Chapitre II. La crise, la paysannerie libre et la féodalité
- Par Jean-Pierre Poly
Pages 111 à 206
Citer ce chapitre
- POLY, Jean-Pierre,
- POLY, Jean-Pierre
- et BOURNAZEL, Eric,
- Poly, Jean-Pierre.
- Poly, J.-P.
- J. Poly
- et E. Bournazel
https://doi.org/10.3917/puf.bourn.1998.01.0111
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- Poly, J.-P.
- J. Poly
- et E. Bournazel
- Poly, Jean-Pierre.
- POLY, Jean-Pierre,
- POLY, Jean-Pierre
- et BOURNAZEL, Eric,
https://doi.org/10.3917/puf.bourn.1998.01.0111
Notes
-
[1]
Carmen ad Rotbertum regem, V. 302-303, 389-390 éd. C. Carrozi, Paris, 1981, p. 22, 30 ; date, J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 258.
-
[2]
G. Duby, L· chevalier, la femme et le prêtre, Paris, 1981, p. 59.
-
[3]
Caballarius a ainsi donné cavalier et chevalier ; des manières chevaleresque sont autre chose que des façons cavalières.
-
[4]
On notera les remarques mesurées de P. Bonnassie : « Les seigneurs ont usé à peu près également de la terreur et de la bienveillance à l’égard de leurs vilains » (Le rapport…, p. 98).
-
[5]
G. Duby, Les trois ordres ou l’imaginaire du féodalisme, Paris, 1978. G. Oexle, Die « Wirklichkeit » und das « Wesen » : Ein Blick auf das sozialgeschichtliche Œuvre von Georges Duby, Historische Zeitschrift, 1981, p. 61 ; J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 225 s., 255 s.
-
[6]
Sur sa construction, J. Dalarun, L’abîme et l’architecte, Georges Duby…, p. 11.
-
[7]
Cf. l’étude de G. Oexle, citée supra, et la conclusion de R. I. Moore, Duby’s Eleventh Century, History, 1984, p. 36. Patrick Geary souligne que l’opposition entre la justice publique du mall et la justice seigneuriale ne doit pas faire oublier le rôle des négociations de lignage à lignage (Vivre en conflit) ; Stephen White insiste sur le modèle transactionnel que supposent les mises en forme juridiques (cf. aussi les critiques méthodologiques de l’historiographie française au chap. 6 de son Custom) ; même intérêt pour les liens intimes qui font la sociabilité pour Barbara Rosenwein (To be the Neighbor).
-
[8]
Cf. supra, Introduction.
-
[9]
Même en Maçonnais, « la classe dominante représente une remarquable continuité de part et d’autre de l’an mil. Les chevaliers et les seigneurs châtelains qui régnent en 1100 proviennent tous des nobles du xe siècle, déjà possesseurs de riches alleux. Nulle trace de l’émergence et de l’ascension des “guerriers professionnels” que l’on a cru pouvoir décrire ailleurs. Il n’y a au xie siècle qu’un simple “ajustement” du dispositif de la noblesse, sa métamorphose en une chevalerie » (D. Barthélémy, Noblesse, chevalerie, lignage dans le Vendômois et les régions voisines aux xe et xiie siècles, Georges Duby…, p. 121).
-
[10]
G. Duby, Les idées de M. Léo Verriest sur la seigneurie rurale, Annales de Bourgogne, 1948, p. 190 ; P. Bonassie, Marc Bloch historien de la servitude, reflexion sur le concept de « classe servile », Marc Bloch aujourd’hui, Histoire comparée et sciences sociales, Paris, 1990, p. 363.
-
[11]
Cf. les thèses stimulantes de l’économiste et historien Pierre Dockès, La libération médiévale, Paris, 1979.
-
[12]
A. H. M.Jones, The Later…, p. 467.
-
[13]
J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 194 s. ; Gaius, Inst., 1.9 et s., 1. 48 et s., en partie repris par l’Épitome Gai à la suite du Bréviaire, et par Inst. 1. 3, De jure personarum, et 1.8.
-
[14]
J.-P. Poly, L’autre nom du comte Raimon – les choix des princes, les identités ethniques et la Fin de l’Empire, La Catalogne, p. 66. Monique Bourin a fait la même remarque (Les solidarités paysannes), mais note le peu de cohérence des communautés villageoises vers l’an mil. Marti Aurell (Le comte) distingue de la noblesse de sang les riches alleutiers citadins.
-
[15]
Inst., 2.4, De usufructu ; le concept de partes proprietatis a été dégagé en construisant cette notion, cf. R. Monier, Manuel élémentaire de droit romain, Paris, 1947, p. 435 ; M. Kaser, Das Römische Privatrecht, Munich, 1955, p. 376 ; A. Guarino, Storia del Diritto romano, Milano, 1963, p. 520 et 522, et Diritto privato romano, Napoli, 1966, p. 635, 670, 682 ; R. Villers, Rome et le droit privé, Paris, 1977, p. 262, 300 ; sur l’évolution, E. Levy, West roman vulgar law, The law of property, Philadelphia, 1951, p. 35.
-
[16]
J.-P. Poly, Terra salica, société féodale, continuité ou discontinuité, Les origines… (CNRS, Bordeaux, octobre 1993), à paraître, Madrid, 1998.
-
[17]
Assez souvent, alleu s’oppose à fief. Certains alleux/propriétés sont pourtant parfois qualifiés fiefs, mais il n’y a là rien d’étonnant. C’est par extension que les droits réels désignent la chose à laquelle ils s’appliquent. On peut dire : « Vous avez une belle propriété » là où l’on devrait dire : « Vous avez un joli bien en propriété. » De façon analogue, un texte médiéval peut dire qu’un alleu est un fief, ou l’inverse, le sens étant généralement que tel bien, alleu pour son possesseur principal, est cédé en fief par lui à un autre.
-
[18]
La différence, pouvait-on penser, est faite par la taille de l’alleu impliqué : qui dit alleu de taille médiocre dirait alleutier paysan. André Debord (La Charente, p. 236 et 259) a attiré l’attention sur le caractère fragile de cette équation ; C. Amado, L’alleu paysan a-t-il existé en France autour de l’an mil ? La France de l’an mil, éd. R. Delort, Paris, 1990, p. 147.
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[19]
K. Schmidt, De regia stirpe Waiblinginsium, Remarques sur la conscience de soi des Staufen, Famille et parenté dans l’Occident médiéval, Rome, 1977, p. 49.
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[20]
J. Marion, Cartulaires de l’église cathédrale de Grenoble…, Paris, 1869 (désormais abrégé MGH), a nommé ces deux dossiers A (l’historique), B (le juridique) et C celui d’Hugues II (sur les redevances) ; on peut les compléter par le cartulaire de Domène, prieuré clunisien du xiiie siècle (éd. Ch. de Monteynard, Lyon, 1859), et les chartes de l’abbaye mère (éd. A. Bernard et A. Bruel, Paris, 1888). Une deuxième masse documentaire viennoise, avec les cartulaires de l’abbaye de Romans, de l’abbaye Saint-André le Bas de Vienne et de la cathédrale Saint-Maurice (éd. U. Chevalier, Romans, 1898 ; Lyon, 1869 ; Paris, 1912). Troisième masse, lyonnaise, avec les cartulaires de Savigny et d’Ainay (éd. A. Bernard, Paris, 1853) ; répertoire général par U. Chevalier, Regeste dauphinois, Valence, 1912. Sur le domaine de l’Église de Grenoble, N. Didier, Études sur le patrimoine de l’église cathédrale de Grenoble…, Ann. de l’Université de Grenoble, 13, 1936, p. 5, et Notes sur la fortune immobilière de l’église cathédrale de Grenoble, ibid., 22, 1947. Sur la situation politique, R. Poupardin, Le royaume de Bourgogne, étude sur les origines du royaume d’Arles (1907), Genève, 1974.
