Bourgogne ; 130, escorte.
  • [174]
    Inst. Ulp. fr. 1. 1, P. F. Girard et F. Senn, Textes de Droit romain, Paris, 1967, p. 450.
  • [175]
    Les notaires distinguèrent encore parfois precaria et praestaria, mais pour nommer les deux exemplaires du contrat, celui du concédant et celui du concessionnaire.
  • [176]
    Infra, p. 172, n. 3.
  • [177]
    Sur cette militia de Saint-Denis, J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation…, p. 284 s. ; elle allait constituer le noyau dur de la maison royale à la fin du xie siècle, E. Bournazel, Suger and the Capetians, Abbot Suger and Saint-Denis, New York, 1986, p. 55.
  • [178]
    De rébus ecclesiasticis, 31, PL, 114, col. 964.
  • [179]
    Opusc., 55, cap. 52, PL, 125, col. 491.
  • [180]
    Paul Diacre, Expositio in régula S. Benedicti, cité par Ganshof, La féodalité, p. 65. On comprend que les évêques aient souhaité se dispenser de l’hommage et que les grands ne l’aient pas toujours apprécié.
  • [181]
    L. Levillain, Loup de Ferrières…, ép. 122.
  • [182]
    A. J. Greimas, Dictionnaire de l’ancien français, Paris, 1987, et cf. supra, note 2, p. 91.
  • [183]
    Le latin du texte laisse apparaître un roman entremêlé de mots germaniques, scancio, qu’on trouve dans une version de la loi salique, suppa passé en Gaule dès le vie siècle buticula, une petite botte, une gourde de cuir et de bois, staubum qui n’est pas staupus=poculum, mais stuba (cf. Lex alam., 81.3, rec. Lantfr., 77.1).
  • [184]
    G. A. Beckmann, Aus den letzten Jahrzehnten des Vulgärlateins in Frankreich, Zfitschrift für Romanische Philologie, 1963, p. 305, repris par J. Batany, Le français médiéval, Paris, 1972, p. 49. Le ms. Wolfenbüttel 97 f° 37 v° (le meilleur ms. du Pactus legis salicae, la version A2 de l’édition d’Eckhardt) appartenait à l’abbaye de Wissembourg, mais il semble bourguignon : la formule de securitas copiée sur le folio 1 évoque deux formules de Sens (Formulae senon., n° 11 et 51), l’écriture l’apparente à des actes autunois, les noms ont une forme bourguignonne ; le Palatinat ou la Lorraine ne sont cependant pas exclus (l’identification à Tours proposée par Holder ne repose que sur le nom du scribe Agambert identifié à un moine de cette ville) ; l’éditeur le date de 751/768. Le PLS, avec les 93 articles et l’épilogue, sans les ajouts austrasiens, occupe les f° lv° à 37, le Bréviaire du Théodosien les f° 38 à 87 r°, le colophon du scribe le f° 87 v°.
  • [185]
    Statula Eccl. Argent., de 1453, cité par Du Cange, hoc verbo.
  • [186]
    Bosworth et Toller, An Anglo-saxon dictionnary, hoc verbo.
  • [187]
    La forme ancienne est " chabrot " (É. Littré, Dictionnaire de la langue française, hoc verbo) ; on dit aussi " faire chabrol ".
  • [188]
    G. Duby, Le Dimanche de Bouvines (1973), in Féodalités, Paris, Gallimard, 1996, p. 946.
  • [189]
    Annales, MGH SS, II, p. 608 ; capitulaires de 768, c. 5 et 9, et de 789, c. 6 et 9, MGH, Capit. reg. franc., I, p. 43 et 65, cités par F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 50.
  • [190]
    Sur le sens à donner à ces mots, cf. infra.
  • [191]
    Corresp. de Loup de Ferrières, n° 17 ; Saint-Hilaire de Poitiers était un honorabile beneficium du comte Acfré, L. Halphen, L’Empire carolingien (1947), rééd., P. Riché, Paris, 1995, p. 419.
  • [192]
    A. de Courson, Cartulaire de Redon, Paris, 1863, p. 96, cité par F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 76. A. Chédeville et N. Y. Tonnerre, La Bretagne féodale, Rennes, 1994, p. 118 et 170.
  • [193]
    C. Violante, Bénéfices vassaliques et livelli au cours de l’évolution féodale, Mélanges… Georges Duby, II, Aix-en-Provence, 1992, p. 123.
  • [194]
    Capitulare Mantuanum, MGH, Capit. reg. franc., I, p. 191, c. 11.
  • [195]
    S. Fonay Wemple, Atto of Verceil. Church and Christian Society in tenth Century Italy, Rome, 1979, p. 30 s.
  • [196]
    C. Violante, Bénéfices vassaliques.
  • [197]
    G. Tabacco, Il regno italico nei secoli IX-XI, Settimane…, Spolète, 1968, p. 763.
  • [198]
    Sur l’évolution du lien féodo-vassalique, cf. P. Brancoli Busdraghi, La Formazione del feudo lombardo come diritto reale, Milan, 1965, et les critiques de C. Violante, Bénéfices vassaliques, et G. Tabacco, Gli orientamenti feudali dell’impero in Italia, Structures féodales…, p. 219.
  • [199]
    Cf. les schémas de manœuvres des traités byzantins, dans O. Pertusi, Ordinamenti militari…
  • [200]
    Carte, J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 80, dressée d’après la liste du capitulaire de 817. Ph. Contamine, La guerre au Moyen Age, Paris, 1992, p. 102, compte 200 palais, 600 fiscs, 500 abbayes dont 200 royales, 189 évêchés dont 140 importants et 700 pagi dont 500 avec un comte, soit une levée totale de 35 000 cavaliers ; l’hypercritique de Lot semble dépassée, et nous nous rangeons plutôt à l’avis de K. F. Werner, Histoire de France, I, Les origines, Paris, 1984, p. 377.
  • [201]
    Sur l’expression, cf. supra, p. 49 et infra, p. 309 s.
  • [202]
    K. F. Werner, Heeresorganisation und Kreigsführung…, Settimane…, Spolète, 1968, p. 791.
  • [203]
    De ordine palatii, c. 22, 27, 28, p. 56 et 68. Adalard écrivait en 800/814.
  • [204]
    Sur le fait que les antrustions prêtent un serment et non un hommage, J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 109.
  • [205]
    Annales royales, éd. F. Kurze, p. 14, commenté par F. L Ganshof, La féodalité, p. 57 (corr. " sacramentum juravit, multas et innumerabilias reliquias sanclorum manus imponens ") et p. 72 ; le second texte est cité et commenté par M. Rouche (L’Aquitaine, p. 368 et 672) dont l’analyse est suivie par J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 110 s. En 743, on avait exigé le seul serment (L’Aquitaine, p. 33) ; en 787, il y eut investiture per baculum, MGH SS, I, 43 et 1219 (on pourrait comparer ce sceptre bavarois à celui des diptyques consulaires).
  • [206]
    Cf. supra.
  • [207]
    Ermoldus, Poème en l’honneur de Louis, v. 2480-2489, éd. E. Faral, Paris, 1964.
  • [208]
    Capitulaire de 802, MGH, Capit. reg. franc, I, n° 33 et 34, p. 102 ; F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 57 ; J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 115 ; O. Guillot, A. Rigaudière, Y. Sassier, Pouvoir et institutions dans la France médiévale, Paris, 1994, I, p. 122.
  • [209]
    M. Becher, Eid und Herrschaft. Untersuchungen zum Herrscherethos Karb des Grossen, Sigmaringen, 1993.
  • [210]
    F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 58, qui traduit " que chaque homme libre puisse choisir… ", ce qui atténue l’obligation de se vassaliser.
  • [211]
    J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 113.
  • [212]
    F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 84 ; O. Guillot, A. Rigaudière et Y. Sassier, op. cit., p. 144.
  • [213]
    Ainsi Loup de Ferrières, ép. 122 (éd. Levillain), mais le dicton rapporté par Hincmar (supra) montre qu’elle était habituelle.
  • [214]
    F.-L. Ganshof, La féodalité, p. 90 s.
  • [215]
    O. Guillot, Une ordinatio méconnue, Charlemagne’s Heir, p. 455.
  • [216]
    Miracula S. Bertini, c. 8, MGH SS, XV, 1, p. 513. cité par F.-L. Ganshof, op. cit., p. 48. Sur la situation, E. Favre, Eudes comte de Paris et roi de France, Paris, 1893, p. 99-100.
  • [217]
    Dès 888, les gens de Saint-Vaast d’Arras étaient allés combattre les Normands installés à Louvain, et l’Annaliste notera les sarcasmes de ceux-ci, que lui avaient rapportés les vassi (Ann. Ved., 885, p. 56).
  • [218]
    F.-L. Ganshof, op. cit., p. 100. Sur les principautés, O. Guillot, A. Rigaudière, Y. Sassier, op. cit., p. 155.
  • [219]
    Capitulaires de 853 et de 883, MGH, Capit. reg. franc, II, p. 272 et 371 ; correspondance de Loup de Ferrière, en 862, sur les vassaux brigands, ép. n° 120, 130, 181. F.-L. Ganshof, op. cit., p. 98.
  • [220]
    L. Halphen, Charlemagne, p. 409.
  • [221]
    Cf. supra.