-
[21]
M. Colardelle et E. Verdel, Les habitants du lac de Paladru (Isère) dans leur environnement ; la formation d’un terroir au xie siècle, Paris, 1993.
-
[22]
B. Bligny, Histoire religieuse du royaume de Bourgogne, xie-xiie siècle, Grenoble, 1960, p. 70 et 89.
-
[23]
Sur Amat, MGH, p. LVI ; en 1111, Arbert évêque d’Avignon avec Amat (C n° 40) ; en 1100, Rostaing chanoine de Saint-Ruf et Peire Estève chanoine de Maguelonne (n°43 et 54).
-
[24]
Mémoire relatant le procès, MGH, A n° 23, que complètent les bulles de 1090, 1107 et 1109 et trois actes pour les églises de Saint-Donat en 1105, de Saint-Martin de Miséry et de Tullins, prieuré de Saint-Chef, en 1108. Des archives grenobloises viennent 17 actes : trois actes de l’église Saint-Donat, ancien siège cathédral (de 894, 902 et 950), trois du siège rétabli à Grenoble (de 976, 1012/1023, c. 1036), trois de Saint-Laurent (prieuré de Saint-Chaffre en Velay, de 1034, 1042, 1042), cinq de Saint-Pierre de Moirans (prieuré de Cruas, de 1016, 993/1932, 1034, c.1040, 1069), peut-être deux de Saint-Pierre de Chasselay (ex-prieuré de Saint-André de Vienne, p. 334, de 1000 et 1003) et un d’archives laïques (un sponsalitium de 1023) ; de l’Église de Lyon viennent quatre actes (de c. 830, 863-869, 885, 894) ; de celle de Valence, deux (de 912 et 976/978) ; de celle de Novalaise, un (de 739, par une pseudo-confirmation de 805) ; deux listes chronologiques font référence à un petit dossier d’actes originaux viennois, sans doute venu de Valence (de c. 830, 879, c. 890, 899, 912 de Valence, c. 960 de Valence/Grenoble ; deux d’entre eux ont été copiés dans le cartulaire A). Comme le note Patrick Geary (Aristocracy in Provence), certaines mentions identifiables l’étaient d’autant mieux qu’elles résultaient peut-être d’un ajout discret.
-
[25]
On connaît plusieurs autres faux viennois, notamment le Livre des Privilèges qui date pour l’essentiel de l’épiscopat de Léger vers 1060 (Duchesne, FEAG, I, p. 173).
-
[26]
CSH, B, n° 16, immédiatement suivie par la version courte, B n° 17 ; dans un acte de Saint-Donat (A n° 28), la série épiscopale remonte jusqu’aux évêques Isaac et Alquier et finit à Umbert.
-
[27]
CSH, B n° 2 (le comte), B n° 20 (la reine), B n° 28 (Hugues).
-
[28]
M. Colardelle, Les habitants, p. 350.
-
[29]
P. Geary, op. cit., note que le document a pu être interpolé en deux passages, le premier au bénéfice de Novalaise, le second à celui de l’évêque de Grenoble ; faute de pouvoir fournir un pseudo-original mérovingien présentable, le faussaire piémontais, au début du xie siècle, a assez habilement intégré le document remanié dans un faux carolingien, plus facile à imiter ; mais il avait du mal à lire l’original dont il reprenait le texte, ce qui explique qu’il soit difficile de retrouver les toponymes, et qu’il faille parfois corriger les graphies.
-
[30]
L’identification des lieux est reprise à partir du plus sûr d’entre eux, Le Pin au diocèse de Grenoble (MGH, p. 539, propose le Pin ou La Tour-du-Pin mais celui-ci est au pays de Vienne, où le texte place correctement Abrici/Les Abrets, § 51). Nous corrigeons « donamus liberto nostro nomen (sic) Gondoberto eunucu (“eunuque” est une précision incongrue ; il faut sans doute corriger Encunii, de Val Encogne, Valenconium au xiiie siècle ; qualification de personnages par un nom de lieu, § 11, 16 et 56) et germanas suas cum omni rem (sic) quem Vuidegunda ad parentes suos in pagnanum (lieu introuvable, corriger in pag[o A]nanum, la Valdaine et sa rivière Ainan ; ambivalence “pays/vallées”, § 3, 10, 13, 18-23, 24-25) per cessione[m] dédit… Donamus liberta[e] nostra[e] Droctesenda cum filios suos (sic), et habet ipsa[m] liberta[m] nostra[m] homo ingenuus nomen (sic) Radbertus dedimus Celseberto (construction impossible, corriger de Duicinis ? Doissin, Duisinum au XIIIe ; le datif Celseberto, “à Gislebert”, désigne le patron de l’homme libre, comme § 11) colonica[m] in Glisione prope de Arcia (Marion propose Gleysin, cne de Pinsot, et Arces, cne de Saint-Ismier, beaucoup trop éloignés l’un de l’autre ; il semble que Prope de Arcia, “Auprès d’Ars” soit devenu l’actuel “au Pré d’Ars”, Ars ou Arses désignant des brûlis ; *Glitione, “au glaisier”, a un homonyme au nord-ouest du Pin, *Les Glaisiers devenu l’Églisier)… Colonicas, terras et vineas dominicales quem (sic) Iocos lerator (corriger leriator, le conteur de sornettes, le bouffon, plutôt que lyrator, le harpiste) noster in cessione[m] et opilonicus (“les bergeries”, forme littéraire tirée de opilio, berger ?) usque nunc in benefitium habuit… » (§ 46-48, Geary, op. cit. p. 66). Traces d’occupation romaine tardive vers Le Pin, J.-P. Moyne, in Colardelle, Les habitants, p. 309.
-
[31]
J.-P. Poly, Régime domanial et rapport de production « féodalistes » dans le Midi de la France (viiie-xe siècle), Structures féodales…, p. 57 ; l’idée de M. Zerner (Enfants et jeunes au ixe siècle ; la démographie du polyptyque de Marseille, 813-814, Provence historique, 126, p. 355), selon laquelle les cultivateurs « à rechercher » auraient été occupés à quelque besogne éloignée lors du passage des enquêteurs paraît difficile à retenir : le jour de l’inspection, les esclaves n’avaient pas à baguenauder (cf. aussi les filles serves dénombrées sur une tenure « avec leurs enfants » non nommés, ce qui laisse entendre qu’elles sont formariées, mais rattachées pour ordre à leur foyer de naissance). Le phénomène de fuite était général : encore au début du siècle suivant, les diplômes royaux pour Aniane écartent la prescription trentenaire pour permettre à la grand abbaye septimanienne de réclamer ses dépendants enfuis et l’abbaye de Beaulieu, en Limousin, avait les mêmes problèmes (J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 201 ; P. Bonassie, Les paysans du royaume franc au temps d’Hugues Capet et de Robert le Pieux (987-1031), Le roi de France et son royaume autour de l’an mil, Paris, 1992, p. 117).
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[32]
J.-P. Poly, La Provence, p. 5 s. P. Senac, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du viiie au xie siècle, Paris, 1980.
-
[33]
J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 79 s. Les anmanni de la vallée dépendaient aussi de l’abbaye (G. Tabacco, Il regno italico).
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[34]
Poly, La Provence, p.3-29 et n. 107. Le français du XVIIe nomme marrons les porcs sauvages, et il est peu probable qu’il y ait eu contamination par l’esclavage. La forme v. angl., proche du saxon, serait m’a(d)-run, « enfuis fous », comme les porcs. L’espagnol cimaron, « broussaille », est une conjecture inexacte.
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[35]
Cant. de la Chambre, Mons Aimonis en 1038.
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[36]
Chronique de Novalaise, MGH SS., VII, p. 121.
-
[37]
A Orcières, sur la Drance, et non sur le Drac, comme on le lit parfois.
-
[38]
Paschase Radbert, en 845, cité par P. Riché, La vie quotidienne dans l’Empire carolingien, Paris, 1973, p. 301. Le roi Carloman parlait en 884 à propos de l’armée de « nos rapines ».
-
[39]
Diplôme de Conrad, avant 974, peut-être lors de l’assemblée de Lyon « avec nos fidèles évêques et comtes », en octobre 973 (MGH, Dipl. Rudolf, (éd. Th. Schieffer, 1977, n° 39, an de l’incarn. 976 corrig. [973] par an de règne, 36 = 973, et l’indiction 2 = 974), et acte cité par Chevalier (Regestes, n° 1251) de 961/974.
-
[40]
B. Guérard, Cartulaire de Saint-Victor de Marseille, Paris, 1857, n° 654 ; l’une de ces terres prendra plus tard le nom Combe Dauphine et une autre, non loin de là, celui de [villa] Dalphini, Dauphin ; G. de Manteyer, Les origines du Dauphiné de Viennois, la première race des comtes d’Albon, 843-1228, Gap, 1925 ; U. Chevalier, Regestes, nos 1511, 1512, 1591, 1626, 1627, 1662 ; Gallia chr. novissima – Arles, Valence, 1900, nos 285 et 284 ; Bernard et Bruel, Chartes de Cluny, n° 2798.
-
[41]
J.-P. Poly, La Provence, p. 55, 83, 136.
-
[42]
Aujourd’hui, Monteymond.
-
[43]
Dès 1028, le sire de Domène, Ainard fils de Rodolphe, donnant l’église de ce lieu à Cluny, y ajoutait une pêcherie à Sainte-Hélène-du-Lac, en Savoie, à une cinquantaine de kilomètres au Nord ; dominant Sainte-Hélène, au débouché de la Maurienne, se trouvait une zone de marche entre Savoie et Dauphiné, jadis nommée le Désert, avec un Villare Rodulphi ; on note l’église de S. Martin de dextreriis, « des destriers » (B n° 52, 54, 74, C n° 1, p. 191, D p. 328). Villaroux est relié au Mont-Aimon de Maurienne par la traverse du col de la Vieille route.
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[44]
CSH, C n° 19, 45, 122 ; sous Murianette, à Gières (Giriae, les carrières où l’on dresse les chevaux), dans le cimetière autour de l’église, divisée en trois parts entre le comte, l’évêque et les sires de Domène, se trouvaient trois logis (estra = stare/estar ?), celui d’Aimon, au comte, celui de l’évêque et celui de « Pan(i)guet », tenu de l’évêque.
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[45]
Caespes, gazon, herbage et non ceps de vigne (A nos 8 et 9).
-
[46]
Lorsqu’ils datent, les scribes d’Ainay ou de Savigny distinguent le règne dans « la ou les Gaules » des règnes « en Bourgogne » ou « en Jurane », ou encore « en France ». Plus tard, à Grenoble, on célèbre « les Bourguignons et les Gaulois » à la croisade (B nos 72 et 95). A Grenoble, on date, comme en Provence, en nommant Rodolphe « roi des Alamans », et on cite « notre loi romaine » (nos 13, 18, 33).
-
[47]
J.-P. Poly, La Provence, p. 131, 120 et 118. Cf. également le cas des alleutiers de Caravaillan, près de Marseille, eux aussi complanteurs, en procès vers 1020, ibid., p. 119.
-
[48]
J.-P. Poly, op. cit., p. 118.
-
[49]
La distinction se trouve, entre autres, dans le partage entre évêque et comte (B n° 16) ; dominicatura au sire, servitia à l’évêque (B n° 46, C n° 9) ; dominicatura/servitium parfois remplacés par jus rusticanum/vilania, « droit sur les paysans » et « vilenage » (C n° 86) ; on trouve aussi le classique consuetudines, les « coutumes » (B n° 102).
-
[50]
Exemple de servitium (B n° 48) ; distinction de pastura (porcs et moutons), ortolaia (les fruits du jardin, légumes et autres donnés en receut), ligna (la boissellerie) et solidi (pour l’avoine ?) (C n° 133) ; tarifs légèrement différents suivant les villages (C nos 19-24, 45-47, 130-131, D n° 9).
-
[51]
« Une part est de tasque, l’autre est de dîme » (B n° 40) ; « tachet » de Venon (B n° 106) ; quarton (B n° 48).
-
[52]
CSH, B n°s 44 et 53 ; C n° 133.
-
[53]
CSH, C n° 129, pendant la minorité de Guigue Dauphin, qui s’accorda vers 1140, C n° 122. Sur la tasque, cf. J.-P. Poly, Régime domanial.
-
[54]
A n° 4, lotis par les églises Saint-Pancrasse, Saint-Hilaire et Saint-Bernard ; « oves extraneae », B n° 4 + C n° 84 ; dîme en agneaux des parcs d’alpages qui servent à trier les moutons, B n° 53.
-
[55]
CSH, A n° 1.
-
[56]
CSH, A nos 1 à 21. Chronologie identique en Provence.
-
[57]
Monteynard, Cari, de Domène, p. LVIII.
-
[58]
CSH, B nos84, 100, 102.
-
[59]
Toltes, C n° 122 et C n° 9, infra, Justices, B nos 35, 46 et C nos 122 et 129
-
[60]
Le cartulaire d’Ainay est compilé au tout début du xiie siècle, sans doute par l’abbé Jauceran (1107-1117), un réformateur qui aller bientôt succéder à l’archevêque Hugues ; l’ouvrage était déjà terminé lorsqu’on ajouta aux 124 actes numérotés et inscrits sur 15 cahiers eux aussi cotés de A à N un cahier supplémentaire fait sous l’abbé Hugues Guichard (1135, exprieur de Chazay) (nos 193-200). Devenu archevêque de Lyon (1107-1117), Jauceran confia le siège d’Ainay à Bernard de Talard, et celui de Savigny à Ponce (1110- + c. 1139, parent de Ponce de Talard, prieur de Randan, n° 934) qui fit alors compiler le cartulaire de Savigny, les actes y étant copiés par règne abbatial, sans doute parce qu’ils étaient ainsi rangés dans les archives ; il y fit ajouter son propre cahier tenu à jour jusqu’en 1137 (éd. A. Bernard, introd.).