Une certaine obscurité entoure toujours les origines de la vassalité et la question demeure hypothéquée par le débat qui opposa au siècle dernier l’école des romanistes à celle des germanistes. Les premiers, à la suite de Fustel de Coulanges, privilégiaient l’origine romaine de l’institution en la rattachant à la pratique de la clientèle qui s’était singulièrement développée dans la société du Bas-Empire. Les seconds, qui partageaient les vues de Boulainvilliers, Montesquieu et Mably, tous partisans d’un héritage germanique, faisaient dériver les vassaux des Gesinde germaniques, des jeunes gens libres qui composaient la suite guerrière du chef. Encore fallait-il que l’étymologie corroborât ces assertions : les romanistes insistèrent sur la latinisation du terme vassus, tandis que les germanistes l’affublèrent parfois d’une origine germanique.
Quel que soit le terme employé, gesind, vassus ou encore bucellarius, ou thane, on s’accorde à reconnaître un développement des groupes de dépendants armés et cavaliers dès la fin de l’Empire romain et durant les premiers royaumes " barbares ", chez les Lombards d’Italie, les Goths d’Espagne, les Angles et les Saxons de l’île de Bretagne, les Allemands et les Bavarois du Danube, ou les Francs de Gaule.
Parmi ces groupes se dégagent, dans la seconde moitié du viiie siècle, les vassi de Gaule du Nord qui vont être le fer de lance de l’Empire carolingien et se répandre sur tous les territoires de ses conquêtes. Au début du viie siècle, enseignait-on, les ancêtres de Charlemagne avaient eu besoin de cavaliers pour résister à l’Islam ; ils confisquèrent de nombreux domaines ecclésiastiques et les donnèrent à des vassau…


Date de mise en ligne : 01/07/2014

https://doi.org/10.3917/puf.bourn.1998.01.0017

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