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[61]
M. David, Le patrimoine foncier de l’Église de Lyon, Lyon, 1942.
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[62]
Nous sommes contraints de renvoyer ici aux indices d’Auguste Bernard.
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[63]
Cf. indices de Bernard.
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[64]
J.-P. Poly, La Provence, p. 107-108.
-
[65]
Sav., nos 428, 430 (notices), 437 (984/993) ; aujourd’hui Montrottier, p. 1135. Sur la date, 995 où le roi Rodolphe essaya de « priver certains de leurs nonneurs », U. Chevalier, Regeste, n° 1501.
-
[66]
Sav., nos 72 (951), 652 (1018), 653 (confirmation de 951), 654. Sur les principes de Donzy et leurs milites à la fin du siècle, cf. nos 664 et 906.
-
[67]
1023, Ainay, nos 14, 15 et 17 ; silva consortorum, à Dracé-le-Panoux, Sav., nos 32 et 40 (937/940).
-
[68]
Ainay, n° 179, boscum francorum, 978 ; nos 166, 1007/1022 aux Monts d’Or, terra francorum.
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[69]
Cf. indices de Bernard ; U. Chevalier, Cart. de Saint-André-le-Bas de Vienne, Vienne, 1869, nos 8, 7, 22, 26, 59, 181, 272.
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[70]
Sav., n° 706 (1018/1044) à Cogny, près de Villefranche.
-
[71]
Ainay, n° 55 (1007/1022, sans cloute peu après 1015, cf. nos 75 et 184 ; le personnage est d’une famille de sires, cf. nos 120 et 170).
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[72]
Sav., n° 624 (1007/1018).
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[73]
Sav., n°897 (1082/1086).
-
[74]
Sav., n° 777 (1064/1082). La mairie paraît ici identique au ministenum (Ainay, n° 52) qui renvoie aux ministeriales et aux « mistraux » grenoblois ou provençaux. Vers 1100, on peut donner « une franchise de dix deniers, un quarteau d’orge et une poule » (Sav., n° 929). En 889-950, les cens en monnaie des précaires pouvaient aller de deux deniers à dix sous. On trouve aussi des redevances en cire, et le paiement de la « none », la tasque.
-
[75]
Si, comme le pense Elisabeth Magnou-Nortier, les « mauvaises coutumes » sont seulement une invention de la propagande monastique, il faut alors considérer cet aveu des « toltes » comme une autocritique des moines.
-
[76]
Sav., n° 916 (1127)
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[77]
Sav., n° 750 (1045/1060).
-
[78]
J.-P.Poly, La Provence, p. 122 et 133.
-
[79]
Pour tout ce qui suit, Colardelle, Les habitants. Le nom de Colletière pourrait dater du défrichement, opposant le site à Charavines plus retiré dans les terres ; le deuxième toponyme, « Au pré d’Ars », est probablement celui d’un ancien habitat des affranchis d’Abbon (supra) ; celui dit aujourd’hui les Grands-Roseaux est si près de Paladru qu’on peut penser qu’il portait alors ce dernier nom. Les restes de ces habitats se voyaient très nettement sur le terrain, ils ont donc toujours été connus des habitants de la région.
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[80]
Monnaies, p. 285 et 305. La datation proposée, traditionnelle, n’est peut-être pas entièrement sûre : sur 27 pièces de monnaie courante, on retrouverait 11 pièces de Conrad le Salique (1034-1039) ; il nous semble, au vu des dates d’occupation du site, qu’elles sont de Conrad de Bourgogne lors de la vacance épiscopale, en 949-970, ce qui expliquerait la mention Urbs Vienna à la place du nom de l’archevêque, plutôt qu’un retour à la monnaie royale (à Lyon, des pièces au nom de Conrad portent le nom de l’archevêque Bouchard, après 978) ; les 7 monnaies lyonnaises de Rodolphe sans nom épiscopal sont-elles de Rodolphe III ou de Rodolphe II ? ; 5 monnaies viennoises de Rodolphe III (993-1032) portent le nom de Thibaud (970-999/1000), le monogramme PL pouvant être lu Palatio, « au palais » ; on n’a trouvé à Colletière aucun denier à l’S (salicus ?) d’Henri le Noir (1039-1056, roi de Bourgogne dès 1038).
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[81]
Le vaisselier en bois aurait compté 9 grands récipients, bassins, baquets ou tines, 70 plats, jattes, bols et écuelles et 70 cuillères en bois (p. 191), avec quelques cruches en céramique. Ce total, si l’on songe à l’aisance du groupe, évoque une population assez nettement inférieure à 60 personnes. Il est vrai que les objets en bois usés pouvaient être brûlés, ce qui rend le chiffre peu utilisable.
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[82]
En 1111, le jeune fils de Silvion de Virieu, pourtant un châtelain, reçoit une paire de souliers de l’évêque Hugues (CSH, B n° 78).
-
[83]
Un utilisateur use toujours une chaussure plus que l’autre qui, même moins usée, est cependant jetée. Ces neuf bonnes chaussures représentent donc près du tiers du stock jeté.
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[84]
D’où l’inquiétude des chercheurs qui rectifient les données en partant de l’idée préconçue qu’il faut aux gens de Colletière les mêmes rations de blé que celles consommées dans les grands domaines, rations qui impliqueraient de 1 à 1,5 ha cultivé par habitant, soit pour 60 habitants, estimation démographique supérieure, une surface de 60/90 ha, hypothèse qui implique un « redressement » considérable du chiffre de 12 ha. Avec une trentaine d’habitants, on aurait environ 30 ha. Cela ne préjuge pas de la surface totale défrichée, s’il s’agit d’un complant ; la moitié des fûts coupés sera allée au bailleur, avec la surface déboisée correspondante, peut-être celle où s’édifiera le village de Charavines. En Provence, un manse de chevalier représentait en 1047 environ 30 ha, J.-P. Poly, La Provence, p. 138 et 103.
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[85]
Le prix en 1110 à Grenoble était de 9 deniers le setier de seigle, 18 deniers celui de froment (CSH, B n° 80).
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[86]
Comme le rappellent les éditeurs du recueil, le noyer ne produit que vingt ans après sa plantation, le châtaignier après vingt-trente ans.
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[87]
On a retrouvé les os de l’un d’eux, il est peu probable qu’il ait été mangé (cf. un épervier ou 20 sous en droit de mutation à Saint-Geoire en Savoie au xive siècle, CSH, p. 374). Les os d’oiseaux, de lapins, de volaille sont sous-représentés parce que mangés par les chiens et les chats de la maison, eux bien attestés.
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[88]
On n’a pas retrouvé sur le site les déchets de bois correspondant à cette activité. Redevances en boissellerie, supra.
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[89]
On note une redevance en zinc en Oisans au début du xiie siècle (CSH, C n° 1). Cuivre et étain, sans doute venus du Nord, au tonlieu d’Arles, J.-P. Poly, La Provence, p. 245.
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[90]
Cf. supra.
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[91]
Outre les redevances en blé et en avoine, on en trouve en orge (B n° 82), en miel ou en cire (CSH, A n° 4, B n° 79, C n° 1, p. 195, 197, 198), en huile de noix (C n° 1, p. 196) ; ânes chargés de vin (A n° 17) ; « membres » qui doivent être des jambons de porc (B n° 35) ; viande et poissons (B n° 54) ; dîme des millet, panic, légumes et chanvre (B n° 60 et 65) ; sur le marché de Grenoble, l’évêque tirait redevance de la vente du sel (venu de Provence ?) et des produits de la région, la laine, les cuirs non tranchés (les peaux), les cuirs tranchés, avec, sans doute en conserve, les langues de bœuf et de vache (B n° 32, 34, 35 et 107).
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[92]
Bernard le Lombard tirait du bois de Sappey ce qu’il lui fallait pour sa maison, les poutres, les chabris, les poteaux et les vaisseaux pour le vin ou le blé (? n° 1).
-
[93]
34 fers entiers, très homogènes, ont long. 10,5 cm, larg. 11 cm, ép. 6 cm ; un mors retrouvé complet suppose un cheval exceptionnellement petit, larg. branche sup. 12 cm, inf. 8,6 cm, long. 18,2 cm, larg. 14,3, haut. 11,3 ; il a été jeté entier, parce que les chevaux de la famille étaient un peu plus grands, comme le montrent deux fragments, jetés après réparation, branche inf. de l’un 12 cm ; une moitié de mors de filet retrouvée a larg. hors tout 21,5 cm, larg. int. 15,5 cm. Chevaux barbes venus d’Espagne et passant en Provence vers les cols des Alpes, J.-P. Poly, La Provence, p. 228.
-
[94]
Un cheval coûtait à la fin du siècle 40 à 60 sous, et un harnachement 10 sous (CSH, B n° 55 et 113) ; un mulet ou une mule valait 100 sous, exceptionnellement 200 (B n° 4, 128, 95). Sur d’éventuels élevages vers Grenoble, supra, p. 135, n. 3 et4.
-
[95]
M. Pastoureau, L’échiquier de Charlemagne, un jeu pour ne pas jouer, Paris, 1996.
-
[96]
CIL, VI 1509 et 1510, Dess. 1123 ; les autres Sabucii connus semblent clarissimes (Pauly Wissowa, RE, à ce nom).
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[97]
Elle appartient à Saint-Chef en 1172. Le culte de saint Alban, martyr de Grande-Bretagne, est répandu dans la région.
-
[98]
Peut-être faut-il prendre au sérieux une telle toponymie. Le monticule situé à l’entrée de la vallée des Colonges, près de Saint-Donat, à côté d’un grand champ que traversait la voie publique, était anciennement appelé « Les deux sœurs », il devint au début du xiie siècle « mons qui appellatur Egals », ou encore Mons Equalis, aujourd’hui le Mont Égaux (B n° 55, 105, et B n° 81 et C n° 120). Il y a aussi, au petit pays des Échelles (infra, n. 118) un lieu-dit les Égaux.
-
[99]
A en juger par la qualité de l’acier, c’était peut-être celle du chef de la première génération.
-
[100]
A. Bouillet éd., Miracles de sainte Foi, Paris, 1897, II, 2, p. 95.
-
[101]
Colardelle, Les habitants, p. 332, où Chantai Mazard note la moindre importance de la céramique à bandeau et la baisse très nette des fonds marqués, indiquant la deuxième moitié du xie siècle.
-
[102]
Sur les nouveaux habitats, R. Fossier, I, La France de l’an mil, dir. R. Delort, Paris, 1990, p. 162 ; fortes nuances de P. Perin, La part du haut Moyen Age dans la genèse des terroirs de la France médiévale, Le roi de France et son royaume autour de l’an mil, Paris, 1993, p. 225.
-
[103]
C. Heitz, in Colardelle, Les habitants, p. 355, date la construction du milieu ou au plus tard du troisième quart du xie siècle.
-
[104]
Th. Sclaffert, Culture en Haute-Provence, Déboisements et pâturages au Moyen Age, Paris, 1959.
-
[105]
Hugues a placé entre nobiles et pauperes des médiocres, des « moyens » ; il aurait parfaitement pu parler, s’il l’avait voulu, de milites.
-
[106]
CSH, A n° 1 ; carte Colardelle, Les habitants, p. 23 : Planissia du texte est cité entre Lemps et Clermont, donc sans doute au nord de Rives et non au nord de Paladru ; le castrum minuetum de Scalis est « le petit château des Échelles ».
-
[107]
Les habitants, p. 376.
-
[108]
On peut ajouter aux cartulaires lyonnais déjà utilisés plusieurs pièces rhodaniennes du premier cartulaire de Hugues de Grenoble (CSH, A), celles du petit dossier annexe (CSH, D) et les diplômes royaux édités par R. Poupardin, Recueil des actes des rois de Provence, Paris, 1920.
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[109]
Supra, n. 39.
-
[110]
Sav., n° 126 (960 ; même préambule à l’élection d’Itier en 1018) ; potestas/dignitas regia opposée à l’auctoritas de Notre Seigneur et officium de l’évêque dans une lettre de 890/892 (CSH, D n° 1)
-
[111]
Sav., n°581 (1007).
-
[112]
Sav., n° 29.
-
[113]
Sav., n° 427 (984) et 428 (notice av. 994 ?) ; supra, n. 65.
-
[114]
Sav., n° 652-654 et 491 (avec le même scribe) ; J.-P. Poly et E. Bournazel, La Mutation, p. 100 et 126.
-
[115]
Sav., n° 730 (sur la datation, cf. infra). Château attesté vers l’an mil, n°411 ; famille, n° 915. Clause encore reproduite par les scribes de Savigny à la fin du siècle, lorsque Umbert de Beaujeu donne au monastère, dont il est devenu le défenseur attitré, une église, qu’il dit venir « de son héritage », mais là encore avec l’approbation de l’archevêque, et du consentement « du chevalier Milon, qui la tenait fiscalement de moi ». Lien entre fisc et bénéfice, Poupardin, Actes…, n° 34, 46 et 14 (faux de la fin du xe siècle).
-
[116]
J.-P. Poly, La Provence, p. 179 ; Sermorens, CSH, A n° 17, novembre [1034 ?] (mercr., 25e jour de la lune, év. Artaud) « attendant un roi », A n° 13, 24 janvier [1035 ?] (lune 22, ind. 2), « la troisième année après la mort du roi Rodolphe », A n°15, novembre 1035, « sous le règne de Conon empereur ». Partisans à Lyon, Ainay, n° 22, « Eude le champenois revendiquant de toutes ses forces (summis viribus) le royaume de Gaule », en 1033 ? R. Poupardin, Le royaume de Bourgogne, p. 117, 145-146.
-
[117]
J.-P. Poly, La Provence, p. 193, 196
-
[118]
CSH, A nos19 et 20, janvier et juin 1042 (que mihi ex conquisto obvenerunt)..
-
[119]
Reconstruction de D. C. Jackman, The Konradiner a study in Genealogical Methodology, Francfort, 1990, p. 43 s. et 195 s. ; rectorat de Bourgogne, p. 197 ; en 1059, l’impératrice Agnès aurait donné à Rudolph sa fille en mariage avec le regnum Burgundiae.
-
[120]
Sur cette alliance, Sav., n° 638, 639, et CSH, A n° 19.
-
[121]
Sav., n° 730, 752 (1083/1084), 827 (1087). Terres fiscales, n° 21, 104.
-
[122]
CL, n° 269 ; même expression en Lyonnais c. 1075 (Sav., n° 764).
-
[123]
G. Giordanengo, Le droit féodal dans les pays de droit écrit. L’exemple de la Provence et du Dauphiné (xiie-début du xive siècle), Rome, 1988, p. 11, 13, 14 ; exceptionnellement, un acte viennois de 984 cite dans des confronts une terre qui était « de feudo archiepiscopi » ; le caractère quasi toponymique de la mention a sans doute permis à la langue vulgaire de s’exprimer ; nous savons ainsi que, dès cette époque, l’honneur ou le bénéfice épiscopal était considéré comme fief.
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[124]
Sav., n° 748 ; peut-être un chanoine, cf. n° 366.
-
[125]
Premier plaid, Sav., n° 762 ; fortification, p. 387 ; plaid et datation, n° 758 ; accord avec Aimon, n° 802-803 ; autres accords, n° 801, 804 ; autres emplois de fief en 1086/1106, n° 817, 820, 835, 919 et le petit dossier sur Civrieux d’Azergue, Ainay, n° 194-196 et 199. A l’évidence, fief et bénéfice ne font qu’un, G. Giordanengo, op. cit., p. 7.
-
[126]
Sav., n° 813 et 817 ; on note la présence d’Etienne de Varennes, dont les conflits avec le monastère seront complaisamment décrits dans les actes n° 900, 903, 904, 905.
-
[127]
J.-P. Poly et E. Bournazel, La mutation, p. 126.
-
[128]
Ainsi Form. Andecav., n° 2, ou Form. Marculfi, 2.9, 11, 14, encore repris en 899 (Sav., n° 27) ou en 970 (Sav., n° 85).
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[129]
Sav., n° 937 ; cf. aussi, n° 757, 913, 938 (château en alleu), 939 (alleu d’une église), 941 ; Ainay, n°196 (alleu repris en fief).
-
[130]
Sav., n° 30 et 129 ; sur les personnages, n° 335, 340, 345, 349. Au xiie siècle, lorsque la pièce fut copiée dans le cartulaire, on nota les églises qui dépendaient de l’obéance dans le canton, il n’y en avait que quatre. Au xiiie siècle, les églises les plus proches, une demi-douzaine, étaient partagées entre la cathédrale Saint-Etienne et Saint-Just, sa dépendance épiscopale, sauf Goiffieu, qui était à Cluny (p. 901).
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[131]
Sav., n° 834, 831-833 et 829.
-
[132]
C. 1100, Sav., »., n° 813.
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[133]
Spécialement en Provence, la région de la côte, Téounès et Fréjurès, J.-P. Poly, La Provence, p. 92 et 131.
-
[134]
J.-P. Poly, M. Aurell, D. Iognat-Prat, La Provence, Us sociétés méridionales…, n° 3, p. 355 s.
-
[135]
Il y avait des exceptions, ainsi l’Église de Fréjus, la cité elle-même avant été détruite, J.-P. Poly, La Provence, p. 10 et 92.
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[136]
Ainsi la précaire concédée par Humbert de Grenoble en Genevois, qui énumère seize villae, pas toujours identifiables, avant de préciser les limites entre lesquelles elles sont situées : le lac Léman, la Drance, la Ménoge et l’Arve (? n° 118). Le contraste est frappant avec les précaires de la vallée du Rhône, par exemple celles de Savigny ou d’Ainay, à Lyon, beaucoup plus modestes et qui sont en fait, très classiquement, des donations laïques avec réserve d’usufruit et cens.
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[137]
CSH, ? n° 118 (c. 1015), avec, après les cocontractants et en tête des témoins, Guigue (d’Albon), Didier (de Sassenage ?) et plusieurs autres. CSH, A n° 33 (1016) où figure parmi les témoins clercs le prêtre Ogier, scribe de la seconde charte (avec Mallen, diacre, le successeur, Isarn, diacre, Ogier pr., Adalbert pr., Umbert (de Moirans ? avec ses frères Guillem et Lantelme, A n°15, 1034) et, après plusieurs clercs, « le comte Guigue, frère de l’évêque » ainsi que trois laïques Franco, Antelme et Ismion (prince de Royans A n°15 et 34) ; notons qu’il s’agirait là d’une des premières mentions de sceau, peut-être à l’imitation des prélats de la Germanie impériale. Les chartes d’Isarn sont beaucoup plus modestes.
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[138]
En 1030-1033 (U. Chevalier, Regeste, n° 1725, 1727, 1734, 1743 et 1756), après la dernière apparition d’Umbert en 1025, avant la première d’Artaud en 1034.
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[139]
Clu, IV, n° 3542 ; U. Chevalier, Regeste, n° 2286 ; Thietmar, Lib. VII, c. 21, MGH, SS. Rer. germ., IX, p. 16, Berlin, 1935.
-
[140]
CSH, A n° 13, de 1034, canton de Murinais (de Mu[rina]so) ; SP (de Chantesse ?) et Saint Jean (de Poliénas ou des Essarts). G. Giordanengo (Le droit féodal, p. 8) note l’usage des bénéfices publics à Vienne et l’expression utilisée, en 962, pour une précaire royale sur les biens de Saint-André : « per libellum sub usu beneficii ».
-
[141]
Sauf dans un seul acte, un accord de l’époque d’Hugues, adventice au procès avec Vienne, A n° 32. Après des opérations guerrières de Geoffroi de Moirans, pour le comte, contre Odilon de Châteauneuf, parent de l’évêque et son allié, B n° 55.
-
[142]
G. Giordanengo, op. cit., p. 19, note l’aspect moderne, en son temps, de l’action de Hugues ; les comtes d’Albon firent de même, ibid., p. 224 et 227.
-
[143]
B n° 41 et 46.
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[144]
Il manque aujourd’hui les douze premiers feuillets, arrachés, l’équivalent de cinq ou six actes ; il est bien possible que le cartulaire A ait commencé par une notice rappelant les conflits, ici ceux avec le comte, enlevée ensuite comme gênante ; on a aussi bâtonné ou gratté, dès le xiie siècle, plusieurs actes et laissé des pages blanches.
-
[145]
B n° 2, de 1099, avant lequel on a rajouté l’actuel n° 1, une courte notice de 1108 ; le dossier proprement dit, de 1101, comprend les ventes, nos 3-5, et le bref de fief, n° 6 ; suivent les annexes, entre 1107 et 1109 (avec copie d’un acte de 1094), nos 7-15. C’est après (en 1109) qu’est intercalée le double exemplaire de la notice de partage. On ajoutera la fondation de Saint-Martin par Hugues, A n° 4.
-
[146]
Les deux dossiers sont commentés par G. Giordanengo, Le droit féodal, p. 9 et 16-17.
-
[147]
CSH, B nos 46-47 ; généalogie des Domène, Cart. de Domène, introd.
-
[148]
CSH, B n° 119 (1108).
-
[149]
G. Giordanengo, Le droit féodal, p. 50 ; J. Dufour et al., L’attrait des leges, Note sur la lettre d’un moine victorin, Saintudia et Documenta Historiae et Juris, 1979, p. 504 ;J-P. Poly, Coheredes legum romanarum – La renaissance du droit romain dans le midi de la France, Hisloria del Dercho Privado, en Homenaje a Ferran Vais i Taberner, X (dir. M. Pelaez), Barcelone, 1989, p. 2909-2946.
-
[150]
P. Bonassié, Les paysans, p. 121.
-
[151]
Sur la remarquable documentation catalane, cf. J.-M. Salrach (Conquesta) qui considère, de façon intéressante, la diffusion de l’alleu par les défrichements comme une première étape de la féodalisation, la seconde étant la transformation de ces alleux en tenure.
-
[152]
1068/1095, M. Bassols de Climent…, Glossarium Mediae Latinitatis Cataloniae, Barcelone, 1960, communiqué par P. Bonnassie.
-
[153]
F. Menant, L’économie et la société rurale.
-
[154]
C. Amado, L’alleu paysan a-t-il existé en France autour de l’an mil, La France de l’an mil, éd. R. Delort, Paris, 1990, p. 147, cette étude permet d’anticiper sur les plus larges conclusions qu’elle développera dans sa thèse ; on peut y joindre. Pouvoirs et noblesse dans la Gothie : formation du réseau aristocratique biterrois au xe siècle, La Catalogne, p. 160, et, Aux origines des Guilhems de Montpellier (xe-xie siècles). Questions généalogiques et retour à l’historiographie, Études sur l’Hérault, 1991-1992, p. 89. Comparer avec M. Bourin-Derruau, Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d’une sociabilité, xe-xive siècle, 2 vol., Paris, 1987.
-
[155]
R. Le Jan, Structures familiales et politiques au ixe siècle, Revue historique, 1981, p. 289. Georges Duby a ainsi montré comment, en un siècle, les chevaliers du Maçonnais avaient presque tous fini par porter quelques grands noms de l’aristocratie locale, sans pour autant en devenir membres (Lignages, noblesse et chevalerie au xiie siècle, dans la région mâconnaise. Une révision (1972), Hommes et structures du Moyen Age, Paris, 1973, p. 287).
-
[156]
C. Amado, L’alleu paysan.
-
[157]
G. Sergi, L’esercizio del potere giudiziario dei signori territoriali, Settimane…, Spolète, 1997, p. 313 ; Toubert, Les structures du Latium médiéval.Le Latium méridional et la Sabine et la Sabine du ixe à la fin du xiie siècle, Rome, 1973, p. 330 s., qui part fort justement de la vision, évidemment embellie, qu’avaient les chroniqueurs du xiie siècle. Cf. de même à Grenoble, supra.
-
[158]
R’igsthula, c. 7-9, 21-22, 34-35, R. Boyer, Les religions de l’Europe du Nord, Paris, 1974, p. 142 s. R’ig invite les nobles (norvégiens ?) à faire la guerre à Dan et Dan(h)nap, les Danois. Le caractère païen donne une date approximative antérieure à l’an mil. Cf. également le Conte de Völsi (c. 1100, R. Boyer, p. 89), un poème chrétien à la gloire du roi Olaf le Saint, qui met en scène, dans une petite comédie, le roi accompagné de deux nobles (adel), une famille de fermiers libres (« un vieil homme avec sa vieille » – par allusion à « grand-père et grand-mère » de R’igsthula ? – et leurs deux enfants), et un couple de « serfs ».
-
[159]
Carmen ad Rotbertum regem, éd. C. Carrozi, v. 255, 245-249.
-
[160]
L. Musset, Les peuples Scandinaves au Moyen Age, Paris, 1951, p. 95 ; J.-P. Poly, Les aïeux du jeune Ottar, Coutume, succession et mémoire généalogique dans la Scandinavie de l’an mil, El dret cornu i Catalunya, A. Iglesia Ferreiros édit., Barcelone, 1996, p. 95.
-
[161]
R. Boyer, La saga de Snorri le Godi (citée ici Snorra), Paris, 1973, c. 53-54 ; le texte date de c. 1200, mais il est fondé sur des thaettir presque contemporains, qui lui donnent ses allures de « chronique campagnarde décousue », introd. p. 12 et 21.
-
[162]
Snorra, c. 36-37, 13, 50-51, 18 et 23, 13.
-
[163]
Snorra, c. 15 et 18.
-
[164]
Vie ancienne de Lébuin (viiie siècle), écrite peu après 840.
-
[165]
Sur les Saxons, cf. les études réunies par W. Lammers, Garmonsway. Entstehung und Verfassung des Sachsenstammes, Darmstadt, 1967, notamment celles de F. Philippi, Die Ständgliederung (p. 301), de A. Hagemann, Die Stände der Sachsen (p. 402). Celui-ci s’efforce de montrer que freilingi/ingenuiles/liberi signifie en fait « affranchis », les seuls vrais libres étant à ces yeux les nobles ; son commentaire du texte de Widukind attribue au peuple repoussé la condition servile, et des textes beaucoup plus tardifs, du xiiie siècle, l’incitent à distinguer une « véritable ancienne basse noblesse » et une « nouvelle basse noblesse ».
-
[166]
Colloquy (Garmonsway, Londres, 1947, p. 20), cité par H. Loyn, The free Anglo-Saxon, Society and Peoples…, p. 279.
-
[167]
W. Davies, Small Worlds, The Village Community in Early Médiéval Brittany, Londres, 1988.
-
[168]
D. Barthélémy, La société dans le comté de Vendôme de l’an mil au xive siècle, Paris, 1993, p. 20, 29 et 84-90 pour la documentation, p. 352-361 pour « l’allodialité », curieusement séparée d’un très intéressant dossier sur les transformations d’un groupe alleutier, p. 441-450.
-
[169]
Guillaume de Jumièges, Gesta Norm (Migne, PL, 149, col. 823-824), et le commentaire de P. Bonnassie, Les paysans, p. 127.
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[170]
Une citation favorite de J.-F. Lemarignier que commente à son tour J. L. Nelson, Kings with justice ; pour elle, il n’y a pas de faillite de l’augustinisme politique sur le continent, elle pense, en détournant la citation pourtant critique d’un chroniqueur de Mouzon, que la justice royale est seulement « endormie ». L’affaire du meurtre de Hugues de Beauvais, commentée et par Helgaud et par Fulbert, montre la faiblesse patente du roi Robert, J.-F. Lemarignier, Le gouvernement royal aux premiers temps capétiens (987-1108), p. 50 s. ; J.-P. Poly, Le sac de cuir : La crise de l’an mil et la première renaissance du droit romain, droits savants et pratiques du pouvoir (xie-xve siècles), dir. J. Krynen et A. Rigaudière, Bordeaux, PUB, 1992, p. 39, et L’œuf du griffon : Les serments du roi de l’an mil, Droits et Cultures, 22, 1991, p. 99.
-
[171]
Nous reprenons ici l’étude très complète de F. Bougard, La justice dans le royaume d’Italie de la fin du viiie siècle au début du xie siècle, Rome, 1995.
-
[172]
S. Kerneis, Pieve d’Italie et plou d’Armorique.
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[173]
R. Bordone, Vescovi giudici e critici délia giustizia : Attone di Vercelli, Settimane…, Spolète, 1997, p. 457 : il montre Atton contraint, malgré son souci d’une justice royale unique, de cautionner l’expansion des justices ecclésiastiques au risque de renforcer la seigneurialisation de la fonction judiciaire.
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[174]
G. Nicolaj, Formulari e nuovo formalismo nei processi del regnum italiae, Settimane…, Spolete, 1997, p. 347.
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[175]
G. Tabacco, L’allodialità del Potere nel Medio evo, Studi Medievali, 1970, p. 565.
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[176]
G. Sergi, L’esercizio ; P. Toubert, Le Latium, p. 1271-1281.
-
[177]
C. Violante, La signoria rurale nel contesto storico dei secoli X-XII, Strutture e trasformazioni della signoria rurale nei secoli X-XII, G. Dilcher et C. Violante dir., Bologne, 1996, p. 7. Le recueil est consacré principalement à l’Allemagne et à l’Italie mais on y trouve aussi une remarquable étude historiographique du concept de seigneurie foncière par K. Schreiner, Signoria fondiaria : un concetto modemo per una realtà médiévale, p. 83, résumée d’une précédente approche en 1983.
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[178]
F. Menant, Campagnes lombardes, p. 580, 630, 789 ; l’auteur n’hésite pas à parler de « révolution féodale ».
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[179]
C. Wickham (Justice in the Kingdom of Italy, Settimane…, Spolete, 1997, p. 179) qui tente d’en évaluer réflectivité au regard d’autres instances, insiste sur leur valeur « idéologiques », véritable mise en scène du pouvoir royal. Pierre Toubert (Le Latium, p. 1270) parle de « vagues de plaids suivies d’un grand calme » et de « machine à grand spectacle ».
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[180]
Pierre Toubert (Le Latium, p. 1281-1283) insiste sur le rôle des « juges territoriaux », qui ont assuré la transition de la justice publique à la justice castrale. Ce sont eux qui rédigent les notices. Cet aspect de la documentation explique peut-être la position de C. Wickham : « Il y a en effet d’importantes différences entre les structures politiques carolingiennes d’une part et celles des seigneuries de l’autre… mais qu’il y ait forcément un changement violent, “révolutionnaire”, entre les deux est plus que douteux, sauf en Catalogne. » J.-M. Minguez (Justicia y poder en el marco de la feudalizacion de la sociedad leonesa, Settimane…, Spolete, p. 491) qui voit, dans la société du Léon au xe siècle, « le développement de plus en plus opératif et efficace de relations privées de soumission fondées sur la force et la violence », est curieusement félicité par Wickham d’avoir évité « le catastrophisme trop souvent utilisé par des historiens qui veulent décrire le changement entre la justice royale et celle des nobles dans d’autres régions de l’Europe ; il s’agit, après tout, de justice de classe dans les deux cas » (p. 547).
-
[181]
W. I. Miller, Bloodtaking and Peacemaking : Feud, Law and Society in Saga Iceland, Chicago, 1990 ; R. Boyer, La saga de Snorri le Godi, p. 14.
-
[182]
P. R. Hyams, Feud in medieval England. Pour P. Wormald, Giving God and King their due : conflict and its régulation in the early english State, Settimane…, Spolete, 1997, p. 548, les pouvoirs médiévaux ne sont pas de simples faire-valoir plaqués sur la superficie de sociétés « sans État ». Sur ce débat, cf. introd.
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[183]
J.-P. Poly, La corde au cou ; S. Kerneis, La très ancienne loi.
-
[184]
Cf. les recommandations de Burchard de Worms, G. Duby, Le chevalier, la femme et le prêtre, p. 65-70.
-
[185]
Ch. Lauranson-Rosaz, L’Auvergne et ses marges, Le Puy, 1987, p. 263.
-
[186]
P. Geary, Vivre en conflit ; de telles négociations extrajudiciaires étaient, bien entendu, fort anciennes, ibid., Extra-judicial means, Settimane…, Spolète, 1996.
-
[187]
P. Ourliac, La Convenientia, Mélanges… Petot, Paris, 1959, p. 413.
-
[188]
E. Bournazel, L’oncle, la femme et le neveu, La femme au Moyen Age (Sceaux, 1991), Paris, 1993, p. 65.
-
[189]
J-P- Poly, Quand les armes tombent, La vengeance. Vengeance, pouvoirs et idéologies dans quelques civilisations de l’Antiquité, I-III (dir. R. Verdier, G. Courtois, J.-P. Poly), Paris, 1984, p. 7 ; J.-P. Poly, La corde au cou ; P. Riche et J.-P. Poly, La fin de l’errance, La mosaïque France…, p. 59 ; J.-P. Poly, Le Christ qu’aimaient les Francs, La mosaïque France…, p. 75 ; P. Hyams, op. cit. ; D. Barthélémy, Vendôme, p. 1006.
-
[190]
D. Barthélémy, Vendôme, p. 680 et 662.
-
[191]
G. Duby, L’an mil, Paris, 1980, p. 115.
-
[192]
J.-P. Poly, Masques et talemasques. Les tours des femmes de Champagne, Mélanges…, Georges Duby, I, Aix-en-Provence, 1992, p. 177.
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[193]
E. Bournazel, L’oncle.
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[194]
Il faudra parfois attendre Monseigneur Duchesne pour que soient démenties ces pseudo-apostolicités.
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[195]
J.-P. Poly, Le commencement et la fin. La crise de l’an mil chez ses contemporains, Georges Duby…, p. 191.
En l’an mil vingt et quatre, l’évêque de Laon Adalbéron, un lettré imprégné de tradition carolingienne, déclarait avec amertume : « Les Lois dépérissent, à présent s’en va toute paix, les façons des hommes changent et change aussi l’ordre des choses, mutatur et ordo... Tu te plains à bon droit, roi contraint de servir : premier des Francs, au rang des rois te voici serf. » Les reproches du vieux prélat au roi Robert – le premier véritable roi capétien, à l’orée du Moyen Age « classique » – n’étaient pas, il faut le croire, sans quelque fondement.Une révolution féodale ? – A s’en tenir au pouvoir royal, le déclin était évident dans bien des régions d’Europe occidentale. Deux à trois générations auparavant – la chronologie du mouvement varie selon les pays –, les grandes familles issues de l’aristocratie d’Empire avaient commencé à s’unir à des nobles locaux pour former une aristocratie plus nombreuse et plus forte. Le mouvement s’était ensuite étendu à des strates sociales plus basses. Embauchant au sein même de la paysannerie des cavaliers armés – ses hommes de main ou « de poing », ses « koulaks » –, accaparant les forteresses publiques, construisant ou patronnant la construction de nouveaux forts, la noblesse, devenant châtelaine, réorganisait à son profit l’espace campagnard, alourdissait la rente de la terre en accaparant les droits publics, contraignait les communautés paysannes à se courber sous le joug seigneurial, mettait en place un nouveau « mode de production banal »…
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